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Coup de foudre

La foudre : feu céleste d’une violence inouïe, elle brûle ce sur quoi elle est tombée. Arme du dieu du Ciel, elle frappe toute chose, fend la Terre, engendre destruction et création de son double pouvoir. Elle est vie et mort à la fois. Précédée par les éclairs (deux charges électriques opposées fortement attirées l’une vers l’autre) suivie du tonnerre (sous-produit de la foudre) expansion explosive qui accompagne une montée soudaine et rapide de la température, la foudre s’abat en faisant des dégâts. De la même manière le coup de foudre est une décharge énergétique qui ébranle la personne la laissant foudroyée, euphorique, fiévreuse. Le coup de foudre existe bel et bien. Le coup de foudre, aussi rapide que l’éclair, aussi bruyant que le tonnerre vous immole en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.  Foudroyée par le coup que lui porta la foudre, elle s’avachit sur le trottoir et se consuma pendant trente ans…

Zeus en est-il la cause? Lui qui préside à toutes les manifestations du Ciel en déchaînant la foudre, il symbolise la colère de Dieu. Il est l’autorité outragée. Par son complexe, Zeus a tendance à monopoliser l’autorité, à détruire tout ce qui apparaît comme une manifestation de l‘autonomie. Ses éclats autoritaires vont affirmer une compréhension sociale et donner chez ce type de personnes des colères calculées qui en feront un autocrate au pouvoir absolu. Mais que cache l’excès d’autorité sinon trahir un défaut de raison?

Comme tel et en tant qu’emprise, le coup de foudre s’abat comme l’éclair dont il nait, sans aucune possibilité de discernement, d’autonomie psychique, de raison gardée. Le coup de foudre aliène la personne qui devient esclave de sa toute puissance. Tout devient désordre et chaos; prison aux limites étroites d’un tonnerre intérieur qui a réduit le champ de vision de la perception. Il nous aveugle comme la foudre qui tombe juste à côté, brûle tout sur son passage.

Combien de fois ai-je entendu, dans le secret de la thérapie, cette plainte du coup de foudre qui ne s’est jamais transformé en relation durable et équilibrée? » La seule vue de cet homme que je ne connaissais pas m’a foudroyée. Pas question de sexe, à ce moment là. Seul mon regard l’avait touché, nos mains ne s’étaient pas encore frôlées, encore moins nos corps, je n’avais même pas entendu sa voix »… Comment raconter, sans blesser, l’histoire des hormones dont le coup de foudre est le résultat? Simple comme une odeur, une histoire de chimie corporelle, de sécrétions organiques agissent comme déclencheur de la fusion de deux corps.  Est-ce l’ocytocine (hormone de l’attachement, confiance) qui déclenche la réaction psycho-biologique du coup de foudre ou ce dernier qui provoque le processus hormonal et neurochimique? Qui de la poule ou de l’oeuf…

Le coup de foudre dépossède une personne d’elle même; elle n’a plus la maîtrise ni de ses pensées ni de ses actes. Elle va s’entourer de vide pour le combler d’une seule et obsessionnelle présence :  » Tu es ma vie, mon sang qui coule dans mes veines… » De cette constatation on peut facilement comparer le coup de foudre à une maladie que l’on aurait contractée. Passé ce cap de la maladie et de la convalescence peut-on penser que le coup de foudre vécu comme une expérience transcendantale garantirait l‘immunité? Qu’une fois immunisés l’on puisse dès lors vivre le bel et vrai amour sans pathos?

Le véritable amour, loin de la foudre et des éclairs, ne concerne t-il pas la maturité psychique? N’est-il pas là pour nous apprendre quelque chose de nous, au delà de nous?  Transmuer le coup de foudre en relation amoureuse demande aux intéressés d’être responsables du bout de leur relation dans un respect réciproque. La vie amoureuse d’un couple demande de s’adapter et non de manipuler. Une union en conscience assurant à la fois l’indépendance et la liberté de chacun. Dans la liberté il n’y a plus de dominant ni de dominé.

L’amour c’est de rendre l’autre libre.

