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De la naissance du désir à l’épanouissement du plaisir, le cerveau gère tout chez la femme.

Il fait très chaud ce vendredi, aussi, légère et court vêtue je vous propose de passer le week-end à faire relâche ! Pendant ce break indispensable, je vous parlerai de l’envie folle de vivre dégagée des contingences matérielles, de satisfaire aux besoins élémentaires (faim, soif, sommeil), de danser  sur  la musique, d’aimer et d’être aimée.

Le divan du psy est vide, le bureau du banquier désert, les ciseaux du jardinier et du coiffeur à la remise, les livres et écran de l’étudiant sur l’étagère, la concierge aura rangé ses balais, mes voisins continueront leur grasse mat, la mer a retrouvé son bleu méditerranée, les marins sont sortis en pleine mer, dans le ciel les nuages s’effilochent, la neige sur les montagnes n’est plus qu’un souvenir d’hiver. Bientôt nous serons à partager un tendre corps à corps pour vérifier la véracité d’un article reçu ce matin dont l’intitulé, vous pensez bien, a attiré mon attention. Il concerne essentiellement les femmes et leur sexualité. Le voici :

« Comment le cerveau gère notre sexualité. De la naissance du désir à l’épanouissement du plaisir, le cerveau gère tout chez la femme. »  De grands pontes de la gynécologie psychosomatique et sexologie de Genève débitent (sans jeu de mots)  le résultat  d’expériences pratiquées sur le rat. Les chercheurs ont implanté une électrode dans son système dopaminergique (Dopamine : neuro-médiateur du plaisir)  que le rat  active à volonté en appuyant sur un levier.  Que croyez-vous que le rongeur fît dans ce cas là ?  Eh, bien il se donne tant de plaisir qu’il ne  s’alimente plus !

Vous vous demandez si ça marche aussi pour les souris ? Certainement puisque ça les concerne ! Pour résumer : Lorsque la zone du plaisir est activée, c’est toute l’organisation  portant  sur l’estime de soi, la représentation mentale de soi qui est stimulée et renforce la capacité à intégrer l’autre en soi. Plus il y a de plaisir plus on se considère, plus on va tenir compte de l’autre. De plus si l‘amour se mêle au plaisir, le désir féminin se transforme en un outil de compréhension et de connaissance  de soi-même et de l’autre. Beaucoup de nos rôles sont venus de notre désir féminin de combler les besoins de l’Autre, l’homme en particulier, écrivait Anaïs Nin.  Et même si on peut désirer une personne qu’on n’aime pas et aimer une personne sans la  désirer quand les deux se rencontrent (amour et désir) c’est le jack pot !  Cela doit dépendre du « gyrus angulaire gauche « qui quand  il est actif chez une personne  son  désir sexuel est très fort.

On savait déjà que faire l’amour augmente notre vitalité.  De plus si l’on tient compte de la température extérieure proche de 35°, tout nous incite à nous faire plaisir et à nous mettre au frais. Le week-end n’est-il pas ce moment idéal pour poser sa tête près d’une autre, le corps ondulant sur un rythme lancinant? Ne faire qu’un avec l’amant aimant aimé? Qu’attendons nous pour finir cette semaine en beauté ?   Allons tâter les prunes et la tige de jade de notre amoureux pendant que lui s’occupera de nos lolos,  de notre bourgeon, grimpera sur notre mont de Vénus ! Quel beau week-end en perspective !

Bon plaisir à toutes et à tous par ricochet.

tabo-17  » L’amour n’est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence… Qu’il y ait harmonie ou conflit, joie ou tristesse, c’est secondaire par rapport au fait fondamental que deux personnes se rejoignent à partir des profondeurs de leur existence, qu’elles ne font qu’un l’une avec l’autre en ne faisant qu’un avec elles-mêmes, sans fuir leur propre réalité. Il n’y a qu’une seule preuve de la présence de l’amour : la profondeur de la relation, la rivalité et la force de chaque   personne » Ainsi l’a écrit Erich Fromm dans L’Art d’aimer.

