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Energie

Plusieurs définitions à l’énergie : une force, une puissance d’action, une puissance physique.  Grandeur qui représente la capacité d’un corps ou d’un système à produire un travail, à élever la température. Cette énergie là est bien connue en dehors de la physique électrique, nucléaire. Elle consiste à frotter deux corps ensemble; essayez par – 3° et vous verrez à quelle vitesse l’énergie dégagée va réchauffer les corps  emmêlés. Le travail sera d’autant plus facile si l’énergie qui les habite  est de nature amoureuse. Cela s’appelle la libido qui d’après Freud est une énergie vitale émanant de la sexualité et pour Jung une énergie psychique en général.

Il existe une énergie primordiale,  source fondamentale sans laquelle la Terre serait déserte et dépeuplée. Le Soleil principe masculin,  carburant, symbole par excellence des femmes éprises de lui. De cette énergie découlent toutes les autres comme le charbon, le gaz, le pétrole – grands pourvoyeurs de  guerres -, le vent… Le Soleil dont le rayonnement éclaire la Lune et notre Planète, est source de chaleur et de Lumière en perpétuel recommencement. Nous devons à notre soleil intérieur de brûler et d’éclairer nos jours.

Maintenant que nous avons pris conscience de l’indéniable force qui nous fait fonctionner et afin que l’énergie n’agisse plus  à notre insu, nous allons la visualiser pour la faire circuler. Assis ou allongé (c’est mieux et plus confortable, pas toujours possible) nous allons visualiser notre corps dans sa totalité. Nous allons suivre le souffle par la pensée. L’énergie, disent les Taoïstes, va là où est la pensée. Nous allons porter notre attention sur notre souffle (respiration), attendre que tout s’apaise.  On se détend.Visualisons un courant qui parcourt notre corps à la manière d’un fil électrique que nous dirigeons à l’aide du souffle comme  interrupteur. Ce courant énergétique descend dans notre gorge; arrêtons  le quelques secondes au niveau du thymus (au dessus de la poitrine) et spiralons-le à cet endroit; maintenant le diriger vers les épaules, aux bras à l’extérieur jusqu’aux mains. Ce courant comme un fluide va parcourir chaque doigt pour remonter à l’intérieur du bras. Dirigeons-le de chaque côtés du corps; le descendre comme pour les mains à chaque doigt des pieds et faites le remonter à l’intérieur de vos jambes jusqu’au  scrotum pour les hommes, jusqu’au vagin pour les femmes. Le courant va s’engouffrer à l’intérieur tapisser vos organes et ressortir délicatement par la bouche. Ressentons ce qui se passe.  Cette visualisation dure moins d’une minute, elle consiste à conscientiser le souffle (énergie) qui est en nous et nous anime. Maintenant nous allons effectuer la même expérience en ressentant le courant le long de la colonne vertébrale. Chaque vertèbre sera un axe à déverrouiller, à ré-énergitiser puisque de chacune partent les câbles nerveux et grâce à eux nous ne sommes pas des poupées de son. Nous sommes flexibles (si tout va bien) nous pouvons marcher, nous tenir debout…Faire cet exercice autant de fois que nous en ressentirons le besoin pour créer un corps plein de vie, d’une belle énergie.

Je vous emmène avec moi dans le parc pour faire cet exercice sous le regard ravi des écureuils. Nous offrirons notre carcasse à la douce brise et au soleil, grand réparateur, pourvoyeur d’énergie.

Rêver

Rêver d’un monde main dans la main pour former une ronde d’amour.

Rêver éveillé à la pause des armes pour désamorcer les implosions cellulaires qui dévastent le corps; de feux dévastatueurs qui brûleraient les monstres intérieurs qui nous rongent et d’en répandre les cendres comme engrais..

Rêver de transfusions d’énergie d’elle vers lui.

Rêver. Rêver à une vie meilleure c’est maintenant ou jamais.

