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« Je sors m’installer au « bord du soleil »" m’informe joliment mon ami en fermant la porte d’entrée. Pas le temps de lui dire que pendant ce temps j’allais retranscrire le débat du sex-o-café ouvert par Laurent. Il demande pourquoi l’hétérosexualité ne pose pas les mêmes difficultés au moment de l’orientation sexuelle ? Est-ce dû à la société actuelle ? Suite aux informations exposées on s’aperçoit que la culture judéo-chrétienne s’est fortement imposée en ne laissant pas vraiment le choix aux individus quant à leur préférence sexuelle. Le problème se pose à partir du moment où la préférence sexuelle n’est pas conforme à la norme en vigueur, d’où la mise en exergue de l’homosexualité.
Dans le mode de formation de l’homosexualité est évoqué l’œdipe inversé. Ainsi à la question de Fanny par rapport au développement de l’enfant dans les phases dont a parlé Freud (anale, orale, phallique ) n’y aurait-il pas une relation défectueuse à la mère ou au père, un rapport à la triangulation tel que décrit par Freud ? À ce jour de nombreuses théories sur l’homosexualité ont été échafaudées et toutes plus ou moins se sont vues récusées. Bien sûr toutes sortes d’hypothèses ont été émises et ce depuis que l’homosexualité est venue déranger l’ordre sexuel établi. Or, à l’heure actuelle rien ne vient confirmer l’une ou l’autre de ces théories puisque ni la génétique ni la biologie ont pu apporter d’explication satisfaisante qui tendrait à prouver une relation de cause à effet. En psy et à notre époque on considère que l’homosexualité est un choix du sujet (choix inconscient mais choix tout de même, en rapport avec son désir.) Freud avait déjà fait ce lien entre homosexualité et choix inconscient. Il refusa d’en faire une disposition innée ou naturelle (donc biologique) ou culturelle. Dans la résolution normale du complexe d’œdipe, l’enfant doit renoncer à ses désirs incestueux (et non pas les refouler) désir le plus souvent inconscient. S’il ne le fait pas (renoncer) cela réapparaitra dans le type de conjoint choisi, cela se manifestera à travers certains problèmes de couple ou à travers ses névroses. Il en est de même pour l’œdipe inversé. Au départ il y a un choix inconscient, une position que l’individu prend pour gérer son désir.
Pourquoi, demande Mireille, les adolescents changent leur sexualité en cours de route? Parce que les adolescents se cherchent ; l’adolescence est la période idéale pour explorer sa sexualité. Que penser des adolescents qui disent depuis le début « Je suis homo, et je ne serai jamais hétéro ». Ce choix est-il irrévocable? C’est ce qu’on appelle des invertis absolus. Ces adolescents savent depuis toujours qu’ils sont attirés par les mêmes qu’eux mêmes, le même sexe qu’eux. C’est le cas d’un jeune homme qui est venu me consulter pour une tout autre raison que sa sexualité. Au fil des séances il est convenu de son homosexualité; à partir de ce moment là tout reprenait des proportions acceptables et il acceptait sa différence. La problématique restante est qu’il le tairait à son père, ne désirant pas attiser son courroux.
Qui est fait la femme qui fait l’homme ? Cette question est souvent posée y compris lors de la soirée où les exemples ne tarissent pas. Dans la plupart des couples homo il y aurait un élément passif, un autre actif. Ce que n’affiche pas vraiment les magasines gays qui n’exposent pas vraiment des « folles », des hommes très efféminés mais plutôt de très beaux gosses. Belle gueule, bien musclé, tel s’affiche l’homo qui n’est pas sans rappeler, (comme le fait remarquer Roland ou Marc, je ne sais plus) le culte romain. Les homo soignaient leur apparence, ils se devaient avant tout d’être virils… Liliane nous fait une petite aparté sur les lesbiennes en lisant le texte ci-dessous :
CES FEMMES QUI AIMENT LES FEMMES (Une enquête de Eli Flory)
La société française, en perpétuel mouvement, s’affiche de plus en plus gay-friendly à lire les sondages favorables au mariage des couples homosexuels et à voir les devantures de lieux de réjouissances ou de villégiature s’étiqueter aux couleurs du rainbow flag, drapeau arc-en-ciel de la fierté « d’en être ». Les icônes lesbiennes d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier : après les courtisanes de l’Ancien Régime, les décadentes de le la Belle Époque et les militantes des seventies, on porte aux nues des joueuses de tennis et des pop stars. Le mythe des « deux amies » si rassurant à l’époque où la société voyait dans la procréation sa seule téléologie (étude de la religion, des textes sacrés), a fait son temps. La lipstick lesbian, celle qu’on ne remarque pas dans la rue parce que ses talons hauts, ses jupes courtes ou ses décolletés plongeants la classent dans la catégorie des « hétéros sexy », brouille les repères, désarçonne les hommes et alimente leurs fantasmes.
