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Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

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Aline, mère d’un garçon unique de 11 ans est arrivée totalement désorientée, titubant presque en rentrant en consultation. Où Aline  avait-elle laissé  la belle assurance que je lui connaissais en tant que  patiente? Pas besoin de la prier pour qu’elle raconte l’objet du remue-ménage intérieur  qui l’affectait : «   Depuis quelques semaines Marvin, est excité comme une puce; pour s’exprimer il n’emploie que des mots grossiers; quand il est sur le canapé et de préférence quand je suis dans le salon, il  serre sa bistouquette (1) entre ses cuisses et se donne du plaisir. Évidemment je suis choquée, le lui dis;  je lui précise que la chose là, assurément agréable, qu’il auto pratique doit se faire dans sa chambre, quand il est seul! »

– Voilà une bonne réponse qui ne devrait pas vous mettre dans cet état! – « Oui, non, rétorque t-elle, c’est la suite qui me perturbe » – Je l’engageais à me raconter cette suite qui  manifestement la tourneboulait.

« Les femmes ont deux sexes m’a soutenu Marvin avec l’air effronté de celui qui sait! – « Savez-vous d’où lui vient cette information saugrenue? – Oui, il m’a avoué avoir regardé chez ma sœur un film X en pleine nuit, pendant que je dormais. Deux hommes enfilaient une femme avec leur gros machin, un dans le sexe de devant l’autre dans le sexe de derrière! Ce sont ses mots! C’est horrible! Je n’ai su quoi répondre et depuis je pleure devant le vice de mon fils…

Rassurer Aline était une priorité : son fils n’était pas plus vicieux que n’importe lequel des enfants de son âge mais tout simplement curieux de la chose interdite, jamais parlée. A 11 ans un garçon, pré-pubère, doit s’arranger avec la montée fulgurante des hormones. La manière provocatrice est le moyen qu’il a trouvé pour en parler avec sa mère. Avec ses mots, dire ce qui a été vu et qui dépasse certainement son entendement. Et dire dans  l’urgence ne s’énonce pas forcément dans les règles de l’art de la bonne éducation (stérilisée) que Marvin a reçue.

Éducation stérilisée étant donné que les mots tels que masturbation, pénis, anus, vulve, ne sont jamais prononcés par Aline quand elle s’adresse à son fils pas plus qu’elle ne les emploie quand elle  parle de son fils. Comme si ces mots là ne pouvaient franchir ses lèvres. Bâillonnée. Aline comme beaucoup de parents ne savent pas quoi faire avec les mots du sexe. Encore moins les employer à bon escient.

Je demandais alors à Aline s’il lui arrivait encore de moucher son fils. « A 11 ans? Vous voulez rire! Pourquoi une telle question? – »Que faites-vous quand son nez coule, si vous ne le mouchez pas? – Je lui dis d’aller moucher son nez avec un kleenex. – Il faut donc lui parler de la sexualité de manière aussi naturelle qu’un nez à moucher. Marvin a vu une femme se faire sodomiser. La sodomie d’une femme, que Marvin interprète comme étant son deuxième sexe,  pendant qu’un autre lui pénètre la vulve est non seulement choquant pour un enfant mais qui plus est, lui incruste des images d’une grande violence, inadéquates à cet âge. Ces images traumatisantes perturbent les enfants; elles ont le pouvoir de faire de la pornographie un modèle de la sexualité adulte comme étant la norme sexuelle…   Il est urgent de dire les mots adéquats, comme on le fait pour parler du visible nez au milieu de la figure. Il est urgent de nommer les organes génitaux et tout ce qui touche au sexuel avec les noms appropriés, simples, sans sous-entendus honteux ou vulgaires, pour les normaliser.  Et ceci afin de préserver les enfants qui n’auront pas à aller chercher dans le cloaque de la pornographie, lieu malsain par excellence pour les enfants. Rien, dans les relations sexuelles entre adultes conscients et consentants n’est sale ni dégradant…Il en va tout autrement pour les enfants. Appeler un chat un chat, un sexe d’homme un pénis, un sexe de femme une vulve… Vous êtes choqué?

