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Ceux qui pensent que l’amour n’est que dans la tête se gourent comme la fillette de la chanson:  fillette, fillette ce que tu te goures !

On le sait maintenant le sentiment amoureux provoque de profondes variations hormonales qui ont un impact important sur l’organisme. Les études sur les comportements ont montré différents types d’attachements (filial, fraternel, romantique, amical) dont les bases neuro-biologiques sont pour la plupart communes. Chez l’humain l’attachement « romantique » met en jeu certaines structures identiques impliquées dans les récompenses qui lui-même dépendrait en partie du contexte socio-culturel.

L’amour nous bourre d’amphétamines :

Tomber amoureux  va déclencher une véritable tempête hormonale en envahissant notre corps de dopamine, adrénaline, ocytocine avec la phényléthylamine en tant que chef de file de l’excitation, amphétamine naturelle de l’amour et du bonheur. Rappelez-vous nous avions évoqué  dans un article sur le chocolat cette amphétamine que l’on y retrouve en petite proportion.

Or avaler des tablettes de chocolat (seul-e) ne nous transportera pas sur un nuage mais plombera notre foie. À l’inverse de l’amour qui par les câlins, la présence de l’être aimé favorisera la production d‘endorphines équivalent à la morphine que notre corps fabriquera naturellement. L’amour nous rend légers, joyeux,  supprime les douleurs grâce à ces endorphines et à l’ocytocine, hormone de l’attachement. L’ocytocine sécrétée dès le premier rapport sexuel fait disparaître l’anxiété, le stress et toutes autres tensions perturbatrices. L’organisme appréciera les vertus de l’amour puisque réduire le stress contribuera à éviter les troubles cardio-vasculaires, les désordres métaboliques.

Mais il y a un mais : l’organisme s’habitue aux hormones de l’amour comme à toute substance (illicite). Dès lors, il y a accoutumance aux endorphines avec le manque sous-jacent, leur effet s’estompe sans que l’on puisse en augmenter les doses. C’est ainsi que le sujet, sans chercher plus loin, sera tenté de retrouver ce bien-être en allant « batifoler » ailleurs pour retrouver la sensation du premier shoot amoureux. De là naîtraient l’infidélité, la tromperie, le manque de désir et tous les troubles qui remplissent les cabinets des psy. Parmi ces  troubles, dont certains sont de véritables fléaux par les dérèglements qu’ils occasionnent,  nous trouverons les dépendances, les « drogués » de l’amour, les obsessions envers l’être aimé, les séparations à l’origine de nombreuses dépressions, altération de l’état mental, exaltation de l’humeur, pensées intrusives de l’aimé… L’état amoureux favorise la mise en place d’un système de récompenses (facteur primordial de la sexualité humaine) qui induisant une dépendance, un attachement envers l’être aimé conduit à des états de manque lorsque cette personne devient inaccessible.

Va falloir que je rappelle près de moi mon amoureux qui est parti courir le monde du côté de LA où alors que je sublime un maximum en écrivant, puisque l’origine des arts (peinture, littérature…) passe par la sublimation quand la sexualité n’est pas refoulée mais mise au service  de la créativité.

Passez un très bon week-end.

Tout l’univers manifesté se développe et se déploie selon un rythme bi-polaire. Ainsi il en va de l’activité et de son contraire la passivité, du mouvement et de l’immobilité, et évidemment de l’amour et de la haine. La haine est ce sentiment extrême d’autant plus violent que l’amour aura été passion. La haine est de l’amour exacerbé. Le fait  de n’être pas ou n’être plus aimé va susciter un sentiment de vengeance qui se transforme le plus souvent en haine. Il l’a quitte pour une autre et  la jalousie, la haine s’emparent d’elle, à moins que la notion oblative se soit développée en elle.

