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Bonne fête à la Mère Idéale dont nous avons tous rêvé. Bonne fête à la Mère que l’on a eue, elle n’a jamais été idéale ou alors ça se saurait.

Bonne fête aux Mères qui ont tout mélangé, puisqu’en voulant rester jeune fille elles refusent leur statut de mère, il les prive de liberté. Bonne fête à la Mère haïe parce que trop aimée. Bonne fête aux Mères copines de leurs enfants adorés et aux copines Mères.

Bonne fête aux Mères de remplacement; aux Mères célibataires; aux filles-Mères. Bonne fête aux Mères sacrifiées sur l’autel de leur progéniture; à la Mère Vierge, la pauvre comment a t-elle fait?  Bonne fête au cœur des Mères sans enfant tant désiré.

Bonne fête aux Mères castratrices; aux Mères trop dévouées et à celles qui ne le furent jamais. Bonne fête aux Mères dominatrices, leurs enfants elles ont étouffés. Bonne fête au ventre de la Mère porteuse d’un fruit qu’elle ne pourra  jamais apprécier. Bonne fête aux Mères six pieds sous terre qui cependant en surface continuent à exister.

Bonne fête aux Mères défaillantes, que leurs enfants abandonnés puissent, quand même leur pardonner, de même qu’aux Mères envahissantes qui ont pompé l’air de leurs rejetons asphyxiés.

Bonne fête à la Terre, notre Mère Nourricière que nous avons tant dévastée.

Bonne fête à la Bonne Mère de Marseille et à Brecht pour sa   » Mère Courage «  qui au théâtre  continue  à s’exhiber. Bonne fête aux hommes rêvant d’être Mère d’enfants qu’ils n‘enfanteront jamais. Bonne fête à la Mère Supérieure  du  couvent d’à côté qui « protège » ses enfants sans connaître la maternité.

Bonne fête à la Mère patrie, pour l’Europe irons-nous voter? Bonne fête aux femmes Maires  de France et de Navarre, elles aiment les responsabilités.

Pas de fête pour la mère maquerelle mais bonne fête à ses prostituées; pas de fête non plus à la mère de tous les vices qui n’est autre que l’oisiveté.

Ce dimanche, Fête des Mères, la Lune Pleine est gravide comme une promesse de fécondité.

Allons faire la fête sur l’eau bleue de la Mer Méditerranée car le beau temps est éphémère  il faut savoir en profiter.

Au nom de la prétendue liberté du consommateur, se sont multipliés les salons de l’érotisme et les éditeurs de  vidéos pornographiques,  alors que la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France Sarkozy fait voter une loi  en mars 2003 dite de « sécurité intérieure » dans laquelle le racolage passif des prostitués est pénalisé. Comme toutes les lois pénalisant la prostitution, cette dernière renforce les réseaux mafieux et favorise les proxénètes.

Le plus vieux métier du monde reste « un obscur objet de haine et de désir » et stigmatise symboliquement l’exploitation de la femme par l’homme et cela dans toutes les sociétés. Suite à cette loi, certaines et certains de ces travailleu-r-ses du sexe revendiquent haut et fort de pouvoir louer librement leur corps et leurs pratiques sexuelles; de plus ils réclament que ce métier soit considéré aussi respectable qu’un autre avec ses droits et ses devoirs. La pratique de la prostitution interroge la sexualité mais aussi les rapports femmes / femmes, le pouvoir, l’argent,  la définition d’un travail.

Dans ce dernier film qui constitue un cycle sur la prostitution, Jean Michel Carré démontre comment l’économie de marché utilise la  pseudo-libération sexuelle pour justifier la marchandisation de l’intime.  Les prostitués (femmes et hommes) témoignent de leur vie dans le cadre de leurs pratiques professionnelles sexuelles; il donne à voir et à entendre les réflexions qui émergent mettant en évidence le rapport du pouvoir et de la soumission, questionne les fantasmes qui agitent les hommes et les femmes.

http://www.films-graindesable.com/les-travailleuses-du-sexe/generique.php

Tout est dit.

« Lorsqu’on est prostitué on ne dépend d’aucune logique de productivité » dit Isabelle… la toulousaine du film.

