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Certaines personnes se sont construites sur leur seule volonté (je veux y arriver), cimentées par le seul  désir de parvenir à leurs objectifs (j’y arriverai), bétonnées par leur réussite (je me suis faite toute seule). Alors, pourquoi parvenues à un tournant de leur vie, tout  l’édifice se fissure, se délabre, finit par s’effondrer? Parce qu’un corps ligoté, sous tension d’une pensée exigeante, tyrannique, s’enferme dans un carcan, une cuirasse qui semblait, pour ces personnes, indestructible. Parce qu’un corps muselé comme  la presse iranienne ne distribue plus l‘énergie du centre vers les  organes périphériques – visage, mains, pieds et organes génitaux – organes des sens, extrémités qui établissent le contact avec le monde extérieur. L’excitation – pulsion de vie – prend sa source dans le ventre, dans les viscères, celle-ci ne se déplace plus à la périphérie. Cette excitation est bloquée par des tensions musculaires chroniques à la base de la tête – cervicales -, aux épaules, au pelvis, aux hanches et au coccyx. Le fonctionnement énergétique des organes est faible, le contact avec le corps et les sensations fortement réduit. Les émotions se dissocient du cœur qui malgré  une charge pulsionnelle faible peut paradoxalement devenir explosive. Effet de compression. Tension/ extension. La personnalité se scinde dès lors que les tensions musculaires qui maintenaient la cohérence de la personnalité s’effondrent; la périphérie est coupée  de son centre énergétique et de ses émotions.

Tous les signes de robustesse dont la personne tirait fierté,  effondrent son dos, créant un vide d’énergie qui  ne soutient plus la charpente. La sève ne monte plus dans le tronc vertébral. Pareille à la kundalini, la sève stagne dans le réservoir sacré, au sacrum, bouillonne à cet endroit,  sans  pouvoir monter le long du canal énergétique.  Les zones de tension se situent à la base du crâne,  aux articulations omoplates-épaules, à l’articulation coxo- fémorale, entravant les jambes qui se déplacent avec difficulté qui quelques fois  se paralysent.

Ce sont les genoux (je-nous) qui restent raides comme la justice en refusant de plier à une demande émotionnelle : ces personnes sont coupées de leurs émotions, des relations aux autres.gache pas tes capacités Si elles s’y attardent, elles en sont fortement perturbées. La pensée est bien trop rigide, bien trop disciplinée et ne peut agir selon un ressenti inexistant.

Ce sont les hanches, le bassin, inflexibles d’immobilité. Ne jamais pivoter, encore moins se retourner sur de possibles erreurs, leur rectitude, leurs certitudes tiennent lieu de tuteur. Socle du bas du dos, la ceinture pelvienne sous-tendue par la volonté d’avancer droit devant, aveugle à l’éventualité d’un obstacle, finit par se plier en deux en penchant inexorablement vers la terre. La cause serait-elle le trop de terre à terre sans s’y être jamais connecté?

De telles personnes ne se plaignent jamais (elles n’ont pas le temps pour ça; elles ont d’autres pragmatismes autrement plus importants qui ne concernent pas leur joie de vivre). Elles n’ont pas accès à leurs rêves nocturnes « Je ne rêve pas » disent-elles. Pas plus qu’elles n’ont de rêves diurnes. Comment pourraient-elles  rêver quand leurs émotions sont bâillonnées  par la pharmacopée en vigueur  qui les soulage de leur souffrance intense? Cortisone, morphine gonflent leur chair, contrôlent leurs muscles bloqués depuis longtemps tendus. Souffrance physique prise en charge par  un arsenal chimique qui fait barrage aux intempestives ondes émotionnelles,  endort le corps et l’esprit. Elles sont devenues toxicomanes et dépendantes de la prescription pharmaceutique.

Oui, et alors? Que faut-il faire demandent-elles, suppliant presque pour qu’on leur délivre l’ordonnance miracle qui les remettra droit dans leurs bottes qu’elles ne peuvent plus chausser?

Peut-on vivre sans corps? Sans tête? Le corps parle de Je en tant que sujet. Il raconte l’histoire de nos émotions ignorées. Il somatise (conversion des troubles psychiques en symptômes corporels). Je, sujet somatise l’incorrigible façon de le maltraiter. Je révèle nos failles, notre opiniâtreté, nos doutes, nos certitudes, nos croyances erronées… Il raconte tout ce qui a été refoulé, remisé aux oubliettes, sacrifié au plaisir de vivre, à la joie,  au plaisir d’aimer. La tête séparée émotionnellement du corps a érigé en devoir sa façon de vivre oubliant le droit que tout être respectueux de lui-même se doit.

