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Premier Mai

L’âge avance. On peut toujours essayer de l’arrêter, on n’y arrivera pas. Quoiqu’on fasse on ne peut l’empêcher de courir. Mais qu’importe si l’on avance avec humilité à la cadence du Temps qui lui est éternel. Humble, toujours. Et savoir pour mieux reconnaître que l’on ne sait jamais rien. Qu’au terme de la vie, peut-être, là, aurons-nous quelques certitudes de la fin certaine qui approche ; peut-être aurons-nous compris ce qu’il y avait à comprendre ; aurons-nous appris ce qu’il y avait à apprendre, aurons-nous su ce qu’il y avait à Savoir. Merci à l’ignorance de nous pousser à aller plus loin dans la Connaissance.

La Connaissance quel grand mot ! Quel gros mot dans la bouche de la jeunesse persuadée de connaître la Vie en l’absence d’expériences. La jeunesse tâtonne, revendique et se rebiffe. Et elle a bien raison de se comporter ainsi, elle a raison d’être dans la prétentieuse voie d’un savoir livresque. Expérience. Rassurante Joie, aussi, quand elle cherche à s’inscrire dans le devenir et pour le devenir d’un avenir pour l’instant n’existant que dans le néant, foisonnant de « lorsque je serai ».

Un autre pan de mur tombe, ce faisant se consolident les liens. Une autre vision venue d’une apparente Babylone, vient éclairer la mienne. Se sentir compris et aimé pour ce que nous sommes et s’en réjouir, sans jamais croire à une lumière venue de l’extérieur de nous-mêmes mais la sachant là, enfouie l’intérieur de nous-mêmes, l’autre en étant le révélateur. D’une lueur jaillit une étincelle. Là encore, je suis réveillée par l’amie dans la nuit passagère qui assombrissait mon séjour sur Terre. Comme un écho bienfaisant, bienveillant j’accepte humblement de recevoir ce cadeau.

Premier Mai. Heureuse Fête du Travail à continuer à faire sur Soi; belle Fête embellie de milles brins aux clochettes d’un blanc étincelant que je vous offre.

Dans les jours à venir nous parlerons de la masturbation. Dans le milieu des années 1700 le docteur Tissot Samuel Auguste David André (ouf! que de prénoms)  fit de la masturbation, non plus un acte de contentement sexuel juste voué au plaisir, mais une pratique contre nature capable d’engendrer un génocide planétaire imputé à la perte de la semence spermatique. Pour l’heure nous allons rester à notre place ou faire en sorte de retrouver la bonne place dans nos relations avec notre entourage.

Il coexiste dans notre comportement  trois aspects de notre personnalité qui s’expriment tour à tour, interagissent avec les autres, éprouvent des sentiments. C’est que l’on appelle les ÉTATS du MOI qui se décomposent de la manière suivante  l’Etat Parent – l’Etat Adulte – l’Etat Enfant. Quelle est le personnage qui de l’État Enfant, du Parent ou de l’Adulte joue en nous un rôle pas toujours adéquat à une situation donnée? Il s’agit là d’une réalité observable dans notre fonctionnement quotidien qui une fois analysée permettra de mieux comprendre l’insatisfaction qui résulte quelques fois lors des échanges.

L’attitude de l‘Etat du Moi Parent s’origine dans les figures parentales des personnes rencontrées dans notre vie (père, mère, fratrie, oncles et tantes, ou substitut des parents – tuteurs). Dans cet État est contenu tout ce que la parenté nous a transmis par les paroles, les règles sociales et morales, les attitudes, le vocabulaire familial, institutionnel, scolaire, sociétal. Tout ce bagage aura pour contenu du positif et du négatif. En positif l’État du Moi Parent conseille, protège, aide, s’affirme, énonce droits et devoirs, corrige, décide, transmet… En négatif, cet État surprotège, étouffe, fait à la place de l’autre, freine quand il agit en Parent nourricier. En négatif, quand il agit en Parent critique, il empêche, dévalorise, inhibe, limite, stérilise. On est dans le domaine de l’Appris

Le comportement de l’État du Moi Adulte appartient au domaine du Réfléchi. L’État du Moi Adulte recueille les informations du Parent, de l’Enfant et de l’environnement extérieur. Il utilise son expérience en tenant compte de la réalité après avoir enregistré les faits. Il organise, conclut, prend des décisions et agit en fonction de critères objectifs. Cet État est neutre, ne fait pas de sentiments, reste objectif, il est sans affect. Si cet État est négatif, il abusera en fonctionnant comme un robot.

