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Le baiser

Le baiser…Le verbe « baiser » du latin « bassiare« , signifie « tenir dans ses bras », embrasser. Le premier baiser, celui dont on se souvient à cause de la personne qui l’a donné, ou qui l’a pris  » Il m’a volé un baiser ». La réunion des lèvres marque le point de départ des histoires d’amour, du rapport sexuel. Cet échange scellera l’acceptation entre deux personnes, annoncera les prémices d’une histoire à vivre. Le Marquis de Sade l’a détourné  au profit d’une connotation beaucoup plus triviale, beaucoup plus sexuelle dont le sens moderne  est un acte sexuel avec pénétration. Chez les anglo-américains on se donne un « hug« , on se serre dans les bras, on s’étreint sans « poser les lèvres sur » comme il est coutume du côté de chez nous. Tout le monde connaît le baiser des esquimaux, ils se frottent le nez pour se réchauffer. Le baiser de Judas l’Iscariote, l’un des 12 apôtres de Jésus, a facilité l’arrestation du Christ en l’embrassant. C’est ainsi que le baiser de Judas est devenu synonyme d’un baiser d’un traître. Il se raconte que sans ce baiser, le Christ n’aurait pu accomplir la rédemption. Une histoire tellement vieille…Dans le Cantique des Cantiques, chants d’amour humains, le Bien aimé baise sa Bien aimée, dans le sens de l’étreinte charnelle.

Pour les cultures asiatiques, le baiser est partie intime de l’art de l’amour. Pour ces peuples  là, il est inconcevable de s’embrasser en public puisqu’ils considèrent le baiser comme étant presqu’aussi érotique que le coït, il ne doit être pratiqué qu’en privé. Pour les Taoïstes la salive d’une femme est sa « source de jade« ; elle s’écoule de deux points sous la langue, elle est très bénéfique si elle est bue.

Dans de récentes études sur la sexualité il a été démontré que la salive peut contribuer à augmenter le désir sexuel. Elle contiendrait de la testostérone (dixit Helen Fisher anthropologue). L’excitation due au baiser va élever la dopamine (toujours elle) celle-ci est associée à l’amour romantique. Si c’est l’ocytocine qui est activée cela va déclencher le système de l’attachement

Savez-vous que deux personnes qui se bécotent échangent quelque 40 000 parasites, plus de 250 différentes bactéries, sans parler de l’eau, des graisses, des protéines !  À vous dégoûter d’embrasser votre voisin de palier même si l’attirance est forte. (Beurk, s’il te plaît ne bois pas à même le goulot je préfère que tu me refiles tes bactéries et parasites en direct.) Ah! Aussi : chaque baiser nous fait brûler 4 calories. Je ne m’étonne plus de ne pas grossir depuis qu’avec mon amoureux nous sommes suspendus à nos bouches.

Et puis y a « le baiser de Zézette, le plus salé, le plus sucré, c’est le plus chouette. Pour l’apprécier il faut comprendre qu’il est sublime comme une truffe sous la cendre« . Pour ce baiser là, je vous renvoie à Pierre Perret et à sa chanson « Les baisers ». Vous y ajouterez l’air.

La plupart des sociétés humaines échangent des baisers. Allons-nous  nous arrêter à nous consommer? Certainement pas au risque de nous consumer. Bon jeudi ! Prenez soin de vous.

Tout dans le langage familier peut prendre une coloration sexuelle; qu’il s’agisse d’animaux de compagnie ou de fruits ou légumes comme nous allons le voir.

