Aujourd’hui la feuille blanche s’est remplie avec difficulté. Il y a des jours comme ça, où tant d’idées pullulent dans la tête qu’il m’est difficile de les écrire! Or, la séance qui se déroula ce matin dans mon cabinet, m’a confirmé que je devais reprendre le cours des choses en redevenant thérapeute holistique, ce que j’ai cessé d’être depuis quelques années.
Il n’y a pas de Freud sans divan! Les deux sont contenus dans une même image. Dès lors il est impossible à l’évocation du mot « psychanalyse » de les dissocier. Freud créa un cadre spécifique à la psychanalyse en permettant à la parole de se libérer. Ce pouvoir de la parole favorise la libération du sujet. Même muets (les silences en disent long en psychanalyse) les mots corroborent les images, les pensées, les objets, les faits. Ce sont eux qui « parlent »l’inconscient qui nous agit à l’abri du regard du psy, celui-ci étant derrière le divan sur lequel est allongé la personne. Les mots servent au jaillissement du refoulé qui se manifeste comme autant de blessures secrètes en se traduisant par des tics, des lapsus, des rêves encombrants, des peurs irraisonnées; par des comportements inadéquats et répétitifs qui donnent les symptômes…
Évidemment, je ne vais parler de la pratique analytique mais insister sur le fait que ce qui importe plus est la manière de pratiquer que la théorie qui la sous-tend. « Nul ne tient à se priver de sa névrose, elle apporte trop d’avantages secondaires… disait Pierre Rey dans une saison chez Lacan (livre agréable à lire, je vous le recommande). Et ceci ne vient pas comme un cheveu sur la soupe mais me rappelle un trait d’importance capitale entendu dans tous les enseignements : « Il ne faut jamais oublier le bénéfice secondaire que procure au patient son mal être ». Mon maître taoïste aimait à nous le rappeler sans cesse! Cela s’applique aussi en psychothérapie puisqu’une technique contient une force spécifique qui contraint la personne au changement.
Et guérir c’est changer!
Les comportements qui rendaient la personne malade changent en se substituant à d’autres plus adéquats et conformes à ce qu’elle est devenue pendant l’analyse. La psychothérapie qui m’intéresse, bien que d’inspiration freudienne supprime le divan. Patient et thérapeute sont face à face. Le regard est restitué; des techniques d’explorations psychiques autres que les associations libres sont utilisées; la parole se voit renforcée par la prise en compte du corps; l’expérience sera de ressentir et d’exprimer ses émotions dans le corps, déplaçant ainsi l’élément perturbateur de la psyché au corporel. Et de l’évacuer par la manifestation des émotions qui se libèrent.
Voici un petit tour d’horizon qui met en scène :
- le corps et l’esprit dans les MTC (médecine traditionnelle chinoise)
- le corps et l’esprit dans le chamanisme
- le corps ou l’esprit dans la médecine allopathique
- l’esprit sans le corps dans la psychanalyse
Vous retrouverez dans ma pratique une approche holistique où toutes ses pratiques seront confondues. À ne garder de la mode « New Âge » que la substantielle moelle empêchera de m’enfermer dans un Soi étriqué qui risquerait de se solidifier. Vous offrir ainsi une plus large palette de connaissances qui permettront de « toucher » au plus près du cœur.
Et enfin me réconcilier avec moi-même en conciliant l’approche corporelle à la psychothérapie pour ne plus vivre de dichotomie en ayant à choisir l’une ou l’autre de ces pratiques. Puisque ces pratiques me conviennent, de me séparer de l’une d’entre elles, je me séparerai de ce qui fait mon unicité, mon unité et ma force…
Que soit ici remerciée une jeune femme au joli prénom venue à ma séance matinale. Elle ne savait pas ce qu’elle venait chercher, je ne savais pas ce que j’allais lui donner. Mais elle m’a remise sur le chemin de moi-même. À son insu. Elle se reconnaîtra, je n’en doute pas.