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Le 8 mars, c’est la fête de ma race. La journée de la femme. Ce jour là, mesdames, si votre homme vous demande « Qu’est-ce qu’on mange ? » vous avez le droit de répondre « Ma chatte, mon amour. »

Et la journée de la sodomie, c’est quand ? C’est où la foire au cul ? L’année de la cochonne, c’est déjà passé ? Et le journée des hommes elle tombe en même temps que la nôtre ? Parce que c’est quoi, une femme, quand y a personne dedans ?

Le problème, désormais, ce n’est plus pour qui on nous prend, c’est comment on nous prend. Mais où sont les hommes ? On est passées du coq à l’âne, de Casanova à Lalanne, du stade anal au stade de foot, du septième ciel au trente-sixième dessous. On est passées au bas débit. C’est le supplice de Tantale, le temps des queues de cerises. Arrêtez avec vos bouquets de marguerites. Êtes-vous vraiment devenus l’ombre de nos chiens ? On connaît la chanson. Depuis le temps qu’on roule des pelles aux crapauds, on le sait, nous, que c’est fini les contes de fées, la queue de Mickey et le prince charmant avec son cheval. Quitte à ce qu’il y ait des chevaux dans l’histoire autant que ce soit la horde sauvage.

On apprécie les bas-reliefs, la petite goutte qui perle, l’odeur sous vos bras, les gros mots, l’éjaculation faciale; l’amour quoi! L’amour ouf ! Nous, ce qu’on voudrait, c’est la journée de la femme légère. On veut des formes à épouser, des coups de foudre en pagaille, des preuves d’amour, des oiseaux rares qu’ont le sens du vice. Ça va être notre fête, descendez de vos vélib. Restez pas planqués sous la minijupe de votre mère. Revenez, on ne sait plus sur quoi s’asseoir.

La journée de la femme deviendrait la plaie de la police des moeurs.

En attendant, avec Mis.Tic, le jour de la femme on ira au musée de l’Homme.

Recopié d’un texte de La Gabin – In Siné Hebdo…sur la feuille de chou sortie à l’occasion du film dont ci-dessus image

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Au féminin, le désir réel éprouvé est d’abord cérébral …

En 2008 une enquête sur le désir féminin constate que 64% des femmes ne savent pas quoi faire et même ne font rien quand leur libido se fait la malle; quand elles n’ont plus de plaisir ou que la ménopause les perturbe autant qu’elles les inquiète. De ce constat il ressort que l’écoute des  gynécologues désinformés est pratiquement nulle.  Ils sont incapables de donner des informations ou de proposer des solutions  pour améliorer la sexualité des femmes. Les femmes elles-mêmes stressées, fatiguées, soucieuses financièrement ne trouvent guère le temps de consulter pour ces « broutilles. » Leur désir est inexistant ? Voilà le bon prétexte pour enfermer leur sexualité au placard, débarrassées de cette chose encombrante dont la ménopause les libèrera des turpitudes de la procréation.

Non, non, je ne délire pas et c’est bien de notre époque dont je parle où sont pratiqués en France  200 000 avortements par an. Ce chiffre qui n’a pas reculé depuis quinze ans est en augmentation chez les jeunes filles de 15 à 19 ans.

Le désir féminin est compliqué se plaisent à dire les chercheurs ! Depuis que les hommes ont découvert que chez la femme le cerveau et l’émotion doivent être mobilisés, ils trouvent difficile d’extrapoler sur les femmes les recherches faites sur le désir masculin. Ainsi apprend-on par Mérédith Chivers que chez la femme, le désir réel éprouvé est d’abord cérébral, indépendant des réactions physiques; la connaissance, les recherches sur la sexualité féminine sont encore au Moyen Âge. Un écart de 30 ans sépare les recherches  et les avancées sur le désir  sexuel féminin  sur celles menées sur le désir masculin.

Alors oui, les laboratoires pharmaceutiques, projetant un juteux marché ont essayé de lancer  un médicament le Viagra au féminin. Au départ il s’agit d’un antidépresseur utilisé sur 5000 femmes  avec pour effets une augmentation du désir féminin qui leur donnait l’envie de « faire l’amour ». Les psychiatres étonnés que l’on prescrive un tel antidépresseur à des femmes non dépressives sans tenir compte des effets secondaires éventuels ( désinhibition accompagné de bouffées suicidaires) ont questionné le laboratoire, qui assure t-il, il ne s’agissait pas là d’un véritable antidépresseur mais un « effect-like » aux effets comparables sans en présenter les mauvais effets. À utiliser en traitement de fond sur plusieurs mois, différemment du Viagra à prendre ponctuellement. Ce médicament est prescrit à des femmes atteintes d’un trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD). Voilà t-il pas encore une manière de médicaliser les malaises existentiels et les difficultés sexuelles des femmes ?