Rêver de douces frustrations nécessaires qui n’engendreraient que de petits manques satisfaisant nos désirs sans obsessionner; rêver de films criants de vérités essentielles, de chants d’amour sans épines appliqués en baumes lénifiants.

Rêver de réveils enchantés aux paroles de miel épicé d’Orient.

Rêver de murmures de ruisseaux serpentant dans la vallée, s’engouffrant dans la grotte qui est là et t’attend.

Rêver de bougies dont la cire scelle d’un rouge tendre nos vies à tout jamais.

Rêver d’abolir l’ignoble;  rêver de chaînes déliées, de mots libres comme l’air dépollué, d’un lâcher joyeux d’émotions pour tout embraser; d’espaces où l’on pourrait tout se dire en toute impunité; de soleils jaunes citron juste ce qu’il faut acides pour saliver.

Rêver de corps souples avançant sans entraves vers la liberté; d’esprits légers comme des âmes qui savent où se poser;  d’enlever les masques des Amants du tableau de Magritte et  transformer la mascarade en un long et doux baiser.

Rêver d’arrêter le temps sur les instants magiques pour revivre, couchés en boule, l’éternel retour.

Rêver de ne jamais dire adieu à ceux qu’on aime mais aurevoir on se retrouvera ailleurs, bien vite.

Vous viendrait-il à l’idée de traverser l’océan, même pas déchaîné, dans une périssoire (petite embarcation plate et allongée, manœuvrée à l’aide d’une pagaie double)? Bien sûr que non, n’est-ce-pas! Et pourtant c’est de cette manière que la plupart d’entre nous s’embarque dans la vie. Nous traversons l’océan qu’est la vie dans une embarcation aléatoire en refoulant systématiquement nos émotions. Ces dernières se retournent contre nous et nous invalident. Les émotions refoulées jouent un rôle fondamental dans l’apparition de la maladie (le mal a dit) mais aussi dans le rétablissement du malade dès l’instant où ce dernier peut les exprimer. Il existe un lien étroit entre le cerveau et les défenses immunitaires (démontré depuis des décennies). Il a été prouvé que l‘émotivité d’un individu et sa réaction au stress constant peuvent être des facteurs déclencheurs de nombreuses maladies. Nous formons un tout indivisible et un organisme humain dans son entièreté est bien plus que la somme des parties.

Il n’y a pas de corps sans esprit pas plus que d’esprit sans corps.  Il y a 2500 ans de cela, Socrate disait déjà: « …Car la grande erreur de notre époque dans le traitement du corps humain est la séparation que font les médecins entre le corps et l’esprit ». Les émotions influencent la fonction de nos organes, l’intégrité de nos défenses immunitaires, les échanges de substances biologiques garant de l’état physique de notre organisme. L’isolement affectif, la solitude, la précarité, le stress chronique (professionnel, social…) affaiblissent nos défenses immunitaires. Les relations inadéquates qui ne comblent pas nos besoins les plus profonds vont agir de même.

Prisonnier du rôle qu’il a été obligé de tenir étant enfant, incapable de concevoir que lui aussi avait le droit de s’abandonner, de s’exprimer et d’être considéré digne d’attention, cet homme devenu adulte continue sur ses conditionnements appris, il refoule ses besoins élémentaires. Il continue à « assurer » en ramant dans sa périssoire sans se plaindre prêt à accepter d’envisager sa vie comme étant foutue.  Il ne traversera pas l’océan sur son embarcation de fortune. Á moins qu’il se rende compte que sa maladie est un moyen pour son corps de rejeter cet envahissant sens du devoir avec lequel il a entretenu tout le monde sauf lui-même.

Quand on n’a pas appris à dire NON de manière adéquate, notre corps se charge de le dire pour nous. Dire Non s’est accepter de dire ses émotions au risque de déplaire; mais aussi de bénéficier d’une réconciliation corps /esprit; c’est encore retrouver la responsabilité envers soi-même et de ses propres choix pour ne pas rester dans  le duel infernal qui tapisse les relations acquises et aveugles. Se vouloir être le protecteur de l’autre en le protégeant de nos propres émotions, est refouler ce qui, exprimé rendrait consciente la relation et la responsabiliserait.