Tant mieux si Étienne a la queue encore verte comme celle du poireau, malgré ses tempes grises. L’heure finira par arriver où comme nous tous Étienne mangera les pissenlits par la racine. En attendant faire et défaire c’est toujours travailler comme disait la grand-mère à sa petite fille aux yeux myrtille, ou noisette et en amande; ça dépendait de la couleur des lentilles. Car à l’âge où ils commencèrent à se dessiner, Marie ne put choisir la forme de ses seins :  poire ou pomme selon la femme qu’elle devint. La grand-mère aujourd’hui n’existe plus. Eugénie, c’était son prénom,  avait sur la fin  de sa vie des fesses en goutte d’huile (d’olive?) et se muscler, n’aurait servi à rien, vu son âge. Elle en voulait à Marie d’avoir les jambes longues comme deux asperges et de ressembler à Barbie sans vinaigrette. De cette poupée Marie n’a gardé que l’âge (cinquante ans cette année) et ses longs et blonds cheveux pareils aux blés du champ qui jouxte le jardin d’Eugénie, la mère-grand. Et le couteau qui crisse comme le chantait Léo. Léo? Oui, Ferré, banane!  Quand Marie écoutait Léo, ses yeux de biche partaient dans le vide et devenaient secs. Mamé la ramenait sur terre en lui faisant éplucher des oignons pour la faire pleurer; elle en profitait pour cuisiner la purée Soubise.  Quel régal, la purée Soubise ! Eugénie était un tantinet sadique avec ses oignons. Marie s’obligeait à manger des carottes pour avoir les cuisses d’un bel étalon, tout en gardant son beau teint. L’étalon dans l’écurie était le fantasme de mamé; Marie pestait  » Toi,  tu ne devrais manger que des carottes, peut-être deviendrais-tu aimable ». Faut dire que le grand-père n’avait pas besoin d’avaler de pruneaux, Eugénie faisait office de laxatif pour toute la famille.

En grandissant les lèvres de Marie devinrent des cerises, bigarreaux, griottes selon le maquillage.  Des cerises à l’eau de vie quand elle rentra pompette le soir de son premier bal du village Rabajoie. Le lendemain elle n’avait plus sa peau de pêche et Eugénie fut une vraie peau de vache. Une nuit suffit à Marie pour s’émanciper. Sure d’elle, elle demanda à sa grand-mère de lui lâcher la grappe, d’arrêter de lui casser les noix. Eugénie, outrée d’un tel langage, l’accusa de parler comme un mauvais garçon, un charretier;  elle pivota sur ses gambettes en montrant son derrière de potiron-cuit- et ron et ron petit patapon!

Que vient faire cette histoire de fruits et légumes dans un blog sur la sexualité? Tout y ramène n’en déplaise à  Etienne : du régime crétois au beurre dans les épinards, nombreux légumes et fruits peuvent avoir une  connotation sexuelle. D’ailleurs d’après les jeunes gens, c’est dans les vieux pots qu’on fait de bonnes soupes. Alors sans pour autant être ni gérontophile ni gérontophobe vaut mieux mettre de jeunes poireaux dans le pot au feu. Patate!

Au sujet de la passion, comment savoir à quel moment décrocher ? C’est comparable à la drogue. Doit-on suivre sa raison ou sa passion ? V, une jeune femme  me posait cette question à laquelle je vais essayer de répondre.

La passion du latin patio veut dire « souffrir ». La passion est être dans une relation où aimer crée la souffrance, souffrance qui prend toute la place. « Je l’ai dans la peau » diront les passionnés. Cela exprime en même temps une joie intense, extériorisée où se mêle en parallèle  une sourde et pesante inquiétude due à une relation trop violente, lourde à vivre parce que  trop puissante.

Vivre la passion est vivre possédé. Vivre la passion est être tenu par un lien enchaînant. Un lien étrange avec ou sans lequel on ne peut vivre. Un lien tel que même l’amour à l’intérieur de cette liaison  ne peut y être vécu. La passion ravage; elle enferme deux êtres dans un univers unique; elle efface le passé, ne projette pas d’avenir, elle ne se vit qu’au présent de l’autre. La passion exécute une danse possessive, macabre qui entremêle deux corps où l’acte sexuel est une domination fatale qui se termine par un orgasme cataclysmique proche de la mort.

Céder à la passion c’est s’enfoncer dans une voie destructrice, dans un puits sans fond d’où il est pratiquement impossible de remonter puisque le vide est fait autour de tout ce qui ne la concerne pas. C’est aller chercher, c’est vouloir trouver quelque chose qui n’existe pas. C’est avoir une démarche animalearchaïque.