L’État du Moi Enfant est du domaine du Ressenti. Cet État a intégré nos réactions internes aux événements qu’ils proviennent de l’extérieur ou de l’intérieur comme nos émotions authentiques, nos sentiments profonds et notre plus grande affectivité : la détresse,  la béatitude, le plaisir, nos sentiments sincères ou adaptés, nos désirs. Les sentiments de base sont la peur, la joie, la tristesse, la colère. L’État du Moi Enfant est à la fois spontané, créatif, soucieux de plaire, d’être aimé et donc de se conformer aux autres. En positif cet Etat Enfant Adapté, se protège, apprend, s’adapte vite, évite les ennuis. Il est plein d’énergie, il a du plaisir, de la créativité, il ose s’exprimer et il est naturel, pour l’État Enfant Nature. En négatif toujours pour État Enfant Nature, il est asocial, égocentrique, intransigeant, ne tient aucun compte de la réalité. Est négatif Etat Enfant Rebelle s’auto-détruit, provoque des ennuis. État Enfant Soumis a un manque de personnalité, se dévalorise, est passif et terne. Reste l’Etat Enfant Créateur qui en positif pige vite, invente des solutions, trouve des raccourcis; en négatif, cet Etat Enfant Créateur négatif prend ses désirs pour la réalité, vit dans un monde magique…

Vous l’aurez compris il s’agit toujours de personnes adultes qui dysfonctionnent ou qui fonctionnent dans ces Etats  mis en place dans l’enfance par l’éducation, les sentiments exprimés ou tus,  les émotions reconnues adéquates ou pas.

Histoire de vous masturber les méninges essayer de trouver dans quel État votre Moi erre.

Une image

Pleine Conscience

PLEINE CONSCIENCE

Puisse votre esprit être aussi serein qu’un lac, aussi profond qu’un océan.

Que votre Conscience se déploie dans la claire Lumière et vous apporte la Paix pour vivre un week end dans l’harmonieux et dans la joie.

S’occuper de soi, il est important de le faire avant que la machine physiologique ne se dérègle, avant que le corps ne donne des signaux d’alarme. Remonter les bretelles pour soutenir un dos qui s’affaisse et les pendules pour les remettre à l’heure biologique est sensé et loin d’être inutile. Prendre le temps de dormir  pour rêver et rêver pour réaliser ses rêves  sera possible si  on accorde au sommeil l’importance réparatrice qui lui revient.  Beaucoup d’entre nous ignorent les manifestations intempestives  somatiques qui finissent par dérégler, à force de répétitions et de non intervention, la belle mécanique qu’est notre corps.  Considérer les signes de faiblesse par la fatigue qui s’accumule, s’intéresser aux bruits suspects et aux raideurs des articulations, ne pas négliger les jambes qui se dérobent, ne pas engloutir n’importe quoi au risque d’avoir des digestions difficiles, s’inquiéter d’un sommeil devenu impossible…tout cela ne révèle pas de l’hypocondrie mais seulement d’un réalisme prouvant la maturité de la personne : la jeunesse n’est pas éternelle et la désinvolture qui l’accompagne risque fort, à un âge plus mâture, de faire payer son insolence.

C’est le printemps, n’est-ce-pas? A cette époque de l’année il est coutume de pratiquer un grand nettoyage de la maison, de ranger les armoires, de jeter (ou donner), de se débarrasser d’un encombrant surplus. Faire le vide de notre habitation est efficace et contribue à mettre de l’ordre dans nos pensées… Pourquoi ne pas profiter de cette saison pour soulever le capot et aller vérifier les niveaux de notre moteur interne? Notre corps. Cultivons notre beauté intérieure afin qu’elle se reflète sur notre beauté extérieure. Désintoxiquons notre organisme  pollué par les émotions négatives comme nous le faisons en vidangeant l’huile de la voiture et restons ainsi aux commandes de notre vie.