Outre la haine, nombreux sont les sentiments opposés qui, de plus s’opposent à l’amour :  l’indifférence, la peur de l’autre, le mépris, la rancœur. Aux émotions suscitées par l’amour telle la joie, l’enthousiasme, la générosité, la vie, s’y opposent  la tristesse,  le pessimisme, la cupidité (et je reprends ma moulinette, mon frigidaire…comme le chantait Boris Vian)  la déprime et la mort dès que l’amour a déserté les amants.

Le couple des contraires Eros et Thanatos sont en permanence entremêlés. L’amour et la mort, miracle des voyelles…

L’amour que l’on porte à une personne naîtrait-il de ce que l’autre nous apporte ou est susceptible de nous apporter ? Aimer ne serait-il pas une façon inconsciente d’avouer son manque d’autonomie ? On reste parce que l’on a peur de rester seul. Dans ce cas là on peut se rendre compte qu’il ne s’agit plus d’Amour, ce sentiment extraordinaire, mais d’un sentiment ordinaire fait d’habitude soumis à la peur de se retrouver seul. Que me reste t-il si il n’est plus là pour m’appuyer dessus ? Combien de couples sont ensemble parce qu’ils ne savent pas aller seuls?

La route de l’amour est difficile. Elle demande des remises en questions, des partages, une communication véritable, un sentiment de Soi fait de clarté et d’honnêteté.

Demain nous aborderons l’amour sous l’aspect de la chimie qui gouverne le sentiment amoureux. En attendant soyez amoureux de la vie à défaut d’un autre !


L’amour :

Comment se constitue t-il ?

L’objet de ce premier article va tenter d’éclaircir l’origine du sentiment d’amour :


« La mort ni le soleil ne se peuvent regarder dans les yeux » disait Pascal. Mais l’amour n’est-il pas un soleil qui brille en aveuglant les amoureux ?

Qui n’a pas connu cet état d’Être amoureux lors de la rencontre de l’être aimé ? L’amour se présente et voilà que deux êtres en état de grâce redeviennent des enfants. Ils ont quinze ans ou mieux encore redeviennent des enfants venant au monde (de l’amour) et s’en remettent totalement en s’abandonnant, en s’offrant à leur objet d’amour comme ils le faisaient étant nourrisson avec leur mère.

Selon les chercheurs, le lien originel, la première histoire d’amour,  ne serait qu’une continuation de la quête à toutes les histoires amoureuses convoitées.

Jean-Pol Tassin, neurobiologiste au Collège de France, « indique que les histoires d’amour sont les éléments émotionnels dans le processus cérébral qui sont le prolongement du lien maternel »

Dès la naissance c’est la recherche de plaisirs sensoriels qui créent le lien à la mère par le biais des orifices du corps, créant des images de la communication archaïques. L’enfant intègre ses premières satisfactions et va passer sa vie à rechercher chez les autres des stimuli analogues.

C’est donc dans les périodes préœdipiennes que s’installe l’érotisme par le biais de la mémoire des sensations occasionnées par le plaisir de téter et à être touché par la mère. Le pouvoir du nourrisson qui a d’abord communiqué avec sa peau ressurgit lors d’une rencontre amoureuse où le corps à corps des amoureux fusionne.

Freud parle de « relation hypnotique de l’état amoureux »

Et Lacan dit ainsi de l’amour « l’amour c’est donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. »

Cela voudrait dire que le sujet veut (inconsciemment) donner ce qu’il n’a pas reçu – c’est-à-dire le l’amour sexuel du parent – à quelqu’un qui veut autre chose que ce qu’on veut lui donner – c’est-à-dire qu’il veut recevoir autre chose que de l’amour maternel.

Roland Gori le dit autrement « Cette passion se nourrit du besoin insatiable d’être aimé pour venir combler les manques de l’autre ; processus auxquels l’interdit œdipien fait barrage et objection.»

C’est donc avec ce bagage que l’enfant qui vient au monde s’engage dans la vie. Dès lors, une histoire d’amour où la sexualité est satisfaisante commence par l’éthique de vie qui puise sa source dans le réservoir d’amour rempli par la mère d’abord, avec son maternage adéquat et le père ensuite qui, donnant les limites, sera le tiers séparateur. Réservoir d’amour dans lequel on puise pour continuer à se désaltérer quand on en est séparé.

