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pétales de fleur qui se donnent

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La vieillesse c’est parcourir le temps qu’il reste à vivre à la manière d’une couturière qui pose des fils et les relie  entre eux pour fixer sa vie dans un canevas à la trame solide, aux points de croix serrés où repose son utilité; c’est tirer ici et là les nœuds jusqu’à les défaire pour les inclure dans l’ouvrage, une fois dénoués.

La vieillesse c’est regarder la taille parfaite – ou qui se voulait parfaite au moment de la coupe – et juger après coup de sa qualité ou de son imperfection. Peut-on à ce moment là en rectifier l’ouvrage? Non pas mais certainement peut-on y attribuer l’indulgence – l’erreur justifiant notre humanité – comme on le faisait si volontiers pour la jeunesse – qui oeuvre, légère et spontanée à un devenir. Jeunesse, sais-tu que ton devenir est vieillesse?

La vieillesse c’est mesurer la valeur de l’automne aux feuilles mortes et aux nombreux couchers de soleil qui tout délicatement s’engagent dans l’hiver, bien au chaud dans la fourrure des ans – et attendre.

Attendre sereins, le squelette et la faux. Attentifs à ce que la Mort ne nous surprenne pas au détour d’une absence, au détour d’une inconscience qui nous laisserait inertes et froids comme le marbre sous lequel nous reposerons tous un jour, ou légers comme cendres répandues sur l’eau bleue de la mer à donner à grappiller ce qu’il reste de nous aux oiseaux.

La vieillesse c’est avancer à petit pas sans précipitation, sûr que la fin est au bout.

C’est un dernier adieu aux nuages qui s’effilochent dans un ciel d’une nuit étoilée.

C’est la rivière à suivre jusqu’à la mer pour s’y jeter enveloppée d’écume. N’en jamais revenir.

Du vin d’ici à l’eau de là je vous souhaite un beau dimanche, quel que soit votre âge et l’état de vos artères.

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Sans aucune sonnerie, sans aucun appel de cor, le matin tire de sa torpeur un mort-vivant de son lit-tombeau. Avant de s’en être extirpé et en l’absence de  charentaises, avant même  d’avoir posé ses pieds par terre, Antoine  frotte vigoureusement ses yeux pour tenter d’y effacer, en vain,  les colonnes rigides que forment le montant de ses dettes. Oh, Antoine, ne doit aucun argent pour des dette de jeu, pas plus qu’il n’en doit à quelques maffieuses organisations. Non, non, c’est à l’état, qu’il dit maffieux, qu’il doit. L’état  lui réclame des taxes. Taxe professionnelle parce qu’il travaille encore. « Tu travailles à mon âge, tu dois payer des taxes pour travailler! » Alors qu’il aimerait se la couler douce entre soleil et ombre de ses points retraite. Insuffisants les points pour qu’il s’arrête de travailler.Taxe d’habitation plus élevées que le loyer de son petit studio qu’il a du mal à payer. Alors qu’il rêve d’une cabane de branchages sur une île déserte. « Tax,tax,tax, écoute ça fait un joli son » répète t-il comme une sinistre écholalie.

Encore un jour qui s’annonce mal pense Antoine qui depuis quelques mois cachetonne. Là, encore me fait-il remarquer « je ne cours pas le cacheton comme un artiste ». Pourtant je trouve à Antoine un sens de l’humour bien particulier qui pourrait le mener sur les planches. « Mais j’avale, précise t-il, avec mon jus de chaussettes qui me tient lieu de café, deux gélules rouges pour me mettre le cœur à l’ouvrage. Il tourne dans ma tête  sur un air de java la complainte « C’est fou comme l’argent permet de supporter la pauvreté ». Alphonse Allais enfonce le clou de la dérision. Je préfère en rire, je ne sais plus pleurer ».