Dans l’inconscient collectif, malgré l’évolution des mentalités, l’homosexualité féminine n’est-elle-pas encore toujours considérée comme un choix de vie, affectif et esthétique, ou comme un goût, une préférence, voire une identité. Dans l’imaginaire masculin, on est lesbienne par défaut, c’est un pis-aller. A moins qu’un appétit sexuel démesuré n’abolisse les frontières entre les sexes, le goût des femmes est souvent la conséquence d’un dégoût des hommes, mis sur le compte d’une relation conflictuelle avec le père et/ou la mère, d’expériences décevantes vécues dans les bras d’un garçon – du chagrin d’amour d’adolescente aux violences sexuelles. Combien sont-ils encore pour penser que, si une lesbienne les « essayait », elle aimerait les hommes ?
Beaucoup d’hommes avouent fantasmer sur les femmes qui font l’amour entre elles : partager leur couche est souvent perçu comme un eldorado sexuel. D’autres, au contraire, souvent du fait de leur culture ou de leur religion, rejettent l’homosexualité féminine qu’ils perçoivent comme du gâchis, quand ils ne brandissent pas le Coran ou la Bible pour châtier ces « maîtresses de Satan ».
Une femme qui est avec une femme c’est avant tout par passion amoureuse.
La relation lesbienne reste pour beaucoup d’hétérosexuelles, une relation incomplète à mettre sur le compte de l’amitié amoureuse, de la tendresse, de la complicité affective. Le monde gay et lesbien n’est pas un. Des divergences d’intérêts et de way of life dessinent des territoires aux frontières souvent imperméables. Les lesbiennes ont leur presse, leurs festivals, leurs archives.
Le film Gazon maudit, sorti en 1995, s’avère révélateur du regard porté sur le couple lesbien. Vision caricaturale d’une liaison entre deux femmes. La vogue du porno chic dans la publicité, parce que le cul fait vendre. Les publicitaires aiment jouer avec l’ambiguïté des femmes et des relations qu’elles peuvent entretenir. Images sexy, mâtinées de glamour pour bourgeoises et demi-mondaines. Cette vogue a favorisé le développement du fantasme masculin archétypique de la lesbienne hypersexuée. L’homosexualité féminine est d’autant plus considérée que son image est déformée ou recréée à travers le prisme d’un imaginaire érotique hétéro centré. La lesbienne n’existe pas encore à part entière, en dehors des stéréotypes de la « camionneuse » ou de la « femme fatale ».
Elle fut longtemps considérée comme une anomalie, une chose sans nom, hors normes, en marge des faits naturels et sociaux si bien que les mots pour la nommer ont fait défaut pendant des siècles. Jusqu’au 16ème siècle, la langue française ignore la lesbienne en ne la nommant pas. Aucune législation spécifique n’a vraiment réprimé l’amour entre femmes.
Les « vilaines » (anciennement appelées tribades) sont les courtisanes, les prostituées, les hétaïres (Femme éduquée et de haut niveau social qui offre compagnie et services sexuels, souvent de manière non ponctuelle) de la Grèce antique, les femmes de mauvaise vie, mais aussi et surtout les disciples de Sapho. A l’époque de la Renaissance, où l’homme se prend pour le centre du monde, aimer une femme se réduit à des techniques sexuelles très approximatives et vaguement animales. Elles s’entrefrottent, rien de plus. Que pourraient-elles faire d’autre d’ailleurs, celles à qui manque le phallus. Leurs étreintes, privées de ce seul objet de plaisir, ne peuvent être qu’une pâle imitation, une contrefaçon de l’amour que les hommes font aux femmes. « Une femme qui abuse d’une autre femme » définition de 1762 dans la « 4ème Édition du Dictionnaire de l’Académie », qui va s’imposer jusqu’au début du 20ème siècle, sous l’influence des nouvelles découvertes, faites par des hommes, de l’anatomie féminine.
Diderot parle d’une « espèce de dépravation particulière aussi inexplicable que celle qui enflamme un homme pour un autre homme ». C’est de la faute du clitoris. La Tribade est une « femme dont le clitoris a pris un développement exagéré et qui abuse de son sexe ». Le mot « lesbienne » apparaît en 1904, dans le Nouveau Larousse illustré avec le sens de « femmes aimant les femmes » Toute sexualité qui n’a pas pour finalité la reproduction de l’espèce est considérée comme anormale. Puis une dichotomie entre sexe anatomique et instinct sexuel va faire école aussi bien chez les médecins que dans l’inconscient collectif. Sous l’influence des mouvements féministes, le terme de lesbienne va connaître des inflexions importantes en se teintant d’une coloration politique et idéologique.
L’homosexualité féminine reste encore sujette à discrimination et à propos lesbophobes, qui empêchent certaines femmes d’assumer ce qu’elles sont et de s’épanouir. Un sondage SOFRES en 1997 révélait que 80 % des jeunes homo intérrogés disaient mener une double vie et ne pas assumer leur homosexualité ; 10 % d’entre eux la vivaient sur le mode du refoulement. Au final, seuls 10 % de la jeune population homosexuelle pouvaient affirmer sans baisser les yeux, « être bien dans sa peau ».
La suite des questions posées seront dans le prochain article; donc
à suivre
le lien d’un article paru sur le blog libidosexualité que vous pourrez suivre
http://www.libidosexualite.com/2011/01/homophobie-ou-la-haine-du-different-dans-la-transgression-des-preferences-sexuelles/