Les crêpes

Ce matin je me suis réveillée avec une folle envie de crêpes!Je partis donc acheter une poêle et tant pis si Mardi Gras était passé. Ne doit-on faire des crêpes qu’à Mardi Gras? Ne déclarer son amour qu’à la St Valentin? Offrir des fleurs et des cadeaux qu’aux anniversaires? Ne pleurer que de tristesse? Ne rire qu’hystérique? Enguirlander un sapin qu’à Noël? Aduler les stars qu’au Festival de Cannes? Ne serait-il pas plus judicieux de vivre spontanément sa vie?

Car à quoi servirait le Siècle sans Lumière? Tristan sans Iseult? Des radis sans racines? Des bidons sans villes? Les Dom-Tom sans Guadeloupe et Martinique? Des cœurs sans amours? Une âme sans corps et un corps sans âme? Du pain sans levain, sans mie, sans croûte? Des arbres sans branches? Des oiseaux sans plumes? Des lunettes sans yeux derrière? Des voitures sans roues? Des livres sans lecteurs? Des spectateurs sans spectacle? Des immeubles sans gardiennes? Des cuisses sans Jupiter? Des anneaux sans Saturne? Des névroses sans névrosés?  Des fidélités sans chien?

Mais jusqu’où va t-elle aller comme ça? Vite ! Ramenez la chez elle avec sa poêle qu’elle fasse ses crêpes Zezette! Oups! des crêpes Susette. Assurez-vous qu’elle ait des œufs, de la farine (avant qu’elle nous roule dedans) du lait, suffisamment, un peu de beurre pour la poêle. N’oubliez pas de lui fournir du sucre roux, des confitures, du miel, du Nutella. Et pourquoi pas du Grand Marnier s’il lui prenait l’envie de les faire flamber?

Relaxation

Nous avons bien mérité de nous relaxer après l’amitié et ses difficiles chemins pour y accéder. Le  massage est le terrain du corps sur lequel nous allons surfer. Imaginez, si vous ne connaissez pas la pièce propice à cette relaxation. Elle est blanche et rose fuchsia (et non rose bonbon, trois fois sucé). Il y fait chaud (vous serez nu-e– mais pas moi, est-il besoin de vous le préciser?) La douce lumière ne viendra pas gêner vos yeux. S’il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir, n’est-ce-pas? La musique : d’ambiance plutôt ethnique mais pas du Reggae (faut pas tout mélanger). Dans cet écrin vous pouvez maintenant vous allonger à plat ventre sur la table. Vous aurez compris : les femmes seront en tenue d’Eve, les hommes en celle d’Adam. Détendez vous. Ne vous occupez de rien. Je m’occupe de tout : vous.

Le massage est un rituel qui se pratique avec des huiles. Huile aux senteurs chaudes ou rafraichissantes selon la saison. Le massage a quelque chose à voir avec la prise en charge de vous-même par un autre. À ce titre vous allez vous abandonner comme l’enfant dans les bras de sa mère. Tout est en place, on va pouvoir commencer.

Dans mes mains de l’huile que je laisse tomber en gouttelettes sur tout le dos, les bras, les jambes.

Sur le dos, comme une route à sens unique, les mains parallèlement et de chaque côté de la colonne vertébrale descendent jusqu’aux pieds. Par cette manœuvre toute la surface est ointe et parfumée. Plusieurs va et vient,  épaules, les omoplates empaumées, bras, jambes et fesses lissés, les allées retours sont autant de prises de contact qui installent la confiance entre massé et masseur. Revenues sur le haut du corps, les mains  redescendent sur les fessiers, qui sont tour à tour empaumés, malaxés, décontractés.  C’est sur les hanches, au départ du triangle sacré (sacrum) que se manifestent  et se fixent les contractions; le stress peut s’y lire. Cette articulation débloquera les douleurs  dues aux contractures du dos et des jambes et permettra le bon fonctionnement des reins utile pour l’activité sexuelle. En dehors du massage, bien entendu! Le long de la colonne vertébrale des entrelacs des vertèbres pour défaire les nœuds. Là, se situent tous les nerfs où sont connectés les organes. Les jambes, l’une après l’autre sont massées avec une attention particulière ( la trame veineuse est fragile).  Les pieds comme d’autres parties du corps contiennent des zones réflexes, ils ne seront pas négligés.