Communication, don de soi, sollicitude, responsabilité, respect, Connaissance sont les ingrédients indispensables d’une relation authentique fondée sur l’amour. Parler, communiquer avec ses mots pour dire ses émotions et exprimer ses sentiments est la manière d’être dans le don de soi. Pour un homme le don de lui-même passera par l’acte sexuel où il donnera sa semence à la femme. (Mesdames ne croyez pas que cet acte soit sans conséquence pour lui.) D’ailleurs un homme qui ne peut se « donner » sera impuissant. La femme par l‘acte de recevoir fait don d’elle-même,  elle laisse l’homme accéder à son centre vital. Si elle est incapable de donner, si elle ne peut que recevoir, c’est qu’elle est frigide. Chez la femme le don d’elle-même se manifestera aussi dans la maternité, cette dernière étant le résultat du don de deux êtres qui s’unissent. Ils se donnent l’un à l’autre et en conçoivent le fruit.

La sollicitude qui consiste à avoir des égards, être attentif aux besoins d’autrui, se traduira par des prévenances, des soins, de l’attention. Peut-on dire d’une personne  qu’elle aime les fleurs si elle ne les arrose jamais et les laisse mourir? Il en va de même dans la relation du couple, où chacun prendra soin de l’autre l’arrosant de son amour avec tendresse et égards.

Responsabilité : être responsable est pouvoir répondre aux besoins psychiques d’un autre. Particulièrement de la personne dont on est en amour.

Respect : le respect d’une personne pour une autre va se manifester par le souci de l‘accepter telle qu’elle est, sans vouloir la changer. Qu’elle s’épanouisse selon ses propres critères et non selon ses propres besoins pour s’en servir comme d’un objet.

Connaissance : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux » disait déjà Socrate. La Connaissance : un lien indéniable avec le paramètre précédent car l’on ne peut (se) et respecter si on ne se connaît pas soi-même. La Connaissance ne consiste pas à rester à la périphérie de soi-même ou de l’autre, mais d’aller puiser au plus profond de soi pour démasquer derrière les apparences, une souffrance, une angoisse, un tourment, une culpabilité qui rejaillissent dans les comportements dès lors que l’on n’a pas fait la démarche d’aller à la rencontre de son être intérieur. Sa nature essentielle.

Quiconque est capable de donner de lui-même est riche. Donner son temps, de la joie,  sa présence, son écoute, son intérêt, son savoir, sa tristesse… Tout ce qui vit en nous peut se manifester à l’extérieur de nous dans l’acte de donner, par le don de soi-même. Donner autrement que matériellement apporte une joie sans limite. Avec la constatation que plus on donne plus on reçoit. L’amour est un don, son épanchement devient un pouvoir qui produit à son tour de l‘amour.

Est-il utile de préciser que la capacité d’amour est subordonnée à la nature même du donneur? Une personne ne pourra faire don d’elle-même que parce qu’elle aura acquis indépendance, autonomie; lorsqu’elle ne sera plus dans l‘égocentrisme ni dans la toute puissance. Exploitation des autres,  accumulation de biens sont antinomiques  au don de soi…La confiance en soi, le courage de s’accepter tel que nous sommes (nul n’est parfait) autorisera le don de soi en éloignant la peur. La peur est un sentiment qui souvent empêche d’aimer.

En cette période estivale puissions-nous faire des châteaux qui ne seront pas de sable, transformer d’un coup de baguette des lieux communs en lieux magiques pour que tout autour de nous rayonnent la joie, le rire et et le bonheur.


La pomme symbole multiple : la pomme de la Discorde ; les pommes d’or du Jardin des Hespérides, fruits d’immortalité; la pomme du Cantique des Cantiques qui préfigure la fécondité du verbe divin, sa saveur et son parfum. La pomme consommée par Adam et Eve est celle qui nous intéresse. La pomme : l’emblème du blog.

Pas n’importe quelle pomme mais  particulièrement la Red Delicious celle qui enflamme la page. Rouge comme la passion, la queue et les feuilles vertes comme l’espoir qui l’ entourent, cette pomme n’est pas sans nous rappeler Ève la première femme qui tenta Adam par l’intermédiaire du serpent. Est-il utile d’évoquer Ève, La Femme qui symbolise le péché qu’elle introduisit dans le Paradis Terrestre alors que les deux amants peinards se la coulaient douce dans le Jardin d’Eden? Oui, en regardant  le mythe différemment.

À bien lire les textes anciens, on peut y comprendre qu’Eve symbolise l‘élément féminin dans l’être  humain. Intérieurement l’humain contient un esprit et une âme. L’esprit est mâle (Adam), l’âme est femelle (Ève).