D’après certains auteurs, vivre une passion c’est répéter un lien pathologique vécu avec sa mère, en même temps que combler un vide laissé et créé dans ce lien jamais satisfait. L’enfant en perdant la mère, perd le point d’ancrage et tout son univers s’écroule. Ce qui procure un sentiment proche de la mort en même temps qu’une jouissance extrême. La passion entre adultes sert à masquer le premier manque (maternel) qui sera recherché dans le corps, l’odeur, la voix de l’autre. Elle met en jeu tous les sens. Or, le manque maternel est incomblable bien que ce soit ce manque là qui est recherché dans la passion. Ce manque là, n’a jamais existé, n’a jamais été vécu sous ce mode, il est donc inconnu. (Si ce n’est pas le cas,  il  s’agit d’un lien incestueux). Ce qui est recherché est la représentation de ce que l’enfant était supposé être :  tout pour sa mère. L’illusion. Le narcissisme premier de l’enfant : « Je suis tout pour ma mèreEt sa raison de vivre« 

La passion est une maladie d’amour. Ce qui se cherche dans  la passion :  un Rien. Rien de ce qui n’a jamais existé que dans le fantasme d’un enfant. Ou un trop qui s’est vécu de manière fusionnelle, c’est à dire dans cet état qui consiste à aimer et être aimé violemment, de manière destructrice. Un état qui ne laisse aucune place à être Soi.

Se poser la question comme l’a posée V est déjà avoir un éclair de lucidité dans la compréhension quant au rapport destructeur de ce phénomène qu’engendre la passion. Alors suivre la raison peut être le début du tunnel pour décrocher de cette dépendance. Mais pas suffisante. Pour suivre sa raison, quand elle est encore là, il sera indispensable d’aller fouiller dans l’enfance, dans ce qui a été vécu trop ou pas assez dans la relation mère/enfant. Suivre sa passion sera rester dépendant d’une souffrance masochiste qui confine au désir de mourir. À la pulsion de mort.

Quel sera le chemin ? Le choix semble facile pour qui n’a pas connu la passion!

Le désir naît de la stimulation des cinq sens (vue, odorat, toucher, goût, ouïe) mais aussi des pensées, des images, des fantasmes qui surgissent à l’intérieur de notre cerveau  Le désir met en branle le système dopaminergique pour secréter la dopamine (rappelez vous l’histoire du rat qui se donnait du plaisir en appuyant sur un levier), dopamine qui provoque le plaisir et l’attente d’une récompense. Lors du désir sexuel diverses hormones affluent dans le sang et se fixent sur les ovaires. Et les hommes, alors? (eux aussi y ont droit, cet afflux sanguin va gonfler leur pénis). Il y a production d’images mentales, de fantasmes sexuels. Un vrai cinéma. Les humeurs et les émotions sont ragaillardies grâce à la sérotonine dont l’importance est grande dans le désir sexuel (attention au manque de sérotonine, il favorise la dépression).

Tout ce processus va plus vite que moi pour l’écrire :  le désir se transforme en excitation sexuelle. Les organes génitaux se vasodilatent : clitoris et vulve se gorgent de sang tout comme le pénis du monsieur. Le vagin se lubrifie et s’élargit, les zones érogènes excitent les nerfs périphériques… Tout s’enchaîne, tout se déchaîne, c’est un tsunami dans la tête, dans le corps. Le cerveau quasiment épileptique fait son boulot de messager en envoyant la pression dans les organes génitaux. Tension électrique au maximum qui contracte le tout, tend les muscles à l’extrême, vagin, utérus, sphincters compris. Jusqu’à l‘orgasme! Tout ça bien évidemment raccourci, pour ne pas vous saouler de détails compliqués, d’hormones aux noms imprononçables qui vous ferez perdre le plaisir de lire. Et perdre le plaisir,  quel dommage!

Le corps désire le plaisir et non le pouvoir. Le plaisir du corps est la source de tout bien être. Si un sujet n’a aucun plaisir dans son corps il devient aigri, frustré, odieux. Le plaisir est une force créatrice par excellence. Or, refouler ses pulsions (source de plaisir), ne pas les utiliser au profit de la sublimation, déformera l’esprit qui perdra tout pouvoir de créativité. Le plaisir sourd à l’improviste, il se constate à l’intérieur de soi de manière inattendue. Le plaisir a une composante inconsciente; le corps est le lieu secret du plaisir et dans ce lieu il ne peut venir sur commande.

Vouloir accéder au plaisir en se lançant dans sa recherche effrénée par la volonté, va ligoter le corps et l’éloigner du but recherché. Le plaisir ne peut surgir que si le corps est libre de tout barrage à l’ouverture des sens. Or, la volonté dans la sexualité, est une entrave au lâcher prise. S’abandonner est indispensable à l’épanouissement du corps. La volonté se cache dans le mental, or, mental et lâcher prise sont incompatibles. Pour que le plaisir envahisse le corps, aucun des 5 sens ne doivent être retenus. Cela signifie exister au travers et dans la présence du corps. Autrement dit avoir la conscience de Soi. Vivre la dichotomie corps /esprit ne peut qu’amener du pathos.

