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Perdue

Ce matin, comme tous les matins vers 6h30, je me réveille, m’étire… Dehors la pluie fait des claquettes et depuis elle n’a pas arrêté de rebondir sur l’asphalte de l’avenue, d’imprégner le parc, royaume des écureuils et des iris sauvages. « Comment ça va? demande-t-il, un œil ouvert, l’autre encore dans le sommeil. « Je ne sais pas comment mon ça, va, mais moi,va bien. Comme tout le monde je suis vécue par quelque chose d’inconnu, un phénomène qui préside à tout ce que je fais et à tout ce qu’il m’arrive. Alors mon cœur, mon amour, ma jeunesse qui fout le camp à des milliers de kilomètres, à cette heure-ci mon ça baigne encore dans le jus de l’inconscient ». « Mais tu ne vas remettre ça? » Un cri presque angoissé lui fit ouvrir l’œil qu’il tentait désespérément de laisser fermé rêvant déjà de rejoindre Morphée et son inaccessible ça, royaume des ténèbres où je ne puis aller sans le déranger. Alors, tant pis, je me lève et vais dans la cuisine. Un thé bien chaud fume déjà dans la tasse et l’oreille rivée à la radio j’entends que sonne la demie de 7h. Ça n’est pas possible, ça ne fait pas une heure que je suis réveillée; suis encore trop engourdie pour réfléchir; suis encore dans le creux de son bras qu’il tenait serré autour de mon corps pour m’empêcher de le quitter. Que se passe-t-il? Bon sang! Depuis que le Ça accapare mon esprit j’en ai perdu jusqu’à l’heure. En quelques secondes le temps s’est étiré jusqu’à bondir sur l’heure suivante. Mais où est-elle passée? Obligée de chercher l’heure. Comme si je n’avais que ça à faire. Le temps passe si vite que je ne peux me permettre d’en perdre. Je retourne dans la chambre en bousculant presque le corps  replié en chien de fusil, lui retire le coussin qu’il tenait serré. « T’en va pas, déjà, disait-il, sans s’apercevoir que déjà partie et revenue, je  voulais récupérer l’heure. Mais où est-elle? Mais où est-elle passée cette heure de printemps pluvieux, cette heure d’amour fiévreux? « Qu’as tu à t’agiter comme ça? Ne cherche pas l’heure, ne sommes-nous pas dimanche? Qu’en as-tu à faire de l’heure un jour comme aujourd’hui? »

Avant que cette histoire d’heure ne tourne au vinaigre, je me suis rallongée près de mon homme en laissant vagabonder mon esprit auprès de mes semblables.  Il faut que je leur dise  combien beaucoup se trompent si ils pensent qu’en vieillissant ils cesseront d’être amoureux. Je leur rappellerai qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux. Et pour  quatre heure je nous ferai du pain perdu; à perdre une heure qui ne sera rattrapée qu’en hiver autant ne pas jeter le pain.

Ok, ok! Nous allons continuer à parler du Ça comme me l’a demandé Eva; et rassurer Reine, Pascal et  d’autres  inquiets de l’absence d’articles sur le site…Qu’ils soient ici remerciés.

La nécessité d’être textuellement absente durant ces quelques jours a permis de débusquer la réflexion cachée dans l’impérieuse  pulsion (petit rappel:la pulsion n’est jamais consciente). Par ce travail, le Ça – totalement inconscient – a émergé et mis en évidence un conflit bien particulier. Le Ça c’est ça: l’expression d’une pulsion, qui refoulée, génère un conflit (mal être, agressivité, obsession etc…)  Il est impossible de parler de ce Ça qui s’agite et trouble l’esprit,  puisque Ça est encore dans les limbes du Conscient. Faire remonter des limbes un Ça afin qu’il parvienne à la conscience du Moi, passe par l’acceptation des contradictions. Mais celles-ci viennent buter contre le Conscient, lieu où s’opposent les instances répressives qui nous gouvernent à notre insu (parentale, éducationnelle, sociétale). Parce que le Ça ne peut s’exprimer ouvertement (piqûre de rappel:il n’est qu’Insconscient) il le fera de manière détournée par des  comportements inadéquats, des actes manqués, des rêves, les lapsus, des douleurs corporelles… Ces messages non décryptés vont amplifier les symptômes en creusant le lit de la maladie. La maladie. Le mal a dit; le mal à dire.