Même le soignant a besoin d’être soigné, l’écoutant d’être écouté. Les remises à niveau et les divers contrôles expliquent le peu d’articles de ces derniers jours. Qu’à cela ne tienne me revoilà donc, toujours à l’écoute, à votre service. Prenez soin de vous, vous seul(e) est important(e) pour vous.

Le printemps est arrosé par une pluie diluvienne et une mer déchaînée, noire…Est-ce pour cela que le rose s’est automatiquement imposé à mon vêtement matinal pour palier la mornitude ambiante? Qui sait? Une manière comme une autre de forcer les éléments et restituer à l’énergie une douceur qui semble échapper à la plupart d’entre nous ces derniers jours. D’ailleurs l’estomac acide chlorhydrique, les intestins gazent à tout va. Encore des intempestives fabrications du corps manifestées par des d’organes qui semblent être en pleine débâcle. Tout s’effondre ma brave dame! La crise financière va jusqu’à se  répercuter sur les cerveaux appauvris par le  manque d’imagination.

J’ai reçu en clientèle de très jeunes personnes tellement tristes malgré leur jeunesse! Leur sourire a déserté leur bouche que deux rides mettent entre parenthèse. Alors je vais me remettre au travail, qui est celui – entre autre – d’écrire des articles sur ce site délaissé quelques jours pour m’occuper un peu de moi en attendant le printemps qui se fait désirer. Et reprendre, à la demande de certaines, la fonction de l’intitulé : la sexualité. Et l’amour! L’amour couple des contraires.

Il n’y a rien dans l‘univers qui ne soit un couple de contraire. Tout l’univers manifesté se développe et se déploie selon un rythme bi-polaire. Ainsi il en va de l‘activité et de son contraire la passivité, du mouvement et de l’immobilité, de l’amour et de la haine. Comment concevoir l’extérieur sans l’intérieur, le centre sans le contour, l’union sans la séparation? Le masculin et le féminin symbolisé par le Soleil et la Lune quand vient la nuit faisant suite au jour. Tout phénomène passe par le nécessaire accouplement des pôles complémentaires et opposés, l’interpénétration de forces antinomiques et cela dans tous les domaines, qu’il soit psychique ou physique. Il s’agit là d’un processus universel qui déborde du cadre individuel, physiologique et psychologique; processus bien antérieur à l’apparition du système de reproduction mâle-femelle et du développement des organes génitaux comme l’écrit Ruffié dans « Le sexe et la mort« 

Or, le couple des contraires Eros et Thanatos (la pulsion de Vie et la pulsion de Mort) sont en permanence entremêlés. . .L’union sexuelle préfigure la préparation à la mort en révélant le trésor qui gît en l’être : n’appelle t-on pas un orgasme « la petite mort« ? Ce trésor est en principe voilé par nos pensées et nos passions. Transmuter la passion en sagesse, le désir en joie non duelle exige une  maturité spirituelle.

Or, les  problèmes et conflits surgissent lorsque le « moi-je » est inféodé à ses désirs exclusifs. Lorsque le « moi-je » oublie l’autre bout de la relation. Oubli qui crée la souffrance, la dépendance et la soumission. Ou l’égoïsme et la domination. Le masochisme et le sadisme. Autre couple (infernal) de contraires.

Pour éviter ce Moi hypertrophique il est nécessaire d’apprendre à se connaître soi-même (psychiquement) et apprendre à connaître l’autre afin de ne pas le dévorer. Ainsi peut-on éviter de vivre dans l’illusion qui consiste à créer une image en façonnant son objet d’amour en fonction de ses propres désirs. Cette image créée ne serait en rien fidèle à la personne que l’on désire aimer mais serait au contraire une production de son propre mental que l’on s’efforcera à faire coïncider avec un dictateur égotiste qui n’est autre que le Moi…

La pluie a cessé. Je vous laisse réfléchir pendant que je vais respirer le mauve des glycines qui embaume l’allée, insolentes de grappes joufflues riches de promesses encore à venir. Passerons-nous à l’été sans laisser le printemps s’installer, semblent elles interroger?