Après avoir fait retourner la personne, sa tête installée sur un coussin, se sera au tour de la nuque d’être relaxée (souvent beaucoup de tensions siègent à ce niveau), puis le crâne, le visage, les épaules. Respirations avec prise d’air, blocage des fessiers et des sphincters et expiration avec relâchement de ces derniers. Le devant du corps sera touché avec autant, sinon plus de sollicitude que l’a été le dos. Dans cette partie de l’abdomen se concentrent les organes et les viscères; sous la cage thoracique les poumons, le cœur, une partie du foie, la rate…Se logent là les émotions qui peuvent jaillir sous forme de pleurs et même de rires. Quoiqu’il arrive laissez faire, le corps exprime ses besoins et ne sera pas entravé dans son expression. Au niveau du buste chaque bras sera pris en compte. Les mains ne sont pas oubliées. Le buste et les jambes sont reliés; elles sont à leur tour prises en considération pour terminer par les pieds, les doigts compris.

Les femmes expriment plus facilement leurs émotions en paroles ou en réactions (rire ou larmes) comme dit précédemment. Quand aux hommes eux, la plupart du temps ils expriment leur émotion dont la virilité semble être leur seule préoccupation. Elle se manifeste par une érection qui se dissipe très vite s’ils ont compris le but du voyage qui n’est pas celui de résoudre la manifestation mais de laisser « monter » ce qui affleure pour évacuer les pressions…Dans ce cas précis, il  s’assoupissent ou s’endorment.

Le véritable massage de relaxation ne peut être considéré comme une visite chez une masseuse qui s’institue masseuse pour cacher un travail de péripatéticienne. Les hommes qui vont voir ces masseuses se  donnent bonne conscience en favorisant la prostitution; les femmes, elles,  se prostituent sous le couvert d’une profession honorable qu’elles ont totalement dévoyée.

Lire un massage ne peut certes pas apporter la relaxation nécessaire, mais peut déjà vous mettre dans l’ambiance et provoquer en vous l’envie de prendre rendez-vous. Passez une bonne soirée.

Amour/Amitié

Amour amitié/Je ne sais pas si par dépit ou par pitié/Je franchirai cet océan/ Qui va de l’ami à l’amant…chantait Pierre Vassiliu.

Henri Tachan chantait  « Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence. Et moi je ne vais pas vous chanter cette difficile conjugaison mais vous en parler. Ne se rapproche-t-on pas en ces temps modernes de cette tendance à vouloir être ami-amant non pour supprimer les problèmes mais pour les empêcher d’être envahissants? Obsessionnels? L’amitié comme un lien égalitaire dans lequel la sexualité est détachée de la passion. C’est ainsi que l’on peut voir des amitiés amoureuses apaisées, civilisées, remisées de ses illusions. Comme à l’adolescence. À ce stade de l’être et sans qu’elle sache bien encore se situer dans sa sexualité (homo? hétéro?) l’adolescence cherche en l’autre une manière d’aimer, douce, non violente, sans avoir à subir la réprobation inconsciente attachée à l’homosexualité. (Si, si, l’homphobie existe encore de nos jours). En l’amour demeure l’expérience la plus dure de notre dépendance à l’autre. Dans ce mélange déserté par Eros l’amitié ne garantit-elle pas une banalisation d’une sensualité sans drame? Sans fusion des âmes, vécue dans l’amour, l’amitié ne protégerait-elle pas de l’assujettissement à un autre pour rejoindre ainsi son alter égo?