Ceci étant dit, je vous souhaite bien du plaisir à faire exploser des feux d’artifice dans votre corps. Et  dans votre tête, puisque c’est là que ça se passe, d’abord.

Que regardent en premier lieu les hommes et les femmes qui s’attirent? Les hommes vont droit au but en répondant les seins. Les femmes, finaudes, répondent aux nombreux tests qui pullulent dans les magasines : les yeux ou les mains. Faut-il les croire? Non, d’après l’étude faite par des anthropologues – sérieux -  il est démontré que les humains regardent d’abord les attributs sexuels secondaires, ceux qui font la différence entre l’homme et la femme. Donc, les hommes sont OK pour avouer naturellement que leur premier regard se pose sur les seins des femmes, tandis que ces dernières ont le regard attiré vers le sexe de l’homme. Voilà qui est dit pour ce qui est du regard.

Une chose dont les anthropologues sont certains est que la femme se distingue des autres femelles singes par trois caractéristiques : elles ont des fesses, des mamelles proéminentes – ce dont sont dépourvues les femelles singes -, plus une ovulation camouflée chez la femme. Troisième point la femme a une réceptivité sexuelle presque permanente. Pour le plus grand bonheur des hommes!

L’homme, quant à lui, a le sexe plus gros, plus grand que son congénère le chimpanzé, y compris au repos quand il pendouille;  il devient énooorme et duuur (en pleine activité sexuelle) comparé au singe et même au gorille chanté par Georges Brassens dont il disait devoir se méfier  » Gare au goriiiille »! Par contre l’homme a de  toutes petites roupettes comparées au chimpanzé. Pourquoi? On ne le sait pas encore mais ça cherche! Ses fesses autant rebondies que celles des femmes, voilà pour les attributs sexuels de l’homme.

On récapiltule : Gros seins pour les femmes, grand pénis pour les hommes, fesses rondes pour le genre humain. Endroits où se posent nos yeux quand nous sommes attirés par l’autre.

D’après les thèses évolutionnistes l’érotisation du corps humain tient au fait de sa verticalité; l’Homme marche (debout) sur ses deux jambes, ce qui eut des répercutions sans mesure sur son évolution. De cette évolution (accentuation des différences morphologiques entre homme et femme, nombreuses relations sexuelles dissociées de la procréation ) Pascal Picq, anthropologue au Collège de France, dit « qu’elle a ouvert la voie au sentiment amoureux et à la culture.« 

Notre sexualité jouit de plusieurs fonctions autres que celle de la reproduction, comme la construction d’un lien sensuel, affectif, celle de susciter le désir. Malgré les divergences culturelles millénaires ce qui caractérise le genre humain est la capacité à se séduire; un trait universel très ancien sur lequel repose les fondements  de notre sexualité. Pascal Picq ajoute encore  » De la nécessité de séduire serait née la soif du beau ». Le corps où se concentre l’érotisme, fut et demeure le support et l’inspirateur de tous les arts. Ainsi que l’affirme notre anthropologue sus-cité, habits, parures, maquillages, danses ou vocalisations appartiennent au Culturel et la Culture serait née du désir.

La différence des comportements est significative selon que l’on soit femme ou  homme. En règle générale chez la femme, la première fois laisse un impact plus important que chez l’homme ainsi que le besoin du sentiment amoureux ; elle est aussi plus attentive à la qualité de la relation.  Alors que chez l’homme la  sexualité tiendra une place plus important. Quoique de nos jours les différences ne soient plus autant marquées, elles ont même tendance à s’équilibrer. La sexualité féminine  est plus diversifiée et plus indépendante de la fonction reproductrice.  Elle s’autorise  (quand je dis  « elle » c’est aussi de moi dont je parle), le plaisir, s’exprimer leur désir, des partenaires plus nombreux, une vie sexuelle au delà de la ménopause. Une femme quoi ! dans toute sa dimension pas seulement destinée à reproduire de la chair à canon. Ces différences se retrouvent aussi chez les homosexuels avec prédominance « féminine » pour le relationnel et « masculine » pour le sexuel.

