over-blog.com Libido Sexualité Conseils − Sous la couette ou au cinéma?
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Il pleut c’est tout ce qu’il sait faire. Bien d’accord avec Brigitte Fontaine… La terre s’en réjouit, pour l’instant. Depuis deux jours elle réceptionne la gueule ouverte et avale les trombes d’eau qui s’épanchent du ciel. Dans sa phase assoiffée elle ingurgite  jusqu’à déborder. La nuit dernière, j’ai même cru que Dieu déménageait. Un tohu-bohu incroyable agitait  le ciel; là haut se jouait une scène de famille – œdipienne – entre le Père et ses enfants  fouteurs de désordre. D’ailleurs ce matin là, la météo  avait prévenu du passage en zone de turbulence orange lors de l’orage qui a sévi au plus fort en inondant la plaine du Var, en remplissant les bouches du Rhône,  en tordant les côtes d’Azur… L’interrogation du choix se fait lancinante. Faut-il, comme l’eau,  s’engouffrer sous la couette ou aller au cinéma ? Les deux, répondrais-je gourmande. Le cinéma d’abord et la couette ensuite.

Le premier film que je vous propose est MERES ET FILLES, la réalisatrice une femme, Julia Lopez-Curval, parle de femmes. Catherine Deneuve (Martine) est médecin. Profondément blessée dans l’enfance, abandonnée par Louise, sa mère qui s’est volatilisée, Martine est dure, sans aucune tendresse envers sa propre fille encore moins envers son mari, son frère.  Audrey, fille de Martine, (Marina Hands la merveilleuse Lady Chatterley) découvre dans la maison de Louise sa grand-mère, où elle loge le temps de sa visite à ses parents,  un carnet annoté de recettes de cuisine où se mêlent des pensées, des réflexions qu’Audrey fait revivre en reconstituant sa vie au  fantôme de Louise.  Au fil des pages l’histoire de cette parfaite femme d’intérieur, comme l’exigeaient l’époque et le milieu bourgeois des années 50, pointe son désespoir. La mère et la fille s’affrontent à petits coups rapides de paroles acérées.  Mais Audrey à force de persévérance, de fidélité et de solidarité féminine, rend la mère à sa propre mère, restituant au fantôme  grand-maternel  sa dignité de mère…Dans ce film trois générations  se racontent. Chacune parle de son temps où l’on parcourt le chemin long et difficile pour  accéder en tant que  femme à un semblant d’autonomie… matérielle et affective.

Le deuxième film, PARTIR, est aussi un film d’une femme réalisatrice Catherine Corsini. Là, le film raconte la passion dévorante d’un couple improbable. Elle, Christin Scott-Thomas, bourgeoise ronronnante d’ennui, devenue zombi dans sa belle demeure. Par des travaux d’aménagement de son cabinet de kinési elle va rencontrer son amant ouvrier du bâtiment. Un mari médecin, Yvan Attal superbe de machisme, imbu d’une toute puissance friquée, qui s’approprie avec panache les êtres – Ma femme, Mes enfants, Mes employés – les objets, – Ma maison, Mon cabinet. Troisième personnage l’amant, l’intrus malgré lui. Un ouvrier espagnol, Sergí López met le feu à cette belle quiètude; la belle lui tombe dans les bras sans qu’il ait rien demandé. Coup de pied dans la fourmilière, le monde de ces deux là chavire, jusqu’à la mort.

La problématique soulevée dans les deux films est  la position de la femme à travers le temps et  son rapport à l’argent quand de la loi du plus fort (l’homme, le mari) dépendent la bourse et la vie. L’argent jouant le rôle de décideur de vivre ou d’empêcheur de vivre décemment; l’argent représentant la lutte du pot de terre contre le pot de fer à celui qui en dispose et qui s’en sert comme d’une arme contre la femme. Dans les deux films, le nerf de la guerre est l’argent que les hommes possèdent, avec lequel ils  asservissent, l’autre, la femme, l’amour. L’argent, ciment au service de la cohésion familiale. Le décalage social entre les classes possédantes et les déshéritées, c’est aussi cela dont parle PARTIR…

Finalement rien ne change vraiment malgré les apparences depuis la moitié du siècle dernier…La pluie a cessé, le soleil rayonne de nouveau. Sachons en profiter.

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