Ce matin, comme tous les matins vers 6h30, je me réveille, m’étire… Dehors la pluie fait des claquettes et depuis elle n’a pas arrêté de rebondir sur l’asphalte de l’avenue, d’imprégner le parc, royaume des écureuils et des iris sauvages. « Comment ça va? demande-t-il, un œil ouvert, l’autre encore dans le sommeil. « Je ne sais pas comment mon ça, va, mais moi,va bien. Comme tout le monde je suis vécue par quelque chose d’inconnu, un phénomène qui préside à tout ce que je fais et à tout ce qu’il m’arrive. Alors mon cœur, mon amour, ma jeunesse qui fout le camp à des milliers de kilomètres, à cette heure-ci mon ça baigne encore dans le jus de l’inconscient ». « Mais tu ne vas remettre ça? » Un cri presque angoissé lui fit ouvrir l’œil qu’il tentait désespérément de laisser fermé rêvant déjà de rejoindre Morphée et son inaccessible ça, royaume des ténèbres où je ne puis aller sans le déranger. Alors, tant pis, je me lève et vais dans la cuisine. Un thé bien chaud fume déjà dans la tasse et l’oreille rivée à la radio j’entends que sonne la demie de 7h. Ça n’est pas possible, ça ne fait pas une heure que je suis réveillée; suis encore trop engourdie pour réfléchir; suis encore dans le creux de son bras qu’il tenait serré autour de mon corps pour m’empêcher de le quitter. Que se passe-t-il? Bon sang! Depuis que le Ça accapare mon esprit j’en ai perdu jusqu’à l’heure. En quelques secondes le temps s’est étiré jusqu’à bondir sur l’heure suivante. Mais où est-elle passée? Obligée de chercher l’heure. Comme si je n’avais que ça à faire. Le temps passe si vite que je ne peux me permettre d’en perdre. Je retourne dans la chambre en bousculant presque le corps replié en chien de fusil, lui retire le coussin qu’il tenait serré. « T’en va pas, déjà, disait-il, sans s’apercevoir que déjà partie et revenue, je voulais récupérer l’heure. Mais où est-elle? Mais où est-elle passée cette heure de printemps pluvieux, cette heure d’amour fiévreux? « Qu’as tu à t’agiter comme ça? Ne cherche pas l’heure, ne sommes-nous pas dimanche? Qu’en as-tu à faire de l’heure un jour comme aujourd’hui? »
Avant que cette histoire d’heure ne tourne au vinaigre, je me suis rallongée près de mon homme en laissant vagabonder mon esprit auprès de mes semblables. Il faut que je leur dise combien beaucoup se trompent si ils pensent qu’en vieillissant ils cesseront d’être amoureux. Je leur rappellerai qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux. Et pour quatre heure je nous ferai du pain perdu; à perdre une heure qui ne sera rattrapée qu’en hiver autant ne pas jeter le pain.


avril 1st, 2009 - 11 h 56 min
Je trouve largement mon compte dans vos « chroniques » pertinentes, riches, originales, et si fines.
Mais je constate, au fil des jours, que, malgré tout ce qu’elles m’apportent et même si elles étaient quotidiennes, j’ai besoin d’un échange personnel avec vous, pour approfondir ce lien de confiance qui s’est tissé au fil des semaines.
Je souhaite pratiquer avec vous une thérapie à distance (vu notre éloignement géographique).
Que me proposez-vous pour commencer: rendez vous téléphoniques ou sur hotmail, video conférences, échanges de mails?
Merci de me dire sous quelle forme se fera le paiement.
avril 2nd, 2009 - 14 h 09 min
Merci Reine, je serai très prochainement en mesure de répondre favorablement à votre demande de suivre une thérapie à distance.
Je vous en informe dès que possible.
Lyli
avril 4th, 2009 - 3 h 43 min
Jahdore, elle lui a remis ça, une fois de plus, et une fois de plus ça finit par se laisser faire (ou pas faire justement) et ça va se perdre dans ses bras amoureux…. ensemble leur moi ne cherchent pas l’heure, ils vivent chaque instant… et le mal n’a plus rien à dire..
oui, ne cessons jamais d’etre amoureux, merci, merci
avril 4th, 2009 - 9 h 11 min
Jahdore aussi quand le spirituel, quelle que soit sa forme, se glisse dans les commentaires sans effraction. Merci, encore de faire confiance à la bonne heure de l’amour qui pousse dans la tige d’une fleur, dans la sève d’un tronc d’arbre et de célébrer la vie avec autant de conscience. Merci Sis, d’être située à l’orée du jour qui se lève.
avril 4th, 2009 - 12 h 12 min
C’est vrai l’amour n’a pas d’âge, et il semblerait même, que plus on vieillit, plus il se vit facilement et sans peur. Fini le besoin de tenir l’autre enfermé, ou de se faire des plans sur la comète. Chaque instant de Bonheur est apprécié pour ce qu’il est, et la gratitude devient un mode de vie.
Merci pour ce blog qui continue de tisser des liens entre la psychée et le corps.
avril 4th, 2009 - 12 h 38 min
Merci Pascale! La peur n’est-elle pas une résurgence de l’enfance sur laquelle il nous faut travailler sans cesse pour l’éloigner de l’esprit ? Et laisser monter dans le corps nos pulsions amoureuses débarrassées des traumas exprimés par l’inconfort qu’ils suscitent ?
avril 8th, 2009 - 12 h 19 min
L’amour et le temps, le temps et l’amour, le temps de l’amour !!! J’ai regardé avec beaucoup d’intérêt une émission sur la 5 hier soir, dont le thème était : Les Seniors. C’était assez intéressant, notamment en ce qui concerne la meilleure prise en compte de cette tranche d’âge dans notre société actuelle, trop souvent conditionnée par le jeunisme. Mais ce qui m’a surtout émue, c’est cette constante quête d’amour. Tous les témoignages s’accordent à dire que l’amour est un remède anti-âge parce que l’être aimé, entre autres, continue de poser sur nous un regard plein de tendresse qui conforte notre estime de nous-même. Et il nous enveloppe d’amour, de sollicitude, faisant un pied de nez aux traces que laisse sur nous le temps qui passe….Bien qu’il passe plus vite, ce temps, lorsque l’on aime et que l’on est aimé….ne l’avez-vous pas constaté ?
avril 8th, 2009 - 13 h 51 min
Merci Lilou, Oui, le temps qui passe auprès de l’amour passe trop vite, hélas! Mais puisqu’il a l’avantage de nous rajeunir, (ça j’ai pu le constater) qu’importe si il passe puisque de toute façon il doit passer. Continuez à aimer et à être aimée, belle amoureuse et faites de l’amour un voyageur du temps pour qu’il demeure le temps de l’amour.
avril 12th, 2009 - 9 h 40 min
merci lyliane pour ton savoir, pour la richesse de tes mains,ton massage m’apporte beaucoup de détente,de réconfort et de bien être, c’est un vrai moment de détente et un grand voyage à la fois et étant sportif cela m’est un super complément dans mon équilibre.merci à toi
avril 12th, 2009 - 10 h 04 min
Merci Frank, j’accepte avec plaisir tes compliments; puissent les massages continuer à garder ton corps en belle forme et en beauté.