Du désir des femmes, peu en savent quelque chose. Les premiers humains vivaient dans des conditions dangereuses, faisaient l’amour vite et violemment, les femmes devant s’adapter. Ceci expliquant cela : les réactions génitales spontanées, rançon de l’évolution, ce qui expliqueraient pourquoi lors des procès pour viol, certains hommes prétendent que les femmes étaient consentantes malgré leur refus. Elles ne l’étaient pas (consentantes) leur corps a réagit malgré elle. (Héléne Gelez)

La recherche sur la sexualité féminine reste comme au temps de Freud et demeure encore un continent noir, une terre inconnue. Elle avance aussi vite qu’un escargot. Concernant la protection du sida, il fallut attendre les années 2000, pour que les études soient menées sur les gels microbicides. Ces gels et les préservatifs féminins sont pratiquement inconnus des femmes, celles-ci continuant à utiliser des préservatifs masculins plus difficiles d’emploi et moins agréables que les gels et préservatifs féminins.

Pourtant 83% des femmes ressentent les attentions de leur partenaire à leur égard comme moteur de leur désir; 91% estiment que le contact de  peau de leur partenaire stimule leur désir; 96% des femmes confient avoir des fantasmes. Par contre 48% sont inhibées par les mots crus pendant l’amour; 50% disent que le stress porte atteinte à leur désir. 48% des femmes éprouvent du désarroi face à une baisse de libido; 95% ont des baisses de désir momentané, et 34% accusent la monotonie de freiner leur désir. (Extraits des résultats de l’enquête Ipsos santé, réalisée sur 1500 femmes âgées de 18 à 65 ans)

Après cette énumération  d’aborder le désir avec votre dulcinée, vous savez monsieur ce qui vous reste à faire.

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Je ne vais rien vous apprendre de la Palme d’Or qu’a reçu le Thaïlandais Apichatpong pour son film. Mais peut-être puis-je vous faire passer un peu de l’atmosphère étrangement douce malgré la fin de vie de l’Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures ? D’emblée nous sommes avertis que l’oncle, comme tout un chacun, peut se réincarner dans des humains mais aussi dans des animaux. Oncle Boonmee nous plonge tout de suite dans l’ambiance : gros plan sur une belle vache noire, gros plan sur ses rondeurs et ses cornes élégantes de courbes effilées. Avec égard pour son entourage (des ouvriers Laotiens) et délicatesse (sa famille) nous allons vivre les 48 h qui lui restent à passer sur terre.  Ses morts (son fils, sa femme et d’autres) reviennent pour l’assister dans ces derniers jours. Non, il n’a pas peur, c’est son karma, dit-il sereinement. Peut-être a-t-il tué trop de moustiques durant sa vie ? Avec lui nous partons dans la jungle thaïlandaise – magnifique – près d’un lac dans lequel  se déverse une majestueuse cascade, dans une grotte – ventre de la terre et lieu de naissance de sa première vie – où il passera de la vie à trépas.  Avec lui nous revisitons sa conception d’Être au Monde et par là même  notre propre vision dans le rapport au monde. On ne peut comprendre ce film que si l’on accepte l’existence  des autres cultures, des autres croyances,  l’importance du respect envers la famille, envers chaque être humain. Ce film singulier interroge notre rapport au monde, interroge  notre part de spiritualité, notre humanité. L’absence  de violence contraste avec tous les autres films que j’ai vus pendant ces 10 jours. Un contraste où le calme, la douceur, la sérénité devant la fin de vie inéluctable, la beauté des images… c’en était presque dérangeant. Dans quel monde vivons-nous ?  était la question qui me vint à l’esprit, comparant la vie souvent stupide que nous menons.

Apichatpong Weerasethakul sait-il ce qui ce passe en Thaïlande ? Son peuple souffre.  Exorcise t-il  la violence des chars et des mitrailleuses tuant son peuple ? Oui, je sais, disait-il à la conférence de presse. Il a même eu des difficultés à quitter Bangkok pour venir sur la Croisette, pour défendre l’idée qu’il existe une autre manière de voir la vie et de la vivre. Merci Apichatpong.