Mais que vient faire le serpent dans l’histoire? Comme Ève, le serpent est mâle et femelle à la fois. Caché au profond de la terre dans sa forme matérielle, il est enfoui  au profond de la conscience dans sa forme symbolique et préfigure à la fois la mort et la vie. Le serpent est pulsion de  vie dans la libido. Quand,  lovée à la base de la colonne vertébrale, la Kundalini s’éveille, elle se déploie le long des chakras ou centres énergétiques et tel le serpent, elle se faufile en provoquant la montée de la libido, manifestation même de la vie en marche.  Représenté dans  le caducée (deux serpents enroulés sur un phallus en érection) le serpent est, entre autre symbole, le passage du monde connu dans le monde inconnu.

La pomme et le serpent sont à l’image des désirs terrestres que l’humain a souvent du mal à contrôler. Les deux sont symboles de la Connaissance par les choix qu’ils impliquent : soit se laisser aller à ses pulsions sans  dominer  ses désirs qui conduiront à terme à la perte, soit les maîtriser pour vivre en harmonie avec son propre désir conscient. Ce dernier choix nous conduira dans notre jardin intérieur où à force de creuser la terre  nous accéderons à la Connaissance.

Consommez sans modération les fruits du pommier.  Ne négligez pas pour autant les autres arbres mais à la manière d’Adam et Ève profitez de l’été pour cultiver votre jardin intérieur. Savourez tous les fruits sans faire l’impasse du fruit  du pêcher par peur qu’il se transforme  en péché. N’est-ce pas que vivre le péché à la façon de la première Femme et du premier Homme, en mangeant du fruit défendu, nous conduira à la Connaissance?

Je vais de ce pas cueillir les dernières cerises restées sur l’arbre.


Qu’attendons-nous de l’été?

  • Du plaisir sans tyrannie?
  • De l’insouciance joyeuse?
  • Des histoires d’amour aussi brèves que passionnées?
  • Des plages de sable blanc?
  • Une remise à niveau du corps défaillant?
  • Du désir revigoré prêt à jaillir?
  • Des rires et des chansons à boire jusqu’à plus soif ?
  • S’acagnarder dans l’herbe verte des prés pour un repos bien mérité?
  • Des voyages lointains sans espoir de retour?
  • Les doigts de pieds en éventail s’échappant de la tente, les yeux tournés vers cieux étoilés murmurés de romances?
  • Des fruits de saison à mettre en bocaux?
  • Des rêves d’enfants réalisés?
  • Des sexes d’hommes encapuchonnés prémunissant des MST?

Il y a tant à faire chaque jour de l’année.

À vouloir réunir tous les manques accumulés, tous les désirs frustrés pour les vivre dans un mois d’été est pure folie. Mais n’est-ce pas ainsi que les hommes vivent?

Profitez donc de l’été pour être fous. Soyez fous, soyez dionysiaques. Soyez inspirés par l’extase sexuelle, enthousiastes autour de tables pantagruéliques, tandis que LIBIDOSEXUALITE.COM veillera sur vous en garde-fou, sera le parapet où vous raccrocher  en cas de vide. Le blog, tel un chaman rééditera certains articles jugés à propos pour baliser votre mois d’août et transformer la folie orgiaque en une  folie contrôlée.

Plaisir, rires, rêves, amour : ingrédients nécessaires pour préparer l’usine à  anticorps qui déjouera le conditionnement forcené  qui nous promet d’être attaqués par la grippe A qui doit sévir à la rentrée.  Soyons prêts pour faire la nique aux millions de vaccins « serial killer » d’hypocondriaques.

Construisons cet été un pare-feu pour l’automne et l’hiver 2009. Passez un bel été!

Désir de vivre : c’est un choix qui s’est imposé à chacun des humains qui peuplent la planète Terre.

Mais comment parler du désir ? Comment écrire sur ce thème lorsque le quotidien en est dépourvu ? Lorsque la seule chose désirée est une cigarette et que sur le paquet sont inscrites en lettres noires sur fond blanc : FUMER TUE ! Que penser du désir ?

