Entre dépendances et fusion (voir les articles du 9 et 17 Juillet) et après ces quelques jours de vacance, d’éloignement, de mise en distance thérapeutique – pour ne pas dire de détachement – Alexia revenait bien plantée dans ses terres, ayant retrouvé ses idées, non sans avoir, hors des séances, beaucoup travaillé sur les séances. D’une lecture d’un auteur psychanalyste, elle retint une phrase :
« Le corps est à notre disposition et non l’inverse ». La suite de la lecture lui démontrait que si, par un quelconque mécanisme inconscient, toutes les pulsions de vie se bloquent (désirs, plaisir) par des interdits, des frustrations, le corps ne sert plus à rien. Sa belle mécanique est obstruée par le grain de sable de la frustration, tous les rouages, physiologique, physique, organique enrayés, tel un moteur sans énergie, le corps sans force ne peut se propulser. Les désirs bloqués vont à leur tour interférer sur les mécanismes de l’agir et seront un empêchement à vivre une réalité différente, une réalité autre que celle proposée par la vie que l’on s’interdit de vivre.
Ainsi Alexia pointe de sa réflexion son compagnon virtuel et s’aperçoit de l’effet détourné qu’a son absence de prise de décision et / ou son incapacité à rompre le schéma dans lequel il est tenu prisonnier qui se signale par le symptôme douloureux, incapacitant, handicapant du mal de vivre. « A quoi sert de rallumer un feu par l’intermédiaire d’une page virtuelle toujours éteinte », me confia joliment Alexia. « La tristesse qui s’est emparée de moi maintenant s’estompe en laissant la place à un souvenir nostalgique. C’est comme un deuil qui s’accomplit, précise t-elle. Il faut du temps!… » « Et seul le temps permet la compréhension de tous les ressorts inconscients qui ont amené à cet attachement! ajoutais-je.
Le deuil de cette relation, comme le constatait Alexia, se faisait lentement, prouvant à l’évidence, l’interdépendance du vécu, des actes passés qui conditionnent le présent. Lentement mais sûrement elle vivait les différents stades du processus de deuil. En passer par ce processus salutaire lui évita de transformer le deuil en mélancolie, en deuil pathologique dont on se remet difficilement.
La colère est une des expressions du processus de deuil. La colère surgissait là où elle ne l’attendait pas, sans raison apparente, sans objet précisément défini. Elle explosait à la moindre étincelle comme une braise enfouie enfin libérée des cendres.
La séance se termina avec des « devoirs » à faire afin d’identifier l’origine de cette colère qui de toute évidence n’était pas née d’hier mais le reflet d’émotions enfouies qui refaisaient surface. Elle sortit son paquet et son briquet et attendit d’être dehors pour allumer sa ciagarette.
Continuez de belles vacances…