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

(1)A propos de bistouquette employé par Aline pour désigner le pénis de son fils : coup d’oeil sur le dictionnaire pour vérifier l’existence de ce mot. Non, il n’est pas dans le dictionnaire (pas  dans le mien en tout cas). Par contre  j’y ai trouvé le  bistournage : procédé de castration des animaux domestiques par torsion des cordons testiculaires. Je crois que c’est un peu ce qui se passe avec les enfants : une castration psychique quand on ne nomme pas les choses du sexe…

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Dans les temps antiques, à certaines périodes de l’année, il était permis voire encouragé l’orgie. Chez les romains lors des fêtes religieuses, les bacchanales et les saturnales, Bacchus et les récoltes étaient fêtés en une débauche tapageuse, un  désordre où les esclaves prenaient la place des maîtres. Chez les grecs c’est pendant les fêtes consacrées à Dionysos que les rituels orgiaques mêlaient à la débauche des excès de la table aux débordements sexuels. Ce temps de l’orgie était fortement encouragé par les maîtres, les rois considérés comme des dieux.  Dans ce temps là s’entremêlaient le profane et le sacré dans le monde.   Le monde profane est celui des interdits. Le  monde sacré est celui de la fête, du plaisir jusqu’à la licence, celui des rois et des dieux . Le monde sacré autorisait la transgression.

L’orgie permettait la fusion et pendant la fusion son déchaînement, un contact avec les dieux qui effaçait la honte. Dans l’orgie, la honte soumise au rituel  le signifie en autorisant la transgression. C’était un moyen de libérer la violence dont tout être est pétri. C’était une manière d’exorciser le trop plein de fantasmes ; une façon de vivre des débordements de tout ordre pendant un temps donné, permis, et d’accéder au monde sacré par la transgression. C’était permettre au commun des mortels le droit d’entrer dans la cour des seigneurs. Pour un temps seulement. Dans les orgies telle que décrites dans l’Antiquité, tous les sens participaient à la fête. Les lourds parfums  épicés, la nourriture abondante arrosée de vins capiteux,   la musique permettaient aux corps de se rapprocher, de se mêler. Juste les plaisirs des sens.

Qu’en est-il aujourd’hui de l’échangisme ? L’échangisme serait-il un reliquat de l’orgie ?

L’échangisme accorde les corps et se joue des sentiments. Est-ce s’autoriser sous le regard d’une compagne, d’un compagnon, à vivre des débordements sexuels, codifiés par un préalable de  lois strictes? Est-ce  une façon de vivre une sexualité importante sans avoir tromper sa partenaire? Est-ce un moyen de prouver qu’être infidèle  se passe ailleurs  – dans l’attachement amoureux – plutôt que dans la sexualité ?  Pour les hommes est-ce un moyen de stimuler leur virilité qui s’endormait en exacerbant tous ses sens ? (Sondages à l’appui, il est prouvé que les hommes ont bien plus souvent que les femmes des relations sexuelles sans amour.) Pour les femmes, elles accepteront de suivre leur homme sur le terrain de l’échangisme par amour. Les femmes par contre peuvent aller beaucoup plus loin dès lors qu’elles ont transgressée les tabous qui les bloquaient …

Pour les couples échangistes il n’est pas question de confondre amour et sexualité. Et comme le signale Philippe Brenot  dans « Le sexe et l’amour » » La preuve d’amour des couples très matures est leur entière liberté. » Liberté de faire, de dire, de prendre du plaisir, de vivre leur sexualité…

Je vous laisse réfléchir à tout ça et peut-être me direz vous ce que vous en pensez. Par commentaire.

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Moi, vous savez, le football, je m’en fiche pas mal. Mais cette année, au delà du foot, je trouve passionnant  ce qui se passe autour du ballon. Et ce qui se passe autour du ballon est très représentatif de ce qui se passe dans la cité. La France a mal. Elle est socialement malade des caïds du bas et des caïds du haut. Le jeu du ballon sert de prétexte à exprimer ce malaise : l’irrespect des citoyens entre eux.  Les clans. La violence. Par l’indécence des mots les maux de la France sont révélés au monde entier. Les petits du bas ne font qu’imiter les petits du haut. Si vous voyez ce que je veux dire.

Mais de quoi se plaint-on ? Regardons les événements et écoutons tout ce qui se dit au sujet de cette équipe minable. La caïra est fidèle à son président de France. Elle encule (bon sang que je n’aime pas ce mot mais je ne fais que reprendre ce qui a été écrit en toute lettres dans un journal sportif) ; la caïra encule donc son sélectionneur, un vrai fils de pute. D’abord, quel mal y a-t-il à être fils de pute ? Ça c’est encore une autre histoire.

