Enfin, elle aborde le sujet! J’entends d’ici (de ceux qui me l’ont demandé) les ravissements et le dédouanement (si tant est qu’ils en aient encore besoin pour continuer leur pratique auto-érotique). Car pourquoi aborder le sujet de la masturbation si intime et si commun (surtout à la majorité des hommes)? Tout simplement parce qu’au même titre que la sexualité dont elle fait partie, la masturbation, quand elle est évoquée lors des séances en psychothérapie, l’est toujours avec beaucoup de gêne. Sous-jacents à sa pratique d’innombrables qualificatifs définissent le masturbateur (personne qui se masturbe) comme coupable, honteux, pécheur pour certains, acte contre nature pour d’autres, sans oublier la mention « sale » souvent ajoutée dès que l’aveu de la faute est exprimé.
Pour pouvoir vous entretenir sur ce sujet aussi sensible que tabou, j’ai ressorti de derrière les fagots le petit livre de Philippe Brenot dont le titre, il y a quelques années, avait attiré mon attention : « Eloge de la masturbation« . Je vais donc essayer de le résumer pour en finir avec ce qui demeure encore aujourd’hui, même si c’est moins prégnant, autre chose qu’une étape nécessaire et indispensable à la maturation et le garant de l‘autonomie sexuelle dans le couple comme le précise Ph. Brenot. La masturbation n’est ni sale, ni honteuse, ni perverse, ni réservée à l’adolescence, ni aux célibataires!
La masturbation est une pratique manuelle qui se joue en solitaire ou en couple et aboutit à l‘orgasme. Elle reste cependant le tabou le plus solide de la morale occidentale. Elle est sujette à bien des culpabilités à qui la pratique. Pourtant pouvoir en parler comme on parle de la sexualité, permettrait à sa nature aux fonctions multiples, de dédramatiser, de libèrer les tensions. Après vous avoir mis l’eau à la bouche et la main au panier, je continuerai à vous en parler dans les jours qui viennent. En attendant la suite faites-vous plaisir et délivrez-vous des préjugés assassins auxquels elle était enchaînée.