Autre vision. À Mathieu Almaric il  fut décerné le prix de la mise en scène. La générosité de ses actrices a certainement contribué à son obtention.

Notre Juliette Binoche obtint le Prix d’interprétation féminine pour le film Copie conforme d’Abbas Kiarostam. Pour elle, ce fut une expérience cosmique presque orgasmique dit-elle dans un grand éclat de rire. « Un pays a besoin de ses artistes et de ses intellectuels  » Oh, combien je suis d’accord avec elle.

Un prix décerné au tchadien  Mahamet Saleh Haroun pour son film « L’homme qui crie« . Grâce à ce film une salle de cinéma s’ouvrira au Tchad. Il n’y a quasiment pas de salles de cinéma en Afrique, disait-il.

Le Prix du jury pour « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois.

La Caméra d’Or au terrible film « Année bissextile » de Mickael Rowe, qui explore une relation SM, jusqu’à la folie en guise d’exorcisme d’un inceste. J’ai évoqué ce film lors d’un récent article sur le fantasme.

Un festival à Cannes forme la patience avec ses heures à attendre dans les files d’attentes pour être sûr de rentrer. Mais je vous assure ça vaut le coup de pénétrer l’antre magique. La diversité culturelle, des mœurs nous renseigne sur le monde et son état. Et le monde va mal. C’est un constat terrible que j’ai pu faire avec « Cleveland contre Wall street » pour la finance. Avec le merveilleux « Benda Bilili » qui, même s’il donne l’espoir, donne une peinture de l’Afrique de désolation et de misère. Avec « La Mirada invisible » parabole de la démocratie et de la liberté dans l’Argentine meurtrie par la dictature militaire…

Heureusement pour clôturer que « Pieds nus sur les limaces » nous a réconcilié avec la folie douce qui a l’avantage de nous laisser penser que les fous ne sont pas ceux que nous croyons.

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Vous l’avez remarqué les fantasmes sont intimement liés aux désirs qui nous habitent au plus profond de notre être. Ces désirs envahissants, agressifs et la plupart du temps sexuels cherchent leur satisfaction immédiate en se fichant éperdument  de la réalité. C’est alors que vont se substituer à la violence des désirs les fantasmes.

Heureusement pour nous et pour notre entourage que le Moi veille (inconsciemment ou consciemment) faisant jouer une mise en scène psychique les fantasmes qui satisferont des désirs impérieux qui ne peuvent être satisfaits dans la réalité.

Cet homme était pétri de désirs pour sa belle-mère. « Je n’y peux rien, elle m’obsède, c’est comme ça » Par «égard» pour sa jeune femme, le fantasme venait à la rescousse de cet homme le  satisfaisant psychiquement tout en abaissant la tension qui l’agitait. Le fantasme n’étant assujetti à aucune morale cet homme vivait une relation fantasmatique avec sa belle-mère sans que sa femme en supporte les conséquences. Il réalisait ainsi un désir incestueux inconscient autorisé par son fantasme qui l’empêchait de passer à l’acte.  Y succomberait-il son désir n’en serait pas pour autant satisfait. Car peut-on être satisfait d’enfreindre la loi de l’inceste ?

Théâtre mental permanent de notre psyché, le fantasme décharge la tension liée au désir qu’il aiguise ; ingrédient nécessaire au couple le désir entretiendra la relation la rendant satisfaisante.

Pour autant le fantasme reste un compromis entre le refoulement jamais total d’un désir impérieux impossible à satisfaire et un Moi apeuré.

Le fantasme aussi rapide qu’un flash, toujours le même, qui se répète n’est jamais nettement perçu par la conscience. Cette scène fantasmatique ne s’affiche pas  mentalement ; cependant nous en ressentons émotionnellement les effets sans pour cela pouvoir attribuer à la scène l’origine émotionnelle.

Un sentiment d’amour, de jalousie ou de dégoût peut-être suscité par une scène invisible située dans l’inconscient pour calmer l’ardeur d’un désir sexuel ou agressif qui exige d’être satisfait.