Notre corps est notre maison, prenons-en soin.

« L’érotisme suggère, la pornographie hurle en outrepassant les frontières du goût, elle offusque la sensibilité. »
Cette réflexion d’Yves Salgues dans « Gainsbourg » vient-elle corroborer le peu d’enthousiasme à la participation du dernier sex-o-café ? Est-ce si choquant à débattre de la pornographie? N’y a-t-il pas à apprendre de la distinction que l’on peut en faire avec l’érotisme?
La pornographie est-elle à ce point ressentie comme honteuse, dérangeante,sale, répulsive sans chercher plus loin qu’accepter les idées toutes faites établies sur l’ignorance et l’absence de curiosité ? Doit-on rejeter le mot même qui désigne la jouissance sexuelle provoquée par l’exhibition au premier degré et en gros plan des parties sexuelles – génitales négligeant par ailleurs le corps dans sa fonction érotique ? Par quel biais arrive-t-on à concilier fantasmes/pudeur/jeux érotiques sans faire soi-même la part des choses qui ne peut s’établir que sur le vécu des expériences ? Peut-on qualifier de répugnant un comportement sexuel que l’on ne pratique pas en l’affublant d’adjectifs obscènes, graveleux tout en revendiquant sa pornophobie? Car qu’est-ce-que la pornographie sinon la mise en scène outrageuse et caricaturale de représentations d’actes sexuels? Actes qui en privé n’ont rien de honteux, mais qui rendus publics et exhibés aux regards focalisent sur la génitalité et la performancehors norme des acteurs, entre autre. Mettre le doigt sur l’effet désastreux de la pornographie qui fera tôt ou tard négliger la/le partenaire parce qu’elle n’est qu’un moyen de satisfaire une pulsion, réveiller une excitation qui sans son aide n’existerait pas. Mettre en garde du moment où le recours à la pornographie devient si péremptoire qu’il y a incapacité à s’impliquer dans une relation qui la dépouillera de tout sentiment, de toute émotion en faisant du partenaire un élément superflu, non indispensable et parfois même dérangeant… ou se servant de lui – le partenaire – comme d’un instrument pour assouvir un plaisir insatiable qui transformera à plus ou moins longue échéance la relation intime en une pratique solitaire que même la compulsion masturbatoire ne pourra satisfaire. Ce n’est pas le désir qui est mis en scène dans la filmographie porno mais une surenchère des signes de la jouissance (cris évoquant l’orgasme, partenaires multiples, érections phénoménales qui durent, gros plan sur des giclées de sperme intarissable et sur le plaisir sans fin des femmes…ect…) ayant pour conséquence de réduire la personne à sa seule pulsion sexuelle. La pornographie exige d’être vue, d’être entendue; c’est en cela qu’elle se différencie de l’érotisme.
C’est tout cela dont il a été question au Sex-o-café. Mais aussi la place que tient la pornographie à l’adolescence : de quelle manière les adolescents sont touchés par la pornographie facilement accessible par Internet. Les garçons réagissent en s’identifiant plus facilement que les filles aux acteurs des films porno. Les garçons familiarisés avec leur sexe qu’ils masturbent lient plus aisément l’excitation sexuelle à la vue alors que les filles vont préférer l’imaginaire pour y retrouver l’intériorité de leur organe génital caché. Les jeunes dans la société sexualisée à outrance transformés en consommateurs sont une véritable manne pour faire vendre tout et n’importe quoi…
Judith Reisman qualifie la pornographie visuelle, d’érotoxine. D’après cet auteur la pornographie agit sur le cerveau comme une drogue. Regarder des films X déclenche des poussées d’adrénaline ainsi que des sécrétions de testostérone, d’ocytocine, de dopamine et de sérotonine. Ce véritable cocktail fait de la pornographie un puissant excitant qui provoque flash et euphorie. Elle ajoute que ce n’est pas un excitant sexuel mais un excitant par le fait qu’il mêle la peur, sexe, honte et colère.

Belle fin de journée.

Joyeux premier Mai

Mes souhaits pour que le travail soit une fête et non pas une corvée.