Le passé, à force de recherches, fait retour, chez elle, par la petite porte, laisse passer un rais de lumière en inondant les sens des émois oubliés. Par l’interstice une image s’est glissée. Blue jean, l’ouïe fine, le souvenir a pénétré sa mémoire recréant le fantasme d’un visage angélique d’adolescent. Fantasmes nourrit d’images juvéniles à peine pubères, romantisme d’une époque lointaine et révolue. La mémoire restitue le désir des gestes à peine ébauchés mais jamais terminés pour toucher l’Autre, inaccessible.Habillée par un long travail de travestissement, la mémoire, toujours elle, lui tricote patiemment une écharpe en guise de doudou, objet transitionnel, pour entourer son cou les jours où le grisou explose dans sa tête.
Ô, la Vie! Malgré ses envies d’y mettre un terme, le désir de la continuer, d’aller plus loin l’emporte toujours et nous oblige à la vivre comme inscrit pour nous, là haut, dans les étoiles. Et sourire. Sourire à ce qui n’a pas pu se vivre au temps de la jeunesse et rire. Rire, emporté par la vague déferlante, enveloppé d’écume pour rejoindre le large horizon qui redessine l’espoir.
Elle me racontait son histoire de retrouvailles alors que sa vie, qu’elle ne maîtrisait plus, filait à vive allure. Allure vertigineuse aussi dans ses paroles, elle me débitait les mots lus sur l’écran et disait-elle « ils me caressent les yeux« . Elle n’a jamais autant aimé lire les lettres noires sur ce mur froid et blanc « qui d’habitude explosent mes yeux », insistait-elle pour être sûre que je la crois. « Et tant pis si ça se révèle être un écran de fumée » dit-elle soudainement pessimiste…
Flash back d’un temps révolu et retrouvé elle pense à lui et son cœur s’emballe, et interrogative à mon encontre « Qu’en est-il du sien? Pouvez-vous me répondre?«
Que pouvais-je répondre à son désir de vouloir faire vivre une histoire qui n’a jamais commencé mais que sa mémoire a très bien entretenu en la faisant évoluer? Juste lui suggérer qu’il s’agissait d’un fantasme qui est à la fois effet du désir archaïque inconscient et matrice des désirs (conscients ou inconscients) actuels et comme tel il pouvait en surgir, comme dans un rêve diurne, une possible réalité? Chacun de leur côté excitait leur fantasme créant un idéal de l’Autre. Savoir que quelque part un autre existe pour l’avoir rencontré sans jamais pouvoir l’approcher, jamais connu au sens biblique du terme, avais-je le droit d’intervenir dans son rêve?
Souvenir, souvenir, chantait Johnny et les Stones « Satisfaction« à l’époque dont me parlait cette femme. Le sien ne s’est jamais effiloché mais s’est transformé en fantasme puéril qui se « réalisera » ou non en prenant corps dans l’échange autre que virtuel. Sa patience est si grande et son désir si tenace qu’on ne peut que lui souhaiter bonne chance.
Et à vous tous bon week end…


Rollex, comme un injure aux quidams quinquagénaires et anonymes donne l’heure dans son écrin à l’entrée de ce même hôtel. Pendant deux nuits encore la ruche va s’activer. Tout sera en place pour l’ouverture de l’événement cannois ce mercredi 13. L’affiche, dont vous avez la primeur, pavoise dans toute la ville qui sera fermée par des barrières, des sens interdits, des cordons de police, de quoi réjouir les cannois aux heures de pointer au bureau, au boulot. Oui, oui à Cannes aussi on travaille, ne croyez pas le contraire!