Cette jeune fille avait pour son père un amour véritable mais ne supportait pas sa proximité.  « J’ai peur dès qu’il s’approche de moi. S’il pose sa main sur mon épaule, je me dégage, sa proximité est insupportable. Dès que nous sommes éloignés je peux de nouveau avoir des sentiments pour lui ; prêt de moi il me dégoûte » Cette jeune fille éloignée de son désir incestueux hors de la présence paternelle éprouve répulsion et dégoût dans sa présence : le dégoût pour le père est l’envers d’un intolérable désir incestueux.

« Encore un qui me prend pour un imbécile, comme mon père ! Je vais lui montrer moi à cet abruti que je ne suis ni manchot ni débile en lui fracassant les genoux ; il ne pourra se déplacer qu’en fauteuil roulant » Jérôme criait avec violence la haine  pour son père qu’il ne pouvait plus atteindre. Ce père décédé n’a jamais pu apprécier les qualités de Jérôme pas plus que Jérôme ne put lui démontrer la réussite de sa vie.

Assez pour aujourd’hui ! Parce qu’ils nous assaillent sans que l’on n’en soit conscients les fantasmes feront encore les beaux jours de mes articles.

Passez une très belle journée.

Le fantasme :

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LE FANTASME

Série de productions imaginaires  plus ou moins conscientes.

Le Fantasme est le royaume intermédiaire qui s’est inséré entre la vie selon le principe de plaisir et la vie selon le principe de réalité, papa Freud dixit.

Le fantasme est un petit roman de poche, pour reprendre l’expression de Nasio. Un roman de  poche que l’on transporte toujours avec soi. Sans que personne ne s’aperçoive de rien et  où que l’on se  trouve, on peut ouvrir son roman et faire vivre son fantasme qui s’invite le plus souvent dans des  situations intimes.

Le fantasme est une fable intérieure qui peut devenir omniprésente dans notre esprit qui, sans crier gare peut interférer entre nous et notre réalité immédiate.

Le fantasme est une mise en scène psychique d’un désir impérieux à satisfaire qui ne peut pas être assouvi dans la réalité. Par contre il peut servir d’aiguillon, raviver et augmenter l’ardeur du désir.

Le fantasme est un scénario imaginaire, conscient (dans la rêverie) préconscient ou inconscient mettant en scène un ou des personnages imaginaires et des désirs plus ou moins déguisés.

Le fantasme n’est pas seulement l‘effet du désir archaïque mais aussi la matrice des désirs actuels. Dans le sens où les fantasmes originaires inconscients d’un sujet cherchent à se réaliser au moins partiellement dans sa vie concrète. Or, un fantasme sexuel reste un fantasme. Vouloir réaliser un fantasme que sous une seule  forme sexuelle (ne pouvoir obtenir de satisfaction sexuelle que d’une certaine manière – jouir -)  à défaut de toute autre comportement devient une perversion.

Pour exemple cet homme qui ne pouvait être excité et arriver à la jouissance qu’en étant sadique;  sa compagne  avait trouvé son maître qui  lui offrait  son masochiste. L’engrenage se fait automatiquement, il commence par une gifle, un étranglement, une violente sodomie, brûlures de cigarette, urine sur le corps de l’autre aux yeux bandés, entaille au couteau, lame de rasoir…jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un film mexicain (Année bissextile) vu à la « Quinzaine des réalisateurs » mardi soir, traitait ce sujet terrible qu’est l’escalade obligée quand le fantasme veut être réalisé.

La plupart du temps le fantasme n’est qu’une construction psychique sans rapport avec la réalité de l’histoire du sujet. L’individu poussé par une force inconsciente remodèle son expérience et le souvenir d’un désir premier (archaïque). Il reproduit sous forme hallucinatoire les premières expériences vécues quant à la satisfaction de ses besoins organiques archaïques : soins, nourriture, protection. Rappelez-vous le sein halluciné déjà évoqué dans l’article http://www.libidosexualite.com/2010/03/sein-et-fantasme/

En tant que fantasmes archaïques inconscients ils transforment les perceptions et les souvenirs qui sont à l’origine des rêves, des lapsus, des actes manqués. Ils induisent des activités masturbatoires; ils cherchent à s’actualiser de façon déguisée par les choix sexuels, relationnels et affectifs du sujet.

Nous verrons prochainement en quoi les fantasmes, toujours sous-tendus par des désirs, peuvent être à l’origine des troubles qui nous agissent.

