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Une semaine de retard, à peine, pour vous rendre compte du Sex-o-café, l’officiel. Bonne lecture.
Après avoir rappelé les règles du sex-o-café, l’officiel, aux nouveaux participants (convivialité, respect de la personne qui parle, absence de jugement) Liliane me passe la parole : déjà ? Oui, déjà ! Je me lance :
- Rappel de la fidélité qui a valeur d’engagement ; vision freudienne : une illusion entretenue par la croyance en un toujours, une exclusivité d’être unique, d’être tout pour l’Autre et vice versa, de n’avoir de désir que pour une seule personne, d’avoir et de servir des idées … autant de croyances incompatibles avec la nature humaine.
- Rappel des lectures faites par le Maire et le Prêtre lors du mariage, civil et /ou religieux ; lectures énonçant en premier lieu un serment de fidélité (Article 212 pour le mariage civil, les 4 Piliers pour le religieux). L’état émotionnel et euphorique du moment fait oublier aux futurs conjoints ce à quoi ils s’engagent.
- L’engagement principal est une fidélité sexuelle… Est-il possible qu’elle soit tenue sans souffrance, sans frustration, quand on sait que le sujet recherche sans cesse le plaisir. Ce qui intéresse le présent débat : la fidélité sexuelle dans le couple, ou son contraire, l’infidélité.
- La fidélité à soi-même, autre versant de la fidélité qui garantit la liberté d’expression, liberté de pensée, la liberté de choix, seulement soumise à son discernement, à la cohérence de ses actes et pensées. Cette fidélité implique une certaine lucidité pour construire un rapport à l’autre qui nous ressemble.
Je passe la parole à Laurent Primi qui remercie Liliane et Lyliane.
- Plutôt que de structurer de manière scolaire le thème, Laurent évoque la fidélité/l’infidélité sexuelle sur le versant du religieux ;
- savoir en quoi consiste avoir la foi ou l’avoir perdu quand il s’agit du couple. On peut s’interroger aussi « à quoi l’on croit quand on parle fidélité dans un couple ? »
- Ici est abordé le monothéisme dans l’antiquité dont le statut était différent dans le monde païen. Le monothéisme fait apparaître un dieu jaloux.
- Relation particulière que l’on se fait de la fidélité dans le couple et dans la religion. Que nous soyons croyants ou non, nous sommes tous imprégnés d’un système de valeurs.
- Dans un mariage religieux on prête serment au nom de Dieu « Personne ne peut défaire ce que Dieu a uni » mais qu’en est-il dans un mariage civil ? Au nom de quoi deux personnes prêtent-elles serment sinon devant la Loi représentée par le maire? Cela demeure abstrait et peu passionnel.
- Evocation d’un texte d’une psychanalyste (Piera Aulanier) qui traite de la sexualité féminine où elle insiste sur le fait que femmes et hommes ont une vision totalement dissymétrique et un rapport extrêmement différent à la fidélité. Elle annonce des statistiques étonnantes : les hommes seraient infidèles pour la majorité avec un pourcentage d’infidèles féminines de beaucoup inférieur. On peut se demander avec qui les hommes infidèles trompent les femmes ?
- On trouve aussi une grande dissymétrie dans la relation de couple quant à la notion d’amour et de désir ; le désir étant révélateur d’un manque. « Qu’est-ce qui manque à l’Autre , que puis- je lui apporter dans ce que j’imagine lui manquer ?»
- La fidélité et l’infidélité nous amènent à réfléchir sur la différence du sens qu’une femme ou qu’un homme a entre le désir et l’amour…
Laurent a fait court comme promis. Liliane rebondit sur le monothéisme et le dieu jaloux :
- L’autre doit-il -être notre dieu ? La femme la déesse de l’homme le dieu de la femme?
- L’exclusivité, n’aboutit-elle pas à s’enfermer, à ne voir que l’autre ? N’est-ce pas l’émergence d’un refoulé de l’enfance ? Cette part de nous enfant qui veut attirer et garder pour lui seul le regard du parent du sexe opposé au sien?
- N’est-ce pas essayer de retrouver quelque chose de l’enfance que l’on n’a peut-être pas vécu ou que l’on a perdu, puisque grandir oblige à se séparer de ses parents ?
- Lorsqu’on prête serment on y croit : « ça va fonctionner » mais la vie nous ôte nos illusions.
- Selon les statistiques après 15 ans de vie commune les couples ne font plus l’amour en moyenne que 3 fois par mois.
