Du mur de Berlin depuis 20 ans tombé en murs de Facebook qui s’affichent, les nouvelles ces derniers temps sont à l’image de mon double Triste Mine Sans Crayon pour écrire au bout. Ah! Vous l’aviez remarqué ? Ne serait-il tentant de rêver sans fermer les yeux pour retrouver le sillage des étoiles et des lits moelleux où s’abandonneraient les corps des amants heureux. Pour cela nous devons oublier les cadences infernales imposées dans certaines sociétés dont le seul objectif est la rentabilité. Orange, tu connais ? C’est autre chose que la citrouille de rigueur à Halloween !
Oublier aussi que nous vivons dans un monde totalement impudique dont la vénalité est d’autant plus obscène qu’elle s’exhibe décomplexée. Pourtant n’importe quel animal naît avec une bouche pleine de dents, avec les os du crâne bien soudés, tandis que l’homme, cette race d’animal supérieur ô combien évoluée, naît prématuré, inachevé, boîte crânienne encore ouverte, peau tendue sur fontanelle.
Pourtant il serait bon d’oublier que nous sommes tous névrosés et au nom de notre chère névrose nous obéissons au pulsionnel qui nous agit. La névrose c’est notre norme, une marque de fabrique de l’époque freudienne, la névrose qui a tendance, par les temps qui courent, à se couler sournoisement vers la perversion où la psychose l’appelle. La voilà qui recommence à s’agiter, penseront certains. Mais qu’importe ! Comme dans le ventre d’un avion quand la pressurisation est telle que les tempes prêtes à exploser mettent notre tête dans la parenthèse de nos oreilles, assise sur le lit désert d’homme inachevé, grignotant une craquante cracote grattant de ses miettes mes jambes en lotus repliées, je rêve à la Corse et à ses couchers de soleil flamboyants sous la mer sage où j’irai me baigner. Demain.
Faut-il se satisfaire de ce que l’on a pour être heureux, puisque chaque jour que l’on gagne est un jour perdu ? Le gain se déduit d’une perte. Toujours. Indécence du comportement dont la crise aura révélé le phénomène. La v’la t’y pas encore partie, perdue sans boussole dans les dédales de sa pensée? On peut toujours sourire à voir Marilyn faire le mur de Cannes. Elle a réussi à s’échapper la belle de ce monde immonde plus dur que béton; elle a réussi à s’envoler des griffes aux ongles écaillés des méchants prédateurs qui ne voyaient d’elle qu’une pauvre et belle idiote.Un butin. Un magot voilà ce que représentait Marilyn pour eux.
Finalement il est bien facile de se clochardiser me disait une amie au nom d’élue. Au nom de l’amour, peut-on tout dire à l’amie ? Peut-on lui suggérer de se méfier de celui-ci, identique aux autres auxquels elle a cru ? Celui-ci pareil aux hommes auxquels elle s’est abandonnée?
D’un mur à l’autre et pour éviter de se taper la tête contre eux, mon esprit vagabonde dans les rues de New York City. Là, sur le parking désert de voiture à 120$ l’heure, s’affichent des tags magnifiques qui rendent vie au plus sordide des murs de NYC. Keith Haring, merci, d’avoir inventé la culture on the street.


novembre 3rd, 2009 - 23 h 55 min
on ne peut pas ignorer, on ne peut pas oublier, le bouquet de folies, de non sens, de violence, qui grippent ce monde.
on peut rêver, éveillés, faut surtout pas s’endormir….
peut-être même qu’on peut le transformer, juste en l’observant, le monde. c’est quantique, pourquoi pas… nous ne savons pas encore ni mettre à l’oeuvre, ni apprécier, la force-potentiel de notre esprit, notre inachevée tête bête conditionnée, et de l’invisible qui nous relie, dans lequel on vit….
observer le monde tel que tu le fais en t’en inspirant, douleuresement, et retranscrivant lyrique ludique et nevrosée sur ce mur virtuel… et nous t’en remercions Lyli.
je te laisse avec ce conte indien:
« (…) Un matin il [un Maharajah] quitta la pièce [aux mirroirs] sans refermer la porte. Son chien y pénétra. Voyant d’autres chiens il les renifla : comme ils le reniflaient, il grogna ; comme ils grognaient, il les menaça ; comme ils menaçaient, il aboya et se rua sur eux. Ce fut un combat épouvantable : les batailles contre soi-même sont les plus féroces qui soient! Le chien mourut, exténué.
Un ascète passait par là tandis que le maître du chien, désolé, faisait
murer la porte de la pièce aux miroirs.
- Ce lieu peut beaucoup vous apprendre, lui dit-il, laissez-le ouvert.
- Que voulez-vous dire?
- Le monde est aussi neutre que vos miroirs. Selon que nous sommes
admiratifs ou anxieux, il nous renvoie ce que nous lui donnons. Soyez
heureux, le monde l’est. Soyez inquiets, il l’est aussi. Nous y
combattons sans cesse nos reflets et nous mourons dans l’affrontement.
Que ces miroirs vous aident à comprendre ceci : dans chaque être et
chaque instant, heureux, facile ou difficile, nous ne voyons ni les
gens ni le monde, mais notre seule image.
Voyez cela et toute peur, tout refus, tout combat vous abandonneront. »
novembre 4th, 2009 - 7 h 20 min
Merci Santra pour ton conte plein de sagesse et de vérité; saisi et déposé sur le mur du blog. L’effet miroir est comme la Lilith qui, dans l’ombre, nous révèle notre part d’ombre. Allons regarder au delà du miroir.