En dehors de l’adolescence, qui n’a pas fait l’expérience du coup de foudre en amitié? Pour une même qu’elle-même? Un même que lui-même? Jusqu’à vivre l’expérience de l’homosexualité et faire le  deuil de l‘érotisme, de la sexualité, si l’un des deux protagonistes ne vit pas sur ce versant de la sexualité? Sans frustration pour celle/celui qui est hétérosexuel(le). Et de souffrance  frustrée pour l’homosexuel(le) mais qui demeurera cependant une hétéro-amitié. Puisque la plupart du temps (mais pas toujours) les amitiés sont choisies entre personnes de même sexe : homo-amitié : les femmes amies entre femmes; les hommes amis entre hommes…

« Offrir l’amitié à qui veut de l’amour, c’est donner du pain à qui meurt de soif « dit un proverbe.

Mais encore : Il est des personnes qui au nom de l’amitié manipulent, abusent de la confiance accordée, se servent de leur prétendue amitié pour asservir et s’en servir à des fins peu honorables. Ce sont des amitiés poison; elles vampirisent. Telle un narcotique elle endort la victime et la rend plus docile qu’une esclave. Cette fausse amitié est identique à la passion amoureuse, ravageuse, dans laquelle se perd la notion de Soi, en conduisant à la perte et à la dépersonnalisation.

Qu’en est-il de l’amitié entre une femme et un homme? Cette amitié là est-elle possible sans sexualité? Oui, diront certain-e-s je l’ai vécue! Celles qui l’ont vécue (le plus souvent des femmes) ont occulté le désir caché de l’autre. N’ont pas voulu voir dans l’avalanche de cadeaux qui en signe la preuve. Comme une manière détournée de séduire pour faire céder par tant de « gentillesse« . Quand cette situation dure, pour autant que chacune des parties y trouve son compte, n’avons-nous  pas à faire à une sublimation de l’attirance sexuelle? Car à y regarder de plus près, il s’agit la plupart du temps d’un masque que l’on affiche sur des pulsions sexuelles refoulées. Ce masque sert-il à approcher l’amour sans que l’amie s’en émeuve? Cela peut durer un temps, temps nécessaire pour des raisons contingentes ou difficilement avouables.  Mais tôt ou tard le masque finit par tomber et la personne éconduite en sera humiliée. Face à l’offense elle peut devenir féroce, tel un soupirant repoussé.Parler de ses véritables sentiments peut résoudre bien des problèmes de cette pseudo-amitié.

De mes ami-e-s d’avant l’électronique j’attendais des lettres que je lisais avec l‘intensité du plaisir qu’elles provoquaient. Aujourd’hui à l’heure des mails, je suis toujours dans la même attente. Si les réponses ou les nouvelles se font désirer, l’attente devient vite pénible et peut provoquer de l’inquiétude. La trace de la lettre ou du mail tisse un lien, entretient l’amitié.  Et pourquoi pas conserver les  beaux mails en les imprimant et les enrubanner comme on le faisait des lettres?


Amitié

Beaucoup de mes amis sont venus des nuages; avec soleil ou pluie comme uniques bagages; ils ont fait la saison des amitiés sincères, la plus belle saison des quatre de la terre… Cette belle chanson chantée par Françoise Hardy était source de joie dans mon adolescence; depuis, je la chante encore souvent. L’amitié m’évoque un sentiment très  fort et indestructible dont je vais vous entretenir.

Des vrais amis, on en a très peu, si peu, pas tellement à vrai dire. Ou alors ce sont des copains, copines, des relations. Mais l’amitié, la vraie, est source d‘apaisement, elle est le rocher sur lequel le lien se solidifie malgré le temps qui passe, malgré les saisons qui transforment les états d’âme, malgré les changements successifs de la vie, cette amitié là se compte sur les doigts d’une main. L’amitié privilégie la durée sur l’intensité, elle a un rapport au temps. Dans ces temps instables l’amitié constitue un point fixe. Un arrimage certain dans la galère de la vie. Lien dont l’intimité ne s’appuie ni sur les liens de sang ni sexuel, encore moins sur l’intérêt ou conventions sociales. L’amitié éloigne la solitude, permet, plus que tout autre sentiment, les confidences, le partage des joies et des peines et supporte, sans défaillir, l’absence. Dans un véritable ami on peut avoir confiance il ne nous trahira pas; on peut compter sur lui, dans tous les cas, il sera là; sa fidélité est constante. L’amitié doit-elle avoir des goûts communs, partager des mêmes valeurs, des activités identiques ? Pas forcément. Une des possibilités qu’offre l’amitié est que l’on peut avoir des opinions différentes. « Croire en«  ou être totalement mécréant ne changera rien aux sentiments indéfectibles des vrais amis. Nous pouvons avoir la même soif d’absolu sans pour cela être dans la même dimension quant à l’absolu.