Avec quelle énergie dévastatrice nous fabriquons, dans le lieu même de notre corps, une quantité de substances, étonnamment riches, incroyablement organisées. Cette usine « fabrique » rend compte des particularités de notre fonctionnement, nous révèle dans notre façon d’être. Les tourments psychiques se cristallisent pour se convertir dans le corps : nous somatisons. La somatisation est le miroir de nos préoccupations. C’est de cela dont nous allons nous entretenir aujourd’hui. Sucre, sel, champignons, graisses, cailloux…À priori nous pourrions faire une soupe de tous ces ingrédients s’ils n’étaient des toxines, des concrétions que notre corps a du mal à évacuer.

Commençons par le sucre, cette douceur interdite aux diabétiques. Et pour cause ils en fabriquent trop. Nous ne parlerons pas ici des causes physiologiques de ce dérèglement, mais peut-être pouvons nous évoquer un manque, une frustration de tendresse, d’attention à l’origine de cette maladie invalidante. L’organisme fabrique matériellement ce qui lui fait défaut affectivement…

Le sel, en trop grande quantité dans les urines mettra en danger les reins, augmentera la tension…La vie de tel individu en manque-t-elle? Vit-il sans goût de vivre?

Champignons. De ceux-ci nous n’évoquerons pas les hallucinogènes mais ceux qui engendrent des  mycoses.  On les trouve dans les milieux humides de préférence, au niveau de la sphère génitale, sur le corps et dans la bouche. Celui qui s’installe la bouche porte un joli nom fleuri : celui de Muguet. Que dire des champignons si ce n’est leur prolifération envahissante qui a pour but, entre autre, d’éloigner les échanges amoureux quand ceux-ci sont interdits. Un exemple parmi tant d’autres : Une jeune femme musulmane toujours vierge à 33 ans,  se devait de rester fidèle à la promesse que son père exigea d’elle, arriver vierge au mariage. Dans ses relations amoureuses elle ne « tombait » amoureuse que d’homosexuels. Lorsqu’un jour, certaine d’être amoureuse d’un garçon (hétérosexuel ) qui lui convenait, elle déclencha automatiquement une mycose génitale qui la rendit folle de douleur et de désespoir. La relation se termina parce que le jeune homme se fatigua d’attendre pour butiner sa belle. Plutôt que désobéir à son père elle mit en place une affection qui lui interdisait de braver le tabou de sa virginité.

Graisses: Le fameux cholestérol synthétisé par le foie en bons et mauvais cholestérols. Le foie dont la colère est une des manifestations les plus répandues de cet organe, peut mettre en évidence la peur d’être piégé (dans une relation par exemple), la peur de l‘abandon (dans sa relation actuelle, effet de la répétition d’abandons successifs – ou supposés tels –  pendant l’enfance), une obsession face à l’échec. Être aimable envers soi-même est une possibilité pour éviter le conflit interpersonnel qui, à terme, produira du mauvais cholestérol et favorisera les problèmes cardio-vasculaires. Là aussi, trop de rigidité,  soudaine agressivité, perte de vue de l’ensemble, s’attache aux détails. Manque de souplesse, ne peut arrondir les angles. Mettez de l’huile pour que ça glisse pour éviter de fabriquer du mauvais cholestérol. Petit conseil:L’huile d’olive est excellente, prise à jeun, pour déverrouiller le foie « fatigué », pour fluidifier  les graisses en diminuant les risques d’athérosclérose.