L’équipe de France est fidèle au président des français et le pauvre con s’est cassé. Pourquoi un mec des banlieues ne serait-il pas fidèle au langage du premier des français ? Troubles dans la cité : argent, ego surdimentionné, bling bling : nouveaux passe-partout, nouveaux « sésame ouvre toi ». Moi je dis l’équipe de France est en harmonie avec le président. Comment pourrait-elle faire autrement ? Et c’est ça qui me déprime.

L’exemple dans sa dimension verticale a perdu sa place (du père symbolique vers ses fils). Quand un père de la nation traite son fils de racaille et de pauv’con, il est facile pour le fils d’imiter son père. Alors, les fils s’allongent à l’horizontale et chacun court après un ballon, des thunes, un pouvoir, une élection, du fric. Chacun des fils imite le père dans ses symboles. Quelle tristesse !

Moi qui rêve de mélanger les ballons, les races, les couleurs, les mots pour en faire des frises en forme de poèmes; les sexes pour enfanter l’amour. Qui rêve de mélanger les pieds sur des chemins à parcourir ensemble, d’entendre des voix de chants courageux pour s’élever au dessus de la colère, de la haine. Mais seul que peut-on faire ? Rien !

Je vous souhaite un bel été en ce premier jour qui ressemble enfin au printemps.

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« Il est bien plus acceptable qu’un mari trompe son épouse que le contraire » et cela parce que les hommes doivent répondre à leurs pulsions hormonales dont le désir masculin est presque  totalement sous leur influence. Les hommes sont restés des chasseurs qui réagissent aux pulsions de leurs poussées de testostérone. Cette hormone active le désir plusieurs fois par jour; si l’occasion se présente à ce moment là, les pulsions peuvent trouver leur échappatoire dans l’adultère. Entre autre.

Si autrefois, pour les femmes, se marier justifiait le droit – et même le devoir –  à la sexualité et que le mariage garantissait  le patrimoine et la famille il en va tout autrement aujourd’hui. Où l’on consomme avant de signer.  La bonne entente sexuelle est indispensable à la réussite du couple. La sexualité cimente le couple. Alors ceci amène cela et les infidélités chez les femmes. Les femmes moins soumise à leurs hormones plus à leur imaginaire seront infidèles différemment. Mais infidèles quand même. Selon un sondage « Huit femmes sur dix valorisent la fidélité  – 42% d’entre elles la considèrent comme normale -, 11% seulement l’estiment obligatoire. Là est la nouveauté : choisir l’infidélité ou la fidélité selon des critères personnels, et non plus en adéquation avec des « rôles » culturellement déterminés » Ce sondage Ifop pour le magasine Elle date de 2000. Dix ans sont écoulés depuis…

  • Dans la recherche d’un amant, une femme sera dans la quête non identifiée du partenaire idéal, de la figure paternelle fantasmée et à jamais inaccessible.
  • Si elles goûtent à l’infidélité elles tenteront d’épargner leur couple.
  • Si cela leur est impossible elles quitteront pour reformer assez vite un autre couple plus satisfaisant.
  • Très peu de jeunes femmes acceptent la frustration d’une sexualité peu revalorisante. Tendresse, baisers, regards, communication, complicité sexuelle…Exiger tout du même homme. Quand le partenaire habituel échoue à répondre à tous les besoins, elles vont chercher ailleurs celui qui pourra les satisfaire.
  • L’infidélité par « accident » (être prise dans un engrenage que l’on ne peut arrêter)
  • L’infidélité par les pensées, difficulté de transgresser l’interdit.
  • Certaines femmes trompées se vengent en prenant amant.
  • Le coup de foudre, l’amour soudain, sera le motif  pour qu’ une femme quitte son partenaire « légal »

Oui, comme dit précédemment le  seuil de tolérance à la frustration est très bas. Le principe de plaisir devient le premier fonctionnement au détriment du principe de réalitéPour pallier le vide, la frustration ou la déception, on consomme. L’autre devient un produit, analyse la psychanalyste Martine Teillac. Le refus de la frustration parvient-elle à supprimer la souffrance ? Le commentaire de Frédéric vient bien à propos pour illustrer la souffrance qui résulte de ne pas savoir différer.