Cependant confondre amitié et amour est chose aisée. Ces deux  s’éprouvent comme un sentiment qui unit et l’on se réjouit du bien être de la personne aimée. Le lien amical est le lieu où se forme, plus encore que dans l’amour, des échanges de pensées, des complicités drastiques. L’amour naît sans raison alors que l’amitié est un terrain où l’on se reconnaît en l’autre, où quand elle est véritable elle ne suppose pas plus la trahison que l’abandon, contrairement à l’amour qui lui peut s’en nourrir. Si l’amitié est trahie, elle se délite, elle cesse d’exister. Elle se révèle ne pas être une amitié authentique. S’il y a  des amitiés qui ne le sont plus, l’ont elles jamais été? Sinon,  pourquoi finiraient-elles par se fracasser comme un pot déjà bien ébréché? « Qui cesse d’être un ami ne l’a jamais été « dit l’adage.

Dans l’amitié la passion physique est exclue, ce n’est pas le cas d’une relation amoureuse où la dépendance et la dépossession pour l’objet d’amour jouent souvent un rôle essentiel. L’amitié est un sentiment qui transporte ailleurs, amène ailleurs, dans un ailleurs qui ne peut être détruit par la passion, puisque celle-ci n’existe pas dans cette relation. L’amitié se satisfait de preuves sans paroles; toutefois la parole peut se dire sans que l’autre en prenne ombrage…

Je vous laisse réfléchir sur l’amitié. Demain nous parlerons des fausses amitiés, celles auxquelles on a cru et qui se sont révélées n’être que tentatives pour arriver à des fins intéressées par des chemins détournés.

Le baiser

Le baiser…Le verbe « baiser » du latin « bassiare« , signifie « tenir dans ses bras », embrasser. Le premier baiser, celui dont on se souvient à cause de la personne qui l’a donné, ou qui l’a pris  » Il m’a volé un baiser ». La réunion des lèvres marque le point de départ des histoires d’amour, du rapport sexuel. Cet échange scellera l’acceptation entre deux personnes, annoncera les prémices d’une histoire à vivre. Le Marquis de Sade l’a détourné  au profit d’une connotation beaucoup plus triviale, beaucoup plus sexuelle dont le sens moderne  est un acte sexuel avec pénétration. Chez les anglo-américains on se donne un « hug« , on se serre dans les bras, on s’étreint sans « poser les lèvres sur » comme il est coutume du côté de chez nous. Tout le monde connait le baiser des esquimaux qui se frottent le nez pour se réchauffer. Le baiser de Judas l’Iscariote, l’un des 12 apôtres de Jésus, a facilité l’arrestation du Christ en l’embrassant. C’est ainsi que le baiser de Judas est devenu synonyme d’un baiser d’un traitre. Il se raconte que sans ce baiser, le Christ n’aurait pu accomplir la rédemption. Une histoire tellement vieille…Dans le Cantique des Cantiques, chants d’amour humains, le Bien aimé baise sa Bien aimée, dans le sens de l’étreinte charnelle.

Pour les cultures asiatiques, le baiser est partie intime de l’art de l’amour. Pour ces peuples  là, il est inconcevable de s’embrasser en public puisqu’ils considèrent le baiser comme étant presqu’aussi érotique que le coït, il ne doit être pratiqué qu’en privé. Pour les Taoïstes la salive d’une femme est sa « source de jade« ; elle s’écoule de deux points sous la langue, elle est très bénéfique si elle est bue.