Selon que la « valise » de l’enfant sera pleine ou vide de ce que les parents y auront déposé – puisque l’on ne peut donner que ce que l’on a reçu – on revient à la case départ avec pour manteau qui a gage de fardeau. Ce fardeau dont nous charge notre naissance appartient aux parents, fardeau dont il est nécessaire de se débarrasser (psychothérapie, psychanalyse) puisqu’il contient nos névroses avec lesquelles nous ferons de notre vie un enfer ou un lieu de bien-être…

Ok, ok ! Mais ce n’est pas très poétique ni romantique, tout cela ! Alors que « tomber amoureux » est la chose la plus extraordinaire qui puisse exister. L’amour avec un grand A on l’espère quand on ne le connaît pas, on le pleure quand il s’en va, on le cherche quand on l’a perdu. L’amour est l’étincelle, la lumière dans  la nuit…

Bonne soirée ! Partez retrouver votre amoureux, votre bien-aimée…Demain nous verrons comment l’amour est défini par ses contraires.



La maladie de la valeur, moderne épidémie. Ce virus attaque et peut détruire l’individu

Par Max Dorra, Le Monde du 03/03/2010

Compétitivité, rentabilité à court terme, évaluations individuelles, suppressions de postes. Suicides à France Télécom, Renault, PSA, Thales…

« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés. » Nulle maladie n’a été si longtemps méconnue. Aucun traité de médecine, aucun manuel de psychiatrie n’en a jamais parlé. Elle se présente en effet comme une forme de la « normalité », celle que nous recommande l’idéologie régnante relayée par les grands médias. Difficulté supplémentaire : cette pathologie met à mal l’opposition objectif-subjectif, bref, les cloisonnements universitaires (sociologie, psychologie…).

La maladie de la valeur, si contagieuse, est due à une sorte de virus qui attaque l’être en son noyau. Pour en contrecarrer les effets, ou même simplement en parler, la plus grande prudence s’impose. D’autant que cette peste s’accompagne d’une sorte de déni collectif si puissant, qu’il faut prendre bien garde de ne pas être considéré soi-même comme fou, face à cette folie dont on se croit épargné.

Dans un chapitre du Capital, Marx dépeint le tableau clinique saisissant de cette impressionnante affection. C’est une table qui en est atteinte. Devenue marchandise elle a instantanément oublié, dès que le virus l’a infectée, le travail humain nécessaire à sa fabrication et s’est alors mise à danser, face aux autres marchandises, tout en se contorsionnant comme si elle cherchait à les séduire.

La possibilité d’une transmission à l’homme fait tout le danger de cette maladie de la table folle. Des mimétons, sortes de prions idéologiques, provenant de ces objets endiablés, peuvent en effet se diffuser à la quasi-totalité d’une population. Ils font alors, d’hommes et de femmes atteints sans le savoir, de simples marchandises capables dans une sorte de cécité (un des signes de la maladie) de se rendre spontanément au marché pour s’y tortiller à leur tour. Jouant ainsi le jeu que l’on attend d’eux, celui d’une concurrence libre et non faussée, ils font l’objet d’échanges dans une atmosphère de « fête », sur une musique de bazar. Le spectacle est indescriptible, et d’autant plus inquiétant que, dans cet univers où tout est classé donc classant, la violence n’est jamais très loin. D’autant que certains de ces humains-marchandises, laissant croire qu’ils ont plus de valeur que les autres, en profitent pour les dominer et les exploiter impunément.

On a le plus souvent affaire, d’ailleurs, à des associations de malades, groupés autour d’un chef – en général le plus atteint. Chacun de ces réseaux a sa « langue » propre, dont les mots, infectés, sont porteurs de ségrégation sociale, de mépris – source d’humiliation et de haine. Le désir même, dans le monde de la valeur, est dévoyé, réduit, par une sorte d’addiction, à se chercher des substituts. N’importe quoi pourvu que l’on y trouve l’estampille, la « griffe » d’un groupe prestigieux parce que dominant.