Pour remonter le taux de sérotonine que le stress lui a complètement pompé, Antoine se cachetonne avec comme devise « Nous sommes complètement comprimés, alors pour vivre heureux vivons cachets. » Et hop! il s’envoie dans le gosier que les vitupérations enrayent des comprimés de toutes les couleurs. Les rouges le matin pour le réveiller. Les bleus en début d’après midi pour prévenir l’angoisse. Les blanches le soir pour passer une bonne nuit, sans cauchemar. Entre temps des moitiés verts, moitié blancs. « Le rêve quoi », me fait-il remarquer. Mon regard interrogateur, lui fait préciser  » Ben, quoi? C’est gratos, les cachets. La sociale sécurité me tient en laisse; même si je sais qu’à ce rythme je finirai par y laisser la peau, en attendant je peux bosser et obéir au président. »

Écoutant Antoine  me raconter les péripéties sa vie comprimée, j’oublie de descendre du bus et continue avec lui  jusqu’au terminus.

Sur le retour dans le bus vide ma pensée vagabonde : finalement c’est quoi le bonheur ?

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Avec le passage de l’équinoxe d’automne, les jours sont plus courts que les nuits. L’ombre augmente. Au plein cœur de l’automne la fête de la Toussaint annonce la réalité de la vie que nous tentons de poursuivre se terminant invariablement par la mort.

Nous sommes tous confrontés à l’angoisse, à la difficulté de vivre, à l’échec, au désir de mourir, y compris mourir de plaisir. Nous sommes tous embellis par la joie, la réussite, la confiance en soi. Je nous espère tous cherchant un sens à sa vie.

Le cheminement intérieur parcourt l’immensité de l’intime en créant des désordres de l’âme. Dans ce chemin difficile qui nous reflète en nos miroirs déformants, puisse-t-on y trouver la richesse qui nous habite, inviolable, sans vol possible. Richesse accessible à qui sait lire les maux pour traduire en mots après avoir déchargé les humeurs puis rechargé notre cœur de persévérance, de gratitude, de beaux sentiments pour nous faire continuer la route jusqu’à l’hiver …définitif.

L’automne entamé depuis peu de jours, nous rend compte, si on veut bien s’y attarder, de la progression de notre vie affective liée à l’évolution psychique, intellectuelle. L’automne incarne la troisième phase de la vie. Les semences déposées au creux du sillon après le labour et le repos de la terre, éclosent au printemps, mûrissent l’été. Puis vient l’automne période de la récolte des fruits. Chaque saison inspire des sentiments différents. Si les esprits chagrins oublient la flamboyance des couleurs automnales, ils ne retiendront de l’automne que le recul des jours qui rallongent les nuits, le vent d’autan lourd et chaud, les épaisses brumes matinales, le retour en force d’un soleil capricieux.

Les optimistes y redécouvriront le cuivre des forêts, les vendanges offrant un après de vins capiteux, la douce châtaigne dans sa bogue hérisson, les moissons engrangées dans les greniers modernes. L’incendie des forêts, que nul pyromane n’allume, réchauffe les yeux et le chemin parcouru sans brûler nos pas feutrés dans la douceur d’odorants tapis de feuilles colorées mais mortes.

A l’automne, la terre a donné sa richesse tandis que le paysan va continuer son inlassable travail de retournement, de labourage, ensemencement, re-taillage de la vigne, préparation des futures moissons. Cette terre morcelée détruira les débris des racines enchevêtrées, lacérées, restées en elle, puis entamera un processus de décomposition, préparant le sol à d’autres semences, à d’autres futurs.

Nous pouvons comparer le cycle des saisons aux différents stades de la vie. Chaque étape de la vie représente une évolution qui peut se traduire ainsi :

  • Enfance : graines semées par les parents, les éducateurs. La naissance jusqu’à la pré adolescence.
  • Adolescence : bourgeons, fleurs prêts à éclore. Le printemps.
  • Jeunesse : formation des fruits. Fin du printemps, début de l’été.
  • Adulte : cueillette et dégustation des fruits. Séparation du bon grain de l’ivraie. Le plein été et début de l’automne
  • Vieillesse : Réaliser et vivre de la récolte. Profiter des acquis en attendant la fin dans la Sagesse. Fin de l’automne et l’hiver. La mort.
  • Chaque saison changera la qualité du pâturage  où de la naissance à la mort nous irons en courtes transhumances renouvelées à chaque étape de la vie.

 Qu’en est-il de notre psychisme quand vient l’automne ? Récolterons-nous ce que nous aurons semé ?…

Nous ne verrons pas l’arbre portant sexes féminins au nombres de 9 feuilles dans lesquelles se sont glissées des lèvres ouvertes découvrant les nymphes et un clitoris, pour certaines laissant apparaitre un piercing…

A l’ombre du tronc le haut d’entre-cuisses ouvertes, un pubis imberbe (une toison est une torture garantie au démoulage) sur lequel repose au bas du Mont de Vénus une orchidée dorée  offerte. Seulement voir ! Pas toucher !

