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Celle que je nommerais Marie s’est insurgée contre cet état de fait que certaines gens (pour la plupart des hommes) aiment là où ils ne désirent pas et désirent là où ils n’aiment pas. L’amer constat  qu’elle fit bouleversa complètement Marie qui devenait celle que l’on désire laissant à l’officielle (la madame qui portait le nom du monsieur, son amant) le privilège de n’être qu’aimée. Par le refus de ce clivage, elle voulait de son homme-amant TOUT. Qu’il soit son amant en continuant à la faire jouir et la jouissance atteinte, leurs corps repus, qu’il passe sur le versant tendre qui aurait satisfait Marie de son besoin d’amour, de tendresse, qui aurait prouvé un attachement autre que sexuel. Autre que sensuel.

Or, le courant sensuel pour qu’il se manifeste doit être débarrassé du premier objet amour qu’est la mère afin que la sensualité puisse être investit sur des objets sans rapport avec l‘interdit incestueux. Ces hommes là manifestent envers leur épouse une impuissance psychique puisqu’à leur insu ils ont choisi, pour éviter l’inceste, un trait souvent insignifiant, caché ou peu apparent qui rappelle l’objet à éviter (la mère). Rappelez-vous le film Mafia blues avec un Robert de Niro complètement perturbé par l’idée qu’il aurait pu désirer sa mère, comme le lui suggère son psy.

Ces deux courants, le tendre et le sensuel ne fusionnent que chez très peu de personnes, qui dès lors ont besoin de déprécier leur objet de désir sexuel permettant ainsi à certains d’éprouver consciemment du désir sexuel, d’aboutir à une réussite sexuelle et d’en avoir du plaisir. Ainsi certains hommes ne deviennent pleinement puissants qu’en rabaissant la personne avec laquelle peuvent intervenir des composants pervers qu’ils ne satisferont jamais avec leur légitime …puisqu’ils les respectent.

Ce courant tendre correspond au choix infantile incestueux et le courant sensuel se déploie à la puberté et porte vers l’objet sexuel. Dans le cas de clivage ces deux courants ne se rejoignent jamais. Or, c’est la réunion de ces deux courants qui assurent un comportement amoureux qualifié de « normal ». Mais c’est là un idéal, chacun reste plus ou moins lié à son premier objet d’amour incestueux que le courant sensuel finira par investir plus tard.

Est-ce que c’est clair?

Je vous souhaite tout de bon à quelques heures du changement d’heure.

C’est en partie du vrac que je vais vous livrer maintenant ! Libre à vous de vous procurer « L‘amour à l’épreuve du couple »  vous faire une idée par vous-même.

Qu’est-ce qui met l’amour en danger, qu’est-ce qui le met à l’épreuve dès lors que le couple est installé dans le quotidien, la routine ?

Dans le livre, David Simard pose l’équation  ainsi : les 2 « Je » se perdraient en « Nous » phénomène de la fusion qui conduirait au sentiment d’enfermement, au couple prison. A cet écueil il a élaboré plusieurs possibilités, propositions : accepter un tiers dans sa vie sexuelle voire sentimentale ; ou encore de ne pas se mettre en couple pour échapper à l’enfermement conjugal. Autrement dit, il s’agirait de pouvoir vivre l’amour sans pour autant s’embarrasser des contraintes de la vie conjugale. Le polyamour. Vivre le polyamour (qu’il ne faut pas confondre avec l’adultère) est une alternative à la routine, c’est ce que propose David à une assistance qui n’a pas l’air tout à fait d’accord. Notamment  Magaly  à qui il parait évident que selon l’âge on évolue, on est différents à 20,30,40 ou 60 ans et au delà; à chaque période on rencontre la personne qui convient jusqu’au moment où le couple que l’on forme ne correspond plus à ce que l’on en attend. On ne reste plus avec un homme qui ne nous convient plus. Magaly est persuadée que chaque partenaire arrive sur notre route pour nous aider à résoudre une problématique particulière qui nous fera avancer. Lorsque cette relation ne convient plus la rupture plus ou moins douloureuse intervient.Les routes se séparent, chacun de son côté, en ayant progressé dans la compréhension de nous-même et de l’autre.

