Subscribe to Libido Sexualité Subscribe to Libido Sexualité's comments

Pleine Conscience

Entre mes jambes repliées en lotus je posais le combiné du téléphone et essayais de me reposer quelques instants, tout en méditant sur ce que je venais de lire – Le Trou. Le trou sur lequel viennent se poser régulièrement les objets pulsionnels. Sur ce trou dans l’image, en référence au miroir évoqué par Lacan vient se poser petit « a » cause du désir. Ma pensée partit dans le jeu de mot que mon imagination transforma en  con biné. Mon con à moi n’avait pas été biné depuis des lustres où je m’accrochais pour ne pas sauter sur le premier apollon venu. Heureusement les apollons ne courent pas les rues ce qui me permet de rester à ma place. Mon con qui n’avait pas été biné depuis longtemps faisait de mon jardin intime une friche. A l’origine du mot grec hystéricon, le con veut dire sexe de femme ; le verbe biner quant à lui me rappela ma grand-mère maternelle qui régulièrement partait dans son potager avec un petit binoir pour aérer la terre autour des salades…

C’est à ce moment là de ma réflexion que le combiné se mit à vibrer entre mes cuisses transformant  en sextoy vibrant cet objet de communication. Et vous savez quoi ? A  l’autre bout du fil, un amoureux, heureux enfin de pouvoir me joindre, me proposa de venir me retrouver quelques jours afin d’aérer mon potager.

Joyeuse St Valentin de Thaïlande par un farang (français) tendrement respectueux des personnes et de leurs coutumes. Qu’il soit ici remercié pour le partage de son beau texte.

Sourire Thaïlandais

Il fait chaud, à midi passé, je tourne à gauche sur Phun Suk dans cette rue sans nom où se trouve le cybercafé. Une jeune femme mince, à la poitrine généreuse, vient en sens inverse, dans une rue tiède du quartier « chaud » de Hua-Hin, un sac de provision à la main, quatre ou cinq plats complets dans leurs emballages isothermes blanc. Un sourire, qui m’est manifestement destiné, lui aussi est blanc et généreux. J’y réponds avec un « sa wat di khrap » dont l’accent la fait rire. Elle me prend par le bras, me propose un « drink » dans son bar le Coconuts, manifestement un bar à filles. Rien ne distingue cette jeune femme, sans maquillage aucun, d’une passante quelconque, rien, si ce n’est cette invitation à prendre un verre dans un girlies-bar, le HARD BANG KOK CAFE COCONUTS espèce « d’épicerie arabe » des bars à hôtesses.

Je sens contre mon bras la douceur ferme d’un sein et un parfum léger ; je la suis et m’assieds à l’ombre, sur la terrasse. Un chiot minuscule, âgé de quelques semaines accourt et quémande une quelconque friandise. Je lui caresse la tête, il se roule sur le dos, me mordillant les doigts. Nam, c’est son surnom d’amitié, a déballé son repas, après avoir distribué les autres aux jeunes et ravissantes filles qui s’affairent dans le bar.
Je reconnais, outre les brochettes de poulet grillé, la fameuse salade de papaye verte, « som tam ». Elle m’en propose. Je refuse, c’est bien trop épicé pour moi. La mama-san m’a servi mon eau minérale. J’ai soudain très faim. Par geste et en anglais de cuisine j’explique que je vais aller chercher à manger. Je reviens avec un poisson grillé, traversé de part en part par des tiges de citronnelle, aromatisé de coriandre et d’ail et du riz gluant. Il fait chaud, un air frais circule à l’ombre des cocotiers, Nam me sourit, décontractée. Les filles ont cessé de s’agiter et mangent, le chiot Li-Vaï s’est endormi à l’ombre, sur une marche. Lorsqu’un rare Farang passe dans la rue, elles l’appellent, peu convaincues d’un « Beer, drink » ou d’un « where you going ». Je suis particulièrement bien, je déguste mon repas, délicieux, le temps, atemporel, s’écoule en silence.

Nam m’a initié au parler thaï, invité à quelques leçons. Leçons aboutissant à des travaux pratiques, ma fois, plus qu’agréables, le jour du quatre-vingtième anniversaire du Roi. Nam a trente-sept ans.

Avec Nam, sa douceur, son rire, son sourire, j’ai pu mesurer le danger que représente une bar-girl de dix-huit ans pour n’importe quel homme, même fortement prévenu, hostile même à ce genre de rencontre. Nam m’a décrit, avant tout autre, le parcours et les motivations de ces filles de l’Isan, vendues et louées par leurs familles, par leur mère. Pour Nam, First is Money… avec en prime parfois, lorsque le farang est doux, amical et sobre un peu de tendresse vraie, un nuage de tristesse passe alors dans le regard…

Avec Nam a débuté et s’est achevée ma première expérience, au Pays du Sourire, mêlant sentiments et sexe vénal. Nam m’a envoyé ses vœux pour Noël, elle est repartie dans l’Isan avec un Farang. Elle m’appelle parfois…

?

N’enserrez pas un cœur il mourrait étouffé

comme l’agneau pris dans les griffes du gypaète barbu

N’enfermez pas l’Amour, se flétrirait la flèche dont Cupidon l’a percé

Si vous  lâchez un cœur après l’avoir aimé

il fera de l’Amour un simulacre d’une manifestation mortifère, une envie consommée et consumée comme feu de paille et non la signature du Désir jaillissant comme flammes ardentes à l’assaut du Ciel.

Mains offertes, cœurs joyeux, yeux brillants, pieds dansants,

Faites de cette fête une profession de foi, un renouvellement des serments, une confirmation du Désir. Et

Portez la coupe à vos lèvres unies pendant que de vos bouches mêlées à vos baisers s’envoleront mille mots pour signer d’amour chaque jour de l’année.

Belle Saint Valentin