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Merci à Frédéric J. pour la photo d’une sculpture de Max’O.

 Le sexe et l’art : tous deux formés d’une syllabe, sexe et art s’enlacent depuis la nuit des temps, depuis que l’homme dessine  du bout des doigts…

Le sexe submerge la sphère artistique quel qu’en soit le domaine, il s’exhibe dans les musées, se lit dans les ouvrages jadis cachés, s’écoute dans les théâtres, se regarde sur les écrans. Le sexe dans l’art s’expose de tout temps : des grottes de Lascaux aux fresques de Pompéi, sans aucun doute le sexe s’exhibe.

L’art questionne toujours plus ou moins le corps. Le corps où se cache ce que l’art suggère ou montre crûment.  L’artiste dévoile le désir obscur, suggère ou montre le corps pour mieux l’offrir au regard. Par ses créations l’artiste nous donne à voir, à lire, à regarder, à toucher, à entendre ; il touche nos sens, quelques fois fait effraction émotionnellement ou bien encore bouscule notre sensibilité.

L’artiste se sert de la force créatrice de la pulsion sexuelle pour transcender et révéler son inconscient qui l’agit. En psychanalyse ce phénomène se nomme la SUBLIMATION. La sublimation qui consiste à transformer une pulsion sexuelle en création artistique.

 

Narcissisme et exhibitionnisme : ce passage est inspiré d’un article de Télérama relatant des expositions à Paris en 2007

Des « Figures d’Eros » cent quarante-­cinq aquarelles de Rodin exposées au musée du Jeu de Paumes,  de « Féminin-masculin » à Beaubourg (1995) de « Amours, guerres et sexualité » aux Invalides, et ici ce soir au 3.14 par Max’O, le sexe en tant qu’art s’expose partout dans les lieux de la culture où le public peut en jouir. Ces expositions interrogent notre regard qui devant le sexe est quelques fois bousculé. De quelle manière ces ­fesses, ces seins et ces pénis, ces actes de la vie intime ici exposés vous interpellent ?

Il existe entre l’art et le sexe une histoire commune qui dure depuis toujours. Amitié déclarée et assouvie chez les Grecs et les Étrusques (entre autres), qui nous ont laissé le somptueux hermaphrodite en marbre (IIe siècle après J.-C.). Ou amitié contrariée dans l’Occident chrétien obligée de passer par les grandes scènes mythologiques ou les thèmes bibliques pour obtenir une place sur la toile. Si le sexe ne sautait pas aux yeux dans certaines peintures il laissait apercevoir des chairs voluptueuses (canon d’une époque), la naissance d’une gorge au palpitant grain de peau. Ou bien le sexe se découvre complètement dans L’Origine du monde, (1866) de Courbet, dont Lacan est devenu le dernier acquéreur avec Sylvia Bataille.

 « La pornographie n’a qu’un but, affirme Marina Wallace : exciter. Alors que l’érotisme !

Nous avons vu dans un précédent Sex-o-café le peu d’étanchéité de la barrière qui sépare l’érotisme et la pornographie ; la ligne est ténue et ce qui sera pressenti pornographique pour un tel ne le sera pas pour un autre.

Ici en particulier MAX’O, artiste atypique qui sculpte à même les corps. Il  dévoile dans le sens où il lève le voile sur l’intimité, sur une réalité souvent cachée ou exposée avec ostentation dans la pornographie, pornographie dont MAX’O se défend. Ce qui est donné à voir dans ses œuvres sont des scènes de la vie intime ordinaire (fellation, masturbation) qu’il magnifie ; parties de corps, bustes de femmes, d’hommes connus ou moins connus, des cuisses ouvertes sur des sexes de femmes (vulve et clitoris apparents) sexes d’hommes en érection ou en au contraire en détumescence. Max’O est le témoin des fantasmes qu’il réalise à la demande d’un modèle, d’un amoureux ; c’est aussi une manière d’être immortalisé comme ce fut le cas du chanteur des « Two be free » qui fit sculpter son buste quelque temps avant son décès.