La répétition est un schéma inconscient qui reste à l’œuvre. On peut modifier, enrayer ce phénomène de répétition si on fait un travail sur soi, si on éclaire le schéma par lequel on fonctionne. On peut être attiré par des gens complètement différents mais compatibles avec notre schéma et ce qui s’y rejoue; le point commun avec l’autre est soi. La répétition du même – schéma -  rejoint la fusion avec production des  mêmes effets qui finissent comme dans la fusion par nous étouffer. Comment faire pour ne pas reproduire à l’identique qui cependant est rassurant, qui donne la sécurité affective, amoureuse?

Dans le quotidien, on apprend à connaître l’autre; on apprend à vivre avec la réalité qui se confronte à l’imaginaire. La routine consiste à recommencer tous les jours la même chose (aux mêmes heures, même organisation), à vivre des weekend identiques. Il est cependant important de constater que les habitudes nous structurent.

Certains partenaires du couple ont des difficultés à s’éloigner du couple qu’ils faisaient avec un de leur parent (fils et mère, ou fille et père, par exemple). Est-ce une des raisons qui fait que l’on reste dans un couple-prison ? Bien souvent dans la configuration du fils faisant couple avec la mère cette dernière exclut le tiers séparateur qu’est le père ou un homme, le partenaire de la mère, qui permettrait au désir de s’exprimer, favorisant l’enfant à prendre la place qui ne lui est pas dévolue. Dans le cas d’une fille et son père il s’agit d’un jeu de séduction quelque chose d‘incestueux (inceste psychique) qui se joue sur le plan fantasmagorique. Il en est de même pour l’homme qui représente un enfant pour sa femme qui proclame n’avoir que des enfants à la maison, « d’ailleurs mon mari ne me fait plus l’amour ».

Le couple et la sexualité : La sexualité vécue au quotidien n’est pas celle dont parlent les magazines. La femme et l’homme sont 2 êtres distincts avec des attentes, des demandes, du désir et des besoins différents. Et malgré cela, que l’on soit femme ou homme, on cherche « sa moitié », on cherche à combler de ce quoi nous avons été séparés à la naissance : Lacan disait « l’amour c’est donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’est veut pas » paroles qui éclairent les notions du complexe d’Œdipe et  l’interdit de l’inceste.

Le philosophe a répondu entre autre à la question qu’est-ce qui se manifeste dans le couple au travers de la sexualité ? Il nous a parlé  du lien qui existe entre pénétration et désir qui engendre la fusion dans un but de procréation  et la différence entre le désir de fusion qui implique le sexe.

 De vouloir combler le vide de l’autre revient à vouloir combler un puits sans fond.

Je conseille de lire particulièrement le chapitre « Doit-on se sacrifier par amour » bien que fortement orienté psy il est fort intéressant dans l’approche de notre société conçue sur l’hyperconsommation dans ce qu’elle crée comme désirs (faux besoins) qui impliquent leur satisfaction immédiate… Que pouvons-nous dire des personnes qui demandent au conjoint d’être Tout ? D’être un sauveur et de palier tous les manques et tous les traumatismes de l’enfance dont est issue cette demande.

L’amitié et l’amour : différence de ces deux sentiments ? Qu’impliquent-ils l’un et l’autre ?

La communication est-elle l’idéologie d’un monde de paix ? Ne jamais oublier qu’à travers nous parle notre inconscient, parle notre corps au travers de nos gestes, de nos comportements.

Qu’en est-il des différences entre femme et homme, existe-t-il une nature immuable aux comportements masculins ou féminins? Chasse aux idées reçues et aux préjugés qui ont la vie dure ! La commodité rassurante de s’accrocher à des généralités sur la nature des êtres nous évite la remise en question de nos comportements erronés. La différence des sexes bien réelle influe t-elle sur les comportements ? L’affirmer c’est maintenir le joug de la prétendue supériorité des hommes sur les femmes.

De vouloir combler le vide de l’autre revient à vouloir combler un puits sans fond.

Couple et homosexualité

Le multipartenariat des homosexuels empêche t-il de vivre en couple ?  Le couple homosexuel, là encore, donne à voir l’hétérosexualité comme étant la norme culturelle et historique mais non  comme étant un attribut de la nature.