Cailloux: Greli grelot combien j’ai de cailloux dans mon jabot?Oups! Seules les poules et les oiseaux (en liberté) ont besoin de cailloux dans leur jabot. Ou les chemises…Les cailloux fabriqués par le corps au niveau de la vésicule biliaire ou de la sphère urino génitale sont la conséquence d’excès de pensées souvent auto dépréciatives, annonciatrices de calamités. La rumination, la peur de perdre le contrôle des événements et de l’entourage, de l’incapacité à se relâcher, à faire confiance. Trop de rigidité, exigence de résultats, d’hypersensibilité avec perte d‘estime de soi. Ces personnes ont des difficultés à trouver la place « confortable » qui leur permettrait de s’épanouir. L‘anxiété y est aussi pour beaucoup; elle crée des situations de blocage, construit des murs de pierres impossibles à franchir, empêche la clarté de l’esprit.

D’où nous viennent ces protubérances (verrues, cors au pieds, fibromes, kystes)….et j’en passe et ces déformations (du squelette)? Comment s’inscrit notre  géographie intime sur les reliefs de  et dans notre corps? Bien sûr l’alimentation est en partie une réponse à ces problèmes. Cependant, elle seule, bien qu’elle y contribuera, ne peut faire disparaître le stress ni la tristesse, ni l’angoisse existentielle, ni l’insécurité, encore moins la précarité.  La difficulté à créer du lien social, de la joie, à chasser l’ennui  tant de circonstances où repli sur soi-même vont forcer le corps à prendre le relais pour exprimer ce qui ne peut l’être par la parole.

Assez allez-vous dire, et vous aurez raison! C’est le printemps que diable! Pas besoin d’avoir du muguet dans la bouche pour le réaliser. À bientôt avec quelque gaieté.

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L’Astre d’Amour

Dans « L’art d’aimer » Erich Fromm a écrit  » L’amour n’est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence… Qu’il y ait harmonie ou conflit, joie ou tristesse, c’est secondaire par rapport au fait fondamental que deux personnes se rejoignent à partir des profondeurs de leur existence, qu’elles ne font qu’un l’une avec l’autre en ne faisant qu’un avec elles-mêmes, sans fuir leur propre réalité. Il n’y a qu’une seule preuve de la présence de l’amour : la profondeur de la relation, la rivalité et la force de chaque   personne »

Communication, don de soi, sollicitude, responsabilité, respect, Connaissance sont les ingrédients indispensables d’une relation authentique fondée sur l’amour. Parler, communiquer avec ses mots pour dire ses émotions et exprimer ses sentiments est la manière d’être dans le don de soi. Pour un homme le don de lui-même passera par l’acte sexuel où il donnera sa semence à la femme. (Mesdames ne croyez pas que cet acte soit sans conséquence pour lui.) D’ailleurs un homme qui ne peut se « donner » sera impuissant. La femme par l‘acte de recevoir fait don d’elle-même,  elle laisse l’homme accéder à son centre vital. Si elle est incapable de donner, si elle ne peut que recevoir, c’est qu’elle est frigide. Chez la femme le don d’elle-même se manifestera aussi dans la maternité, cette dernière étant le résultat du don de deux êtres qui s’unissent. Ils se donnent l’un à l’autre et en conçoivent le fruit.

La sollicitude qui consiste à avoir des égards, être attentif aux besoins d’autrui, se traduira par des prévenances, des soins, de l’attention. Peut-on dire d’une personne  qu’elle aime les fleurs si elle ne les arrose jamais et les laisse mourir? Il en va de même dans la relation du couple, où chacun prendra soin de l’autre l’arrosant de son amour avec tendresse et égards.

Responsabilité : être responsable est pouvoir répondre aux besoins psychiques d’un autre. Particulièrement de la personne dont on est en amour.

Respect : le respect d’une personne pour une autre va se manifester par le souci de l‘accepter telle qu’elle est, sans vouloir la changer. Qu’elle s’épanouisse selon ses propres critères et non selon ses propres besoins pour s’en servir comme d’un objet.

Connaissance : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux » disait déjà Socrate. La Connaissance : un lien indéniable avec le paramètre précédent car l’on ne peut (se) et respecter si on ne se connaît pas soi-même. La Connaissance ne consiste pas à rester à la périphérie de soi-même ou de l’autre, mais d’aller puiser au plus profond de soi pour démasquer derrière les apparences, une souffrance, une angoisse, un tourment, une culpabilité qui rejaillissent dans les comportements dès lors que l’on n’a pas fait la démarche d’aller à la rencontre de son être intérieur. Sa nature essentielle.