L’artiste a besoin d’un modèle (mais pas toujours ; je pense à certains peintres, certains auteurs de littérature qui ont pour modèle un imaginaire, un inconscient qui les taraude et les agit). Les actrices du X sont des modèles sans tabou, elles exhibent leur corps sans complexe ; ce corps est un outil professionnel et une manière de satisfaire leur narcissisme. Peut-être aussi d’entretenir l’illusion de beauté et de jeunesse éternelles. Quelque chose d’eux qui reste au-delà du temps qui change les corps et les visages que les  portraitistes et les sculpteurs immortalisent. 

Ainsi pour ériger cette œuvre que Max’O a appelée « L’arbre de vie » 9 femmes ont accepté de prêter leur sexe afin qu’il soit moulé. L’arbre de vie est le symbole de la gestation = 9 feuilles = 9 mois de gestation au terme desquels l’enfant né.

La passion anime l’artiste, c’est la sublimation inconsciente, l’amour de l’esthétique, la sensualité et j’ai envie d’ajouter les démons ou les muses intérieurs qui s’expriment dans toute création artistique.

Le stress stimule l’artiste. Dans le cas de Max’O c’est l’angoisse  de rater le moulage qui le stresse. Le goût pour l’érotisme change son regard, fait évoluer l’approche de la sexualité qu’il regarde avec un œil d’artiste débarrassé du libidineux, de la concupiscence.

Les artistes ont besoin d’avoir un public sans lequel ils n’existent pas.

Le temps de la « libération » a pris fin avec l’arrivée du sida – ces années 1960 et 1970 pendant lesquelles « les lois s’assouplissent, les tabous tombent, on baise sans retenue et on le fait ­savoir dans ses œuvres », dixit Paul Ardenne – Et l’art militant (celui des ­minorités sexuelles, notamment), s’il reste combatif, a perdu en visibilité. Reste la dernière période, celle dans laquelle nous sommes toujours. Marquée à la fois par l’étalage de sexe – on ne biaise plus ! – et le doute : comment exprimer une émotion – le sexe – quand cette dernière est livrée en pâture à la télé, conjuguée au présent virtuel sur Meetic et proclamée de manière spectaculaire comme le nouvel impératif catégorique d’une société  « sans tabous » ? « On veut du cul ! » pouvait-on lire il y a quelques années sur une ­affiche de cinéma. On en a. A gogo. Les artistes interrogent d’ailleurs cette déferlante, mais souvent le ­regard se cherche et tourne en rond, si l’on en juge par les œuvres contemporaines exposées. L’intégration d’images pornos par les photographes (Thomas Ruff, Jeff Koons) et les peintres (Marlene Dumas) a beau se jouer des stéréotypes sexuels, elle résonne comme un commentaire froid et redondant sur l’industrie du plaisir. L‘émotion s’est enfuie.

Le scarabée est un insecte…

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Double cliquez sur l’image pour la voir entière

 

 

Merci à Anne, à sa complicité.

Texte à propos de l’artiste Wadji Mouawad auteur du film « Incendies » qui définit parfaitement l’artiste et sa création qui se nourrit de la merde du monde dont il arrive parfois à faire jaillir la beauté :

« Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal.Pourtant le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère. De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la production de cette carapace si magnifique qu’on lui connaît et qui émeut notre regard: le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères.

Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les œuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il œuvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté. »

Ce texte a conclu ma lecture sur le « sexe et l’art, » thème du sex-o-café de novembre qui se passa dans une ambiance chaleureuse et presqu’intime parmi les œuvres de Max’O.  Posés, sur les tables jointes séparant le groupe en deux on pouvait admirer certains phallus arrogants,  fiers, alors que d’autres,  en fin de d’érection, avaient perdu de leur superbe;  les attendrissants sexes fleurs de femmes, un buste aux seins menus, des cuisses ouvertes sur une vulve offerte… Rien dans cette petite exposition ne dérangeait le regard, rien ne venait choquer les pudeurs…Point de pornographie seulement de l’érotisme  que chacun apprécia à sa mesure.

Prenez soin de vous en cette belle fin de journée et profitez encore un peu de la Pleine Lune.

