Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie de l’habiter. Denis de Rougemont écrivait ainsi: « Du même coup, la sexualité enfin reconnue pour autre chose qu’un bas instinct ou une simple fonction physiologique, se trouve qualifiée par l’esprit, requise par l’âme, mise en relation dialectique avec les fins spirituelles de l’âme«
Allons voir ce qui se passe dans le feu de l’action et fort heureusement à notre insu:
- Quand l’énergie arrive aux poumons, la respiration devient pressante, le souffle et les soupirs rapides.
- Lorsque le cœur est activé, la langue l’est aussi, la bouche salive.
- Lorsque la rate et le pancréas sont activés, les muscles veulent saisir.
- Lorsque les reins sont activés (plus la vessie chez les femmes) les organes génitaux pulsent.
- Quand l’énergie arrive aux os, les articulations s’ouvrent (point du bassin).
- Quand l’énergie atteint le foie et le système nerveux, les jambes entourent. Les yeux le plus souvent se ferment.
- Quand le sang s’agite il devient vivant, le corps se met en mouvement et la peau rougit…
À ce moment là tout le corps s’ouvre et s’ensuivent les poussées orgasmiques qui amèneront le plaisir à son paroxysme.
Dans un ébat amoureux, nous pouvons constater la mise en marche de cette belle mécanique ; tous les organes sont actifs et chacun est relié à un des cinq sens. Or, faire l’amour n’est pas un acte banal. Au travers des médias – presse, publicité, cinéma, Internet – nous sommes saturés d’images où le sexe tient la première place, où la pornographie exploite les pulsions destructrices en exacerbant la violence. De ce fait la sexualité est dévalorisée, ravalée à un monde d’avidité où la fange côtoie les délires salaces. Cette normalisation du coït et du « baiser à tout prix » ne semble pas pour autant aboutir à un apaisement. Bien au contraire. Plus on pratique le nivèlement par l’orgasme et la fornication décontractée, facile, et plus l‘insatisfaction se propage. Que faisons-nous de cette liberté sexuelle en ces temps modernes?
Peut-on se dire libéré sexuellement, parce qu’on a balayé les interdits moraux et les épouvantails puritains pour les remplacer par un pouvoir tout aussi contraignant qui est celui des fantasmes, de l’obligation de jouissance et des conditionnements inconscients? Tant qu’il y a obsession – qu’elle soit frustration ou exhibition – il est inconcevable de parler de libération sexuelle. Être libre de quelque chose c’est avant tout ne pas en être dépendant. Ni affecté par sa présence ni par son absence.
Toute transformation intérieure s’enracine dans la réalité immédiate, elle s’origine dans la trame du tissu social et dans notre héritage des conditionnements psychologiques. Le contexte actuel nous démontre que la licence effrénée ne conduit pas davantage à l’épanouissement, à l‘harmonie, au bonheur, pas plus que la vertu coercitive. C’est ailleurs que dans la complaisance ou la répression que nous trouverons une source de joie et un équilibre.
Le soleil est là et le weekend approche, tous deux propices aux câlins. Non pour expérimenter une gymnastique des organes en ébullition mais ressentir notre corps vibrer. Ressentons notre corps à l’unisson de nos pensées non refoulées; vivons ces instants magiques dans la complicité débarrassée des tensions; retrouvons les énergies libérées et faisons de la sexualité un outil de connaissance personnelle.