Cela seul fait mesurer l’appauvrissement engendré, dans le monde de la valeur, par l’idéologie de la « performance », de la « communication », du « management », une idéologie scientiste (qui n’a rien à voir avec la scientificité véritable) fétichisant le chiffre, objectivant les êtres, supprimant l’affect, interdisant le rêve : un monde dépourvu de sens. « C’est mon n 1, mon n 2 », dit-on dans certaines grandes entreprises pour désigner ses supérieurs hiérarchiques.

Ainsi le moi, ce carrefour, lorsqu’il est atteint par la maladie de la valeur, devient lui-même une valeur d’échange. Cette valeur d’échange, liée à sa propre image aux yeux des autres, à leur regard évaluateur, signifie au moi un rôle dans lequel plus ou moins de sens parviendra tant bien que mal à se couler -, ce dont dépendra sa force d’exister.

C’est dire que la pensée elle-même n’est pas épargnée. D’où l’importance d’une action de prévention. Apprendre, très tôt, à penser autrement. A résister.

Pourquoi parler de maladie, de virus, à propos de la valeur ? Un virus ne se reproduit qu’en parasitant le noyau d’une cellule dont il subvertit le génome en y greffant son propre code. La valeur, de même, introduit au coeur d’un être, de sa substance – à son insu – une signification étrangère, infantilisante, trompeuse parce qu’elle est vécue comme un sens. D’autant que toujours s’enchevêtrent la valeur vénale et le mythe de la « force virile », la violence symbolique qu’induit la domination masculine. « En avoir ou pas. »

L’intérêt de la métaphore biologique tient à la nature même des virus – des filaments d’acide nucléique – qui en fait des écritures vivantes. Les virus peuvent avoir pour origine, en effet, des fragments d’acides nucléiques « échappés » d’un noyau cellulaire. D’où leur capacité de s’y réintroduire grâce à cette similarité, à la faveur d’une sorte de faux en écriture. Dans un monde où les mots deviennent des virus, certaines phrases peuvent tuer dans la mesure où leur contenu, le ton, l’attitude, la position symbolique de celui qui les profère leur permettent, parce qu’ils affectent, d’envahir la mémoire d’un individu.

Allant droit à l’enfance, ces mots, ces représentations, en dictant leur loi et en l’imposant font douloureusement revivre le rôle ancien qu’ils ont réveillé. Ils inscrivent un faux destin : « C’était écrit .» Touché à l’enfance, on se sent alors – étrange certitude qu’apporte l’angoisse – « nul », « coupable », « exclu ». On croit être, et on s’est fait avoir. Un tour d’illusion à la fois ontologique et politique.

Il n’est ainsi guère étonnant que, sous un masque ou un autre, lorsque se perpétuent, se reproduisent les inégalités sociales les plus insolentes, une déprime puisse frapper les humains stigmatisés par un jugement de valeur. Cette déprime peut être due à l’effondrement d’un moi, de son image, de sa cote, l’origine du krach étant souvent multiple : souffrance au travail, chômage, mais aussi discrimination quelle qu’elle soit, liée à l’ethnie, par exemple, ou à l’âge. Y aurait-il – horreur ! – un marché du désir ?

Lorsqu’il en arrive à croire qu’il ne suscitera plus le désir, qu’ « au-delà d’une certaine limite son ticket n’est plus valable », que la source de sa force d’exister lui est désormais inaccessible, un être peut en venir à se supprimer. On serait autorisé à parler de destruction d’âme déguisée en suicide. On est loin, ici, des considérations hypocrites sur « le stress au travail » et les remèdes dérisoires que l’on prétend y apporter. La maladie de la valeur tue parce qu’elle prive de sens des êtres. Isolant les individus, elle leur dissimule la réalité : un autre monde est possible.

