Vous riez jaune aux vacances qui s’achèvent alors qu’il serait plus rigolo de vous remémorer les grands fous rires qui les ont égayées. Avez-vous remarqué? Quand le rire éclate aucune digue ne peut le retenir. Le rire surgit dans le corps après avoir percuté le cerveau; tous les muscles du visage se mettent en mouvement. Le rire provoque des sons, des borborygmes qui à leur tour vont faire redoubler le rire. Plié en quatre par des spasmes incontrôlables, les soubresauts d’origine nerveuse secouent le corps et peuvent même déferler en pleurs. C’est à mourir de rire. D’ailleurs certains en sont morts. Mort de rire ou -lol- selon que l’on appartienne à l’une ou l’ autre génération.
Et pourtant! Preuves à l’appui le rire guérit. En produisant des endorphines, des hormones de croissance, il stimule le système immunitaire. Rire éloigne le stress, fait chuter le diabète des non insulino-dépendants, ainsi que le taux des lipides dans le sang. Par contre il fait remonter le bon cholestérol. Rire est donc un excellent remède puisqu’il donne, comme l‘amour, du plaisir; il jouit des mêmes propriétés efficaces contre la maladie.
Le rire est selon le Papa de la psychanalyse comme le rêve. Freud ne se gênait pas pour balancer, durant les cures, des vannes humoristiques à sa patientèle. Des blagues coquines, évidemment sexuelles, avaient sa préférence. Intelligentes, évidemment! En voilà une: Un roi parcourt ses terres. Dans la foule il remarque un homme qui ressemble étonnamment à son auguste personne. Il lui fait signe d’approcher et lui demande : « Votre mère a-t-elle un temps servi au palais? » « Non, votre Grandeur », répond l’autre, » mais mon père , oui »
Comme le rêve, le rire est le produit de l‘inconscient. Tous les deux ont leur source dans le corps. Tous les deux emploient le même chemin : condensation et déplacement. Ce cheminement, une fois parcouru, pour ce qui concerne le rêve et compris pour ce qui concernent la plaisanterie, l’humour ou la blague, ce cheminement fait sens. Sens pour le rêve interprété; sens pour la plaisanterie exprimée par le rire. Le rire, toujours d’après Freud, est une soupape de de sécurité psychologique qui allège la pression du refoulement.
N’essayez pas d’arrêter le fou rire, il est une écluse ouverte actionnée par les vannes du refoulé. Le rire comme le rêve font sauter le censeur intérieur. Sans barrage, sans interdit, rêver, rire permet de libérer tout le réprimé, toutes les frustrations, tout ce qui a été maintenu avec force dans l‘inconscient, (au nom des exigences morales ou sociales).
Dernier week-end, dernière ligne droite avant la rentrée. Les vacances s’achèvent? Et alors! Profitons de ces quelques jours pour engranger le soleil dans nos mirettes, l’amour dans notre cœur et notre corps, les fous rires dans nos rêves. Remplissons nos valises de beaux souvenirs pour retrouver ce beau butin, le faire fructifier jusqu’aux prochaines vacances.
Passez un beau dimanche!