Alors on se dit tout? L’agréable et le déplaisant?  La peur et la joie? La honte et l’humiliation? La fierté et la mesquinerie? Enfin tout quoi!

La Passion

Bien que l’on ait envie de dire sans réfléchir « Oui,on peut être amoureux  sans pathos! » le mot passion contient une définition de souffrance tant et si bien que la question en devient inutile. Dans sa racine « passion » veut dire pathos et la pathologie est l’étude des passions. La passion est « un mouvement violent, impétueux de l’être vers ce qu’il désire, une émotion puissante et continue qui domine la raison » écrit Roland Gori dans la logique des passions.

Sachant la pluralité des passions, de celle du jeu à celle du collectionneur ou celle du toxicomane pour le produit dont il est dépendant, je ne parlerai ici que de la passion amoureuse…Dans tous les cas la passion s’exprime dans un rapport à l’objet, aussi elle peut être considérée autant comme une faiblesse que comme la marque d’une grande âme. Elle peut être une défaillance de la raison mais aussi indiquer une intensité de sentiment permettant à une force vive d’accomplir de très grandes choses. Dans « Pour introduire le narcissisme », de la passion Freud disait « elle a la force de supprimer les refoulements… », et R.Gori, précédemment cité, parle des passions comme étant « les discours de souffrance« . Alors peut-on aimer sans pathos? « Non, puisque l’amour est une névrose » me répondit l’amie à qui je posai cette question…il y a belle lurette! Et elle avait raison car comme Freud elle avait découvert sans jamais l’avoir lu « que les symptômes constituaient la manière d’aimer du névrosé » et découvrait à l’instant même de ses dires qu’être passionné était être dans la souffrance.

Qu’en est-il des femmes qui veulent représenter « tout » pour celui qu’elles aiment? Être leur femme, leur amante, leur sœur, leur putain, sans oublier  leur mère? C’est bien de cela dont il s’agit : l’on cherche dans l’amour soit à donner ce que l’on a reçu ou pas, soit à combler l’Autre de ses propres manques. Combler les failles, les carences de l’Autre. « Tu es tout pour moi » comme le lui a dit sa mère qui n’a pu tenir les engagements « fantasmés » par l’enfant. Une récurrence en thérapie est que les hommes ne peuvent aimer la femme qu’ils désirent et ne désirent pas celles qu’ils aiment, celle-ci étant trop proche de la mère « interdite » (sexuellement)

Une personne follement amoureuse est dépossédée d’elle-même, n’a plus la maîtrise de ses pensées ni de ses actes. Elle va s’entourer de vide pour le combler d’une seule et obsessionnelle présence: son objet d’amour; faire le vide relationnel pour ne vivre que ce « tout » qu’est l’Autre ». « Tu es ma vie, le sang qui coule dans mes veines… »Qui a connu la passion a dit ou entendu ces mots.

La passion ne serait que la résurgence d’un sentiment éprouvé dans l’enfance où se mêlent la peur de perdre – suite à la séparation maternelle ressentie comme étant abandonné d’elle – et l’aliénation à cet amour  illusoire. Le sentiment de détresse vécu lors de la passion est générée par la peur d’être abandonné, la résurgence d’une passion originaire dont on n’a plus la trace mnésique, et non pas produit par les effets de la passion en train de se vivre. Cet état de détresse va amener le passionné au dénuement le plus absolu, aussi bien physique que psychique; dénuement qui le dépossède totalement tant au niveau relationnel que pécuniaire, l’argent étant le signifiant suprême. « A quoi me sert d’avoir, de posséder de l’argent, puisque je t’ai et par toi je suis »

Parce que là encore la passion exprime le lien secret – et inavouable – à la mort et à la destruction pour ceux qui s’y adonnent de tout leur être. L’amour fou peut conduire les passionnés au suicide en réactualisant tous les manques, tous les traumatismes de l’enfance…quand la tentative a échoué.