Ainsi dit-elle en rentrant dans mon cabinet  « Je ne veux plus vivre Ça » sans savoir ce que ce ça voulait dire. Qu’avait-elle vécu de si terrible pour que la peur de revivre Ça l’empêche de vivre tout court? Par le sérieux travail fait en psychothérapie elle recouvrit son  désir, oublia son agoraphobie, finit les insomnies, son sommeil est réparateur…Sa vie changea lorsqu’elle comprit l’importance capitale d’interpréter sa maladie. Lorsqu’elle réalisa que la maladie ne fait qu’exprimer concrètement ce que le psychique raconte abstraitement. Après ça elle constata que son ça était en même temps contenant et contenu. Puisque tout Ça s’exprime au travers d’un corps qui somatise, il est  aussi  contenant (enveloppe charnelle) et contenu (muscles, os, liquides, organes, viscères). Elle saisit que le Ça est pareil a une lettre : elle contient la maladie. Elle accepta d’en être la destinataire, elle ouvrit l’enveloppe pour en lire le message, en décrypter chaque signe.  Aujourd’hui, elle continue à avancer dans la recherche de sens des messages contenus, ne voulant plus être ignorante de ce qui est. Elle est sur le chemin même du sens de sa vie.

L’intention poursuivit par le Ça est pleine de sens et raconte ce par quoi l‘on est vécu. Déjà évoqué  » Quelqu’un d’autre que nous en nous, neutre et impersonnel, agissant à notre insu, nous fait agir et penser à notre place. » En cherchant à comprendre ce « quelqu’un d’autre » qui nous habite (notre part d’ombre, notre Lilith – tout se rejoint) la personne que l’on est va être amenée à la compréhension d’elle-même et accéder à son Soi. Le Soi dans le sens où Jung l’a décrit comme étant l’ensemble complexe de la personnalité englobant Conscient et Inconscient. La conscience de son Soi comme étant la voie de l’individuation : forme de notre unicité la plus intime.

« Quiconque progresse sur la route de la réalisation de son Soi, inconscient, rendra nécessairement conscients les contenus de l’inconscient personnel, ce qui élargira considérablement l’étendue, l’horizon et la richesse de la personnalité, disait C.G Jung dans Dialectique du Moi et de l’inconscient »

Ça vous va? Non?Vous en voulez encore? Pas de problème,  bientôt ça ira plus loin. En attendant prenez soin de votre santé. Écoutez ce que raconte votre Ça. Ça, alors!!!

À l’origine tout était Ça : Ainsi pourrait commencer l’histoire du Ça et continuer ainsi : « Là où était le Ça, doit advenir le Moi » (S.Freud) Cela consiste à mettre du conscient dans le pulsionnel. Dit en terme psychanalytique : Se relayer au Principe de Réalité puisque le Moi est du Ça modifié par l’expérience du réel.

Vous remarquerez le sérieux du propos et en comprendrez toute la portée. Nous allons revisiter le parcours effectué depuis notre enfance.