Quiconque est capable de donner de lui-même est riche. Donner son temps, de la joie,  sa présence, son écoute, son intérêt, son savoir, sa tristesse… Tout ce qui vit en nous peut se manifester à l’extérieur de nous dans l’acte de donner, par le don de soi-même. Donner autrement que matériellement apporte une joie sans limite. Avec la constatation que plus on donne plus on reçoit. L’amour est un don, son épanchement devient un pouvoir qui produit à son tour de l‘amour.

Est-il utile de préciser que la capacité d’amour est subordonnée à la nature même du donneur? Une personne ne pourra faire don d’elle-même que parce qu’elle aura acquis indépendance, autonomie; lorsqu’elle ne sera plus dans l‘égocentrisme ni dans la toute puissance. Exploitation des autres,  accumulation de biens sont antinomiques  au don de soi…La confiance en soi, le courage de s’accepter tel que nous sommes (nul n’est parfait) autorisera le don de soi en éloignant la peur. La peur est un sentiment qui souvent empêche d’aimer.

En cette période Pascale je vous souhaite de faire le plein d’œufs en chocolat, de roucouler comme des tourtereaux et de répandre autour de vous de la joie, des rires et du bonheur.


Mercredi jour de Mercure. Mercure insaisissable comme les idées. Elles ne font que passer. Comme le temps qui de toute évidence n’a pas l’intention de se mettre au beau dans ce mois d’Avril encore frileux. « Avril ne te découvre pas d’un fil; en Mai, fais ce qu’il te plaît » rappelle le dicton. Est-ce ce temps incertain entre pluie et nuages qui  donne cette impression au printemps ne pas vouloir s’installer?Devons-nous attendre un mois dans l’année pour faire ce qui nous plaît? Pour attraper les idées et de tristes, mornes et noires, les recolorer en rose framboise, jaune soleil ou vert pistache comme des crèmes glacées qui égaillent les goûters d’enfants? Ou bien, pouvons-nous, dès maintenant, empêcher les idées de filer entre les mailles d’un cerveau trop plein?Mille préoccupations leur évitent de prendre place  et quand elles s’installent elles s’enrobent de noirceur. Elles confondent Mercure et Saturne. « Elles deviennent obsessionnelles. Mes idées noires  absorbent toute ma lumière intérieure«  disait Géraldine dans le secret de la consultation. « Oui, mais, comment faire pour ne pas broyer du noir? interrogeait-elle.

Les idées noires sont-elles favorisées par l’absence de soleil? Sont-elles l’apanage des pessimistes? Manifestent-elles une peur enfouie qui ressurgit dès lors que le climat social, familial, amoureux, sanitaire sont instables? Tout cela peut effectivement favoriser des idées noires, les fixer au plafond ; les ressasser n’arrangent pas les choses mais au contraire les transforment en pensées négatives qui retranchent la personne atteinte dans une voie sans issue.

En les regardant en face on y verra une trace de l’imagination qui joue des tours. Comme l’enfant ouvrant l’armoire de sa chambre pour y débusquer les fantômes,  persuadé qu’ils se cachent dedans. A cause d’un voilage qui bouge ou d’une histoire de loup racontée avant de s’endormir, l’enfant va perpétuer dans l’adulte les peurs de l’enfance avec sa cohorte de malaises. Mais pas seulement. Il existe souvent, enfouies dans l’inconscient, des causes réelles comme les atteintes à l’intégrité psychique, physique de l’enfant. L’interdiction, qui souvent lui a été faite d’en parler,  inspirera un sentiment étrange, inexplicable, infamant; culpabilité et honte mélangées, traces indélébiles de mémoires oubliées. Et les idées noires seront récurrentes, aliénées à l’enfance traumatisée.