Ok, mais sur le chemin de l’amour ne passe pas forcément la passion?

La passion amoureuse est comme une maladie que l’on aurait contractée mais qui, ensuite, garantit l‘immunité. Et ce n’est qu’après que l’on peut vivre le vrai et bel amour sans pathos. Mon amie qui me disait cela avait l’air de savoir de quoi elle parlait. Ouf! Je l’ai échappé belle et vous, où en êtes-vous?

Bonne fête aux hommes devenus pères pour avoir engendré un enfant. L’enfant, fille ou garçon, fait le père mais c’est au fils que revient de transmettre le Nom du Père. En cette importante particularité son nom demeure de père en fils. Certains géniteurs se prennent pour Dieu le Père mais jamais ne seront des papas. Parce qu’un papa est forcément papa gâteau sans être pâtissier ou un papa poule sans pondre d’œufs bien qu’il protège sa couvée. Il y a les fils à papa, costard-cravate-attaché-case-Rolex-poignet, ils fantasment leur Père, ce héros, l’idole inaccessible et demeure à tout jamais en manque de Papa.

Il y a le Saint Père, Pape avec père sans fils en direct-live sauf sur la place du Vatican. Nous n’oublierons pas Freud le Père de la psychanalyse dont les théories encore aujourd’hui questionnent l’inconscient. Papa Freud qui a mis en évidence le tabou de l’inceste,  fait du père un tiers séparateur du couple mère/enfant et du Surmoi tyrannique un père fouettard qui poursuit de la névrose ses fils depuis tout temps. Il y a quelques Pères défroqués; ils ont quitté l’état ecclésiastique pour habiller la vie vers laquelle ils se sont tournés.

Pères « Fais ce que je te dis et ne cherche pas à savoir ce que je fais » véritables tyrans d’enfants malmenés. Les pères donateurs de têtards qui n’ont pas cru bon légitimer l’enfant bâtard. Il y a les pères dans le désir de faire mieux que leur père, malheureusement, ils se sont plantés. Il y a les pères gonflés, pour ne pas dire infatués, d’une légende qu’ils continuent à perpétuer.

Et puis les pères responsables au dos courbé d’avoir tant travaillé, fiers (et ils peuvent l’être) de n’avoir pas démissionné de leur fonction paternelle.

Il y a Notre Père qui êtes aux Cieux et qu’il y reste, la planète est bien trop peuplée.

Ce 21 juin, ouverture de l’été, fête les Pères et de la Musique, lâchez-vous comme le taureau dans l’arène mais évitez l’orgie qui vous  transformerait en  viande soûle avec mal aux cheveux  le 22.

Le Ça c’est vu. Voir l’article du « Sexe ça crée » publié en date du 17 mars. Le Ça continue, publié en date du 23 mars et Le Ça, ça crée quoi? publié en date du 1er Avril.Nous en avons donc fini avec le Ça qui n’est pas que ça, mais avec le Ça, aussi! De quoi allons nous parler ce jour? Pas de la pluie et du beau temps quand même! Ni des avions qui s’écrasent ni du chat de la voisine qui a disparu en même temps qu’elle? Ni du soleil qui attaque la peau de la famille Groseille allongée sur la plage? Pas de la crise, non plus, la radio nous en rabâche les oreilles, et sans rien y comprendre nous en subissons les effets. Nous n’allons pas parler non plus des élections européennes, où les Verts ont fait un très bon score? Merci Dany le Rouge! Pas de la couleur rouge des yeux du lapin myxomatosé ? L’ami Roy m’écrit et me suggère que… peut-être, il serait bon de  terminer ce que j’ai commencé. Quoi?Ah, oui! la masturbation, pardi comme on dit à Toulouse! Pardi qui veut dire Par Dieu du côté de par chez nous les Toulousains. Ailleurs ils disent Parbleu! Donc, pardi ou parbleu (au choix de la région qui nous a vus naître) évidemment que nous allons continuer à parler de ce que propose ce grand masturbateur de Roy. Dans sa pathologie. Non pas de la pathologie de Roy, mais de celle de la sexualité perturbée, contaminée par la répression de la masturbation..