Dans de récentes études sur la sexualité il a été démontré que la salive peut contribuer à augmenter le désir sexuel. Elle contiendrait de la testostérone (dixit Helen Fisher anthropologue). L’excitation due au baiser va élever la dopamine (toujours elle) celle-ci est associée à l’amour romantique. Si c’est l’ocytocine qui est activée cela va déclencher le système de l’attachement…

Savez-vous que deux personnes qui se bécotent échangent quelque 40 000 parasites, plus de 250 différentes bactéries, sans parler de l’eau, des graisses, des protéines !  À vous dégoûter d’embrasser votre voisin de palier même si l’attirance est forte. (Beurk, s’il te plaît ne bois pas à même le goulot je préfère que tu me refiles tes bactéries et parasites en direct.) Ah! Aussi : chaque baiser nous fait brûler 4 calories. Je ne m’étonne plus de ne pas grossir depuis qu’avec mon amoureux nous sommes suspendus à nos bouches.

Et puis y a « le baiser de Zézette, le plus salé, le plus sucré, c’est le plus chouette. Pour l’apprécier il faut comprendre qu’il est sublime comme une truffe sous la cendre« . Pour ce baiser là, je vous renvoie à Pierre Perret et à sa chanson « Les baisers ». Vous y ajouterez l’air.

La plupart des sociétés humaines échangent des baisers. Allons-nous  nous arrêter à nous consommer? Certainement pas au risque de nous consumer. Bon week end et prenez soin de vous.

Corps et âme

Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie de l’habiter. Denis de Rougemont écrivait ainsi: «  Du même coup, la sexualité enfin reconnue pour autre chose qu’un bas instinct ou une simple fonction physiologique, se trouve qualifiée par l’esprit, requise par l’âme, mise en relation dialectique avec les fins spirituelles de l’âme« 

Allons voir ce qui se passe dans le feu de l’action et fort heureusement à notre insu:

  • Quand l’énergie arrive aux poumons, la respiration devient pressante, le souffle et les soupirs rapides.
  • Lorsque le cœur est activé, la langue l’est aussi, la bouche salive.
  • Lorsque la rate et le pancréas sont activés, les muscles veulent saisir.
  • Lorsque les reins sont activés (plus la vessie chez les femmes) les organes génitaux pulsent.
  • Quand l’énergie arrive aux os, les articulations s’ouvrent (point du bassin).
  • Quand l’énergie atteint le foie et le système nerveux, les jambes entourent. Les yeux le plus souvent se ferment.
  • Quand le sang s’agite il devient vivant, le corps se met en mouvement et la peau rougit

À ce moment là tout le corps s’ouvre et s’ensuivent les poussées orgasmiques qui amèneront le plaisir à son paroxysme.

Dans un ébat amoureux, nous pouvons constater la mise en marche de cette belle mécanique ; tous les organes sont actifs et chacun est  relié à un des cinq sens. Or, faire l’amour n’est pas un acte banal. Au travers des médias – presse, publicité, cinéma, Internet – nous sommes saturés d’images où le sexe tient la première place, où la pornographie exploite les pulsions destructrices en exacerbant la violence. De ce fait la sexualité est dévalorisée, ravalée à un monde d’avidité où la fange côtoie les délires salaces. Cette normalisation du coït et du « baiser à tout prix » ne semble pas pour autant aboutir à un apaisement. Bien au contraire. Plus on pratique le nivèlement par l’orgasme et la fornication décontractée, facile, et plus l‘insatisfaction se propage. Que faisons-nous de cette liberté sexuelle en ces temps modernes?

Peut-on se dire libéré sexuellement, parce qu’on a balayé les interdits moraux et les épouvantails puritains pour les remplacer par un pouvoir tout aussi contraignant qui est celui des fantasmes, de l’obligation de jouissance et des conditionnements inconscients? Tant qu’il y a obsession – qu’elle soit frustration ou exhibition – il est inconcevable de parler de libération sexuelle. Être libre de quelque chose c’est avant tout ne pas en être dépendant. Ni affecté par sa présence ni par son absence.