 Le quotidien conjugal amenant la routine serait-il un tue l’amour ? La passion s’émousse, le désir – trop comblé s’étiole, l’ennui prend le relais, il y a séparation ou infidélité. Sans désir plus de vie ; d’un point de vue philosophique la vie est le fait de nous porter vers l’autre que soi, c’est ce qui nous rend vivant. Si on se referme sur soi, comme le couple mis en scène par Ionesco, on étouffe le désir en soi et l’on se meurt psychiquement. Il en est de même si l’on s’isole.

Sans manque pas de désir et l’absence de désir tue le couple. Tue la vie. Instaurer du manque, s’ouvrir à l’extérieur, sortir le couple de l’autarcie en ne cohabitant pas, est-ce la solution pour pérenniser le couple ?

 NAÎTRE EST SE SÉPARER ET NON FUSIONNER

La naissance est la première séparation

Tant de choses ce sont dites ce soir là que je ne peux passer le reste du mois à en parler. Je vous conseille donc de lire « L’amour à l’épreuve du couple » de David Simard qui je le rappelle ne donne pas de recette, par contre il met en lumière le fonctionnement des individus en permettant d’éviter la reproduction des erreurs.

Et comme écrivait Albert Camus : « Tous les spécialistes de la passion nous l’apprennent, il n’y a d’amour que contrarié « 

Donc continuez à contrarier pour être certain d’être toujours aimé.

A bien vite

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Pour l’avoir vécue jusqu’à désirer mourir Nathalie affirme désormais haut et fort refuser la fusion dans sa relation. David philosophe : Refuser la fusion laisse la place au désir de s’installer, puisque au bout du compte le désir de fusion demeure si la fusion ne s’installe pas. Par ailleurs on ne peut concevoir l’amour qui serait pur de toute quête de fusion, ce qui reviendrait à imaginer un amour sans danger; or, dès que l’on aime il y a danger (ne serait-ce que pour notre Ego, comme je le dis dans l’article - L’amour est-il une menace pour l’Ego ? – récemment posté sur ce thème). Dans l’amour et chaque fois que l’on aime on s’expose. On prend des risques.

Peut-il y avoir fusion entre deux personnes sans qu’il ait forcément désir? Peut-il y avoir osmose sans désir sexuel renchérit-on dans l’assistance à Arlette qui posait la question: la réponse ne se fit pas attendre. Dans l’osmose il n’y a plus de désir puisqu’on est comblé. Il est très important d’empêcher l’osmose pour que demeure le désir. Si l’osmose est un état permanent(sans manque, sans vide possible)elle empêchera la manifestation du désir de l’autre.  Quelle place reste t-il pour le désir dans un lien de cette nature là? demande le philosophe. Le désir peut s’éprouver ailleurs, hors du couple si il en a été déserté. C’est dans un ailleurs (amant-maîtresse) que le-la partenaire ira chercher de quoi satisfaire son désir.

Existe-t-il  encore de nos jours beaucoup de couples qui fonctionnent sur le schéma de  La maman et la putain : on aime là où on ne désire pas et on désire là où l’on n’aime pas ? Lors du travail thérapeutique j’ai pu constater ce genre de  relation surtout parmi les hommes qui ont du mal à désirer là où ils aiment.La plupart dit qu’il est difficile de considérer son épouse avec respect si il la traite comme une putain; sous entendu en vivant le sexe sans tabou.