Le sens de l’humour? L’avez-vous? Oui! J’en suis bien contente car, d’après un sondage où il n’avait pas été proposé le sens de l’humour est arrivé en premier. Le sexe, l’amour viendront certainement si vous avez le sens de l’humour. Bon dimanche!

Je vous parle d’une époque où Internet balbutiait. Deux amoureux échangeaient des courriers dont la Poste était témoin. Nombreuses et quelle qu’en soit la longueur, leurs  lettres toujours enflammées, toujours poétiques, toujours révélaient, outre l’amour évident qui les connectait, la littérature, la poésie, la nature et tissaient leur histoire de liens sacrés…En voici un extrait.

Est-ce le charme de Ferré/Aragon qui nous euphorise; la jaune douceur des chairs de la girolle qui nous saoule; est-ce la datura ou le ciel bleu qui nous met en transe?

Est-ce toi mon cœur où je m’engloutis; est-ce la magie de ta nouvelle demeure qui opère; est-ce moi qui deviens toi; est-ce la non dualité qui se manifeste?

Est-ce les jours de vacances qui prennent de l’avance; est-ce le hasard ou ta volonté; est-ce soudain ma disponibilité qui fait briller mon cœur?

Quelle révélation fait-elle briller tes yeux; quelle joie intérieure te rend-elle  si désirable; quelle paix dans ton cœur répand-elle sa plénitude?

Le temps s’est-il arrêté sur ton divan, ces minutes comme une oasis non programmée ont-elles la vertu des philtres d’amour; d’où tires-tu la force qui me captive?

Pourquoi chercher pourquoi je suis heureux quand je suis près de toi? écrivait l’amoureux à son amoureuse qui en retour lui répondait :

Où caches-tu ta baguette magique ; comment me suis-je sentie devenir ta chair; me suis vraiment évaporée comme un mirage? T’ai je quitté ou suis-je encore lovée dans le pli de ton cœur?

Est-ce une illusion l’instant même où je t’écris?

Est-ce toi comme une petite fumée qui sourd de mon esprit et vient guider mes doigts?

Vais-je me réveiller ?

A qui vais-je dire l’amour que j’ai pour toi?

Sens-tu combien je suis près de toi?

Et qui va répondre à toutes mes questions à quelques dollars?

La Lune blafarde, cette américaine moucharde ainsi que la nommait Léo Ferré, serait-elle espionne de nos nuits? Oui, certainement si l’on en juge par sa capacité à changer de formes jusqu’à disparaître complètement lors de la Nouvelle Lune. La Lune n’est visible que parce que le Soleil l’éclaire. En cela elle symbolise la dépendance et le principe féminin, la périodicité et le renouvellement. Elle agit sur les rythmes biologiques, les humeurs des femmes et leurs menstrues, (le cycle lunaire de 28 jours est identique au cycle féminin) et les marées. Tout le monde sait cela, n’est-ce-pas?

La Lune contrôle tous les plans cosmiques : eaux, pluie, végétation, fertilité.

Elle est la mesure du temps qui passe. Elle apparaît pleine, ronde pour disparaître totalement pendant trois jours. Elle se nomme à ce moment là, Nouvelle Lune. Mais son éclat réapparaît croissant après croissant et symbolise le passage de la vie à la mort et de la mort à la vie.

En astrologie elle joue un rôle aussi important que le Soleil.  Parce que son principe est passif mais fécond, elle représente la nuit, l’inconscient, l’imagination, le psychisme, le rêve. Son cycle symbolise le féminin, l‘instabilité, ce qui est transitoire et influençable. Où était nichée votre Lune à votre naissance?  Le sachant vous apprendriez l’importance de l’influence maternelle dans votre vie. Pour l’astrologue la Lune témoigne de la part d’âme animale de l’enfant.  Celui-ci dans son état d’être végétatif, ne peut subsister que par les soins prodigués par sa mère. On retrouvera dans le thème de l’adulte la dominance de la vie archaïque, végétative, artistique et animiste de la toute première enfance. Ses pulsions instinctives. Elle indiquera le « primitif » qui sommeille en nous et se révèle dans les rêves, les fantasmes (encore eux!) l’imaginaire. Tout ce travail nocturne se fait à notre insu et  façonne notre sensibilité profonde.