Si pour la plupart des adeptes de la masturbation,  qui en font un usage salutaire, voire une panacée,  bénéfique pour eux-même seul ou en couple, pour d’autres elle est devenue une obsession, une obligation à satisfaire un priapisme provoqué par la main  qui caresse. Me caresser devient un cercle vicieux, me disait cet homme qui consultait pour trouver une solution pour  ne plus penser qu’à ça : se masturber. La psychothérapie entreprise démontra qu’il avait une sexualité pauvre, refoulée, inhibée. « Quand j’étais enfant, ma mère me surprit à jouer avec mon sexe. Quel bonheur j’y trouvais à cette époque là! Le cri d’horreur que j’entends encore m’a paralysé et depuis ce jour j’ai besoin de me cacher, y compris de ma compagne, pour pratiquer seul une chose qui ne me donne aucun plaisir mais beaucoup de culpabilité. On l’aura compris, l’horreur qu’ il a inspiré à sa mère, a entravé, a stoppé sa sexualité au moment où il faisait connaissance de son corps. Dès lors il fut étiqueté par sa mère et par lui-même comme étant « malade, pervers, vilain  et sale petit garçon ». Le petit garçon devenu grand ne s’en remit jamais mais resta bloqué sur l’obsession génitale, illusion d’une sexualité qu’il devait à tout prix satisfaire seul, pour arriver à l’orgasme libérateur, en une éjaculation – évidemment trop rapide se plaignait-il, afin de ne pas être surpris.

La morale maternelle (dans ce cas précis) a réprimé cette pratique infantile, condamnant l’enfant à abandonner cette partie du corps qui va devenir une zone où s’inscrit la peur, la honte et l’interdit et générer de profondes inhibitions, sans pour cela cesser la masturbation qui va devenir obsessionnelle. L’inconscient, rappelez-vous, ne sait que désirer et ne veut que jouir. Cet homme resté au stade et dans la recherche du plaisir éprouvé dans l’enfance, eut du mal à réapprivoiser  ce bonheur.  La thérapie enraya l’obsession en levant l’interdit, la culpabilité,   la honte  et la notion de sale. Transformé par la compréhension de ce processus mortifère, cet homme s’autorise à vivre une sexualité épanouie.

Nombreuses sont les personnes (hommes ou femmes) qui vivent une frustration permanente en refoulant l’érotisme avec un (e) partenaire, vivent leur sexualité sans désir lié à l’interdiction faite dans l’enfance. Elles continuent à faire un interdit de cet acte qui les rendraient autonomes. La pathologie n’est pas dans la masturbation mais dans les représentations, les images, et les traumatismes qui y sont liés. Entachée de croyances, de répression, de tabous, d’interdits,  la pratique masturbatoire vécue dans ce registre ne peut que « fabriquer » des individus refoulés, inhibés.

Michel Tournier dans  Météores écrit ainsi de l’imagination « Le cerveau fournit au sexe un objet imaginaire, cet objet il incombe à la main de l’incarner ».

Allez joyeux et tranquilles à la Fête de la Musique en commençant bien l’été.