Toute transformation intérieure s’enracine dans la réalité immédiate, elle s’origine dans la trame du tissu social et dans notre héritage des conditionnements psychologiques.  Le contexte actuel nous démontre que la licence effrénée ne conduit pas davantage à l’épanouissement, à l‘harmonie, au bonheur, pas plus que la vertu coercitive. C’est ailleurs que dans la complaisance ou la répression que nous trouverons une source de joie et un équilibre.

Le soleil est là et le weekend approche, tous deux propices aux câlins. Non pour expérimenter une gymnastique des organes en ébullition mais ressentir notre corps vibrer. Ressentons notre corps  à l’unisson de  nos pensées non refoulées; vivons ces instants magiques dans la complicité débarrassée des tensions; retrouvons les énergies libérées et faisons de la sexualité un outil de connaissance personnelle.

Pour les pratiquants de l’enseignement Taoïste le plaisir sexuel comble tous les sens par l’énergie qui se répand dans tous les organes. Cela s’explique par la dopamine (dérivée de la noradrénaline) qui est libérée lors du plaisir éprouvé. C’est d’ailleurs une des « calamités » de cette hormone euphorisante qui est responsable des dépendances. Dépendance sexuelle comprise. On peut devenir accro à cette sensation de bien être, puisque la dopamine efface douleurs, dépression, stress. Pour éviter d’être dépendant, les Taoïstes préconisent de faire l’amour avec le cœur. Sachant que l’énergie sexuelle – aussi appelée énergie vitale – provient des reins, il est important de relier le cœur et les reins.

Les Taoïstes considèrent les organes comme les parents du corps, les sens en sont les enfants. En séparant les organes des sens on détruit l’harmonie du corps, on le déséquilibre en créant des manques. En pratiquant la sexualité avec conscience nous réintégrons le flux de notre énergie sexuelle à nos organes des sens,  à nos glandes qui à leur tour renforceront le corps, augmenteront sa force vitale. L’augmentation de cette force vitale va aider à la transformation des émotions négatives telle que la colère, la peur, la tristesse…ect…en émotions positives : l’amabilité, le courage, la joie

L’amour est un sentiment dont l’énergie émane du cœur alors que l’énergie sexuelle émane des reins. Il est important dans la relation amoureuse et au delà de la relation amoureuse, que la communication entre le cœur et les reins soit établie. L’énergie ( Qi- prononcer Chi) équilibrée du rein (énergie sexuelle) donne la possibilité à l’individu de se définir et de s’autodéterminer. Cette énergie favorise la responsabilité, la volonté et la sagesse. De son côté le Qi du cœur équilibré permet la bonne expression mentale en favorisant un esprit clair.

Une belle communication entre cœur et reins favorisera la sagesse dans le comportement, la conscience de soi (l’engagement) et l’élégance dans l’agir. Les émotions des reins sont le courage pour le positif, la peur pour le négatif. Trop de courage (volonté) va exprimer une rigidité psychique; pas assez de courage, inconstance et impuissance. L’énergie des reins (élément eau) contrôle la sexualité et la reproduction; de ce fait les organes génitaux sont contrôlés par les reins. Le cœur est le siège de l’amour et de la compassion; en négatif, celui de la haine et de la cruauté. L’énergie du cœur (élement feu) permet d’être présent à soi-même et aux autres, d’établir un pont entre l’Unité de l’Univers et l’unité du soi unique.

Vous l’aurez compris cette discipline ésotérique qui fait de la sexualité un véhicule vers la transcendance personnelle n’est pas à confondre avec un « prêt à jouir » sur mesure. La sexualité du pratiquant est le rapport de la sensorialité avec le monde intérieur. C’est ce qui se met en place lorsque le désir se satisfait de sa propre incandescence, lorsqu’on n’attend plus de l’autre ou d’un objet. C’est ce qu’on appelle la complétude. C’est ce qui fait la différence entre vivre sa sexualité en conscience et un rapport sexuel banal où l’on a besoin de l’autre pour combler ses manques, où l’on va se dévorer mutuellement. Un tel rapport sexuel porte en lui la violence, la désillusion et le désespoir.