L’infidélité nous questionne au plus profond, a des répercutions sur le couple. Quelques fois être infidèle à un compagnon peut servir de tremplin pour redevenir fidèle à soi-même. Ne plus se trahir soi-même en acceptant ses contradictions.

Actuellement dans les jeunes couples chacun détermine les interdits à ne pas transgresser et les frontières à ne pas dépasser en évitant les promesses impossibles à tenir. Les partenaires d’un couple depuis longtemps constitué seront plus indulgents quant à l’infidélité de l’un envers l’autre. Par contre pour de plus en plus de couples la fidélité ne se situent plus dans le fait d’être sexuellement fidèles c’est ailleurs qu’ils la trouvent. Dans un pot commun fait de souvenirs, de joies et de peines qui les soudent comme un ciment qui vieillit bien. Ils prennent le risque de la liberté sexuelle extérieure à leur couple sans le démolir. Se sont souvent les femmes aimantes et sages qui posent les règles à vivre une sexualité extérieure au couple. Une respiration extérieure qui recharge leurs batteries intérieures; rajoute du piment. Consolide le couple dans l’amour où les partenaires sont amis obligeant à lâcher-prise sur la possessivité, la possession du corps de l’autre (il est à moi et nulle autre que moi doit y toucher); à inviter la liberté d’être et de permettre à l’autre d’être ce qu’il est.

Ce sera tout pour cette fois. On essayera d’aller un peu plus loin dès que possible sur cet épineux sujet.

Prenez soin de vous.

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À l’heure où tout va si vite la résistance à la frustration n’est plus d’actualité. On consomme frénétiquement de tout.  La nourriture en sachet aussitôt ouvert est avalée. On zappe les programmes de télé : il suffit d’effleurer une touche de la télécommande, décor et programme changent. Il en est de même pour un(e) partenaire qui ne convient pas tout de suite on passe à un(e) autre. Génération klenex. On satisfait un désir avant qu’il soit totalement formulé. On n’a plus le temps de prendre son temps. Ni d’en perdre. Le XXI siècle exige la performance dans tous les domaines. On compétionne partout : au boulot, dans le métro, en voiture ou à moto et bien sûr au dodo. L‘hédonisme est partout. Cette recherche du plaisir n’est plus une application seulement philosophique ou psychanalytique  (recherche du plaisir orientée sur une partie du corps). Elle est devenue un fonctionnement économique quasiment obligatoire où le rendement maximum orienté dans  la recherche du maximum de satisfaction est le moteur de toute activité.  Résistez à la culture de l’hyperconsommation (loisirs, sports extrêmes, hyper sexualité, malbouffe) et vous serez classés « as been. » Je m’éloigne du sujet ? Non pas tant que ça. Si l’on considère cette nouvelle tendance on s’aperçoit que l’on n’a plus le temps nécessaire de vivre nos névroses, de s’en accommoder et de cheminer avec. La névrose est remplacée par la perversion ordinaire. Et la perversion est le dernier rempart de la psychose (Diamantis). La perversion ordinaire, celle que l’on peut voir s’afficher sur Internet par le biais de la pornographie facilement accessible. La perversion dans les salons de massages où l’on fait tout sauf du massage. « Se faire branler par une masseuse, n ‘est pas tromper ma femme, puisque il n’y a pas pénétration » disent les hommes qui pratiquent les massages. Alors une alternative à cela ? Oui, disent les couples modernes en enfourchant la fidélité comme un cheval de bataille qui devient peu à peu un besoin qui se répand comme tâche d’huile.

La fidélité serait-elle devenue un enjeu réel de la vie des couples modernes ? La loyauté et l’exclusivité est-il un défi encore possible ou une utopie de vouloir s’y soumettre?

–?-?– Pour le 6ème sex-o-cafe, l’officiel nous aurons le plaisir d’accueillir Laurent Primi, Professeur de Lettres, Psychothérapeute, Analyste. Il nous accompagnera au cours de cette rencontre où nous aborderons le sujet sur la fidélité et son corollaire l’infidélité.

Pour les réservations vous avez la possibilité de vous inscrire sur facebook- sex-o-cafe,l’officiel groups,  Viadeo, ou encore ici même sur le blog.

Quel que soit le média que vous emploierez, le nombre de place étant limité à 30 n’attendez pas pour réserver.