Beaucoup de femmes se plaignent de leur compagnon quant à leur sexualité virtuelle. Beaucoup d’hommes confirment la plainte se disant “accros” à des sites dont le contenu pornographique les éloignent de leur partenaire. Ces sites, disent-ils, font appel à leurs fantasmes dont ils ingurgitent les images sur le mode passif sans aucune obligation de résultat si ce n’est leur propre jouissance. La masturbation, partenaire idéale toujours satisfaite, est l’objet assouvissant la pulsion… J’entends déjà quelques agacements réprobateurs signalant qu’il n’y a pas que ça dans la vie, du sexe ! Bien évidemment il n’y a pas que du sexe, même si pour beaucoup d’individus le quotidien s’articule autour de l’hyper-consommation qui veut faire croire à la jouissance immédiate. La technologie va de plus en plus vite pendant que la pensée, qui n’a pas le temps de suivre, se ralentit. Tout est fait pour mettre la personne en état de dépendances multiples et toute dépendance est ramenée au pulsionnel à satisfaire coûte que coûte. Et c’est en cela que chaque image produite fera du spectateur un voyeur ou un exhibitionniste, un sadique ou un masochiste ou encore un bourreau ou une victime d’actes qui se révéleront de nature purement sexuelle ; en ce sens que l’imaginaire convoque les souvenirs, réactualise les traumatismes d’où ressurgissent les frustrations qui en appelant le manque réalisera le fantasme au travers du fantasme, celui-là même qui pourvoira à l‘excitation.

“Tout est affaire de décor, changer de lit changer de corps”…Ainsi a écrit Louis (Aragon) ainsi a chanté Léo (Ferré). Sans changer de page nous allons changer de décor en évoquant nos amis.

Qu’il est doux d’évoquer avec tendresse ses amis amoureux qui expriment avec pudeur, sur la pointe des mots, leur battement de cœur. Rassurez-vous ! Vous pouvez me dire sans complexe votre bonheur de vivre ; vous pouvez me dire la félicité d’avoir réuni vos deux moitiés d’orange et vous en servir de barque pour voguer sur une mer étale aux eaux limpides… Permettez-moi de profiter de votre bonheur, d’en partager la joie, d’en apprécier les rejaillissements ; ce n’est rien que du plaisir qui laisse espérer des jours meilleurs pour réveiller l’éros endormi… Pour chacun d’entre nous, souvent il suffirait de presque rien, comme un peu plus de travail pour ne pas avoir l’impression de perdre sa vie à vouloir la gagner ; il suffirait de recevoir des mails comme des billets doux pour ressusciter le fantôme nommé Désir ; et pourquoi pas flirter avec un cœur libre qui passerait par là ? Tiens cueillons-le…Des choses simples, quoi ! Ne plus avoir à sublimer les manques pour faire revivre l’inspiration, ne plus être terrifié par la désertion des mots, mais simplement écrire… L’espoir en bandoulière, nous pourrions aussi ouvrir une brèche où s’engouffreraient les maux pour combler la solitude de volutes bleues de fumée qui ne seraient plus celles d’une cigarette mais celles des flammes d’un feu de cheminée. Arrêter de fumer et en être fier crée des satisfactions. On a les joies et les victoires que l’on s’autorise !

Pour le moment ce ne sont pas les infos ahurissantes balancées à la radio dès potron-minet qui changeront les états d’âme qui côtoient le bord du gouffre. Il est inutile de chercher à identifier un événement perturbateur en particulier puisque, les news débitées en un vrac pathétique assorti d’une certaine lassitude, heure après heure, une profusion d’oxymores nous sont régurgités, de quoi faire disjoncter n’importe quel écrivain de SF. Mais là un D se glisse entre les lettres S et F et ce n’est pas de la Science Fiction, quoiqu’on pourrait le croire. SDF en fait c’est cela qui a plombé ma journée de samedi. Une Miss SDF a été élue. Oui, oui, vous ne rêvez pas ! A 53 ans cette femme se disait fière d’avoir, enfin, GAGNÉ. Elle qui toute sa vie a été bordée par la mère misère. UN JOUR (un jour seulement) elle sort de l’ombre. Son élection la propulse sur le devant de la scène. Elle a gagné le titre de Miss. Qu’importe les lettres qui viennent ensuite. “Est-ce ainsi que les hommes vivent ?” Chante Ferré, chante. Continue à chanter dans tes cendres.