Selon la génération à laquelle on appartient, il peut y avoir une idée du péché très ancrée, transgresser le serment de fidélité par rapport à Dieu, au conjoint, à ses enfants : est-ce toujours actuel dans les couples ? questionne une participante.
Peut-être avec moins d’emprise, c’est toujours actuel parce que nous sommes toujours imprégnés de ces notions, même sans être pratiquants. Le mot « péché » est tombé en désuétude, les enfants n’emploient plus ce mot. L’infidélité des hommes a toujours été acceptée contrairement à celles des femmes. Qui se « rattrapent » maintenant. Se peut-il qu’au nom de la mère l’infidélité féminine soit moindre ?
Evocation de Shrek 4, le film de cette année qui raconte quelque chose des mentalités actuelles. Shrek, fidèle, avec enfants et famille. Shrek s’ennuie à être le père et le mari parfait. Arrive un moment où il craque, il commet le péché qui détruit le cycle de l’Histoire en faisant basculer l’univers. Un happy end : le monde est sauvé par l’amour conjugal. Le péché est une contrainte, car être fidèle à soi et à l’autre ne se fait pas de manière délibérée.
Pourquoi la société à un droit de regard sur notre vie intime ? L’adultère est-il encore une faute, même si il y a toujours le jugement qui sanctionne, malgré la soi-disant libération des mœurs. N’est-on pas toujours à la recherche d’un idéal que l’on espère trouver dans la fidélité ? La promesse de fidélité n’est-elle pas là pour exorciser ses propres peurs ?
La notion de péché disparue, les relations se vivent plus décontractées ; on change plus facilement de partenaires (ils se marièrent et divorcèrent ; ils se marièrent encore une fois et divorcèrent…)
Est-ce normal d’exercer une forme de pouvoir sur l’autre ? Aliéner l’autre ? Qu’est-ce qui conduit à l’infidélité ? Est-ce un manque et de quoi ?
Attrait de la nouveauté. Un besoin nécessaire à la vie humaine qui conduit souvent aux ruptures de couple. Délicatesse d’être discret, pour éviter de faire souffrir. Dans l’attirance de femmes possessives, il y a presque obligation de s’enfuir. L’infidélité vécue comme incartade que l’on cache. Une même recherche d’épanouissement sexuel dans le couple. Faire plaisir par amour. Plutôt que de développer des frustrations réciproques certains couples s’autorisent, par besoin, d’aller voir ailleurs.
En parler quand on trompe ?
Pas évident de se dire, « qu’est-ce qui fait qu’avec lui je vais être fidèle » ou « comment vais-je réagir si par lui je suis trompée ? » ou encore « comment vivre ce truc là sans partir en vrille totale. » Même si personne n’appartient à personne la sexualité est tellement intime, aucune envie qu’une autre la partage. Et en même temps ce n’est pas facile d’être fidèle. Les femmes disent qu’elles préfèrent ne pas savoir, besoin du respect et du silence = ne pas savoir est une espèce de protection.
L’évolution sociale, statut social passait par le mariage et la fidélité (officiellement) n’a jamais empêché l’infidélité de nos grands parents. Il peut toujours exister un accord dans le couple qui se donne le droit à l’infidélité. Pourquoi ne pas établir un contrat ? Chacun devrait instaurer les règles qui régissent le couple.
L’infidélité peut servir au couple à redémarrer, à repartir, un moteur en quelque sorte. Est-on à l’abri des tentations, du coup de foudre, d’une pulsion ? Concevoir la relation amoureuse et l’aventure sont deux choses complètement différentes.
Faire la part des choses entre l’amour et le sexe. Conception différente chez la femme et chez l’homme. Eviter de s’attacher. Le fait de tromper induit culpabilité et séparation dans les couples insuffisamment solides. Le plaisir sexuel est toujours une forme d’amour révélé par le don de soi.
La fidélité est-elle possible tout en restant soi ? Nous sommes trop imprégnées d’une culture des contes.
Qu’est-ce qui est si insupportable dans le fait de savoir ?
- Difficulté à accepter de ne pas être celle qui répond à tous les critères ;
- Imaginer le corps de celui qui nous donne du plaisir, le donner à une autre, n’est pas supportable. Le savoir est à la limite du tolérable ; en même temps envie de tout savoir.
Ne pas savoir n’est-ce-pas entretenir l’illusion ?