En fait c’est bien de cela dont il s’agit : s’il n’y a pas de désir, il y a mort latente, il y a déprime. Sans désir, l’être se ratatine comme un figue laissée sur la branche du figuier. Parce que le désir est la chose qui nous tient en vie. En vie. Tiens donc, envie. Toutefois il est à distinguer l’envie du désir et le désir du besoin. La première (envie) contient une connotation de frustration où se niche souvent la jalousie. Le second sonne de manière érotique et l’érotisme est bien ce qui caractérise l’être humain dont parlait si bien Georges Bataille. Le troisième – le besoin – se doit d’être satisfait.

Alors que le propre d’un besoin est que l’on cesse de l’éprouver dès qu’il est satisfait, le propre du désir est qu’il n’est jamais satisfait. Le besoin est enraciné dans la survie, alors que le désir tente de nous faire dépasser notre condition animale, disait Paul Diel.

La psychanalyse affirme que le désir est créé par le manque et qu’il se manifeste,  en premier lieu, au niveau de la parole. L’enfant se trouve à dépendre, dès sa venue au monde, d’un Autre (la mère ou son substitut) à qui il revient à répondre par le biais du langage. Je m’explique : les pleurs du nourrisson vont signifier une demande qui,  interprétée par la mère, vont impliquer cet enfant dans le champ de la parole et donc du langage.

Or, l’enfant ne peut reconnaître le désir que s’il en est frustré. L’absence, le manque de réponse maternelle vont isoler la cause de sa satisfaction par l’objet (le sein, ici en l’occurrence) et sera cause de désir. De ce fait l’enfant, par le manque, va se constituer comme sujet désirant. Enfant désirant. Cet enfant désirant entérine, vit cela comme étant, une perte de l’objet (le sein: est-il utile de le rappeler?) et y substitue un fantasme qui est la représentation imaginaire de ce qu’il croit avoir perdu. La recherche pour satisfaire son désir (sa mère ET son sein ou biberon) va provoquer une excitation réelle à laquelle succédera un fantasme qui fera écran à ce manque. C’est ce fantasme qui ressurgira dans la vie sexuelle du sujet…Et on ne peut séparer le fantasme du désir…

D’ailleurs, il est souvent constaté en thérapie, une demande, rarement explicite, qui est la restauration d’un état antérieur dont le désir caché dévoilera un fantasme.

  • Le désir évoquera par exemple, la plénitude du giron maternel – la parfaite symbiose dont le conflit était absent:
    « Ah! Si je pouvais revenir dans le ventre de ma mère, à ce moment là on était d’accord toutes les deux »
  • le désir, pour les hommes, d’inflation pénienne :
    « Qu’est ce que je ne donnerai pas pour retrouver l’ardeur de mes vingt ans »;
  • la première jouissance qui a laissé un sentiment de plénitude :
    « Ce que j’ai ressenti la première fois était extraordinaire, je ne le retrouverai jamais !

Nourriture et sexualité :

La nourriture est obscurément liée à la sexualité et comme elle, elle est faite de désir, de plaisir, d’attente mais aussi de renoncement. Le suçotement est une des première satisfactions. La nourriture comme la sexualité est un art et correspond à un besoin vital. Toutefois si dans l’une comme dans l’autre il y a « gavage », le sujet se retrouve dans la situation d’un mangeur gavé et repu par trop de nourriture en restant cependant torturé par la faim insatiable. La faim du manque, « incomblable » par nature. L’une et l’autre de ces activités mettent le corps en jeu. Or, le corps « gavé » par le trop plein de  nourriture et le sexe comblé par trop de sexe (trop de sexe tue le sexe) ne conduisent ni à l’harmonie ni à l’épanouissement encore moins au bonheur…

Rééditer cet article servira t-il d’enrayer les troubles liés au manque qui sabordent le désir de vivre? Vous donnera t-il envie d’aborder la Vie avec  délices de câlins, promesses de plaisir? Vous persuadera t-il de passer l’été à entretenir le feu pour brûler de désir, aimer et être aimé? Tel mon mon désir et mon souhait qu’il se réalise.

