Comme promis suite du sex-o-café, l’officiel. Dans l’assistance quelques questions adressées à Pierre : où trouve-t-on tout ce que tu viens de dire ? Quelle est la nourriture, huile, légumes qu’il faut ingérer pour avoir une bonne sexualité? Et l’ail qu’en penses-tu? Où trouve-t-on les Oméga3 ?
Pour permettre d’avaler cette potion qui deviendra magique voici quelques exemples pris directement dans mes consultations. (Il est bien évident que les prénoms ont été changés)
On pourrait intituler ce paragraphe ainsi : Comment préparez-vous vos repas? Dans quelle disposition d’esprit mangez-vous ? Comment êtes-vous dans votre relation amoureuse ?
D’abord nous pouvons constater qu’en croquant la pomme qu’Ève a proposée à Adam, ces deux là ne se doutaient pas des conséquences qui perdureraient pour avoir cédé à cette tentation. Ce qui est en jeu par le symbole de cette offrande était d’inciter le désir pour récolter le plaisir en partageant le fruit défendu. Vous l’aurez compris je fais court afin de dédramatiser une problématique dont le judéo-christianisme s’est emparé. Problématique qui revient encore de nos jours, qui fait des dégâts dans les relations amoureuses. De la Connaissance avec un grand « C » acquise par le biais de la sexualité, on se retrouve dans une version du bien et le mal. Le bien étant éclipsé et remplacé par le mal représenté par la sexualité vécue avant mariage, à seule fin de procréer. C’est un premier point que je tenais à exprimer en avant propos de mon exposé.
Freud mit en évidence dans « Trois essais sur la théorie sexuelle » l’importance des organisations prégénitales dont la première qui nous intéresse est la phase « Orale ». Cette phase qui dure quelques mois quand l’enfant ne sait pas que le sein appartient à sa mère, par contre ce qu’il sent déjà est que la tétée lui procure bien du plaisir en incorporant cet « objet ».
L’oralité est donc l’étape déterminante du développement sexuel. Notre façon de manger sont comme nos ébats : fades ou épicés, improvisés ou mijotés. Se nourrir et faire l’amour : moments d’échanges où se lira le plaisir ou son absence. On peut faire un parallèle entre la faim et le désir car comme la faim le désir ne peut venir sur commande; les deux sont spontanés. Parallèle aussi entre satiété et épanouissement sexuel. Désir et plaisir conditionnent le partage d’un repas et d’un lit. Toujours.
Ne dit-on pas l’appétit vient en mangeant, comme la sexualité sera satisfaisante avec des préliminaires non bâclés voire absents.
Jeux érotiques avec la nourriture : « J’ai un petit creux dit-elle en ouvrant le frigo. « Viens là que je le remplisse » lui dit son compagnon gourmand la prenant par la taille en l’entraînant vers la chambre. Je vous laisse imaginer ce qui s’y passât. Il y a aussi les pratiques sexuelles caractérisées par l’utilisation de nourriture. Cela s’appelle la SITOPHILIE. Cette pratique consiste à employer des fruits ou légumes durs de forme phallique : banane, concombre, carotte… en tout cas pénétrants; soit de la nourriture versée sur le corps (miel, chocolat liquide, chantilly, lait concentré sucré)pour y être léchés.
Nourriture et pathologie : toute problématique alimentaire vient d’un traumatisme de l’enfance. Parmi les plus connues :
L’anorexie qui consiste à se couper de sa sexualité, de son corps et du plaisir de manger. Pour une personne anorexique le rapport à la nourriture reste difficile, même quand elle en est « sortie ». L’anorexique a peur du sexe. Aline, ex anorexique, se regarde manger car dès qu’elle atteint un certain poids (dès que son poids dépasse l’objectif qu’elle s’est fixée) elle n’a plus d’appétit sexuel.
La boulimie avec vomissement : cette personne va se « remplir » par peur de n’en n’avoir jamais assez. Elle désirera ainsi combler un vide, un manque, qui est par nature incomblable. (Lire les articles du manque sur le blog.)
L’hyperphagie boulimique ressemble à la boulimie sans vomissement. Ce sont des personnes qui sont toujours dans le « trop » en amour comme dans la manière de se nourrir. Au lit comme à table. Les hyperphagiques ne sont jamais rassasiées.
André, homme atteint de compulsion masturbatoire préfère manger seul au restaurant que partager un repas avec sa compagne. Il ne partage pas sa sexualité qu’il préfère vivre en solitaire, en se masturbant.
Éric, l’homme qui engloutit très rapidement sa nourriture par peur de manger froid. En amour il se plaint d’éjaculation précoce. Il cherche le plaisir – vite – de peur viscérale de ne pas en avoir.
Il y a le cas de Martine qui n’aime que les douceurs, les aliments sucrés comme les caramels mous, les crèmes qu’elle tète à la cuillère en faisant durer le plaisir. En amour elle n’aime que les préliminaires qui durent. Elle ne reste que dans la douceur, les caresses. Elle rêve d’une relation fusionnelle et totale. Elle redoute le moment de la pénétration à laquelle son compagnon ne peut jamais parvenir. Elle est atteinte de vaginisme. La thérapie lui permit de réintroduire des aliments plus durs, des viandes, des légumes croquants qui l’obligeaient à mastiquer. Peu à peu Martine s’est ouverte à son partenaire. Elle vit aujourd’hui une sexualité épanouie.
Le cas d’Alexia, triste, abandonnée, dépressive. Alexia me dit déambuler dans son appartement depuis que son mari l’a quittée. Elle va à la cuisine, elle ouvre le frigo; en constatant qu’il est vide elle retourne dans sa chambre dont le lit ouvert est tout aussi vide. Au cours de la thérapie Alexia a connu un homme avec lequel elle partage, depuis, sa table et son lit.
Avoir envie d’avaler l’autre, de se fondre dans l’autre est une constante d’une relation amoureuse harmonieuse avec un côté passionnel.
Nourrir son lien, sa relation par le partage d’un repas revient à nourrir sa vie sexuelle. Modifier un élément dans la manière de se nourrir a des répercussions sur la vie sexuelle.