Si nous continuons la poursuite de la recherche de sens nous finirons bien par le trouver, non ? Même s’il doit être sens dessus-dessous, histoire encore de donner du fil à tordre pour le remettre à l’endroit… Comprenez-vous ce que je dis, là ? Oui, eh, bien tant mieux !

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Bien en chair, sans os apparents, les actrices non retouchées par Photoshop du film « Tournée » réalisé par Mathieu Almaric a obtenu un franc succès lors de la montée des marches à sa projection à 19h30.

Le spectacle qui nous était offert galvanisait la foule. La spontanéité joyeuse qui s’en dégageait retombait comme flammes d’un feu ardent. Les festivaliers ne sont  pas habitués à voir danser sur tapis rouge autant de formes généreuses. Ce film de femmes réalisé par un homme en décomplexera, c’est sûr, plus d’une. Plantureuses créatures, ces femmes libérées du carcan de la minceur obligatoire, libérées de la beauté diaphane généralement affichée, tourbillonnaient gracieuses comme feuilles dans un ciel d’automne. Il faut le dire,  ce 63ème festival n’échappe pas  au froid digne d’une entrée en hiver.

Heureusement que cette cérémonie réchauffa la température extérieure.  Explosion de rires, explosion de vie à laquelle nous faisaient participer les effeuilleuses de la « Tournée« . À contre courant de la mode, à contre temps de la rigueur imposée dans le star-système comme ailleurs, loin des codes  en vigueur à la mode actuelle, ces femmes magnifiques nous ont donné une leçon d’humilité et de sérieuse joie de vivre.

Je vote déjà avec la mention spéciale d’une Palme d’or du Bonheur de Vivre.

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Juliette Binoche fait son cinoche que j’adore

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Avec toutes ces tempêtes qui sévissent un peu partout sur la planète faisant beaucoup de dégâts humains et matériels, il reste une île où le soleil a réapparu. Cannes, comme une belle  femme, est de nouveau éclairée par le soleil de ses projecteurs. Hier mercredi, le 63ème Festival du Film, et ce dès l’ouverture, a donné la dimension géopolitique de ce festival. Kristin Scott Thomas magnifique maîtresse  de cérémonie mentionne dans son discours d’ouverture le lieu géographique du volcan. Son envolée de  nuages poussiéreux auraient pu empêcher le festival d’envoyer les avions au 7ème ciel cannois. Il n’en a rien été. Seule, est restée vide la chaise devant être occupée par Jaffar Panahi. La cause n’incombe pas à la météo mais à une affaire politique. Homme en prison pour avoir osé dénoncer son gouvernement dans un film.

Tout discours, même celui qui ne se veut pas comme tel est politique. À quoi sert le cinéma ?  À ça. À dénoncer. Montrer la réalité. L’horreur sous-jacente aux paillettes. Si, comme c’est souvent le cas,  ce qui est dénoncé ne plaît pas on enferme (prison). On éjecte (d’un site Internet). On raye de la carte géographique (bombardements des populations civiles). Le cinéma  donne à voir la réalité sous un autre jour. Avec art. La création artistique a son mot à dire et s’en sert pour dénoncer les maux de nos sociétés. Le cinéma, la musique, la littérature, la peinture… toute création artistique est une oeuvre en soi désireuse d’ouvrir les yeux des aveugles que nous sommes.

Axelle Truquet écrit ceci dans Nice Matin: Cette simplicité de l’être humain contraste avec l’image d’un monde de requins, celui de la finance, celui que tentent de bousculer Josh Cohen et ses avocats. Ils intentent un procès aux banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières dans leur ville de Claveland, dans le film Claveland contre Wall Street, signé de Jean Stéphane Bron. Film « sélections parallèles » hors compétition.

Alors quoi ? Ce 63ème festival présidé par Tim Burton va t-il nous faire rêver comme « Edward aux mains d’argent » ou « Alice », dernier film du Président du Jury ? Oui, certainement ! Parce qu’à Cannes, la fougue l’emporte toujours. Avec sérieux. L’un n’empêchant pas l’autre. Nous reviendrons sur le FIF sans oublier de  poursuivre les articles concernant le clitoris.