La Lune du 6 août sera Pleine ce jeudi 56 minutes après minuit. Notez vos rêves, plus prégnants dans cette phase lunaire. Vous ne pourrez empêcher votre imagination de vagabonder la Pleine Lune favorise aussi ce phénomène. Elle accentue la tendance à la nervosité, à la tristesse, à une espèce de neurasthénie, à avoir le bocal plus agité que d’habitude…Ou au contraire  pour les extravertis elle décuple surexcitation, joie, rend plus  enclin à la rigolade. N’avez-vous jamais entendu : « Pour être dans un tel état la Pleine Lune n’est pas loin! »

N’oublions jamais que cet astre éclaire notre chemin.

La Lune Noire, est-ce l’absence de Lune ? m’interrogeait Clotilde. Non, la Lune Noire est un point fictif dans le Ciel dont l’importance est capitale dans le thème astrologique. C’est Lilith, la première femme d’Adam, (les voilà de retour) dont la particularité était d’avoir un sexe qui s’ouvre dans le cerveau. Elle préfigure l’intangible, l’inaccessible, la présence démesurée de l’absence, l’hyperlucidité douloureuse tant elle est intense. Elle incarne la solitude vertigineuse, le vide absolu.

Par une belle nuit de Pleine Lune, entre amis nous évoquions Adam et Eve, lorsque je faisais remarquer que la première femme d’Adam était « Lilith, la salope ». Salope parce que Lilith représente notre face sombre,  tous les démons qui nous habitent, celle qui anéantit les lieux où elle passe. Vous l’aurez compris, Lilith n’est pas aimée et pourtant!  La Lilith porte en elle cette force immatérielle qui va tout transfigurer sur son passage grâce au don absolu de Soi et qui n’est autre que la Sublimation. La sublimation consiste à transformer une énergie sexuelle en une énergie créatrice. Lilith est toujours liée à des phénomènes extrêmes qui naviguent entre refoulement et fascination.

Lilith symbolise le Karma que nous devons purger, l’obscurité à éclairer, la mauvaise énergie à vaincre. Elle permet de se remettre en question dans la recherche de l’absolu. Elle préfère se détruire  plutôt que d’abdiquer. À force de travail sur nous même, Lilith nous autorisera à trouver le passage de la porte étroite, pour accéder, libéré, à  la Lumière.

De ce pas, je vais regarder où est la Lilith de mon fiancé! Et vous qu’attendez-vous pour savoir où se trouve la vôtre? Si vous avez besoin d’aide… contactez-moi!

Le passé, à force de recherches, fait retour, chez Alexia, par la petite porte, laisse passer un rais de lumière en inondant les sens des  émois oubliés. Par l’interstice une image s’est glissée.  Blue jean, l’ouïe fine, le souvenir a pénétré sa mémoire recréant le fantasme d’un visage angélique d’adolescent. Fantasmes nourris d’images juvéniles à peine pubères, romantisme d’une époque lointaine et révolue. La mémoire restitue  le désir des  gestes à peine ébauchés mais jamais terminés  pour toucher l’Autre, inaccessible. Habillée par un long travail de travestissement, la mémoire, toujours elle, lui tricote patiemment une écharpe en guise de doudou, objet transitionnel, pour entourer son cou les jours où le grisou explose dans sa tête.

Ô, la Vie! Malgré ses envies d’y mettre un terme, le désir de la continuer, d’aller plus loin l’emporte toujours et nous oblige à la vivre comme inscrit pour nous, là haut, dans les étoiles.  Et sourire. Sourire à ce qui n’a pas pu se vivre au temps de la jeunesse et rire. Rire, emporté par la vague déferlante, enveloppé d’écume  pour rejoindre le large horizon qui redessine l’espoir.