Pour Candice, l’être humain cherche plutôt à se réaliser avant de réaliser le couple, ce qui va favoriser les tensions. Dans la fusion on est toujours à la recherche du premier lien fusionnel (mère/fœtus). Anne demande si le désir est forcément sexuel; Marc quant à lui précise que le désir est associé à quelque chose d’inassouvi, ce à quoi David acquiesce et confirme que cela tient à la Conditionne Humaine  d’être dans l’incomplétude. Nous ne sommes pas des êtres entiers, nous sommes mortels et nous le savons. Le premier désir étant un désir de vie qui s’origine dans le sexuel est ma réponse à Anne qui ajoute « Ce sont les schémas inconscients qui font que les êtres s’attirent.  Oui, la relation amoureuse (ou tout autre relation) est conditionnée par des schémas relationnels qui se sont construits pendant l’enfance de manière inconsciente; ainsi nous serons attirés par telle ou telle personne et non par telle autre.Notre inconscient va capter l’inconscient de l’autre, donner des schémas relationnels qui peuvent s’emboiter, renvoyer à la répétition d’anciens schémas en faisant revivre ou non des situations problématiques. Ça n’est pas systématique. Cependant quant il y a problématiques  elles  donnent lieu à des souffrances notamment lorsque les attentes de réparation sont importantes. La répétition est un schéma inconscient qui reste à l’œuvre et se répète de relation en relation. Comprendre notre fonctionnement permet d’éviter les répétitions fâcheuses.

David précise qu’il  est important de noter : Tout ce qui s’est constitué au niveau inconscient ne connaît pas le temps qui passe. J’ajoute que l‘inconscient ne sait que désirer et redonne la parole à David : C’est pour cela que l’on oublie que l’amour peut faire souffrir et de ce fait que l’on peut retomber amoureux à 80 ans comme un adolescent parce que tout ce qui s’est construit sur le plan inconscient fait abstraction du temps qui passe.

Est-ce que l’expérience de vie modifie la manière de voir les choses demande notre philosophe qui répond: si notre expérience de vie amène à une remise en question, par un travail sur soi,  il est fort probable qu’il y aura une modification; sans cela rien ne changera. Il est important d’éclairer à la lumière de nos expériences le schéma construit dans l’enfance rejoué pendant l’adolescence et à chaque relation pour comprendre nos fonctionnements  qui se réfèrent à quelque chose de profondément inconscient et de très archaïque; sous cet éclairage nos  comportements changeront peu à peu. Même l’analyse de toute une vie ne parviendrait pas à nous faire devenir transparent à soi-même au risque de nous faire rejouer le fantasme de toute puissance, d’omniscience, tel qu’il se joue dans l’enfance lorsque l’enfant se considère encore comme étant TOUT y compris la cause de la totalité des émotions de sa mère. On ne peut aller au delà de notre Condition d’être humain, d’être fini. Par contre ce travail permet de comprendre notre fonctionnement, de régler quelques difficultés qui y sont attachées avec des répercussions bénéfiques sur tous les plans relationnels ( amoureux, amical, professionnel…). Cependant on peut avoir des relations qui semblent complètement différentes mais compatibles avec notre schéma actuel qui tendra à nous faire rejouer la même histoire.

Certains couples ont des difficultés à s’éloigner du couple qu’ils faisaient avec un de leur parent (fils et mère, ou fille et père, par exemple) pouvez-vous en parler ? Est-ce une des raisons qui fait que l’on reste dans un couple-prison?

A cette question et au suivantes je retranscrirai les réponses au plus vite.

Donc à suivre…

 

 

Dans le temps imparti nous avons tenté d’aborder un maximum de questions du  livre « L’amour à l’épreuve du couple » qui aborde de façon complète mais théorique les questions, les problématiques qui se posent dans le couple. Ce n’est pas un ouvrage qui donne des recettes, par contre il interroge sur la complexité du couple, l’importance de redonner du sens au désir de faire couple. Et ne jamais oublier qu’il y a autant de couples possibles que d’individus qui le forment comme je peux le vérifier tous les jours dans ma pratique en cabinet.

L’amour et le couple : L’amour est ce qui fait battre le cœur et rend les mains moites. Le couple est ce dans quoi l’on s’engage par amour. Du moins à notre époque et dans notre société. Mais pas toujours. Pas de tout temps.

Lors de la rencontre deux êtres se découvrent : toutes les différences sont abolies, on ne fait qu’un, (mais lequel des deux fait-on ?) on fusionne en parfaite symbiose, on pense la même chose au même moment, on prête à l’autre toutes les qualités, on projette sur l’autre l’idéal imaginé ; autrement dit l’amour rend aveugle : comme disait Cocteau « les hommes naissent aveugles ils ne s’en aperçoivent que lorsque la vérité leur crève les yeux « 

Mes questions : le couple rendrait-il la vue ? Serait-il garant de l’objectivité ? Le couple permettrait-il la reconnaissance des êtres tels qu’ils sont? Que devient l’amour et comment se transforme t-il à l’intérieur du couple ?

