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Il existe la réalité d’un fantasme qui habite l’imaginaire de certains hommes. Celui d’être pourvu de seins. Ce fantasme n’est pas en tant que nostalgie de la mère mais vécu comme appropriation inconsciente de la puissance féminine de procréation. Le désir masculin d’avoir des seins rejoint le mythe dans l‘inconscient collectif de  l’hermaphrodite : être double homme et femme à la fois. Ce désir exprime la bisexualité psychique, aspiration majeure de toute espèce vivante qui veut se perpétuer. Il renvoie au mythe de nos origines.

Dans nos sociétés contemporaines l’image de la mère moins prégnante s’est effacée au profit de la Femme érotique. Le sein reflète les préoccupations narcissiques, médicales, érotiques, esthétiques et relationnelles. Le sein est porteur de sens, d’identité, de symbolique…et de fantasmes.

Les seins occupent une place importante dans les jeux érotiques. Ainsi la « caresse espagnole » appelée communément « branlette espagnole » est appelée par les sexologues « cinépimastie. »f Elle fait partie des fantaisies amoureuses. Appelée aussi « Jeu de la petite oie » qui consiste pour un homme à  frotter son sexe dans le sillon entre les seins. Se masturber à cet endroit était, rappelez-vous, l’obsession de Robert. Bien sûr la caresse espagnole était considérée comme une abomination par les « Manuels de confessions du XVIII siècle.

Les seins sont souvent l’objet de jeux amoureux; ils conditionnent l’éveil du désir. Telle Lilith qui renonça aux joies de la maternité pour ne se consacrer qu’à celles de la sexualité, ne laissant approcher et toucher ses seins que par ses amants.

Le fantasme reste un fantasme,  il devient paraphilie (perversion) dès qu’il est réalisé sous une seule forme sexuelle pour obtenir satisfaction  à défaut de tout autre comportement.

Ainsi il en est du fétichiste, homme qui idolâtre les seins; celui-là ne ne s’intéresse qu’à eux à l’exclusion de toute autre partie du corps. Il réduit la femme à une paire de seins, un corsage, un objet qu’ils peuvent fourrer dans leur bouche, un lieu de jouissance lorsqu’ils s’y masturbent, qu’ils pourront mordre, punir ou humilier se sentant ainsi maître d’une puissance exaltée. Cette perversion est consécutive, la plupart du temps,  à un traumatisme de l’enfance dont ils se vengent par ces pratiques. Là encore voir l’histoire de l’obsession de Robert.

Le sein est un leurre :

« Qu’est-ce-que je ne donnerais pas pour retourner dans le sein de ma mère ! Là au moins, nous n’étions pas en conflit » me disait Béatrice lors d’une consultation.

Or, le sein se trouve être le premier objet du désir et non objet de besoin. C’est lui ou son substitut, le biberon, qui nous nourrit dès la naissance. Le sein est objet de  désir, le lait qui en coule l’objet de besoin. C’est là, toute la problématique du désir. On peut toucher les seins d’une femme,  les regarder mais jamais les posséder : c’est en ce sens que le sein est un leurre. Ainsi très vite se manifestent les pleurs du bébé qui appelleront de son désir le sein pour combler autre chose que la faim. Son objectif, encore inconscient, sera de retrouver le plaisir de sucer, d’être accueilli dans le sein maternel pour y retrouver chaleur, tendresse. Que cette satisfaction se fasse attendre ou ne vienne pas à la demande pleurée ( pour diverses raisons : pas l’heure de la tétée, par exemple) l’enfant manifestera par des cris ses émotions, sa frustration. Colère, voire haine seront contenues dans ses pleurs mettant en place les fantasmes  associés… Par ce processus du fantasme du sein perdu l’enfant sera sous influence maternelle, influence qui accompagnera toute sa vie. L’adulte sera toujours dans la  poursuite du sein fuyant,  fantasmé, sein dont il ne sera jamais sevré, dont il n’aura jamais assez.  Le désir est  par définition inaccessible  parce qu’ insatisfait et fuyant. Adulte, il cherchera, sous sa forme érotique, ce que fut la relation à sa mère, événements heureux ou malheureux confondus.

La recherche du sein dans ce cas n’est plus un sein nourricier mais devient un sein sublimé, métaphorique

C’est par l’analyse que l’on retrouve la trace des hommes sadiques particulièrement pervers. Ceux là même qui se servent de la poitrine des femmes pour y éteindre des cigarettes incandescentes, qui se servent d’aiguilles pour les transpercer. Tant d’autres comme l’attestent les annales judiciaires qui relatent de telles horreurs.

Bien heureusement pour les femmes la plupart des hommes sont amoureux des seins bien qu’il existe des hommes complétement indifférents à leurs atours.

Là ne s’arrête pas le sujet du sein …Quelques autres informations précieuses pour les femmes suivront très bientôt.

A suivre donc.