Consulter est un moyen efficace de sortir de l’impasse.  Se dire permet de se libérer du poids écrasant, handicapant des idées noires et de retrouver à terme la joie de vivre, des pensées joyeuses et des partages heureux.

Viens! Je t’emmène boire un petit noir au troquet du coin!


Relation

Le nouveau né  a besoin de sa mère (ou de son substitut) pour vivre. Il  a besoin d’être touché physiquement, nourri d’amour et d’aliments, regardé et protégé,  son corps soigné. Comme lui,  les adultes que nous sommes avons les mêmes besoins.  En tant qu’êtres autonomes ce n’est plus la mère qui comblera tous nos besoins mais la trame relationnelle tissée au fil du temps. L’être humain est un animal social; il a besoin de ses congénères pour exister et il n’existe que parce que il est en relation directe avec d’autres semblables.

N’est-ce pas avec ce précieux véhicule, notre corps, que nous pourrons approcher l’autre? Intercepter son regard pour connaître son âme; entendre sa voix, bouche émettrice et oreilles réceptrices pour  apprendre de l’autre et de nous-même. Le corps-véhicule entier roule vers qui, pour où? Le saura t-on jamais si les doigts ne peuvent en dessiner les contours, si les mains ne peuvent le parcourir pour appréhender l’enfoui, le faire vibrer? Si les pieds (un pas vers l’autre) restent cloués au sol, paralysés par la peur de l’autre? Si on oublie que la peau, la plus grande étendue de notre enveloppe corporelle, nous sert de médiateur entre le dedans et le dehors, cet inconnu. Le corps dans sa totalité, nous parle et parle de nous; il met en scène nos habitudes, nos solitudes, nos  joies et nos peines; il raconte ce que nous sommes et vers qui, vers quoi nous allons. Avez-vous déjà aperçu une qui plie l’échine, ratatinée, soumise? Aurait-elle vécue sous la dictature d’un autre ?

Notre corps est l’indispensable support, créateur du lien vital, social, qui nous reliera aux autres. Quoiqu’on fasse on ne peut changer de monture en cours de route, nous sommes obligés de faire avec, qu’elle nous plaise ou non! Bien sûr on peut en changer certaines pièces, comme par exemple enlever des dents pour remettre en place un clavier de piano tout neuf,  imputrescible ivoire blanc. Poser des airbag pour transformer la devanture; rajouter une hanche cassée ou encore poser une pile pour le balancier tic tac du cœur.Tout est possible à ces temps modernes.

Mais ne parfaire que l’apparence et oublier l’esprit, fera se fracasser la belle coquille vide. Car un corps avec boîte à vitesse automatique (comprenez sans conscience) ne peut fonctionner longtemps seul, quand l’âme (l’esprit) ne l’habite pas. L’un ne peut avancer sans l’Autre. L’Autre en nous-même, avec notre propre corps physique (matériel) et son esprit (esprit – psychique, immatériel) et l‘Autre en l’autre, miroir réflectif de notre intimité. Et le virtuel, là dedans? Le virtuel d’où je vous cause?

Le virtuel est indispensable aux adolescents pour se confronter à leur imaginaire. Il construira des ponts pour relier leur monde interne au monde externe.  Parents, ne vous angoissez pas si votre ado passe plus de temps sur son écran qu’avec vous. Pour les adultes le virtuel ne peut être qu’un préalable à une rencontre physique; cette dernière concrétisera la relation ou la réduira à néant. Ne rester que dans le virtuel serait vouloir se déplacer avec un véhicule sans moteur. Autrement dit nous resterions sur place. Le lien virtuel ne fait que maintenir le lien social si celui-ci est établi auparavant. La seule pratique d’un échange virtuel par écran interposé ne ferait qu’ entretenir la frustration…

Le Ça : petite révision: chaque personne arrive sur terre avec un sac rempli de Ça. (A l’origine tout était Ça.) Influencé par le monde extérieur, l’environnement, une toute partie du Ça va se modifier et servir d’intermédiaire entre lui et l’extérieur. Cette infime partie échappée du Ça va  constituer le Moi. Or, nous l’avons vu, le Ça ne sait que désirer, il n’est pas raisonnable puisqu’il n’est que pulsionnel. Il ne satisfait qu’à ses besoins innés en n’obéissant qu’au principe de plaisir, qu’à ses besoins instinctuels.