Réponse de notre invité qui remercie pour l’accueil qui lui a été réservé dans ce lieu magique (le 3.14), qui éveille l’imaginaire, lieu propice au couple et à l’amour. Pour David l’amour ne rend pas aveugle mais, parce que nous sommes agit par l’inconscient, c’est ce dernier qui est à l’œuvre  quand nous tombons amoureux.Il y a là un quelque chose qui nous échappe, un quelque chose qui n’est pas irrationnel et qui s’explique. Les rencontres se font donc au niveau inconscient. Ce qui opère dans  la rencontre est l‘idéalisation, l’imaginaire, les espoirs, les attentes de réparation d’anciennes blessures; il s’agit d’un embellissement de la réalité. Le fait de se « mettre en couple « fait-il découvrir la réalité ? Oui, car la relation s’engage au quotidien qui n’est autre que la vie réelle. La part de l’imaginaire se trouve face à une réalité qui se confronte au quotidien. Le couple ne peut continuer à vivre comme lors de la rencontre en se coupant du monde, vivant en autarcie ou sortir, passer des nuits à faire l’amour et le reste du temps à se bécoter. C’est moi qui dit ça comme ça pour résumer les propos tout en leur restant fidèle. « J’ai été trompé sur la marchandise; il /elle a changé » entent-on souvent dire!  Non, on ne change pas, ce sont les conditions qui changent. Cela peut être une aubaine, une occasion d’apprendre à se connaître en évitant les déceptions;   il y a là l’occasion à saisir pour passer de l’état d’être amoureux à celui d‘aimer.

J’insiste avec mes questions :  Les êtres que nous sommes ne changent pas ce qui change est le regard que nous portons  sur l’autre que l’on a cru idéal. On perd ses illusions, on se rend à l’évidence qu’il s’agit de la construction d’un être idéal qui n’existe pas dans la réalité. Dans nos sociétés le couple est fondé sur l’amour réciproque dès lors qu’il se forme ; est-ce à dire qu’il y a désamour lorsque le couple se sépare ? Le temps use-t-il le couple ou le consolide t-il ? Est-il si difficile de vivre l’amour au sein du mariage ? Le quotidien éteint-il le sentiment d’amour ? Le quotidien conduit-il forcément à la routine ? Le lien conjugal empêcherait-il le couple de durer? Le couple noue ses liens à l’intérieur de la sphère privée : il se recroqueville en vivant en vase clos ; est-il enfermé ? Peut-on dire que le couple est un lieu d’asphyxie, d’étouffement ? Sans parler de recette magique y a-t-il des pièges à éviter  pour qu’il n’en soit pas ainsi ?

D.S : On met dans le couple tous nos manques, tout ce que l’on n’a pas eu et dont on rêve. Effectivement il n’y a pas de recette miracle; il faut être attentif et ne pas croire qu’il existe une personne « fabriquée » sur mesure qui nous serait destinée; LA bonne personne, celle qui concentrerait en elle toutes les attentes, au risque de décevoir Laura qui dit avoir eu de la chance puisqu’elle affirme l’avoir trouvée. Or, LA bonne personne, n’existe pas. On a de la chance de rencontrer la bonne personne avec laquelle ça va bien se passer mais en aucun cas il n’existe LA bonne personne qui aurait été construite pour soi, comme un objet. Une personne n’est pas un objet qui se fabrique. Il est inquiétant de penser qu’une personne aurait été construite pour soi; d’autant qu’en ces temps modernes où l’on change facilement de partenaire dès lors qu’il ne convient plus, il serait nécessaire d’avoir plusieurs bonnes personnes en attente.Comme l’enfant capricieux qui a cassé son jouet et veut en changer.