Pas plus tard que ce matin, Virginie arrive en consultation, s’avachit comme un sac de farine à moitié plein sur le canapé. Sans respirer elle lâche tout de go « J’ai plus de cornes qu’un taureau de corrida ! » Disant cela elle déverse des larmes, qui comme la pluie aujourd’hui, ruissellent  sur son beau visage. Son mascara se dilue en traînées noires qu’elle essuie d’un revers de main en reniflant comme le taureau dans l’arène.  Son amie à qui elle s’est confiée  a enfoncé le clou : »Il est temps que tu t’aperçoives de l’infidélité Mathieu. Si aujourd’hui tu as des cornes d’un taureau c’est à cause des œillères  dignes d’un cheval de trait que tu as posées sur tes yeux.  » Elle suffoque, elle ne comprend pas. « Mathieu m’a promis fidélité devant le Maire et le Curé. Pourquoi il ne tient pas sa promesse ? « 

De quoi est fait le lien amoureux ? Pourquoi Virginie et Mathieu se retrouvent dans une impasse ?

Le jour où, devant témoins, l’on s’engage à l’amour toujours, à la fidélité, on est dans l’instant. Cette promesse a valeur d’une pensée magique qui fera résister aux tentations inévitables dont la vie est jonchée. Cette promesse est la réponse à un élan intérieur dont les serments vont, semble t-il, renforcer et protéger l’union. Elle ne concerne que l’instant et ne peut préjuger  le long terme. Ainsi sans réfléchir à cet engagement (la jeunesse en empêche) et comme tous les amoureux, Virginie focalise sur la promesse en ne considérant plus rien qui ne soit son couple. Alors, Mathieu  s’étiole à subir la routine.Pfft ! Mathieu étouffe comme un feu que l’on aurait trop bourré de grosses bûches, étouffant l’ardeur même du désir. Virginie s’est engagée à répliquer quotidiennement un ronron lui servant tous les jours la même soupe douceâtre, sans épices qui endort son homme.

L’homme sexuellement inconstant et naturellement polygame ?

Lors de thérapies la plupart des hommes se plaignent : comment peuvent-ils rester inertes alors les tentations ne manquent pas, les occasions de tromper (sexuellement, ajoutent-ils) sont nombreuses, les incompréhensions au sein du couple si grandes, les discussions concernant la sexualité absentes. « Elle me dit qu’elle m’aime mais son corps reste comme une planche pendant l’amour » « Faire l’amour une fois par semaine, en missionnaire, n’est pas suffisant pour moi. » Mais aussi la peur d’être enfermé ad vitam aeternam dans un couple  sans aucune autre alternative réjouissante. L’infidèle cherche ailleurs à prouver sa virilité, à prouver  qu’il peut encore et toujours séduire. L’autre, l‘interdit, la transgression, ayant cet effet miroir qui renforcera, revalorisera l’image d’un homme; cette image qu’une compagne au quotidien aura banalisée. Autant de charges mises bout à bout vont conduire les hommes à être infidèles.

Parmi les motifs qui engendrent l’infidélité, l’insatisfaction sexuelle arrive en tête. Les frustrations, celles de ne pas se sentir désiré ni désirable. Les tentations à l’extérieur du couple sont nombreuses et favorisent le passage à l’acte. Les hommes à tendance histrionique et narcissique, qui aiment charmer et être séduits sont des sujets plus à risque d’infidélité. Les hommes qui, enfants, ont servi d’enjeu entre les parents, qui ont été sur-protégés de manière pathologique par une mère possessive, utilisés au lieu d’être aimés pour eux-même, ceux-là aussi seront davantage enclin à l’infidélité. Et puis il y a aussi dans la pensée des hommes un curieux dilemme, une dichotomie mère/putain.  « Je ne peux faire l’amour à ma femme que j’aime comme je le ferai à une femme pour qui je n’ai pas de sentiment. » Autrement dit : Aimer est porter aux nues, l’autre est seulement un « activateur de désir ». Nous retrouvons la confusion entre amour et désir, les deux étant, pour la plupart des hommes, incompatibles. « Je ne peux aimer la femme que je désire et désirer la femme que j’aime, disent en substance ces hommes là. Pour le plus grand malheur des femmes amoureuses qui pâtissent de cette croyance.

Lui, n’étant plus regardé comme objet de plaisir, c’est ailleurs qu’il va le chercher. Sa vie à elle ronronnant comme un moteur en fin de course elle s’adonne à l’ivresse de l’infidélité en s’enivrant dans d’autres bras. Pour d’autres il s’agira de de vivre en jouissant sans entrave.