Le Corps encore

Certaines personnes se sont construites sur leur seule volonté (je veux y arriver), cimentées par le seul  désir de parvenir à leurs objectifs (j’y arriverais), bétonnées par leur réussite (je me suis faite toute seule). Alors, pourquoi parvenues à un tournant de leur vie, tout  l’édifice se fissure, se délabre, finit par s’effondrer? Parce qu’un corps ligoté, sous tension d’une pensée exigeante, tyrannique, s’enferme dans un carcan, une cuirasse qui semblait, pour ces personnes, indestructible. Parce qu’un corps muselé comme  la presse iranienne ne distribue plus l‘énergie du centre vers les  organes périphériques – visage, mains, pieds et organes génitaux – organes des sens, extrémités qui établissent le contact avec le monde extérieur. L’excitation – pulsion de vie – prend sa source dans le ventre, dans les viscères, celle-ci ne se déplace plus à la périphérie. Cette excitation est bloquée par des tensions musculaires chroniques à la base de la tête – cervicales -, aux épaules, au pelvis, aux hanches et au coccyx. Le fonctionnement énergétique des organes est faible, le contact avec le corps et les sensations fortement réduits. Les émotions se dissocient du cœur qui malgré  une charge pulsionnelle faible peut paradoxalement devenir explosive. Effet de compression. Tension/ extension. La personnalité se scinde dès lors que les tensions musculaires qui maintenaient la cohérence de la personnalité s’effondrent; la périphérie est coupée  de son centre énergétique et de ses émotions.

Tous les signes de robustesse dont la personne tirait fierté,  effondrent son dos, créant un vide d’énergie qui  ne soutient plus la charpente. La sève ne monte plus dans le tronc vertébral. Pareille à la kundalini, la sève stagne dans le réservoir sacré, au sacrum, bouillonne à cet endroit,  sans  pouvoir monter le long du canal énergétique.  Les zones de tension se situent à la base du crâne,  aux articulations omoplates-épaules, à l’articulation coxo- fémorale, entravant les jambes qui se déplacent avec difficulté, voire se paralysent.

Ce sont les genoux (je-nous) qui restent raides comme la justice en refusant de plier à une demande émotionnelle : ces personnes sont coupées de leurs émotions. Si elles s’y attardent, elles en sont fortement perturbées. La pensée est bien trop rigide, bien trop disciplinée et ne peut agir selon un ressenti inexistant.

Ce sont les hanches, le bassin, inflexibles d’immobilité. Ne jamais pivoter, encore moins se retourner sur de possibles erreurs, leur rectitude, leurs certitudes tiennent lieu de tuteur. Socle du bas du dos, la ceinture pelvienne sous-tendue par la volonté d’avancer droit devant, aveugle à l’éventualité d’un obstacle, finit par se plier en deux en penchant inexorablement vers la terre. La cause serait-elle le trop de terre à terre sans s’y être jamais connecté?

De telles personnes ne se plaignent jamais (elles n’ont pas le temps pour ça; elles ont d’autres pragmatismes autrement plus importants qui ne concernent pas leur joie de vivre). Elles n’ont pas accès à leurs rêves nocturnes « Je ne rêve pas » disent-elles. Pas plus qu’elles n’ont de rêves diurnes. Comment pourraient-elles  rêver quand leurs émotions sont bâillonnées  par la pharmacopée en vigueur  qui les soulage de leur souffrance intense? Cortisone, morphine gonflent leur chair, contrôlent leurs muscles bloqués depuis longtemps tendus. Souffrance physique prise en charge par  un arsenal chimique qui fait barrage aux intempestives ondes émotionnelles,  endort le corps et l’esprit. Elles sont devenues toxicomanes et dépendantes de la prescription pharmaceutique.

Oui, et alors? Que faut-il faire demandent-elles, suppliant presque pour qu’on leur délivre l’ordonnance miracle qui les remettra droit dans leur bottes qu’elles ne peuvent plus chausser?

Peut-on vivre sans corps? Sans tête? Le corps parle de Je en tant que sujet. Il raconte l’histoire de nos émotions ignorées. Il somatise (conversion des troubles psychiques en symptômes corporels). Je, sujet somatise l’incorrigible façon de le maltraiter. Je révèle nos failles, notre opiniâtreté, nos doutes, nos certitudes, nos croyances erronées… Il raconte tout ce qui a été refoulé, remisé aux oubliettes, sacrifié au plaisir de vivre, à la joie,  au plaisir d’aimer. La tête séparée émotionnellement du corps a érigé en devoir sa façon de vivre oubliant le droit que tout être respectueux de lui-même se doit.