Alexia me racontait son histoire de retrouvailles alors que sa vie, qu’elle ne maîtrisait plus, filait à vive allure. Allure vertigineuse aussi  dans ses paroles, elle me débitait les mots lus sur l’écran et disait-elle « ils me caressent les yeux« . Elle n’a jamais autant aimé lire les lettres noires sur ce mur froid et blanc « qui d’habitude explosent mes yeux », insistait-elle pour être sûre que je la crois. « Et tant pis si ça se révèle être un écran de fumée » dit-elle soudainement pessimiste…

Flash back d’un temps révolu et retrouvé elle pense à lui et son cœur s’emballe, et interrogative à mon encontre « Qu’en est-il du sien? Pouvez-vous me répondre?« 

Que pouvais-je répondre à son désir de vouloir faire vivre une histoire qui n’a jamais commencé mais que sa mémoire a très bien entretenu en la faisant évoluer? Juste lui suggérer qu’il s’agissait d’un fantasme qui est à la fois effet du désir archaïque inconscient et matrice des désirs (conscients ou inconscients) actuels et comme tel il pouvait en surgir, comme dans un rêve diurne, une possible réalité? Chacun de leur côté excitait leur fantasme créant un idéal de l’Autre. Savoir que quelque part un autre existe pour l’avoir rencontré sans jamais pouvoir l’approcher, jamais connu au sens biblique du terme, avais-je le droit d’intervenir dans son rêve?

Souvenir, souvenir, chantait Johnny et les Stones « Satisfaction« à l’époque dont me parlait Alexia. Le sien ne s’est jamais effiloché mais s’est transformé en fantasme puéril qui se « réalisera » ou non en prenant corps dans l’échange autre que virtuel. Sa patience est si grande et son désir si tenace qu’on ne peut que lui souhaiter bonne chance.

Le temps passe et chose curieuse, les souvenirs anciens se révèlent plus frais, plus beaux que les souvenirs récents… Pourquoi? insistait Alexia.

D’un passé amoureux ne garde-t-on pas que l’émoi d’un cœur troublé? Ne perpétuons-nous pas que la vive émotion d’un demain radieux attisé par l’espoir gommant ce demain chagrin jamais arrivé? N’a-t-on pas déjà élagué  d’une coupe franche la résiduelle souffrance qui embuait nos yeux?

Alors que le passé récent de quelques mois, assis sur les ans accumulés  forçant à la sagesse, éclairés de lucidité, le passé récent n’est pas encore un souvenir débarrassé de ses aspérités, tout juste une mise en scène fantasmée, un désir avorté que ce court laps de temps a déjà transformé en une blessure encore vive…Là encore j’aidais simplement, Alexia, afin qu’elle arrive toute seule à répondre à ses interrogations par le long cheminement de sa pensée. Pensée construite sur ses expériences aussi multiples que douloureuses qui l’avaient dotée  d’une belle et mûre réflexion…

Voilà un peu de réflexion dans vos vacances que je vous souhaite belles.

Congés payés

En France la législation sociale liée à l’avènement du Front Populaire a décrété le 20 juin 1936 la mise en place des Congés payés.

Cette idée de vacances payées prend forme dans les esprits des dirigeants (Léon Blum) dès les années 20. Les élections législatives du 3 mai 1936 remporta un victoire provoquant des revendications chez les  travailleurs. Aux mouvements de grève, occupations d’usines paralysant tout le pays, s’ensuivirent des négociations avec le patronat qui aboutirent aux accords de Matignon. C’est ainsi que  naquirent les congés payés.

Les 15 jours de congés payés en 1936 se prolongèrent d’une semaine 20 ans après (1956). Il se rajouta une semaine supplémentaire en 1969 et les 5 semaines encore en vigueur de nos jours furent octroyées aux salariés en 1982.

Les congés payés ont contribué à créer le tourisme de masse. La vie devenait plus cool pour les travailleurs. Les loisirs, le sport se développaient; les salariés congés payés pouvaient donc partir  avec pelle, râteau et petit seau pour faire des châteaux de sable au bord de la mer et se baigner dans les grandes eaux qui entourent l’hexagone.

C’est ainsi que l’on a vu fleurir des initiatives privées autant que certaines mesures sociales consistant en réduction sur les chemins de fer ( entre autre); création du ministère du tourisme, les fameuses colonies de vacances.

Les congés payés ne concernent que les salariés d’entreprises. Les professions libérales, l’artisanat, les agriculteurs ne bénéficient que de congés sans solde qu’ils s’autorisent en vivant sur des réserves, les économies, pour compenser le  manque à gagner.

N’a t-on pas l’impression que l’Histoire ne fait que se répéter? Aurions-nous assez de temps pour partir aux quatre coins du monde sans congés  ?

Que vous fassiez partie de ceux qui congétisent payés ou non je vous souhaite un bel été.