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Tant mieux si @Fernand Planche a la queue encore verte comme celle du poireau, malgré ses tempes grises. L’heure finira par arriver où comme nous tous Fernand mangera les radis par la racine. En attendant faire et défaire c’est toujours travailler comme disait la grand-mère à sa petite fille aux yeux myrtille, ou noisette et en amande; ça dépendait de la couleur des lentilles. Car à l’âge où ils commencèrent à se dessiner, Marie ne put choisir la forme de ses seins :  poire ou pomme selon la femme qu’elle devint. La grand-mère aujourd’hui n’existe plus. Eugénie, c’était son prénom,  avait sur la fin  de sa vie des fesses en goutte d’huile (d’olive?) et se muscler, n’aurait servi à rien, vu son âge. Elle en voulait à Marie d’avoir les jambes longues comme deux asperges et de ressembler à Barbie sans vinaigrette. De cette poupée Marie n’a gardé que l’âge (cinquante ans cette année) et ses longs et blonds cheveux pareils aux blés du champ qui jouxte le jardin d’Eugénie, la mère-grand. Et le couteau qui crisse comme le chantait Léo. Léo? Oui, Ferré, banane!  Quand elle l’écoutait, Léo, ses yeux de biche partaient dans le vide et devenaient secs. Mamé la ramenait sur terre en lui faisant éplucher des oignons pour la faire pleurer; elle en profitait pour cuisiner la purée Soubise.  Quel régal, la purée Soubise ! Eugénie était un tantinet sadique avec ses oignons. Elle obligeait Marie à manger des carottes pour avoir les cuisses d’un bel étalon, sans pour autant perdre son beau teint. (L’étalon dans l’écurie était le fantasme de mamé) Marie pestait  » Toi,  tu ne devrais manger que des carottes, peut-être deviendrais-tu aimable ». Faut dire que le grand-père n’avait pas besoin d’avaler de pruneaux, Eugénie faisait office de laxatif pour toute la famille.

En grandissant les lèvres de Marie devinrent des cerises, bigarreaux, griottes selon le maquillage.  Des cerises à l’eau de vie quand elle rentra pompette le soir de son premier bal du village Rabajoie. Le lendemain elle n’avait plus sa peau de pêche et Eugénie fut une vraie peau de vache. Une nuit suffit à Marie pour s’émanciper. Sure d’elle, elle demanda à sa grand-mère de lui lâcher la grappe, d’arrêter de lui casser les noix. Eugénie, outrée d’un tel langage, l’accusa de parler comme un mauvais garçon, un charretier;  elle pivota sur ses gambettes en montrant son derrière de potiron-cuit- et ron et ron petit patapon!

Que vient faire cette histoire de fruits et légumes dans un blog sur la sexualité? Tout y ramène n’en déplaise à  @Fernand Planche : du régime crétois au beurre dans les épinards, nombreux légumes et fruits peuvent avoir une  connotation sexuelle. D’ailleurs d’après les jeunes gens, c’est dans les vieux pots qu’on fait de bonnes soupes. Alors sans pour autant être ni gérontophile ni gérontophobe vaut mieux mettre de jeunes poireaux dans le pot au feu. Patate!

Plaisir

Pour atteindre la jouissance (sexuelle) il faut mourir au plaisir.( Pierre Rey)

Avant que celui-ci ne meure revenons à lui! Plaisir, le mot à lui seul remplit la tête de sucreries! De pensées sucrées, ai-je envie de dire. Mais pas toujours. Le plaisir est un état affectif lié à la satisfaction d’un désir, d’un besoin, d’une inclination. C’est une sensation, un sentiment agréable. Ne dit-on pas : j’ai plaisir à te voir; à manger du chocolat; à écouter Gregory Isaac? Il peut être aussi lié à une morale : celle-ci s’appelle épicurisme, hédonisme. L’hédonisme, j’en parlerai une autre fois. Restons sages!

Le plaisir lié à une activité particulière est plaisir physique, sexuel. Celui-ci intéresse le sujet qui nous occupe. Analysons le.

Le plaisir dans sa forme analytique est un principe selon lequel l‘activité psychique a pour but d’éviter le déplaisir et de procurer le plaisir. Le principe de plaisir est lié au principe de réalité. Ce dernier intègre les conséquences imposées par le monde extérieur. Le principe de plaisir, présenté comme principe de diminution des tensions – quoique certaines tensions peuvent être reconnues comme agréables – consiste à réduire l’excitation dans le but d’éviter le déplaisir.

Le plaisir, comme principe, consiste à l’apaisement d’un besoin (j’ai faim-tension-je mange-apaisement de la faim.) Il est lié à la satisfaction des pulsions d’auto-conservation; cependant le principe de plaisir conserve un sentiment de perte avec la réalité. D’après Freud, sous l’influence du plaisir, le nourrisson hallucine le sein plutôt que de se nourrir. Les deux principes (plaisir et réalité) sont donc intimement liés. Si le principe de plaisir a une tendance à entraîner trop loin dans la satisfaction, et cela par des chemins les plus rapides, les plus courts, voire hallucinatoires, l’autre, le principe de réalité, vient réguler cette démarche en soumettant le Moi détenteur de cette instance réaliste.