Alors, heureux ceux qui ont les comptes en banque pleins et le dos fracassé, vide d’énergie? Sont-ils plus heureux que ceux qui ont le dos fracassé et le compte en banque vide! Peut-être c’est à voir!

Au son du dub, repiqué d’un commentaire de Vera, (voir l’article « Eros, l’amour ailé » du 17 février sur ce site),  nous parlerons de rose…  Montez le son. C’est parti!

http://www.nadinespinoza.com/cube/leili/interview.htm

Ce matin, réveillée par le chant mélodieux du rossignol, le teint frais comme une Rose,  je dispensais  mes joues du fard « Rose des sables » qui habituellement les colore. Un je ne sais quoi me persuadait que la vie n’est pas aussi triste qu’elle le paraît quelques fois. Dans ma tête la chanson de Piaf   » La Vie en Rose » tournicotait comme le carrousel de la Croisette près du Palais. D’un naturel à voir tout en rose, l’optimisme matinal m’étonnait à peine mais traçait déjà des signes de préciosité comme le Bois de Rose, mélange de plusieurs arbres d’Amérique du Sud qui en fait un bois précieux. D’où venait ce soudain romantisme, loin de toute sentimentalité à l‘eau de Rose? Pas  des roses thé séchant dans la coupelle en cristal bleu de Bohème? Pas des bras qui m’enlacent ni de murmure tout bas à mon oreille, comme le chante Édith? Pas de téléphone rose ou de minitel rose; ces choses là, loin de sentir la rose, n’attirent que certains hommes et les déshonorent. Pas du Roman de la Rose ce poème allégorique, ce chefs-d’œuvre Médiéval qui relate la quête amoureuse dans un  merveilleux univers? Alors quoi?

Le souvenir peut-il faire ressurgir des émois colorés de rose? Sans épines? « Quel intérêt une rose sans épines ? » proteste le Petit Prince. Sa Rose est précieuse, elle lui parle de la vie avec ses fragilités et son point final qui arrive trop vite.  Ma Rose de ce matin, celle qui a inondé ma journée, décline dans sa palette de couleurs les sentiments qu’elle symbolise. Son blanc évoque la pureté ; son rose celui de la tendresse et son rouge crie la Passion.

Le printemps est passé, l’été s’achève. Les roses ne parlent plus d’amour mais bien d’un passé révolu que l’absence a flétries. La main en avait délicatement coupé les tiges pour les disposer, séchées et racornies, dans la coupelle bleue en cristal de Bohème. La pensée encore vive du symbole floral a arrêté cette même main prête à les jeter pour leur cacher la flamboyance de l’automne  à laquelle elles ne participeront pas et la froideur de l’hiver qui cache toujours un printemps dans son cœur.

Le point final arrive trop vite…

La Mémoire

La mémoire est un fonction par laquelle s’opèrent dans l’esprit la conservation et le retour d’une connaissance antérieure acquise. Ça c’est le dico qui le dit! Elle est le réceptacle des souvenirs « son visage est gravé dans ma mémoire ». Elle peut être mémoire morte, dans ce cas le souvenir ne peut être modifié ou à contrario mémoire vive indique la mémoire dont on peut modifier le souvenir. La mémoire est un lieu de stockage d’informations, d’événements,  un état de conscience, un point de repère, qui par son intensité de retour lutte contre l’oubli.

La mémoire individuelle est le souvenir soustré à tout ce qui a été oublié. Elle est un plus dans un moins, le souvenir (+) dans l’absence(-) de tout l’oublié. Représentation de ce qui a été elle ne peut être que subjective. Elle évoque une trace au présent de ce qui est passé. Elle est frontière entre le réel et l’imaginaire puisqu’antérieure à la représentation que l’on s’en fait au moment où elle surgit.

La mémoire est le fondement de notre propre identité. A quoi serviraient la carte d’identité sans la mémoire de Qui on est, si ce n’est de nous le rappeler?