L’enfant se structure d’abord à partir de ses besoins fondamentaux, ainsi que le démontre la théorie des besoins de Maslow. Les besoins de l’enfant sont d’ordre physiologique, sécuritaire, social et d’estime de Soi et il est impératif que ces derniers soient comblés. Déjà à ce stade et de plus s’il y a carence dans ces fondements, ou ressentis comme tels, le nourrisson va naturellement mettre en œuvre une stratégie liée à ses pulsions innées.  L’adulte étant la continuité de l’enfant, il paraît évident que celui-ci va donc être agi en fonction de sa nature pulsionnelle. Cette nature sexuée de l’enfant se développera de manière harmonieuse ou non mais sera en étroite corrélation avec la vision parentale et éducative.  Or, c’est ici que le Ça, cet inconnu inconscient, intervient. Si  la personne n’a pas pris conscience, enfant, de ses désirs ( à cause de l’injonction parentale, sociétale, éducative) mais les a soigneusement refoulés, cette personne adulte obéira à l‘énergie pulsionnelle, l’énergie du Ça. Cette énergie est une » puissance qui tend à satisfaire les besoins innés » comme l’écrivait papa Freud; elle obéit au Principe de Plaisir, besoin qui tend à la satisfaction des besoins instinctuels. L’adulte restera donc fidèle à ses pulsions archaïques qui n’auront pas été dépouillées des pulsions infantiles.

Le Ça est le premier réservoir de l‘énergie pulsionnelle dans lequel le Moi puise ou emprunte une partie de son énergie. Il est aussi la réserve de l’énergie psychique. Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander « Pourquoi j’ai dit ça? Pourquoi j’ai fait ça? » Ou encore « Mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter ça? » Autant de questions que l’on se pose et n’ont de réponses qu’émanant de l’inconscient, du refoulé, cette manne pour le Moi. Le Moi est seulement en partie inconscient et agit souvent à notre insu. Le Ça ne pense pas, le Ça agit. Il n’est donc pas raisonnable. Il organise la jouissance et règle le fantasme. Le Ça est rebelle à toute saisie : il est quelqu’un d’autre que nous en nous, neutre et impersonnel, agissant à notre insu, il nous fait agir et penser à notre place.

Ce mécanisme pulsionnel et non discipliné nous permet aisément de comprendre le comportement amoureux de chaque individu. Ce comportement est étroitement lié à la nature intrinsèque de la sexualité et à la manière dont a été vécue la résolution des pulsions dans l’enfance. L’énergie du Ça gronde dans la personne si, dans la relation amoureuse, celle-ci reste fixée à l’exigence de l’enfant qui, n’ayant pas acquis une autonomie affective, ne saura pas canaliser ses pulsions primitives. L’énergie du ça, va donc forcer le barrage de l’inconscient et se transformer en énergie agressive, caractéristique d’un comportement sexuel uniquement basé sur la recherche de satisfaction.

Un excédent d’agressivité sexuelle fait d’un amoureux un meurtrier sadique; une diminution notable de cette même agressivité le rend timide ou impuissant. Ainsi disait Sigmund, le Père de la psychanalyse.

Dans les jours prochains je continuerai à vous entretenir du Ça. Et des dégâts que celui-ci peut engendrer dans le quotidien. Pour aujourd’hui ça suffit!

Angoisse

Certes il y a un plaisir certain à écrire. Mais se donner comme obligation d’écrire tous les jours un article finit par créer de l’angoisse. Un état insidieux, diffus comme un malaise, difficile d’accès  pour rendre compte de l’obsession qui agite le bocal à trouver un thème et en remplir la page qui demeure blanche tant que l’angoisse est présente. C’est ainsi que ce matin, l’objet du texte encore nébuleux comme un nuage sur la  plaine, s’exécutent, machinalement, une multitude de petits riens. Rangements d’armoires; virer pour mieux donner ce qui servira aux prochains vide-greniers de la copine dans la dèche;  relire des tas de papiers écrits à la hâte pour ne pas perdre une idée; taper deux ou trois phrases sur le clavier pour rassurer de l’autre côté  de l’écran;  allumer la radio, écouter un  court instant – le bavardage éloignera les pensées de l’écriture – finir par éteindre la radio; tout est possible pour différer le moment d’écrire. Comment ne pas être envahie lorsque poussée par ce besoin irrépressible d’écrire, ce besoin se fracasse contre le rocher du cerveau,  rendant le désir encore plus véhément et loin d’endiguer l’angoisse, loin de l’apaiser, la décuple.

