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Meryl sur la route de Madison 003Meryl et Clint cheminent depuis 15 ans sur la route de Madison loin du jeunisme ambiant, loin de l’arrogance de la séduction. Sans le savoir, tout les pousse à vivre un amour interdit, court, intense, fait de paroles  fragiles,  vraies, parfois violentes, souvent désespérées, d’actes manqués, d’élans qui les rapprochent malgré eux. Le vent lourd et chargé agite doucement la campagne d’une petite bourgade de l’Iowa.  Le temps passe chaud et paisible que vient déranger un tumulte amoureux. Tout se passe essentiellement dans la cuisine formica jaune  bouton d’or, buffet vert bouteille, parfaitement équipée où Meryl se débat avec ses casseroles troublée qu’elle est par la présence dérangeante de cet homme qui lui susurre à l’oreille, prévenant et respectueux  » Si vous voulez m’arrêter il faut le dire maintenant » Elle de moins en moins effarouchée, de plus en plus désirante, consentante  » Personne ne vous le demande! » scelle d’un baiser son consentement. Ils continuent à tourner certainement comme leur tête et se retrouvent cloués au bûcher passionnel, crucifiés « Emmène-moi ailleurs! » Alors qu’ils sont déjà ailleurs, dans leur terre, dans leur corps, dans leur esprit, où s’inscrit à jamais l’amour et le chagrin inexorable d’une histoire… Cet ailleurs, ils vont le chercher ailleurs, dans un autre État où personne ne la connaît, loin des ragots intrusifs et malveillants de la petite ville; ils  se retrouvent  et retrouvent ailleurs, dans une boîte de Jazz,  leur identique plaisir pour cette musique. Leur soif d’eux-mêmes inextinguible ne fait que s’aggraver…

Caroline, la fille de Meryl qui reconstitue la scène qui se déroule devant nos yeux, n’en revient pas de ce que sa mère ait pu vivre sans en parler  » Je me rends compte que ma mère était une vraie Anaïs Nin!

Oh, non ! ai-je eu envie de lui dire ; pas Anaïs Nin. Si intensément cet amour la consuma jusqu’au dernier jour. Le temps passe vite quand on en a si peu. Concentrer l’amour d’une vie en quatre jours, quatre petits jours à vivre l’amour d’une vie : Robert/Clint « Je n’arriverai pas à condenser toute une vie entre maintenant (on est mercredi) et vendredi » Oh, que c’est beau le peu de ce qu’ils se disent!

Dans la baignoire, par ce bain purificateur de son esprit autant que volupté de ce qu’elle vient de vivre « Tout ce qui concernait Robert me semblait érotique » consignera-t-elle  dans son journal. Et « l’amour n’obéit Meryl sur la route de Madison 004pas à mes espérances ». Avec elle on pleure, on gémirait presque de désespoir.

Un dernier repas, deux valises qui se bouclent, elle est décidée à partir avec lui. Pourquoi le ferait elle ? Elle n’a rien à reprocher à son mari qui est « correct », gentil, travailleur, bon père ». Même si elle se rend compte que ce n’est pas la vie dont elle avait rêvée en quittant son Italie natale pour suivre son mari américain. Elle écrira « J’ai eu tort de rester mais je ne pouvais pas partir ». Déchirements, choix de rester, de partir. Elle ne sait plus et fait le choix de se sacrifier. »Nous sommes les choix que nous avons faits » décrète t-elle sachant qu’elle ne partirait pas.

Et lui « Ce que j’ai fait jusqu’ici est pour faire le chemin jusqu’à toi » lui dit-il en colère en la prenant dans ses bras.  Elle pleure, se tord de douleur mais elle reste. Il part.

Son mari et ses enfants reviennent; Meryl et son mari vont faire des courses en ville où ils croisent le pick up de Robert. Il pleut des trombes d’eau, le tonnerre gronde pareil à leurs cœurs qui tapent dans leur poitrine; espèrent-t-ils encore ? Trempé comme une soupeRobert remonte dans son pick-up, suspend à son rétroviseur la croix accrochée à la chaîne  comme un double symbole, qu’elle lui a offert. Il repart définitivement…

Entre eux une histoire de pont qui n’a pu être franchi.  Ce pont où elle le conduisit quand ils firent connaissance. Ce pont qui a la particularité d’être couvert. Le désir de Robert/Clint, qu’elle satisfait à titre posthume, est qu’on répande de ce pont ses cendres.

Film vu et revu, à voir et à revoir.  Film sans pathos, sans mièvrerie qui parle d’une histoire comme il en existe encore.

Meryl sur la route de Madison 006

4 Responses to “Meryl et Clint, loin du jeunisme ambiant”

  1. rodriguez

    bonjour, je suis inscrite sur OVS et le café sexo du 04 mars est complet. Est-il possible d’y assister bien évidemment s’il vous reste des places ?? J’ai appelé directement l’hôtel, une personne doit me contacter mais toujours pas de nouvelle de leur part.
    Merci de me donner une réponse dès que vous en aurez l’occasion.
    Bien cordialement.
    Sophie

  2. lyli

    Pas dinquiétude, Sophie, vous êtes inscrite au prochain sex-o-café du 04-03- à 20h au 3.14 Hôtel;

    Lyli

  3. Pascal Engelmajer

    Oui foin du « jeunisme ». « Je ne serai jamais vieux. Pour moi, être âgé c’est avoir quinze ans de plus que moi. » dit fort à propos B. Baruch.
    Oui on est bien le fruit de ses choix, et si il est une horreur existentielle c’est bien d’être incapable de choisir et/ou de ne pas assumer ses choix
    Pascal

  4. lyli

    Je suis bien d’accord avec toi Pascal; bonne journée moi je vais dormir !

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