La salle n’était pas la même, je sais! Il y faisait chaud, trop chaud, je sais! La clim était détraquée m’a-t-on dit le lendemain. Des 54 inscrits, seulement (et heureusement!) 33  ont tenu leur engagement et c’est bien ainsi. Notre chère Anne a noté que 30°/° des personnes sont revenues ce qui a permis à 70°/° nouveaux participants de connaître le sex-o-cafe. L’ambiance était aussi joyeuse et décontractée que lors du premier rendez-vous.

Derrière la table qui nous servait d’écritoire, de repose verres et de points d’appui nous étions sagement assis. Liliane toujours modératrice experte menait le débat avec conviction. Á son côté droit Christophe Ghuibaudo en verve ce soir là. Et moi, Lyliane, écoutant le discours en intervenant sur la pointe des mots mais bien à propos malgré la mauvaise acoustique de la salle. Le décor en place que se passât-il dans cette deuxième session?

  • Christophe nous fit un long exposé dans lequel médecine et psychiatrie se mêlaient.
  • La douleur et le plaisir se passent dans la même zone du cerveau.
  • Les Schizophrènes  et les psychopathes sont dans l’incapacité à atteindre le plaisir. Les pervers ont du mal à canaliser leur plaisir.
  • Le désir provient d’une pulsion. Volonté irrésistible d’obtenir quelque chose.
  • Évoque les théories de Lacan : tout désir satisfait est automatiquement détruit. De Goethe : le désir satisfait s’accroît; il demande à l’assistance qui est pour la théorie de Lacan, qui pour celle de Goethe ? Le désir a la capacité de se détruire pour perdurer.
  • Le désir amoureux est une pulsion. Une volonté très importante de se rapprocher d’une personne – rêve obligatoire des désirs amoureux.

Lyliane : quand on parle de rêve, on parle de fantasme avant tout; le désir étant une pulsion formatrice d’un fantasme.

  • Le désir amoureux continue Christophe se décompose ainsi:
  • 1er temps     : ressenti corporel (on n’a plus faim, plus sommeil). On peut vivre d’amour et d’eau fraîche.
  • 2ème temps : image des représentations, volonté de s’imbriquer, état fusionnel.
  • 3ème temps : préserver toujours la distance.
  • 4ème temps :  attraction, valorisation de toujours plaire à l’autre. Accepter les différences en les valorisant.

Olivia ouvre le débat : Dans le désir il y a un facteur temps; elle cite F. Beigbedé qui dit que l’amour dure 3 ans. Alors que ce que dit Christophe paraît génial !

Liliane : 3ans ont été déterminés par la fonction originelle : donner la vie, la procréation.  Temps nécessaire pour que le passage de l’acte sexuel à l’enfantement jusqu’à l’autonomie de l’enfant et que ce dernier puisse se « débrouiller » sans ses deux parents.

Lyliane : la venue d’un enfant transforme les liens du couple. Trop souvent les femmes oublient leur féminité tandis que les hommes « tuent » la femme et ne voient que la mère.

Francis : il y a des animaux qui sont ensemble pour la vie !!!

Liliane : il faut sortir de ce schéma et travailler sur l’entretien de ce désir.

Nadège : Si on entretient la distance on entretient le désir. Le désir n’aboutit pas forcément au plaisir

Lyliane : le désir ne provient que d’un manque…ce à quoi Nadège rétorque en évoquant Nietzsche et sa philosophie.

Nadège : s’adressant à Lyliane : c’est votre position mais le désir peut venir d’un trop plein, d’un débordement.

Lyliane : je me positionne en tant que psychothérapeute et non philosophe.

Aline : on sait très bien donner le plaisir à l’autre

Bernadette : Les disputes dans le couple peuvent amener à des discussions qui peuvent engendrer des distances qui font renaître le désir.

Lyliane : comme le rappelle le titre d’un bouquin de   « Du bon usage des crises »

Anne : Il est nécessaire de se créer des limites et de ne pas sombrer dans l’amour fusionnel.