Quelle exigence à produire  des textes ? Telle est la question qu’une lectrice assidue m’a déjà posée. Cette interrogation crève la page verticale encore blanche de mon écran d’ordinateur; de papier ou virtuelle, toute page arrivera à être noircie de signes qui seront lus ou non. Peu importe qu’ils le soient ou pas! Les signes, les consonnes et les voyelles alignés pour former des phrases, engagent la personne qui les écrit dans le conflit quasi dramatique où se débattent le refoulement et l‘exhibition. D’autres diront : narcissisme. Pas si sûr, pas aussi évident qu’il s’agisse de narcissisme mais là aussi quelle importance! Pour l’auteur-e, aller au bout de la page blanche provoquera une joie indicible, intense à la lecture du résultat final.

Et à l’intérieur une paix se signera, les raisons de l’angoisse auront disparu.

Passez un bon week end. Prenez soin de vous.

http://www.itinerants-afpa.org

Peut-on fermer les yeux? Doit-on taire l’évidence de l’ignoble qui tue des millions de femmes, sans relâche, partout dans le monde? http://www.itinerants-afpa.org, ce lien vous éclairera (s’il est encore besoin de le faire) sur les dommages créés par la sexualité vécue comme moyen d’aliénation au service de la persécution. De la prostitution. De l‘esclavage… Les chiffres cités ici le sont de source sûre. Ils nous révèlent par leur démesure l’horreur de la violence et de l’exploitation du sexe par le sexe. Et de l’indéniable et inébranlable inégalité entre les sexes.

Voilà le pourquoi du blog http://www.libidosexualite.com (sur lequel vous êtes): servir une cause et s’obliger à faire la part des choses; de cette chose là qu’est le sexuel en remettant en question des évidences millénaires qui a construit le masculin en archétype du modèle dominant. Ce modèle serait-il entrain de montrer ses limites? Ce n’est pas si sûr car les failles qui lézardent le mur de la honte ne sont qu’apparences trompeuses. La situation des faibles (femmes, enfants, homosexuels et toutes les minorités humaines) ne changera pas tant que nous admettrons que la victoire de l’un implique la destruction de l’autre.  Sous l »apparente libération sexuelle se cache plus que jamais la perversion par la complaisance qui entoure les comportements essentiellement masculins. Traite des êtres humains, tourisme sexuel, violences envers les femmes et les enfants, et j’en passe…

Ce site sert à dire l’importance de la sexualité en mettant de la lumière sur le côté obscur du sexe, le côté dégradant qu’impliquent la satisfaction immédiate des pulsions sexuelles. Sans pour autant les refouler, il est nécessaire d’apprendre à les accepter, à les canaliser. Un refoulement excessif des pulsions ne ferait au contraire  que les  rendre plus vivaces et de ce fait plus destructrices…Nous aurons l’occasion d’en parler. Encore.

Tel est le pari de ce site, puisse t-il vous être utile.




Plein soleil sur la Côte. Vent léger, une petite brise suffisante pour chasser les quelques nuages visibles ce matin à l’aube. Ce soir la pleine Lune risque fort d’agiter les nerveux. Les insomniaques passeront la nuit à gamberger et les écureuils du parc voltigeront de branche en branche, tout excités. Cette pleine Lune annonce quelques beaux jours à venir, pour le Sud, c’est sûr. Et sur la plage, le long des rochers, nous pourrons promener nos pieds, flâner en rêvant à des temps cléments, oublier la crise et traquer la peur du lendemain.

Nous pourrons ÊTRE avant de FAIRE. Être en aimant tout simplement. Être authentique dans chaque relation. Faisons la fête à la vie, au printemps qui s’annonce. Déployons notre corps trop longtemps engourdi par l’hiver; rétablissons le flux entre le monde extérieur et intérieur; soyons des vases communicants, des sabliers du libre échange à remplir l’autre qui à son tour nous remplira; soyons la chaîne sans fin d’une noria où de chaque godet circulera l’eau qui irriguera nos cœurs de joie. Laissons toute la place libre pour que s’expriment nos sentiments. Tous nos sentiments.