 

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Côté météo:

Mer déchaînée, très agitée. Tempête tourmente les arbres.
Pluie diluvienne stoppant net remplacée par le vent d''est balayant les nuages qui dégagent le ciel  laissant apparaître le bleu avant la nuit et ses étoiles.

Que fait-il ? Est-ce le jour qui l’empêche d’être présent? Attend-il la nuit pour présenter ses hommages?
Me reconnaîtra-il ? Que fait-il ? Comment va-t-il?
N’a-t-il pas compris que l’absence de mots m’angoisse ? Et la plainte qu’elle provoque en moi m’exaspère.

Avec l’amie nous refaisons le voyage en marche arrière dans le passé qui nous entraîne assez loin et  précise certaines choses que l’on ne voudrait plus vivre au nom de l’amour.
Pourtant nous sommes prêtes à en vivre d’autres au nom de l’amour. De l’amour qui bouillonne en nous comme un torrent prêt à se déverser dans l’océan.

Qui es-tu, toi que je ne connais pas mais cependant que je soupçonne d’être là pour moi? Peut-être es-tu cet océan qui vient à point nommé pour recueillir les  torrentielles émotions qui s’échappent de moi?

Toi l’inconnu, vas-tu penser  (mais  qu’importe?) que je délire ? Mais il n’en est rien. Ma lucidité est telle que j’en suis moi-même étonnée et j’ai beau extrapoler des scénari du plus au moins catastrophiques l’avenir se dessine avec un toi idéal en filigrane.

Le temps ? C’est mon ami. Saturne est ma planète et la tienne aussi qui sait? Le temps, mon compagnon des randonnées solitaires, me donnera-t-il raison, toute raison gardée ? Le croire au nom d’un lointain engagement : celui de ne rien détruire et de ne rien faire qui puisse nuire…

Une bouteille jetée à la mer revient toujours sur le rivage si elle ne se fracasse pas sur les rochers. La patience : un élément du devenir semble dire le flacon flottant sur les flots.

Prenez soin de vous par les temps qui courent.

ψ et φlosophie de vie

Voici un copié collé d’un article sur slate.fr venu frapper mes yeux, les déciller

Non, nous ne sommes pas tous malheureux et au bord de la dépression. Mais nous souffrons tous car notre cerveau n’est tout simplement pas équipé pour le monde du 21ème siècle. Nous sommes atteints à des degrés divers d’un désordre psychologique lié à notre éloignement du monde naturel dont nous sommes issus.

C’est l’explication avancée à la difficulté grandissante que nous éprouvons les uns et les autres à retrouver des bonheurs simples et des joies spontanée par Andrew Weil. Il est Professeur de médecine à l’Université de l’Arizona et est le gourou de la médecine alternative le plus célèbre aux Etats-Unis, auteur de nombreux livres à succès dont le dernier est titré Spontaneous Happiness («La joie spontanée»).

Sur le site The Daily Beast-Newsweek, Andrew Weil explique que la dépression est «un désordre de la vie moderne dans un monde industrialisé… En général, les pays où le mode de vie est le plus éloigné des standards modernes, les gens ont le plus faible taux de dépressions». Il ajoute que selon son expérience, «plus les gens possèdent moins ils ont de chance d’être satisfaits».

Andrew Weil a pris pour exemple aux États-Unis la secte religieuse des Amish qui refuse la modernité et a un mode de vie rural très proche de celui du 18ème siècle. Le nombre de dépressions au sein de la communauté Amish est dix fois inférieur à celui des autres Américains. Le psychologue Martin Seligman de l’Université de Pennsylvanie, autorité reconnue qui a étudié les Amish et de nombreuses cultures dites pré-modernes, estime «qu’il existe bien quelque chose dans la vie moderne qui crée un sol fertile à la dépression».

Pour Andrew Weil, le constat est le suivant: «nous sommes de plus en plus nombreux à être sédentaires, à passer la plupart de notre temps à l’intérieur des bâtiments et des habitations. Nous mangeons de la nourriture industrielle altérée de ses origines naturelles et cela a un impact sur l’activité du cerveau et notre humeur. Nous sommes submergés par un flot sans précédent d’informations et de stimulations dans cet âge de l’internet… et tout cela contribue à affecter notre santé émotionnelle et physique». Il souligne que les comportements associés avec la dépression – la réduction de l’activité physique et des contacts humains, la recherche sans fin de distractions, la consommation d’une alimentation industrielle – sont des comportements de plus en plus répandus volontairement ou non.