La fin en soi du Ça n’est ni la conservation de la vie ni une protection contre les dangers. Il est totalement inconscient, n’est-ce-pas? C’est au Moi à qui il appartient de s’occuper du travail d’auto conservation et de protéger des dangers.  Bien que les pulsions soient multiples il s’en dégagent deux fondamentales : La pulsion de vie (sexuelle d’auto conservation, conservation de l’espèce, se nourrir, se défendre) et la pulsion de mort; les deux sont opposées l’une à l’autre ou se combinent l’une et l’autre. L’une étant de conserver, l’autre de détruire. En fait c’est de cela dont il s’agit quand le Ça saute la barrière du refoulement pour se transformer en symptômes somatiques (corporels), ils s’expriment pour dire le malaise de la psyché. C’est à ce moment là que le Ça crée.

Par la force constante, somatique (qui s’exprime par et dans le corps) le Ça par la pulsion représente une excitation pour le psychisme. Les différentes pulsions se rassemblent en deux groupes qui fondamentalement s’affrontent : la pulsion de vie et la pulsion de mort. Eros et thanatos. C’est dans cette dernière que va se nicher le « mal a dit« . Dans la maladie le Ça se met en évidence en s’exprimant par des symptômes corporels. La maladie est une perversion du corps à multiples  facettes, le lieu où va s’exercer  « sauvagement » sa créativité. C’est aussi pour les thérapeutes la voie royale qui permet d’appréhender l’être humain. Le Ça est la « verbalisation » de la chair. Or, pour comprendre la maladie il est nécessaire d’aller fouiller dans l’inconscient, l’inconscient restant le dernier lieu où s’ affiche la liberté individuelle. Son propre lieu, inaliénable. Groddeck, créateur du Ça, disait à ce propos : Si la maladie était comprise, elle risquerait de se trouver à son tour, comme la sexualité, aliénée. Car le Ça, totalement inconscient (est-il utile de le répéter?) tend à révéler l’état de celui-ci.  Les rêves, les lapsus, les actes manqués en dessinent les contours. La maladie en raconte le symptôme. Le Ça sert à raconter l’histoire, la nôtre, histoire refoulée au plus profond de nous-même. Telles des bulles remontant des profondeurs de l’océan (l’inconscient) et exploseraient, incontrôlables, à la surface de l’eau (conscient).

Le Ça, sert donc à ça: à crever l’abcès pour permettre l’accès à notre inconscient. Si l’on ne sert pas du Ça  pour explorer notre inconscient, il va agir dans son domaine (pulsionnel).  Avant d’être débusquée, la maladie s’exhibe sur le devant de la scène par la plainte (ça me fait mal; j’ai peur; je ne dors ni ne mange plus; je n’ai plus de désir;  la vie n’a aucun sens…etc…) Autant de symptômes révélateurs d’un ça qui ne cherche qu’à se dire, qu’à franchir la barrière de l’inconscient.  Ne pas s’en préoccuper ou refuser tout diagnostic ouvrira le lit de la pulsion de mort qui œuvrera en menaçant la santé du psychisme et agira sur un mode agressif, auto destructeur.

Et que crée le Ça? – Des comportements inadéquats – La maladie – Des passions destructrices – Des besoins compulsifs – Du sadisme – Des passages à l’acte : agressivité contre soi ou les autres;  violence contre soi ou les autres; les tentatives de suicide ou le suicide réussi…La destruction de soi ou des autres qui se soldera à plus ou moins longue échéance par la mort.

D’un Moi non discipliné rejaillira un Ça qui ordonne de jouir à l’extrême et sans entrave. Or, la jouissance totale est impossible et la rendre possible est un billet d’aller simple pour la mort…

Nous n’en sommes pas là, n’est-ce-pas? Portez-vous bien sans museler votre Ça et ça ira!