Un point d’achoppement  rend Alexia mélancolique. Revenue pour continuer le travail, elle est calmement assise en face de moi et poursuit son récit à l’endroit même où elle l’avait commencé la séance précédente: « J’attends le matin pour lire un hypothétique contenu d’un mail dont va dépendre ma journée, la teinter en rose ou en gris, c’est épuisant » dit-elle avec un demi sourire qui en dit long sur les efforts accomplis pour ne pas céder aux larmes.  « Le contenu…? » Je me saisis du mot comme un poisson l’hameçon et l’interroge tout haut. J’insiste sur les points de suspension et détache les syllabes  » Le con-tenu…? » « Oui le contenu  d’un mail » reprend-elle sure de ses paroles. Revenant systématiquement à la charge quand je pense être devant une évidence qui éclairera la problématique, la rendra moins opaque. »Quand était-ce la dernière fois que votre con a été tenu par celui dont vous attendez les mails? Alexia me regarde éberluée, un oh, à peine audible s’échappe de ses lèvres, ses joues rougissent et baissant les yeux me rétorque « Jamais ».

N’étant pas née de la dernière pluie, je connais l’histoire de l’attente et peux lui raconter qu’en d’autres temps moins ou pas informatisés comme nous le sommes aujourd’hui, nous aussi avons été dépendants d’un coup de fil qui ne venait pas sans pour cela nous éloigner du téléphone. Au cas où il sonnerait. Nous aussi avons chanté en boucle la comptine « Le  facteur n’est pas passé dans ma boîte aux lettres/ il ne passera jamais, parce qu’il est trop bête/lundi, mardi, mercredi, jeudi…attendant l’objet qui placé derrière notre dos nous faisait devenir à notre tour le facteur idiot qui déposerait ou pas le courrier tant attendu. Obsessionnels facteur, boîte aux lettres, boîte à mails, internet. Obsessionnels attachements virtuels dont nous devenons accros autant que nous l’étions pour le facteur et la boîte aux lettres de notre passé. Obsession dans laquelle nous plonge l‘état amoureux. Ces addictions avec leurs points communs sont à la base des peurs et des déceptions. Nous devenons importants quand le flux des courriels rempli notre boîte à mails: « On pense à moi, on m’aime ».  Narcisse existe de nouveau; de nouveau Narcisse peut s’aimer puisqu’on l’aime; la preuve flagrante est sur l’écran. On devient prisonnier de la boîte qu’elle soit dans le jardin ou virtuelle. Nous devenons aveugles à tout ce qui n’est pas le charme de l’objet d’amour tant désiré.  Qu’importe l’addiction, elle nous rend esclave, ici en l’occurrence il s’agit d’une machine informatique. Puissance infatigable, la machine nous attire comme l’aimant. Plus besoin de sortir contacter l’autre, on attend qu’il vienne avec ou sans tact nous confirmer dans notre propre existence, on attend qu’il vienne valider nos besoins.  Attendant les congratulations par écrans interposés. Attendant les mots concupiscents, promesses d’un désir sans passage à l’acte.

Le virtuel, s’il ne se transforme pas en relationnel, en physique, n’autorise pas le rapprochement des corps. Le con de la dame n’est jamais gratifié. Les deux  restent confinés dans le compartiment (con partit ment) d’une fenêtre d’ordinateur abscons qui jamais ne s’éclaire. Notre psychisme, nous l’avons vu est dépendant des sécrétions hormonales – sérotonine, dopamine – euphorisants naturels activés dans la relation physique. On peut le constater chez  un enfant en carence affective, il dépérit. Ainsi, nous le comprendrons aisément, la dépendance s’installe très tôt. Elle symbolise la fusion se référant à sa propre histoire non résolue, en provoquant un sentiment d’insécurité qui cherche par tout moyen à être comblé et annulé. Annulé par la solution de remplacement : la substance – alcool, tabac, drogue …-  l’objet informatique ou achat compulsif, jeux, stress …  – ou une personne, l’Autre, autre que soi-même.

Alexia prenait de plus en plus conscience de ce qui la rendait dépendante. Elle sourit de ce sourire énigmatique qui réinstallait doucettement  l’estime de soi, mettait la déprime quelque peu à distance.

Anniversaire

Qu’est-ce qu’un anniversaire sinon ajouter quelques heures à la veille? Sinon égrener les minutes, en faire des chapelets d’heures et les regarder s’empiler en jours?