- Le couple libertin va s’autoriser à vivre une sexualité autre, tout va dépendre de la communication dans le couple. Certains couples s’installent avec ou sans mariage avec des notions élargies de fidélité qu’ils ont envie de vivre. Notion personnelle et de la personne rencontrée au moment T.
- Evolution de ce que l’on accepte au cours des expériences, face aux situations toutes différentes. La vie nous oblige à changer, il serait bon de réinventer sa sexualité au cours des ans qui passent sinon le couple s’endort. Les couples qui tiennent toute une vie fait l’admiration de certaines. Mais sait-on dans quelles conditions tiennent-ils ? Au détriment de son propre épanouissement ?
- Être fidèle à soi-même est une belle définition mais se connaît-on soi-même ?
- Pour durer, il y a obligation de faire des concessions (le mot employé fut « sacrifices »)Se mettre au diapason de l’autre, sans annihiler son moi profond.
- Et la culpabilité là dedans ?
- Certains ne se sentent coupables que « pris » ; pas vu pas pris !
- La culpabilité est un choix !?
Que veut dire tromper au sens éthymologique?
- Tromper c’est coucher ; c’est désavouer l’autre en public. Tromper c’est induire en erreur. C’est faire quelque chose de mal.
- L’infidélité est plus associée à la gourmandise : se faire plaisir, comme on le ferait avec un bon gâteau, sans se forcer et sans pour cela être en manque.
- On se structure dans notre personnalité en tant qu’homme ou femme ; en psychanalyse si on désire c’est qu’il nous manque quelque chose. On fantasme ce qui va éventuellement combler ce manque. Et ce que fantasme l’autre est en général un marché de dupes.
- Que veut dire l’absence de désir ? Celui qui trompe sans cesse est donc toujours en manque ? Il ne sera jamais comblé ? Il sera comblé dans le sens où un toxicomane est comblé dans un temps très limité (le temps de l’effet de sa dose)qu’il devra renouveler. Le fonctionnement de l’homme et de la femme est totalement dissymétrique.
- Constatation d’une fidèle participante : Au Sex-o-café, l’échange remet systématiquement femmes et hommes en balance. Comme un besoin de généraliser sur le comportement des hommes et des femmes ? Est-ce rassurant ? (Je crois que cette constatation ne s’applique pas seulement au Sex-o-café mais à toute assemblée où hommes et femmes sont réunis dans un même lieu pour débattre d’un thème, quel qu’il soit.)
Il y a un besoin de séduire qui fait défaut dans la routine du couple. Il y a des femmes qui font du sexe pour le sexe…Il existe maintenant des sexfriend, des sexfuking, des rencontres juste pour la sexualité ; les femmes peuvent passer un coup de fil à des hommes juste pour le sexe ; des escort-boys…(qui est de la prostitution masculine. Voir le film « Cliente »)
Une participante : Je parle au nom de l’expérience ; avec l’âge le corps change d’aspect. Le cœur lui ne change pas : on croit que l’on a toujours 2,3,4 fois 20ans ; la relation que l’on attend dans un couple est un partage sur tous les plans. Les hommes prennent des femmes plus jeunes. Mais il existe aussi des femmes couguars : sur 5 hommes jeunes un accepte de prendre une femme plus âgée. La société actuelle exige de paraître plus jeune qu’on ne l’est. C’est la tendresse et la considération qui forment un couple.
Le fait d’être trompé qu’est-ce-que ça vient toucher en soi ?
- Le manque de tendresse.
- Le narcissisme, l’estime de soi est atteinte dans le fait d’être trompé.
- Une femme veut rester naïve, elle refuse de voir. Entraîne de la violence.
- L’indépendance pécuniaire facilite l’infidélité. Les couples manquent de dialogue. L’expérience vécue ouvre les yeux. Certaines frustrations sexuelles engendrent des violences.
- Comme au restaurant on peut choisir. Le désir est quelque chose qui s’entretient, comme un jardin qu’il faut tailler.
- Le carcan socio-éducatif tue le couple.
La rencontre tire à sa fin. Liliane nous lit un article : L’adultère et la fidélité expliqués par les neurosciences. La fidélité dépendrait, comme toujours avec les neurosciences, de facteurs génétiques… On peu se demander où est notre libre arbitre là dedans ?
Le thème du prochain sex-o-café, l’officiel, est annoncé « Relation entre la sexualité et la nourriture ». En attendant passez de très bonne vacances nous nous retrouverons le 2 septembre, au 3.14, salon Shiva.