Mercredi jour de Mercure. Mercure insaisissable comme les idées. Elles ne font que passer. Comme le temps qui de toute évidence n’a pas l’intention de se mettre au beau dans ce mois d’Avril encore frileux. « Avril ne te découvre pas d’un fil; en Mai, fais ce qu’il te plaît » rappelle le dicton. Est-ce ce temps incertain entre pluie et nuages qui donne cette impression au printemps ne pas vouloir s’installer?Devons-nous attendre un mois dans l’année pour faire ce qui nous plaît? Pour attraper les idées et de tristes, mornes et noires, les recolorer en rose framboise, jaune soleil ou vert pistache comme des crèmes glacées qui égaillent les goûters d’enfants? Ou bien, pouvons-nous, dès maintenant, empêcher les idées de filer entre les mailles d’un cerveau trop plein?Mille préoccupations leur évitent de prendre place et quand elles s’installent elles s’enrobent de noirceur. Elles confondent Mercure et Saturne. « Elles deviennent obsessionnelles. Mes idées noires absorbent toute ma lumière intérieure« disait Géraldine dans le secret de la consultation. « Oui, mais, comment faire pour ne pas broyer du noir? interrogeait-elle.
Les idées noires sont-elles favorisées par l’absence de soleil? Sont-elles l’apanage des pessimistes? Manifestent-elles une peur enfouie qui ressurgit dès lors que le climat social, familial, amoureux, sanitaire sont instables? Tout cela peut effectivement favoriser des idées noires, les fixer au plafond ; les ressasser n’arrangent pas les choses mais au contraire les transforment en pensées négatives qui retranchent la personne atteinte dans une voie sans issue.
En les regardant en face on y verra une trace de l’imagination qui joue des tours. Comme l’enfant ouvrant l’armoire de sa chambre pour y débusquer les fantômes, persuadé qu’ils se cachent dedans. A cause d’un voilage qui bouge ou d’une histoire de loup racontée avant de s’endormir, l’enfant va perpétuer dans l’adulte les peurs de l’enfance avec sa cohorte de malaises. Mais pas seulement. Il existe souvent, enfouies dans l’inconscient, des causes réelles comme les atteintes à l’intégrité psychique, physique de l’enfant. L’interdiction, qui souvent lui a été faite d’en parler, inspirera un sentiment étrange, inexplicable, infamant; culpabilité et honte mélangées, traces indélébiles de mémoires oubliées. Et les idées noires seront récurrentes, aliénées à l’enfance traumatisée.
Consulter est un moyen efficace de sortir de l’impasse. Se dire permet de se libérer du poids écrasant, handicapant des idées noires et de retrouver à terme la joie de vivre, des pensées joyeuses et des partages heureux.
Viens! Je t’emmène boire un petit noir au troquet du coin!