Un anniversaire c’est le souvenir d’une naissance pareille au métronome dont la mesure est calendaire. C’est  vouloir grandir quand on est enfant. Grandir, sans vieillir, sans jamais se lasser du chemin qui reste à parcourir. L’adolescent tout en désir de pousser vite avancera dans l’âge jusqu’au jour où, ses tempes devenues grises tandis que sa tête,  inexorablement sous le poids des ans penchera vers la Terre,  soupirera « ah! si j’avais su que temps file si vite! ».  Un anniversaire c’est marquer le passage du temps et apprécier les fleurs offertes, les respirer avant qu’elles ne se fanent et apprendre d’elles que la jeunesse n’est pas éternelle. C’est apprivoiser ses rides pour les poser tendrement en étoiles aux coins des yeux.

L’anniversaire c’est la joie de souffler les bougies sur le gâteau à partager avant qu’elles ne se répandent en cire et leur mèche en cendre. C’est faire le vœu que ce qui suit sera meilleur que ce qui fut. C’est la vie qui progresse et se décline en rejetons de l’arbre portant fruits. L’anniversaire c’est transformer la raison en rêves et les rêves en réalités. C’est s’évertuer à Vivre de nombreux anniversaires pour dépasser les peurs en avançant coûte que coûte, en continuant à tirer d’impossibles penaltys pour les transformer en autant de possibles réussites. Le possible étant aussi de ne jamais fêter d’anniversaire, pas d’arrêt sur image d’une histoire qui n’a jamais commencé.

Plus tard, bien plus tard, l’anniversaire, sera l’occasion inespérée d’effectuer un état des lieux, une invitation à fermer le livre sans oublier les erreurs consignées qui élèveront au rang de sagesse les expériences retenues. C’est apprendre à s’accommoder de la solitude et vivre au plus loin jusqu’à toucher sa mort, l’usure suprême du temps.

C’est souhaiter aujourd’hui à celles et ceux que je n’ai pas souhaités hier, un Joyeux et Grandiose ANNIVERSAIRE.

Aimer

Avez-vous remarqué que le verbe Aimer est employé à toutes les sauces? Qu’il est, comme le disait Jean Cocteau, « difficile à conjuguer; son passé n’est jamais simple; son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel ». Nous allons donc explorer les différentes façons d’aimer, à la manière du :

Masochiste : j’aime croire qu’il reviendra. Sadique : il aime lui faire mal pour en jouir. Religieux : aimez-vous les uns les autres.

Scato :  bien qu’il la traite comme de la merde, elle l’aime. Maternel : j’aime l’enfant en chaque adulte.

Gourmand : j’aime les profiteroles au chocolat. Joueur : j’aime gagner. Sportif : j’aime en baver pour être le premier.

Cinéphile : j’aime le dernier Almodovar. Nature : j’aime me baigner dans la mer sans méduse.

Spirituel : J’aime la conscience énergétique qui m’habite. Érotique : j’aime faire l’amour sous la pleine Lune. La vie : j’aime rire, chanter surtout au lever du Soleil.

Littéraire : j’aime l’Amant de Lady Chatterley. Jaloux : elle n’aime pas quand il aime  d’autres femmes qu’elle.

Narcisse : je m’aime. Autonome : j’aime voler de mes propres ailes.  Dépendance : j’aime les cigarettes bien roulées, le whisky sans glace.

Liberté : j’aime pas les chaînes. Amitié : sans elle on ne peut évoluer, sans elle le verbe aimer est un vain mot…

Différemment du français, il existe deux verbes distincts pour dire aimer d’amour et aimer la paella en espagnol. S’agissant du sentiment amoureux on dit Querer : te quiero : je t’aime (d’amour).. To love. « I love you » exprime la même chose que précédemment dans la langue de Shakespeare. (Love, tout le monde connaît ce mot y compris ceux qui ne parlent pas cette langue.) L’autre sens du verbe aimer, concerne le riz – pour la paella – les brocolis ou quelque aliment de votre choix,  se dit  « gustar » (à prononcer goustar, en roulant le « r » s’il vous plaît) – « me gusta la paella » révèle autre chose et concerne « avoir le goût pour« , apprécier.  Like (aimer bien, trouver bon).

Le verbe Aimer est tellement  galvaudé qu’il ne veut plus dire grand chose. Le dire est facile; pratiquer le sentiment d’amour est beaucoup plus difficile. Accordons au verbe Aimer une place de choix en ne l’accouplant pas avec des mots comme « bien, beaucoup, un peu, passionnément, à la folie » comme dans l’effeuillage de la marguerite. « Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…cette comptine s’achève par « point du tout »: je t’aime… point du tout. Terrible, non?