Les humains ne sont tout simplement pas conçus pour cela. Ils ont évolué pour s’adapter à leur environnement naturel et pour s’associer étroitement au sein de groupes sociaux. Cela assure un équilibre émotionnel naturel qu’il est de plus en plus difficile à trouver.

Alors pour corriger le décalage grandissant entre le monde moderne et «nos cerveaux et corps anciens», Andrew Weil recommande de modifier notre mode de vie, de faire de l’exercice physique, d’améliorer notre sommeil, de passer plus de temps au soleil, de manger plus de poissons, de multiplier les relations sociales …

Complétement d’accord avec Andrew Weil je propose que l’on applique chacun à notre mesure et autant qu’il nous est possible les préceptes ci-dessus indiqués.Chaque pas compte pour se réapproprier un bout du monde naturel dont nous sommes issus.

Où que vous soyez belle journée à vous.

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Du mur de Berlin depuis 22 ans tombé en murs de Facebook qui s’affichent, les nouvelles ces derniers temps sont à l’image de mon double Triste Mine Sans Crayon pour écrire au bout. Ah! Vous l’aviez remarqué ? Ne serait-il tentant de rêver sans fermer les yeux pour retrouver le sillage des étoiles et des lits moelleux où s’abandonneraient les corps des amants heureux. Pour cela nous devons oublier les cadences infernales imposées dans certaines sociétés dont le seul objectif est la rentabilité. Orange, tu connais ? C’est autre chose que la citrouille de rigueur à Halloween !

Oublier aussi que nous vivons dans un monde totalement impudique dont la vénalité est d’autant plus obscène qu’elle s’exhibe décomplexée. Pourtant n’importe quel animal naît avec une bouche pleine de dents, avec les os du crâne bien soudés, tandis que l’homme, cette race d’animal supérieur ô combien évoluée, naît prématuré, inachevé, boîte crânienne encore ouverte, peau tendue sur  fontanelle.

Pourtant il serait bon d’oublier que nous sommes tous névrosés et au nom de notre chère névrose nous obéissons au pulsionnel qui nous agit. La névrose c’est notre norme, une marque de fabrique de l’époque freudienne, la névrose qui a tendance, par les temps qui courent, à se couler sournoisement vers la perversion où la psychose l’appelle. La voilà qui recommence à s’agiter, penseront certains. Mais qu’importe ! Comme dans le ventre d’un avion quand la pressurisation est telle que les tempes prêtes à exploser mettent notre tête dans la parenthèse de nos oreilles, assise sur le lit désert d’homme inachevé, grignotant une craquante cracote grattant de ses miettes mes jambes en lotus repliées, je rêve à la Corse et à ses couchers de soleil flamboyants  sous la mer sage où j’irai me baigner. Demain.

Faut-il se satisfaire de ce que l’on a pour être heureux, puisque chaque jour que l’on gagne est un jour perdu ? Le gain se déduit d’une perte. Toujours. Indécence du comportement dont la crise aura révélé le phénomène. La v’la t’y pas encore partie, perdue sans boussole dans les dédales de sa pensée? On peut toujours sourire à voir Marilyn faire le mur de Cannes. Elle a réussi à s’échapper la belle de ce monde immonde plus dur que béton; elle a réussi à s’envoler des griffes aux ongles écaillés des méchants prédateurs qui ne voyaient d’elle qu’une pauvre et belle idiote.Un butin. Un magot voilà ce que représentait Marilyn pour eux.

Finalement il est bien facile de se clochardiser me disait une amie au nom d’élue. Au nom de l’amour, peut-on tout dire à l’amie ? Peut-on lui suggérer de se méfier de celui-ci  identique aux autres auxquels elle a crus ? Celui-ci pareil aux hommes auxquels elle s’est abandonnée?

D’un mur à l’autre et pour éviter de se taper la tête contre eux, mon esprit vagabonde dans les rues de New York City. Là, sur le parking désert de voiture à 120$ l’heure, s’affichent des tags magnifiques qui rendent  vie au plus sordide des murs de NYC. Keith Haring, merci, d’avoir inventé la culture on the street.