Bien sûr que les hommes ne sont pas les seuls à tromper. Les femmes aussi sont infidèles.  Dès demain, nous évoquerons les facteurs sociologiques de l’infidélité masculine autant que féminine. En attendant reposez vous au creux des bras qui vous accueillent.

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Qu’est-ce que la fidélité, sinon et d’abord un engagement envers soi-même? Combien d’entre nous peuvent se targuer de n’avoir jamais été infidèle à ses idées, à ses amours, à un parti, à ses souvenirs, à soi-même ?

Étymologiquement infidèle signifie qui n’a pas la foi. Par extension ce qualificatif est appliqué aux non-croyants d’une religion par ses fidèles. La fidélité serait donc une illusion au sens freudien dans la mesure où celle-ci comporte la croyance en un « toujours », en l’exclusivité d’être unique et seul désir pour un(e) autre, d’avoir et de servir des idées fussent-elles erronées à un moment donné. D’être privé de la liberté d’en changer. Cette croyance de la fidélité comme vertu émane du judéo-christianisme et ne sert qu’à rassurer l’époux sur sa paternité.  Or, toutes les idées qui expriment une exigence absolue sont non seulement absurdes mais qui plus  est, sont nocives.  Cette croyance de fidélité est incompatible avec la nature humaine, elle dépossède la personne de sa liberté, l’inféode à des comportements qui, parce qu’ils sont soumis à une croyance, sont immuables.

Cependant à l’origine de la fidélité se trouve un engagement. On peut se dire fidèle dans le cas où l’on respecte son engagement, sa promesse. Il y a infidélité s’il y a rupture de l’engagement pris, s’il y a trahison dans la confiance accordée.  Le mariage est lié à une promesse de fidélité, de respect du conjoint. Fidélité sexuelle, s’entend. Du moins c’est ce qui est demandé lors du passage devant Monsieur le maire, Monsieur le curé. Parce que l’infidélité intra-conjugale existe et les révélations sur le divan du psy sont étonnantes.

Qu’est-ce qu’une infidélité intra-conjugale demanderez-vous ? Des liaisons non extra-conjugales mais intra-conjugales. Il s’agit de liaisons avec les fantasmes (toujours eux) qui interviennent quand le couple fait l’amour; des images d’une tierce personne qui fera monter l’excitation du partenaire pour un autre ou une autre que celle ou que celui qui partage le lit. En fait peu d’hommes et de femmes sont fidèles dans leur tête.  C’est une constatation que cette infidélité mentale; elle permet de satisfaire un désir (d’infidélité) inavoué. Voir ailleurs si l’herbe est plus verte, en quelque sorte. L’exclusivité, la fidélité appartiennent à la passion, le mariage l’en éloigne. Au moins en pensée.

La fidélité ne devrait pas renoncer à la liberté de penser et d’exprimer ses pensées. Être fidèle à soi-même signifie être maître de sa vie dans la totale cohérence avec ses pensées et accepter, le cas échéant, de pouvoir en changer. Comme les choix, pouvoir en changer si ne sont pas les bons. Reconnaître que  ce qui était acceptable et conforme à un moment donné et accepter que ça ne puisse plus l’être. Accepter de changer de points de vue, de regard, d’opinions sur soi-même et les autres,  implique une lucidité qui permettra de se désolidariser d’un contenu qui ne nous ressemble plus en restant fidèle à soi-même.

« J’ai fini par m’apercevoir que je n’étais pas le seul à partager la fidélité de mon épouse » faisait dire Eugène Labiche à un comédien.

Personnellement j’ai été fidèle à chaque homme que j’ai aimé. Par contre j’ai été quelques fois infidèle à moi-même justement à cause de cette fidélité aux hommes que j’ai aimés. C’était avant !

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La fidélité est terme scabreux contenant son contraire dès lors que la promesse qui lui est soumise est rompue. Regardez ces enfants se bécotant sur la plage : que croyez vous que le petit garçon susurre à l’oreille de la gamine ? : « Je t’aimerai toute ma vie »   » un jour je me marierai avec toi » ou « tu seras toujours mon amie » ? Vous conviendrez que selon la promesse entendue l’impact en sera différent. Il en est ainsi pour les adultes qui restent coincés sur des promesses de fidélité qui engagent au moment où elles se disent en ayant valeur de contrat.En quelques articles, nous allons essayer de comprendre ce qu’est la fidélité et son corollaire l’infidélité.