Préférons décliner le verbe Aimer dans un ciel étoilé où chaque étoile préfigurera une infinie preuve d’amour pour l’élu(e) de notre cœur, si nous y croyons encore. Ou alors taisons-nous.

Alexia arriva en consultation les yeux mouillés de larmes. La tristesse l’accablait. Ses poumons, au toucher, l’attestaient. Que dois-je faire? sanglotait-elle dès qu’elle fut assise sur le divan. « D’abord respirer, reprendre votre souffle pour vous apaiser », lui recommandai-je. Avant de ce faire, Alexia se saisit d’un kleenex, le tritura jusqu’à le réduire  en petits papillons qu’elle répandit autour d’elle tout en racontant l’objet de sa tristesse. « Il ne me donne plus aucune nouvelle de lui. Il ne va pas bien, il est malade physiquement; ça atteint son moral, il est en pleine dépression; je suis au fond du trou, il m’écrivait dans son dernier mail. Il ne va pas bien et du coup je ne vais pas bien non plus. Sans nouvelle, je suis désorientée; j’ai trop mal de le savoir mal… je le sais en souffrance morale et physique ». Elle prend son sac, en sort un paquet de cigarettes, un briquet; elle veut fumer. La tension est si forte, sa détresse si évidente, je lui propose d’aller fumer dans le parc en continuant le « travail ». Je compte bien sur le crissement des cigales, sur la chaleur adoucie par le petit vent dans les eucalyptus, le bruit de la rue pour apaiser ses sanglots et remettre un peu d’ordre dans ses pensées…

Alexia s’est tue. Elle tète sa cigarette en attendant que je prenne la parole. J’aborde donc son symptôme qui paraît être une rupture d’un état fusionnel.

L’état fusionnel qui la portait jusqu’au dernier mail, au dernier coup de fil, s’est disloqué. La fusion consiste à l‘effacement de ses propres frontières, elle fait que l’on s‘immerge totalement dans l’autre comme la maman et son enfant. « Maman et moi ne faisons qu’un ». En fusionnant avec un autre distinct de soi, on supprime l‘angoisse de la séparation; on n’a plus la conscience de soi, celle là même qui engendre l’angoisse; et c’est ce désir de vivre sans angoisse qui amène les êtres à vivre la fusion. Le travail thérapeutique et l’état de fusion amoureuse sont incompatibles, puisque la thérapie va interroger le Soi et l’angoisse qui lui est corrélée, qui en est le pilier, le guide pour révéler les conflits internes.

Quand on « tombe » amoureux, on entre dans cet état de bien-être fusionnel, on ne se penche plus sur soi-même, on forme une unité qui devient le nous dans lequel on plonge. On se protège ainsi de l’angoisse en se perdant soi-même. L’amour est une manière de donner « à » tellement différent de s‘éprendre « de ». L’amour est un rapport aux autres, à tous les autres et non un acte réservé à une seule personne. Or, Alexia est dans un état de fusion amoureuse avec perte de l’objet d’amour comme support de sa propre vie. Cet état consume toute son énergie et devient obsessionnel. Elle est dans un attachement exclusif et tout puissant qui est, loin s’en faut, la preuve d’un amour absolu. Cet attachement ferme à la vie extérieure, se nourrit de lui-même; il est incapable de donner ou de se soucier d’autrui; l’amour exclusif, fusionnel oblige à se replier sur soi-même… L’heure de la séance touchait à sa fin; il était temps de l’ancrer dans la réalité. Il était important qu’elle ne reste pas  bloquée chez elle, ses yeux rivés sur l’écran et la main sur le téléphone à attendre d’hypothétiques messages. Il était important qu’elle renoue avec ses anciennes relations dont elle s’était coupée. Continuer à vivre en affrontant ses angoisses pour se rapproprier la Conscience de Soi.

Tout cela fut dit pendant qu’elle ramassait ses mégots consciencieusement. Alexia sourit timidement en me disant « je crois savoir pourquoi j’étais si bien dans cette histoire; on en reparlera à la prochaine séance.

Le profane et le sacré s’entremêlent dans le monde. Le monde profane est celui des interdits. Le monde sacré, celui de la fête, celui du plaisir jusqu’à la licence; il est le monde des rois et des dieux  et à ce titre il autorise la transgression. Dans l’érotisme la transgression est mise en évidence par la dimension du plaisir qui en découle. Ne retrouve t-on pas dans l’érotisme cette création paradoxale ayant valeur d’attrait suscité par l‘interdit?