Tant qu’il y a vie, il y a “tension“. Celle-ci ne s’épuise donc jamais. Tant qu’il y a tension, il y a déplaisir; le plaisir va surgir par la suppression de la tension. Dans le  psychisme l’excitation est toujours interne jamais externe. La source peut être externe mais sa répercussion est interne au psychisme. Dans le psychisme, le plaisir total n’est jamais atteint puisque la décharge absolue n’est pas possible, d’une part. D’autre part la tension est en permanence réactivée par l’excitation endogène (qui provient de l’intérieur) véhiculée par les images, les représentations, les pensées.Toujours dans le psychisme les métaphores ne vont induire des décharges que partielles.

Moi, corps, plaisir: Le Moi n’a pas la maîtrise du corps mais demeure son fidèle et obéissant serviteur. Le corps désire le plaisir mais non le pouvoir. Le plaisir du corps est source de tout bien être. Sans plaisir du corps, on va devenir aigri, frustré, odieux. Si le corps est frustré de toute source de plaisir, les pulsions de vie, refoulées et non détournées au profit de la sublimation, la pensée sera  déformée et perdra tout pouvoir créateur. Le plaisir est la force créatrice par excellence.

Le plaisir sourd à l’improviste; il se constate à l’intérieur de soi de manière inattendue et non reproductible. Le plaisir a une composante inconsciente, il ne peut donc venir sur commande dans le corps qui est le lieu secret du plaisir. Or, le plaisir, dans la sexualité pleinement vécue, très proche de l’être, parce qu’il le crée (par la procréation) fuit l’analyse. Vouloir accéder au plaisir par la seule volonté va ligoter le corps et l’éloigner du but recherché. Vivre la dichotomie corps / esprit ne fait qu’engendrer du pathos…


Ou le fantasme d’un homme.

Avez vous remarqué cette longue tige aux mensurations disproportionnées qui la rendent monstrueuse, en font une anomalie de la nature? Orpheline (sans maman l’ayant portée, sans papa pour lui donner des  limites du désir) elle née en 1959 d’un créateur qui a complètement fantasmé une femme. Sur ses 29cm, les jambes élancées en occupent les 3/4 de la totalité. Des longs bras filiformes  sont attachés au buste dont la poitrine hypertrophiée se resserre à la taille. La taille de Barbie, près de 40% inférieure à une taille de jeune fille normale,  fait d’une adolescente anorexique une fille mince, sans plus… Juchée sur la pointe des pieds, elle est incapable de marcher à plat, pas même quand elle se distingue dans les compétitions sportives. Grâce à son ventre stérile jamais encombré d’enfants, elle ne fut jamais empêchée d’exceller dans  les multiples professions qu’elle exerce sans aucune fatigue, sans déprime ni burn out. La seule vie que son créateur lui impose de vivre  est  celle de l’hyper-consommation avec obligation de renouveler sans cesse une garde-robe plus que sophistiquée  en projetant les petites filles dans un monde d’adultes où soutiens gorge, robes de soirées et talons aiguilles, belles maisons et voitures décapotables sont en vigueur.  Barbie ouvre  l‘ère de la réussite en marche, du bronzage parfait et de l’objet jetable. Viserait-elle à satisfaire les fantasmes des mères?.

Les premiers modèles de cette géniale femme enfant étaient bruns ou blonds, indifféremment; en 1971 : la Barbie blonde s’est imposée. Elle avait à ce moment là 12 ans.  Est-ce sa faute si les blondes ont si mauvaise réputation? En y réfléchissant…

Son âge indéterminé la suppose à la fois adolescente délurée et adulte typée sexuellement. Son créateur la fiance à Ken né en 1961. La blonde capiteuse au volant de voitures (décapotées) change alors de regard qui de biais et soumis regarde droit la route de ses yeux bleus. Pendant 44 ans ils forment le couple idéal. Tous deux bronzés à souhait, comme il se doit dans une réussite de cette envergure. En 2005 Barbie rompt avec Ken pour une liaison avec Blaine qui ne dura pas. (Les petites filles trop habituées à Ken sont indifférentes à Blaine qui ne se vend pas!)

Avant de devenir Barbie a t-on jamais su que cette sexy et pin up est née en Allemagne et s’appelait Lilli?

Barbie a 50 ans cette année. Comme tout objet créateur de désir et de « pousse » consommation elle  n’a pas pris une ride pas plus que ses seins n’ont subi la loi d’attraction terrestre.  N’étant que dans le paraître, elle renvoie dans un monde idéalisé, aseptisé où il suffit d’être beaux et bronzés pour vivre une vie de rêve, sans aucune contingence. Les médecins, psychologues et éducateurs ont vu défiler dans leurs consultations des gamines totalement identifiées à son modèle qu’elles prenaient pour une personne réelle et non pour un bout de plastique de 29cm. La garde-robe, les envahissants accessoires (de la voiture à la maison équipée) ont certainement contribué à cet amalgame. Ce qui a fait se demander à un des co-designers de Barbie si la poupée n’était pas une malédiction plutôt qu’une bénédiction. Celui-ci ayant constaté que Barbie est devenue l’obsession des petites filles dont le seul désir était de lui ressembler en les rendant anorexiques…Une incitation à la maigreur des jeunes filles s’originerait dans Barbie.

Pourtant Barbie pas plus que Ken ne portent de Rollex au poignet…