Comme précédemment c’est avec l’aide du livre « Eloge de la masturbation » de Ph.Brenot que nous allons continuer le pèlerinage vers notre centre intime. Avant S.A.Tissot (1728) maître après Dieu et créateur du mythe du fléau masturbatoire, on se masturbait allègrement dans les chaumières, sans y trouver à redire, sans que cet acte soit répréhensible ni comme pouvant mettre un terme à l’espèce humaine. Un siècle plus tôt avant ce médecin, la masturbation n’était condamnée ni par l’Eglise ni par la médecine ni par la société qui mettait seulement en garde contre ses excès. Il a suffi de la publication d’un ouvrage de Samuel Tissot en 1758 « Essai sur les maladies produites par la masturbation« pour mettre le feu aux poudres et réveiller la chasse aux sorcières en transformant durablement les habitudes et la morale jusqu’au début du XX° siècle… Mais avant cela, la découverte du spermatozoïde par Leeuwenhoek et de son contenu vivant changea la donne des savants et des philosophes de l’époque qui durent repenser la morale sexuelle à la lumière de cette nouvelle et étonnante perspective.(Ph. Brenot) La publication d’un ouvrage anonyme attribué par Tissot à un certain Dr Bekkers : Onania ou le Péché infâme de la souillure de soi et toutes ses conséquences affreuses chez les deux sexes, avec des conseils moraux et physiques à l’adresse de ceux qui ont déjà eu préjudice de cette abominable habitude dont Voltaire en recense vingt quatre édition – rien que ça!-, met en marche le complot médico-religieux en condamnant la masturbation.
Au cours des XII et XIII ème siécle, l’acte solitaire se vivait librement dans le plaisir, aucune condamnation n’y portait atteinte en ne laissant que peu de traces dans la littérature, si ce n’est quelque satire burlesque qui fait toujours de l’acte solitaire une alternative plaisante, mais stérile, au plaisir fécondant. Elle (la littérature) nous informe sur l’acte solitaire comme étant un substitut quand il ne peut se réaliser à deux, un jeu de l’amour dans les préliminaires recommandé par Ambroise Paré; elle a toujours chanté la légitimité et …l’honnêteté de l’acte le plus naturel et le plus nécessaire à la nature humaine. Cette ambiance libre, érotique relativement libertine, est à mille lieux de penser à la tourmente qui va s’abattre au XVIIème causée par Tissot et ses préceptes liberticides auprès duquel se confesseront Rousseau et Diderot qui tout deux se compromettent dans cette morale assassine. Ces deux là avaient le sexe solitaire, coupable, d’autres tourmentés par lui comme le fut Julien Green; certains refoulèrent les « mauvaises habitudes » ainsi firent Proust et Gide, et d’autres encore comme Sachs et Emmanuelle y trouvèrent une immense joie…
Il semblerait que le terme masturbation soit apparu sous la plume de Montaigne, écrivain lucide empreint de sagesse. Libre penseur et penseur libre de tout dogmatisme, Montaigne s’appuyant sur la Raison et la Nature était défenseur du loisir, du bonheur et de la Liberté de l’homme. Pendant plus d’un siècle coexistent deux mots manustupration (de manus, main et stupratio, action de souiller) et masturbation (du latin masturbatio, ou du grec mastropeuein, prostituer). L’usage de ces mots était rare puisqu’en ce temps de Montaigne la masturbation n’est pas frappée d’interdit mais a plutôt sa place naturelle dans la maturation et dans l’épanouissement sexuel (Ph.Brenot) Il fallut attendre 1835 pour que ce mot fasse son apparition dans la sixième édition le Dictionnaire de l’Académie ! Avant la naissance du mot masturbation, on se manuélisait, on se clitorisait. Se manuéliser ou se clitoriser était le seul moyen d’être sage au couvent, en prison, avant le mariage et en toutes circonstances où il ne fallait user des organes de la génération qu’à des fins de procréation.
À la fin du XIX on doit à un médecin anglais l’invention du terme autoérotisme qui définit la masturbation comme un fait naturel sans conséquence pathologique. Mais avant d’en arriver là, il faudra encore faire la différence entre celle-ci et l’onanisme. A bientôt pour la suite, en attendant soyez sage!
Cet article a déjà été publié en mai. Vu la demande concernant la masturbation tous les articles la concernant déjà édités le seront de nouveau.


décembre 15th, 2009 - 6 h 36 min
Bonjour Lyli
La masturbation fait partie de la sexualité.
Elle permet de connaître son corps, ses désirs, ses plaisirs.
De plus elle permet de se faire du bien à toute heure en tout lieu…Voir prendre du plaisir à se faire mater en train de se masturber…Approche du voyeurisme… Voir une personne se caresser discrêtement dans un lieu public est jouissif et amène à la masturbation solitaire ou à se faire masturber….
Thierry
décembre 15th, 2009 - 6 h 54 min
Oui, Thierry,
La masturbation fait partie de la sexualité.
Elle permet de connaître son corps, ses désirs, ses plaisirs.
Toutefois attention aux dérapages; la masturbation comme partie de la sexualité doit se pratiquer hors du regard public;
sa pratique concerne sa propre satisfaction qui ne doit pas être exhibée en dehors du cercle étroit de l’intimité relationnelle.
Sortie de ce cadre, elle devient atteinte aux mœurs et condamnable…
décembre 21st, 2009 - 16 h 49 min
bonjour lyli,tu as raison de parler de la masturbation,c’est une chose tabou et intime à chacun,mais parfois je pense que la masturbation est utile pour le stress et permet de lâcher certaine tension à travers son corps…
décembre 22nd, 2009 - 8 h 18 min
Oui, Frank,
la masturbation est toujours utile; en préliminaire à l’amour, en solitaire ou en partage amoureux, elle donne du plaisir et réduit les tensions à qui la pratique; et le plaisir est une bonne chose qui aide à vivre joyeux.
Joyeuses fêtes;
Lyli
janvier 11th, 2010 - 9 h 56 min
UN BONJOUR A TOUS CONNAISSEZ-VOUS LE SITE ANEROS EN PARLANT DE SE FAIRE PLAISIR MOI JE N EN SUIS QU’A MES DEBUT MAIS LA ON PARLE D ORGASME SPIRITUELLE (VOIR LIEN )ET BIEN D AUTRE CHOSE SUR LEUR SITE http://www.aneros.com/forum/knowledge-of-the-possible-range-of-super-os-and-beyond-t4838.html
janvier 11th, 2010 - 11 h 46 min
promis dès que j’ai 3 minutes j’y cours, sur ce site; en attendant je prends du plaisir à informer pour une sexualité sage et folle à la fois mais toujours respectueuse de la personne.
janvier 17th, 2010 - 15 h 02 min
bonjour Lyli, bonjour a toutes et tous
Mon amie et moi pratiquons la masturbation – face a face ou l’un avec l’autre – frequement lors de nos rapports ; cette pratique fait partie de notre sexualite et est tres enrichissante a bien des egards, d’exprimer nos desirs l’un pour l’autre, de laiser libre court a notre fantaisie et a ce que l’Autre suscite comme fantasmes ; nous parlons a chaque fois apres l’orgasme quel plaisir et emotions nous avons ressentis.
janvier 17th, 2010 - 17 h 29 min
Bravo ! à toi Olivier et à ta compagne !
Si tous les couples parlaient de leurs désirs, communiquaient sur leurs attentes, se réjouissaient et se remerciaient du plaisir éprouvé, je suis certaine que le Monde fonctionnerait mieux avec moins de violence puisque moins de frustration. Continuez sur ce chemin, c’est le bon.
Lyli