La détermination de l’érotisme est primitivement religieuse… d’après Georges Bataille. Or, l’érotisme fut condamné par le christianisme; cette religion s’érige en forme de dogme (faire confiance à une personne – d’église – supposée avoir eu l’Expérience). Sans pour autant chercher à polémiquer, c’est à ce niveau que le bât blesse, puisque dans l’érotisme il s’agit de se référer à sa propre « expérience intérieure ». Avoir sa propre expérience intérieure sans l’accord du religieux qui tient les fidèles sous son joug en interdisant l’accès à la connaissance de la vie et de la mort. Le paradis est ici dans la conscience pleine et totale et non dans un au-delà hypothétique. Les missionnaires prosélytes envoyés dans les pays aux cultures dites sauvages, forcèrent le trait d’un paradis ailleurs que terrestre. Ils occultèrent le fait que  ces peuples pouvaient avoir une autre vue et une autre approche de l’acte religieux (animiste, par exemple) et s’en servirent pour museler la masse.

C’est là que  la transgression – par sa propre expérience érotique – vient balayer toutes les autorisations religieuses. Atteindre son être au plus intime et apprendre sur l’autre et sur soi, n’est possible que par cette expérience. N’est-ce-pas à cause de l’interdiction par une quelconque instance qu’il est jouissif de s’y adonner? Sans l’interdit, sans le primat de l’interdit, l’individu ne serait jamais parvenu à la conscience claire. Pour exemple les gros mots interdits aux enfants qui s’y adonnent avec délectation.

Pécher: voilà où se situe le mal pour le judéo-christianisme : aborder la Connaissance comme Adam et Eve, premier homme, première femme. Ils ont entaché toute  leur postérité en mangeant le fruit défendu, fruit de la Connaissance du bien et du mal, de la Vie et de la Mort. Ces êtres de la mythologie biblique, chassés du Paradis Terrestre, ont servi de prétexte pour poser l’anathème sur les générations suivantes. C’est ainsi que, dans l‘inconscient collectif,  la sexualité entre deux êtres (en dehors du mariage de même qu’à l’intérieur de celui-ci s’il n’est pas consommé au seul titre de la procréation), a été érigée en interdit et qui le transgresse sera interdit d’accès au paradis. Cependant l‘interdit(inter-dit) sur lequel est basé en conscience notre humanité (interdit de l’inceste, du meurtre) barre l’accès à la violence – notamment sexuelle. Or, la violence s’est construite à cause des interdits qui n’ont pas pu se dire, elle s’est constituée sur son refoulementTransgresser l’interdit provoque l’angoisse en faisant apparaître l’expérience (inconsciente, là encore) du péché, du mal. Si la transgression est réussie, le maintien de l‘angoisse portée par l’interdit, sera d’en jouir.

Car la connaissance de l’érotisme ou de la religion demande une expérience personnelle de l’interdit et de la transgression.

Reconnaître l’expérience érotique – sans la dimension intérieure – ferait preuve d’un état maladif. Ne dit-on pas : je suis malade d’amour?Dans ce cas là, l’amour devient un objet extérieur, une expérience seulement connue du dehors, qui, demeurant au dehors du champ de conscience devient une expérience mineure. Ainsi l’interdit devient névrose que l’on allait jadis confesser au prêtre, aujourd’hui que l’on confie à son psy. L’interdit met en place la peur (de transgresser) en empêchant le désir. Or, le désir seul conditionne l’expérience intérieure, la transgression signe cette expérience. La passion transfigure comme nous avons pu le voir au chapitre  » la passion« . Il semblerait que la raison de cette transfiguration incombe à l’interdit transgressé.

Les deux interdits essentiels concernent la mort (le meurtre, tu ne tueras point) et la sexualité (le tabou de l’inceste). La violence est libérée dès qu’il y a transgression. La transgression efface les limites par la levée de l’interdit, la violence résiduelle, en tant que pulsion immédiate, ressurgit. La sexualité est le lieu où s’exprime facilement cette violence, lieu où la raison cesse d’agir…

Tout est en place dans la chaleur de l’été pour vivre un érotisme torride! Qu’attendez-vous?