Edith : Le désir est-il toujours partagé? Qu’est-ce qui se passe quand il ne l’est pas ?

Anne : sa différence m’intéresse.

Christophe : Si la personne est névrotique, elle en arrive à des actes « médico-légaux ».

Liliane : On peut être dans le plaisir permanent de désirer.

Olivier : Le désir est différent à chaque étape de la vie. Plus tard : l’idéal est-il dans le fait de ne pas vivre en couple pour entretenir le désir ? La fameuse distance…Olivier raconte l’histoire d’un couple dont l’appartement séparé par un très long couloir, chacun des membres vivant à l’extrémité du couloir…

Éric : Les jeunes mamans ont très souvent de très longues périodes pendant lesquelles le désir n’existe plus. L’enfant d’abord. C’est pour ça que je suis là, au SEX-O-CAFE. Mesdames, laissez-vous aller et ne pensez qu’à votre plaisir.

Olivier : Dans un couple, il est indispensable de ne pas culpabiliser et de se retrouver régulièrement pour redevenir amants – toute la famille s’en portera mieux – les enfants recevront des signaux de bonheur et d’indépendance. Une autre fois : le désir ne fait que se renforcer si on est autant dans l’attente, l’espoir. Différents niveaux au sujet de la distance; avoir des pôles d’intérêts séparés, et communs pour mieux se retrouver.

Lyliane pensait mais ne l’a pas dit : « C’est beau et vrai comme du Didier Dumas, ce que vient de dire Olivier »

Coralie : BHL entretient le désir avec Arielle en habitant dans des appartements séparés, à l’étage au dessus. Distance qui respecte l’activité de l’autre.

Christophe : parle des différents stades de la sexualité (stade oral…)et de la fée qui viendrait supprimer ce premier désir.

Laura avec son merveilleux accent : c’est vrai mais dur à établir.

Femme brune au fond (je n’ai pas entendu son nom, si elle l’a dit, qu’elle m’en excuse) : le plaisir d’un homme est aussi un plaisir pour la femme. Tout la pub, les chansons, les vidéos sont construites dans ce sens (pour donner du plaisir à l’homme)

Nathalie : c’est difficile d’entretenir le plaisir et le désir dans un couple avec enfants après 15 ans de vie commune.

Éric : l’idéal est quand les deux participent. Désir + plaisir + amour c’est l’idéal.

Liliane : je voudrais savoir comment font les hommes pour pouvoir faire l’amour sans sentiment et est-ce que la jouissance est la même?

Laura : il faut aussi savoir demander de l’aide

Anne : Les femmes gèrent plusieurs domaines à la fois; elles oublient le moment présent.

Liliane : il faut arriver à se défaire du contexte social.

Nathalie (autre) : poids des images que la société renvoie, schémas familiaux, influence réaliste de la femme.

Éric : Avis aux femmes : en matière de plaisir ne se concentrer que sur lui( le plaisir).

Olivier : parle de performances, des enfants dès que l’on cesse d’être amants pour n’être que parents et de la culpabilité qui enferme.

Laura : être un peu égoïste si on n’est pas heureux, personne ne peut l’être autour de nous.

Nathalie : vive les sex toys ! Elle a découvert le moyen de se faire plaisir, plaisir efficace de surcroît.

Eric : on peut utiliser les sex toys pour découvrir comment donner du plaisir à sa femme.

Christophe : le plaisir où se situe t-il le plaisir de l’homme ? Et dans le plaisir solitaire quelle est la place du désir?

Frédéric : problème d’éducation sur la sexualité. En France le sex toy et tout ce qui touche à la sexualité est glauque, le plus souvent se résume à un sex shop près de la gare…Contrairement à certains pays comme l’Allemagne, la Suède…

Coralie : le sex toy ne parle pas !

Anne : Le désir est sublimé dans la création.

Lyliane : Anne  évoque la sublimation : il s’agit d’une pulsion qui, si elle n’atteint pas son but dans le sexuel  et sans  pour cela être refoulée, est détournée au profit d’un acte artistique.