Le principe est que chacun doit reconnaître en soi, le masculin chez une femme et le féminin chez un homme. Ne jamais négliger son pôle opposé et complémentaire. Et le dégager d’une volonté qui confine à la rigidité en lâchant prise sur ce l’on croit être une force (chez la femme trop Yang) et une faiblesse (chez l’hommes trop Yin).

Ne jamais oublier que la sexualité est aussi importante que tout autre fonction organique. On continuera à en parler prochainement.





Le temps file inexorablement.  Cette journée est passée comme l’éclair sans me laisser le temps de me poser devant  l’ écran. Mon intention était de vous parler du corps, en tant que contenu et contenant . En tant qu’enveloppe (la peau), structure (osseuse), psychique (émotionnelle), viscérale (les organes) … Pour les philosophies orientales le corps et l’esprit sont inséparables, indissociables. Les Occidentaux que nous sommes croient que l’être humain est doté d’une raison infaillible lui permettant de dominer totalement son corps. Ceci est une illusion. Le propre de la condition humaine est de vivre le décalage entre la limite posée par le corps et l’esprit qui lui est sans limite. L’esprit peut penser l’infini

Donc, nous reviendrons très vite sur ce sujet important.

Pour ce soir reposez bien votre corps, prenez soin de lui en lui donnant du plaisir; laissez vagabonder votre esprit. Lâchez prise et laissez vous bercer par votre imagination en ressentant ce qui se passe dans votre corps. On se retrouve demain.

Sa carrosserie est celle d’une Ferrari : magnifique. Son moteur, hélas, celui d’un vieux camion poussif. Des ratés dans les reprises, trop de gaz toxiques s’engouffrent après le retour de flamme; des amortisseurs à plats, des pneus trop usés à rouler sur les routes cabossées de sa vie amoureuse. Trop de Paris Dakar sans cœur de rechange. Tout se déglingue à l’intérieur mais rien ne se voit à l’extérieur, elle tient le coup. Elle arrive à tout concilier, elle continue à rouler propre : Son amour en débine; ses enfants, merveilleux, une semaine sur deux; ses voyages d’affaires dans des pays de plus en plus éloignés; sa psy, régulièrement visitée, lui remonte les bretelles en sachant que son aide ne peut être expérience.

Le burn out, elle connait, elle en a déjà fait les frais. Ne veut y replonger. Sa vie, elle la mène comme elle l’entend.  À quoi servirait qu’on lui propose notre propre expérience dont elle ne pourrait user? Cette rebelle trouverait insupportable que les uns et les autres conduisent son véhicule, qu’ils décident à sa place de ses besoins et désirs. Depuis longtemps elle sait. Personne mieux qu’elle ne peut l’obliger de sa route à suivre, ni lui donner un autre itinéraire que celui dicté par sa passion : elle est libre. Libre comme l’air même quand il vient à manquer. Libre comme le désespoir qui la fait avancer. Libre comme la jeunesse à laquelle elle reste accrochée. Libre et passionnée.

Alors tant pis si le moteur se déglingue, si en chemin, elle perd quelques pièces.  Avec persévérance, elle remet inlassablement l’ouvrage sur le métier de la compréhension. Elle ne s’endort pas. Elle travaille, travaille dans tous les domaines pour réparer son moteur. Elle veut en comprendre la mécanique illogique qui la pousse dans l’impasse. Cette voie sans issue où le moteur s’emballe et se grippe.

Mais un jour, Eros freinera devant sa porte. Carrossé de 1000 chevaux vapeur, l‘Amour viendra faire le plein de son réservoir. Celui de la belle est  rempli d‘énergie amoureuse qu’elle dispense généreusement sans attendre  le prince charmant sur son cheval blanc, bêtement comme La belle au bois dormant.

Ce jour là, au volant d’une voiture aux accus rechargés, le plein des sens, super de préférence, ils roulerons vers une plaine du Far West qui s’étendra juste à côté…