La reviviscence d’un phénomène mémoriel n’existe qu’au travers de la relation sociale qui rassemble et organise les souvenirs. Nous nous rappelons parce que nous avons des souvenirs  en communs : le lieu, le contexte, la joie ou le malheur, la sympathie ou son contraire… La mémoire est réactivée lorsque des souvenirs communs nous sont rappelés par les parents, les amis…Pour les besoins d’une thérapie la mémoire sollicitée fera remonter les souvenirs par le biais du récit. Le cadre social de la mémoire sert d’instrument à l’individu pour reconstituer une image du passé en harmonie avec la demande du moment.

La mémoire se fiche éperdument de l’ordre chronologique des événements, sauf ceux concernant l’Histoire où la chronologie est indispensable pour la raconter.

La mémoire est affective et magique et de ce fait ne s’accommode que des détails qui la confortent. Elle s’alimente de souvenirs épars, flous, certains s’entrechoquent, certains autres peuvent être statiques, plus dispersés ou concernent plus  une totalité. Les souvenirs minimes peuvent servir d’écrans à d’autres plus traumatiques, peuvent être censurés par un code interne ou être de simples projections de désirs inavoués.

Cependant gardez en mémoire que la mémoire est toujours subjective, rarement objective, rarement en rapport avec la réalité. Et comme la jeunesse elle fout le camp si on ne l’entretient pas. Soyons donc attentifs à la mémoire qui flanche pour qu’elle continue à servir le passé des moments heureux.

Bonne fête à la Mère Idéale dont nous avons tous rêvé. Bonne fête à la Mère que l’on a eue, elle n’a jamais été idéale ou alors ça se saurait.

Bonne fête aux Mères qui ont tout mélangé, puisqu’en voulant rester jeune fille elles refusent leur statut de mère, il les prive de liberté. Bonne fête à la Mère haïe parce que trop aimée. Bonne fête aux Mères copines de leurs enfants adorés et aux copines Mères.

Bonne fête aux Mères de remplacement; aux Mères célibataires; aux filles-Mères. Bonne fête aux Mères sacrifiées sur l’autel de leur progéniture; à la Mère Vierge, la pauvre comment a t-elle fait?  Bonne fête au cœur des Mères sans enfant tant désiré.

Bonne fête aux Mères castratrices; aux Mères trop dévouées et à celles qui ne le furent jamais. Bonne fête aux Mères dominatrices, leurs enfants elles ont étouffé. Bonne fête au ventre de la Mère porteuse d’un fruit qu’elle ne pourra  jamais apprécier. Bonne fête aux Mères six pieds sous terre qui cependant en surface continuent à exister.

Bonne fête aux Mères défaillantes, que leurs enfants abandonnés puissent, quand même leur pardonner, de même qu’aux Mères envahissantes qui ont pompé l’air de leurs rejetons asphyxiés.

Bonne fête à la Terre, notre Mère Nourricière que nous avons tant dévastée.

Bonne fête à la Bonne Mère de Marseille et à Brecht pour sa  » Mère Courage » qui au théâtre  continue  à s’exhiber. Bonne fête aux hommes rêvant d’être Mère d’enfants qu’ils n‘enfanteront jamais. Bonne fête à la Mère Supérieure  du  couvent d’à côté qui « protège » ses enfants sans connaître la maternité.

Bonne fête à la Mère patrie, pour l’Europe irons-nous voter? Bonne fête aux femmes Maires  de France et de Navarre, elles aiment les responsabilités.

Pas de fête pour la mère maquerelle mais bonne fête à ses prostituées; pas de fête non plus à la mère de tous les vices qui n’est autre que l’oisiveté.

Ce dimanche, Fête des Mères, la Lune Pleine est gravide comme une promesse de fécondité.

Allons faire la fête sur l’eau bleue de la Mer Méditerranée car le beau temps est éphémère  il faut savoir en profiter.