Ne changeons pas qui nous sommes mais acceptons de nous connaître et osons nous exprimer tels que nous sommes. La réussite est douce quand elle vient d’elle même; elle est amère quand on s’est sacrifié pour elle.

Le sentiment de Soi est intimement lié à l’axe plaisir/déplaisir et le refoulement est un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit par des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot,etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont passés sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel où il ne reconnaîtra pas la joie (le plaisir) d’être pour avoir-obtenir et sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé qui s’inscrit dans la personne : elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois.

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (du devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…


Nul, nulle en l’occurrence n’est parfaite! La journée de La Femme fut épuisante.

Passer sa journée à dépoussiérer, passer l’aspirateur, tordre la serpillière, frapper les matelas…Enfin bref, tout ce que fait une bonne maîtresse d’intérieur, je l’ai fait hier. Résultat aujourd’hui mon nez coule, mes mains râpent, mon dos est en compote, mes yeux myxomatosés.  Non, non, les mimosas n’en sont pas la cause mais uniquement le ménage! Alors pour aujourd’hui j’ai prolongé  le congé de Carla, ma technicienne de surfaces, pour qu’elle puisse, elle aussi, se reposer. Imaginez la chez elle à profiter de son dimanche pour briquer sa maison comme  elle brique chez moi!Je me demande comment elle fait pour tenir debout!

Vous pourrez toujours me rétorquer que « Carla est entraînée à travailler sans relâche; elle est certainement immunisée contre les acariens contenus dans la poussière;  son dos est habitué à se plier pour ramasser le faux os qu’elle donne à ronger à son chien; une patience à toute épreuve quand elle lui lance la baballe qu’il va chercher, la lui ramène, la rejette  à n’en plus finir. Oui, parce que Carla a un chien, un véritable roquet qui aboie beaucoup; il est vraiment détestable. Un jour, où il était souffreteux, elle l’avait ramené  chez moi. Ce jour là, elle n’a rien pu faire dans la maison, tellement son cabot plein de tics (je dis bien de tics – comme toc – et pas de tiques), se grattait. Il montrait ses babines, il était jaloux et ne voulait pas que Carla fasse autre chose que s’occuper de lui. Une horreur.

Finalement, hier, peut-être sont ils restés à se renvoyer la balle, à se regarder dans le blanc des yeux ou ont joué à saute mouton? Demain, je le saurai. Elle revient et me dira ce qu’elle a fait de son dimanche avec son Kekos. C’est le nom de son chien. Carla a choisi d’avoir un chien plutôt qu’un enfant sans homme, avec comme devise un slogan féministe : Un enfant si je veux, quand je veux! Et moi j’ai choisi un chien, m’a dit Carla peu de temps  après qu’elle fut dans ma maison.

Qu’est donc une Femme, sinon un être humain identique à l’homme mais sans roupettes?  Et sans droits identiques, non plus.

À travers le monde et depuis plus d’un siècle, les femmes se battent  pour obtenir les mêmes Droits que ceux accordés à la population masculine qui eux, n’ont qu’à naître hommes pour les avoir.  Je ne dirai rien sur Olympe de Gouges, qui n’était pas une femme mais une féministe comme me le fit remarquer ma voisine qui n’aime pas les féministes. C’est en 1791 qu’Olympe publie la «  Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne« . Olympe de Gouges insiste sur les droits de la citoyenne pour rappeler que la citoyenneté masculine ne concerne que la moitié du genre humain, l’autre moitié étant des femmes. Elle fut décapitée en 1793. Un homme sur deux est une femme : ce slogan féministe parle de l’oubli de cette moitié de la population, le masculin se considère comme universel. Quoique si le Chine continue à éliminer les petites filles dés le berceau… Faut se battre aussi pour ça.