LA bonne personne « fabriquée » pour soi est un mythe (que certains sites de rencontres font miroiter pour convaincre leurs adhérents qu’il suffirait de cocher des cases pour définir LA personne faite pour nous). Le couple est fondé sur deux individus distincts avec chacun son parcours de vie. Le fait que le couple actuel soit fondé sur l’amour pose problème parce que si il y a Amour il y a besoin, il y a tendance à fusionner. Le désir de fusion est une tendance à vouloir faire Un de deux êtres distincts. Cette tendance fusionnelle fait partie de l’amour. Or, le couple est formé de deux personnes différentes qui tiennent chacune à leur individualité, à être différenciée. Le fait de désirer fusionner avec l’autre tout en voulant rester soi provoque des tensions comme la sensation d’ étouffer, d’asphyxier. La fusion donne l’impression de ne plus être soi, de se perdre dans la relation pourtant étroite. Impression aussi de ne plus exister en tant qu’être soi.

La fusion génère l’angoisse; cette angoisse émane de notre propre tendance inconsciente à désirer fusionner qui finit par étouffer. Cette  fusion là est quelque chose vécue sur le plan psychique qui si elle perdure  déconnecte de la réalité pour en édifier une autre à partir de soi où se forme le délire.C’est ce qui advient lorsque le couple vit en osmose totale, que l’un sans l’autre ne peut agir, ce que certains appellent le bonheur.

Le bonheur parlons-en! Qu’est-ce que le bonheur?Un petit aparté : Je suis d’accord avec Léo Ferré lorsqu’il disait « le bonheur ne peut être fait que d’instants. » (Léo Ferré fait partie de mes philosophes préférés !) Une autre conception du bonheur consiste à être totalement détaché des aléas de la vie; c’est ne ressentir ni souffrance ni paix, n’avoir ni besoin  ni désir. C’est être ni plus ni moins hors du temps  ce que l’on nomme ataraxie. Sur le plan psychique on est en dehors. Le bonheur tel que décrit là est un état qui se rapproche de la mort et qui n’est pas la sérénité comme le proposait une auditrice.Si l’on pousse l’analyse plus loin on s’aperçoit qu’être dans la fusion est ce que l’on perd de soi en tant qu’identité. David évoque « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen l’histoire de ce couple fusionnel jusqu’à la mort. (Extraordinaire roman à lire si ce n’est déjà fait)

Je m’excuse d’être une «  Psy bourreau de l’amour » comme le célèbre psy Irvin D.Yalom s’intitule dans un de ses livres. Parce que le psy démonte tout le mécanisme aussi bien physiologique que psychique, il fait toucher du doigts les illusions qui ont mis en place le couple, il repère la fonction réparatrice pour mieux la mettre en évidence. De quoi casser la baraque aux couples de la première « cuvée. » La « cuvée » suivante est beaucoup plus réaliste, elle sait mieux à quoi s’attendre…

Les questions fusent : Peut-on vivre l‘amitié sans fusion ? Et la passion ? La passion veut dire souffrance en latin, pathos en grec est un moment de la quête, quand on n’a pas encore comblé son manque; là où il y a du manque il y aura du désir.

En posant les questions à David Simard j’avais l’impression d’être un élément de jury pour la soutenance de son Mémoire !Ou le professeur qui l’interrogeait sur son travail. Cette nouvelle façon de procéder m’a bien plu, j’étais tout à fait à l’aise dans ce rôle.

à suivre…

C’est à Julien que je dois de rééditer cet article, qu’il en soit ici remercié.

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Un être qui veut s’ouvrir à l’amour doit savoir que toute forme d’amour représente une menace pour son Ego. Ainsi écrit Gerd Ziegler, dans son Tarot : Miroir de tes relations. Aujourd’hui c’est Gerd qui va s’exprimer sous ma « plume ». Ce qu’il dit m’a encore une fois interpellée, et peut certainement aider chacun  d’entre nous à avancer sur la route difficile de la vie.

S’ouvrir à l’amour est donc une menace pour l’Ego parce que l’Ego est la partie de notre conscience qui s’appréhende comme étant séparée de l’univers. L’Ego ne peut exister que dans la dualité, dans la séparation entre l’intérieur et l’extérieur, entre le Moi et le Toi.

Le chemin de l’amour nous fera souvent rencontrer la peur. Inexorablement, il nous montre que rien de ce que nous cherchons ne se trouve à l‘extérieur, mais uniquement en notre propre être intérieur. Et pourtant, c’est le miroir d’un pôle contraire situé à l’extérieur qui nous renvoie cette vérité et nous la rend perceptible.