Car enfin qu’est-ce que la fidélité ?

  • Un mythe, une illusion qui ne tient aucun compte des aléas, des contraintes de la vie ?
  • Amour toujours ou un rêve qui s’effondre ?
  • Sert-elle à protéger le couple et la famille ?
  • Est-ce encore un rempart contre la jalousie ?

Qu’est-ce que la fidélité dans sa dimension

  • sexuelle
  • relationnelle
  • à une promesse

Et enfin à quoi nous engage la fidélité ?

  • à l’exclusivité du corps et de l’esprit de l’autre dont on disposerait à sa guise?
  • une soumission à un contrat inaliénable ?

À toutes ces questions nous tâcherons d’y apporter des réponses…

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. À très vite.


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Maman, maman, c’est quoi la vie ?

C’est juste vouloir faire des câlins avec toi  ? C’est juste manger du chocolat et jouer avec Réglisse (le chat)? C’est pas plus compliqué que ça, la vie ? Hein ! dis, maman ?

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Qu’ai-je répondu à mon enfant ? C’est si loin tout ça… La vie au commencement c’est une femme et un homme. Ils se rencontrent, ils s’aiment. Et sèment. De leur amour né le désir. Ou le contraire. Le plaisir s’y ajoute. Désir et plaisir mélangés  sont à l’origine de ta vie, mon fils. Comme devrait l’être chaque vie humaine. Ce n’est pas toujours le cas. Au commencement  l’amour devrait présider à la vie. « J’aime ma mère qui m’aime en retour inconditionnellement. »

Alors la vie, c’est le désir d’être en vie, c’est l’envie du plaisir qui en découle. C’est l’espoir d’un monde meilleur et le désespoir de ne pas le voir arriver. C’est la richesse qui se reproduit en circulant dans les canaux du cœur.  Mais c’est aussi la  pauvreté qui envahit les pensées et les empêchent d’évoluer.

La vie c’est la mie moelleuse du pain et sa croûte craquante. C’est la glace à la violette dans un petit pot que l’on déguste en marchant. La vie c’est partager un concert de Reggae, improvisé et offert assis sur le gazon du Théâtre de Verdure alors que le vent pousse les nuages dans le ciel. Non, ce soir il ne pleuvra pas. C’est découvrir ensemble une œuvre qui se veut d’art et qui n’est autre qu’une cheminée de neuf colonnes qui attaquent le ciel devant un mur lépreux.  C’est une promenade sur la Promenade alors que la mer s’agite, sa couleur turquoise transformée par la nuit en gris scintillant. La lune est presqu’absente ce soir.

La vie est faite de tristesse, aussi. Avec une autre il s’est barré, laissant son cœur inconsolable et ses yeux tristes de tant pleurer. La vie est frustrations, elles provoquent le manque qui nous oblige  à bouger. Au risque, si l’on restait statique,  d’en crever.

La vie se construit sur des fantasmes. À nous de réinventer nos rêves pour les réaliser. La jalousie n’implique pas l’amour et le croire est se duper soi-même.  Et se donner bonne conscience.

La vie c’est un partage. L’autre est le miroir dans lequel on se regarde pour desserrer le nœud  qui nous étrangle.  Entrer en relation pour ne pas oublier que seul nous ne sommes rien. Nous ne pouvons rien. Celui qui dit le contraire n’est pas encore né. Et sa mère, et son père, les aurait-ils oubliés ?

La vie est d’avancer coûte que coûte, léger et insouciant – est-ce encore possible ?  Optimisme quand tu nous tiens, avec toi tout peut changer.  Ployé sous le poids d’une charge à responsabilités, il suffit de changer d’angle de vue  pour chasser le pessimisme et tout recommencer.

La vie c’est s’étonner de choses simples, se réjouir de petits bonheurs. Le réservoir d’essence est vide, qu’importe nous avons des pieds. Apprécier le goût des épices et des cerises, le temps  est trop court pour ne pas s’en régaler. Sourire à la gardienne quand elle nous apporte le courrier. La facture n’émane pas d’elle, le croire serait injustifié.

Et, ne jamais oublier la mort qui nous guette. Le décompte commence dès l’instant où la vie nous agite. Se croire éternel, invincible serait une erreur fatale qui nous tuerait.