Donc pour revenir à nos brebis, c’est en 1910 et à Copenhague, lors de la Conférence des femmes socialistes, que Clara Zetkin (du Parti socialiste Allemand), proposa une « Journée internationale des Femmes. Ainsi fut décidé pour que cette journée existe. En mars 1911 plus d’un million de femmes en Europe manifestent. En 1913 les femmes Russes s’organisent clandestinement;  en 1914 les Allemandes réclament le droit de vote; en 1915 à Oslo, les femmes défendent leurs droits et réclament la paix. Toujours un 8 mars. Mais c’est en Russie à St Pétersbourg que des ouvrières manifestent pour réclamer du pain et le retour de leur homme parti au front… En fait les femmes se battent depuis la nuit des temps…

Rien, jamais, n’a été donné sans combat aux Femmes : ni égalité, ni dignité, ni la pleine citoyenneté, écrit Françoise SELIGMANN. En 1900 il fut accordé le droit de ne travailler seulement que 10 heures pour femmes et enfants. En 1909 le port du pantalon pour les femmes n’est plus un délit si elles tiennent à la main un vélo ou un cheval. Après le vote réclamé par les Femmes en France le  21 avril 1944, il fut effectif l’année suivante : le 20 avril 1945.  En 1943 l’épouse (donc femme mariée) peut ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de son époux. Ce n’est qu’en 1965 que les maris (français) perdent leur droit de veto sur le travail de leur épouse qui peuvent avoir leur propre compte en banque. Et seulement en 1970 que toutes les Femmes y compris les célibataires pourront ouvrir un compte en banque. En voulez-vous encore? Vous trouverez tout cela sur les sites qui répertorient des pages entières de dates qui jalonnent le difficile parcours (de combattantes) des Femmes. Pour accéder aux mêmes  droits qu’ont les hommes qui paraissent tellement indéniables aux jeunes filles modernes qu’elles prendraient bien leurs aïeules pour des demeurées. Sauf, sauf pour certaines.  Elles continuent à souffrir du joug, du machisme, de l‘ignorance crasse de certains hommes…Heureusement il y a aussi ceux qui se battent aux côtés des Femmes…

Après avoir vu »Les bureaux de Dieu » le film, encore en salle, de Claire Simon, on ne peut plus croire que le droit des Femmes à disposer de leur corps est acquis. On ne peut continuer à ignorer que l’absence de virginité pour une  jeune fille est un crime. Et qu’à ce titre elle court le risque d‘être lapidée, battue, vitriolée, enfermée, le soir de ces noces. Si le sang de la défloraison n’a pas  tâché les draps. Oui, ici en France en 2009. Certaines Femmes peuvent être répudiées si elles ne donnent pas d’enfants mâles à leur mari. L’ignorant ne sachant pas qu’il est le seul à détenir le chromosome Y qui donnera le sexe masculin à sa progéniture. Et ce malgré les dizaines d’années qui nous séparent du premier planning familial en 1956 qui ne portera ce nom qu’en 1960.  Combien  a-t-il fallu de combats pour avoir le droit de prendre la pilule anticonceptionnelle? Combien d’autres en a-t-il fallu pour avoir le droit à l‘avortement? En 1971 « Le manifeste des 343 salopes » déclarent avoir avortées, manifeste publié dans le Nouvel Observateur, je crois. En 1975 est créée la loi SIMONE VEIL relative à l’interruption de grossesse(IVG) qui ne sera votée définitivement qu’en 1979. Il a fallu attendre 1980 pour dénoncer le viol comme étant un crime! Qui sont les juges et les violeurs?

Ni putes ni soumises, créé en 2003. Ce mouvement des Femmes révoltées des banlieues a repris le flambeau du MLF. Ce mouvement met en évidence le mariage forcé, le viol, l’excision.  L’identité humaine n’est pas composée de deux entités, femme et homme, mais d’un humain unique qui se différencie en Femme ou en Homme.