Dans la plupart de nos relations amoureuses nous rencontrons les côtés les plus sombres de nous-mêmes. Ceux-ci nous renvoient souvent à des situations qui ont marqué notre passé et que nous n’avons pas assimilées…

Quelle que soit la forme sous laquelle se présentent les difficultés que nous rencontrons dans nos relations, elles indiquent chaque fois d’anciennes blessures qui ne sont pas guéries. Afin qu’elles puissent guérir il faut qu’elles soient rouvertes et nettoyées…

Notre capacité à aimer et à être aimés dépend de notre disposition à regarder en face les côtés les moins agréables de nous-même que nous cherchons le plus à cacher pour les clarifier…

Nous créons toujours pour nous-même les situations qui nous permettent d’apprendre ce qui est important pour nous à un moment donné. Chacune des différentes formes de relations, y compris la solitude et la séparation sont là pour nous guérir et nous transformer

Si l’on s’accroche aux situations de proximité ou de distance de façon rigide on interrompt le flux naturel de l’amour. Tout comme l’inspiration et l’expiration maintiennent tout organisme en vie, l’alternance d’intimité et de distance est nécessaire à toute relation humaine. Une relation ne s’éteint pas, s’il n’y a pas au même moment quelque chose d’autre, quelque chose de plus important qui nous attende. Bien entendu, il ne nous est pas toujours possible, de notre perspective réduite, de comprendre cela tout de suite. De telles situations nous sont toujours offertes  afin que nous puissions vivre l’expérience d’un plus grand amour dont chaque expression entre êtres humains, n’est qu’une allégorie…

Réjouissant, non? Je pense à Alexia, à Nathalie, à Florence et à tant d’autres qui pensent que l’histoire d’amour, celle qui s’achève en ce moment en les faisant tant souffrir est la dernière… Ces bribes de texte réconfortant, recopiées il y a belle lurette, au moment où j’étais persuadée que l’amour était ce qui nous construisait. Entre temps, j’ai oublié cette dimension qui nous propulse, j’ai perdu la foi en l’amour…Un séisme puissant, ébranlant mon organisme m’a remis sur le chemin du carnet oublié…

Un cadeau sous forme de coupe d’amour …

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Soirée psy et phi

Encore une belle soirée au Sex-o-café ce jeudi en la présence de David Simard (philosophe – psychosexologue) auteur entre autre de « L’amour à l’épreuve du couple » son dernier ouvrage qu’il a eu le plaisir de dédicacer.  En attendant le compte rendu il est à noter l’écoute intéressée, attentive, interrogative des invités présents. Si j’insiste sur la présence (comme une maîtresse d’école remarquant les absents) c’est pour signaler que sur les 28 inscrits  7 manquaient  à l’appel !  Il est dommage  pour eux qu’ils n’aient pu profiter de cet entretien préalable à la lecture du livre qui aborde de façon très complète les questions, les problématiques qui se posent dans le couple. Ce n’est pas un ouvrage qui donne des recettes, par contre il interroge sur la complexité du couple, l’importance de redonner du sens au désir de faire couple sachant qu’il  existe autant de couples possibles que d’individus différents.

Le mot revenu souvent dans nos paroles de psy – ψ – est inconscient, cet inconscient qui façonne la plupart de nos actes, de nos comportements.  N’est-ce pas l’accouplement de deux inconscients qui pousse à vivre l‘expérience, qui oblige à se référer au modèle parental ( ce qui ne veut pas dire à en adopter le modèle)? Cet inconscient qui nous agit en tenant compte du milieu social et culturel dans lequel nous  évoluons…Autant d’éléments qui nous éloignent de l’idée que nous avons d’agir en totale liberté

Voilà quelques réflexions dans l’après coup qui ne résument en rien les deux heures passées ensemble mais sert de prétexte  pour vous dire en petit aparté le programme du prochain SEX-O-CAFE. Il viendra Max’O  sculpteur de charme qui sculpte à partir des corps, des sexes, ce qui me permettra d’aborder l’importance de la sublimation dans la création artistique.

Vivez une belle fin de semaine.