Liliane :  mystère pour les hommes : différence entre sexualité physiologique et désir amoureux?

Eric : L’homme aura moins de plaisir dans la masturbation donc recherchera avant tout l’acte sexuel avec la femme; une femme aura autant de plaisir avec son sex toy – si on parle de plaisir physique.

Liliane sonne l’heure de la fin et Marie s’écrie : C’est déjà fini ? Je n’ai pas vu ces deux heures passer.  Ça a paru tellement plus court, cette fois-ci!

Quand au sujet du prochain SEX-O-CAFE, il n’a pas été défini cette fois-ci. Patricia (me semble t-il) a prononcé « jalousie »; une jeune femme  » libertinage »; les amours libertaires ?

Nous avons clôturé la séance sur des propositions à faire et à poser sur le blog ou sur le mur de Facebook pour ceux qui ont ce média.


Fantasme,désir,orgasme, sexuel …profusion de mots qui sortis de leur contexte deviennent pornographiques.

La pornographie est la tendance perverse qui sous-tend toute l’économie. Actuellement  l’hyper-consommation gère l’économie et si l’on en croit le philosophe Dany-Robert Dufour la pornographie est devenue une activité ordinaire qui s’affiche, s’exhibe publiquement dans les comportements. Le sexuel s’expose dans la démesure où l’obligation de jouir semble être la seule voie possible. Une sexualité vite consommée (speed dating); un contact instantané via Internet Aka Aki (procédé comparé aux phéromones chimiques, celui-ci étant électronique). Voici parmi tant d’autres activateurs sexuels pour ne citer que les plus softs.

La pornographie dans notre monde est devenue une industrie majeure. Les chiffres sont éloquents : la pornographie génère à elle toute seule, un chiffre d’affaire de 1000 milliards de dollars par an. Plus que les industries de l’armement et de la pharmacie. Hallucinant, ahurissant, non?

L’obscène est partout. Tout,  tout autour de nous, incite à la jouissance. Dans le cinéma, la télévision, l’internet, dans tous ces divertissements des masses  intervient l’obscène. Dans la vente des programmes télé du MIPTV à Cannes viennent en tête du palmarès : le sexe, le jeu et la spiritualité, les trois pouvant se combiner allègrement afin de multiplier les retombées pécuniaires.

Les Anciens distinguaient trois formes de libido qu’ils nommaient concupiscence :

  • Libido  de la passion des sens et de la chair (concupiscence de la chair)
  • Libido impliquant la passion de posséder et de dominer toujours plus (concupiscence de la vie)
  • Libido qui demande à voir et à savoir (concupiscence des yeux).
  • On peut donc jouir  sexuellement mais aussi jouir en possédant, en dominant ou en se procurant de la jouissance par le savoir. Ces formes libidinales procèdent toutes du même processus qui consiste à exciter l’une des trois libidos en tenant éloigné tout ce qui pourrait empêcher cette excitation  d’aboutir à la jouissance.
  • Oh! Ce n’est pas tant la jouissance l’élément nouveau du fonctionnement humain,  de tout temps elle fut présente, mais la manière d’exhiber sa jouissance. L’exhibition, là est l’obscénité. Pour les Anciens philosophes il était obscène (malsain de porter au devant de la scène) de montrer ce qui devait être caché aux autres pour la simple et bonne raison que ce qui était vu pouvait être instrumentalisé par le jouisseur. Par cet acte de ne pas montrer aux autres découle le respect de l’autre qui interdit l’exhibition de la jouissance. Respecter l’autre, consistait à refuser sa libido (quelle que soit sa forme) dès lors qu’elle devenait envahissante,  dès l’instant où la personne était en compagnie ou se devait d’éviter l’expression de sa jouissance devant n’importe qui au risque de se retrouver à devoir pactiser…
  • Je vous souhaite de beaux rêves en attendant la suite qui ne saurait tarder.