Voyez vous, dans ces combats les Femmes sont loin de revendiquer le refus de passer la serpillière et l’aspirateur. Parce qu’il est bien entendu que les Femmes qui travaillent ont toutes une Femme de ménage qui fait le travail domestique à leur place. D’ailleurs moi aujourd’hui je lui ai donné congé à ma Femme de ménage. Je me suis mise en tablier, j’ai enfilé des gants de ménage, posé un masque sur le nez (suis allergique à la poussière) et j’ai fait mon ménage, fière de moi! Ce n’est quand même pas la mer à boire! Travailleurs de tous les pays, qui lavent vos chaussettes?

Avant de quitter cette page, je veux remercier toutes les Femmes et quelques Hommes qui se sont battus pour que leurs semblables aient une vie plus douce. Mais ne baissons jamais les bras, il y a encore tant de droits à acquérir avant que La Femme et l’Homme soient à égalité.

D‘hystéricon, où s’originent les mots hystérie et utérus, dont on a gardé la dernière syllabe « con« , rappelle l’absence de pénis. Traiter un homme de « con » est une injure qui le dépouille de ses attributs virils. Le con étant le sexe de la femme, dire à un homme qu’il est « con » revient à le traiter de femme…Ainsi mesurerait-on la valeur d’une personne à cet appendice ou à son absence ? D’ailleurs la circoncision, castration symbolique,  consiste à ôter le prépuce, celui-ci étant considéré comme féminin et en figure le vagin dans lequel est fourré le gland masculin. Ainsi l’homme est dégagé dans son corps de tout élément féminin. La circoncision met en place la séparation d’avec la mère qui, en éliminant ce petit bout de chair,  contribue à renoncer symboliquement à la bisexualité divine – Dieu s’est fait homme et pas le contraire. La circoncision marque à la fois la nature humaine, donc mortelle,  et la masculinité; …mais aussi la récupération symbolique du fils par le père en devenant le premier acte de la différentiation sexuelle. (Elisabeth Badinter in XY- De l’identité masculine).

Nous savons que l’idéologie sociale est essentiellement phallique. Du masculin, on ne retient que la forme pénienne  qui par la taille du pénis, le petit de l’homme se mesurera à la verticalité paternelle, rêvant d’atteindre au plus vite et la grosseur et la longueur pour supplanter papa et atteindre maman. A l’âge adulte c’est souvent au travers de sa compagne que l’homme essayera d’atteindre la mère

D’ailleurs, cette citation « L’homme est une chose, qui, un jour, est sorti de la femme et passe toute sa vie à tenter d’y retourner »   confirme : La femme est la cause de l’enfant et c’est bien à ce titre que chaque être humain sur terre est sorti d’un con: « Il est temps de faire/ La définition/ De ce mot espiègle/ Qui échappe à la règle/ Plus noble qu’un aigle/Dans sa condition/ Ce mot vous le dites/ Censeurs hypocrites/ Établissez vite/ Son vrai sens profond/ Car si on l’ausculte/ Au lieu d’une insulte/ On peut faire un culte/ Du joli mot con. Pierre Perret chante ainsi le con, dans « Celui d’Alice » après  qu’Aragon en ait fait l’éloge dans « Le con d’Iréne ». Cela n’a pas pour autant fait disparaître la connotation vulgaire et injurieuse de ce petit mot dont la traversée à sens unique a peuplé la terre. Pourquoi tant d’éloges pour le  sexe d’homme et tant de mépris pour le sexe de la femme?

Peut-être y verrons-nous plus clair le 8 mars? Car le 8 mars 1917 est la date qu’il faut retenir. Faisant suite aux luttes des ouvrières de St Pétersbourg, cette date marque le point de départ de la tradition de la Journée de la Femme, qui ne sera instaurée dans le monde entier qu’en 1945.