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coccinellebrancheenfleur

Je vous propose un jeu qui consiste à écrire un scénario au fur et à mesure des acteurs en présence et en scène. Autrement dit : vous ne projetez rien, mais attendez qu’il  soit chez vous près de vous. Vous n’attendez rien…Et de surcroit vous aurez !

La seule chose que vous êtes autorisée à mettre en place est le décor : pensez à certains éléments qui rendront l’atmosphère légère. Ici une fleur ; là des serviettes d’invités ; le choix d’un thé ou d’un bon café que vous lui proposerez (selon l’heure de son arrivée) ; cela s’appelle l’accueil. Vous mettrez tout ce qui vous semble bon pour accueillir cet ami que vous n’avez pas vu depuis longtemps et qui a certainement changé… Qui ne correspond plus tout à fait à la photo du dernier mail pas plus qu’à l’image que vous en avez gardée.

L’histoire s’écrit à partir de maintenant. Il se peut que certains souvenirs refassent surface que vous jugerez opportun ou pas de les évoquer. Ressentez l’ambiance qui règne en sa présence. Tout en restant dans l’instant, consciente des émotions qui vous traversent, soyez attentive à vos impressions ; sans focaliser sur la première impression, sachez en tenir compte ; c’est toujours la bonne…

Et puis viendra la première soirée qui dépendra elle aussi de l’atmosphère de vos retrouvailles et là vous saurez votre désir  – ou non – et le sien, votre envie de partager ou pas…

Quant à dormir ou non ensemble, puisque jamais vous n’avez consommé,  laissez vous guider par cette première impression, elle déterminera le choix que vous lui proposerez : « Où veux-tu dormir ? Avec moi ? (si vous en avez envie, seulement.)  Seul sur le canapé ? »

De l’humour à saupoudrer comme une épice ; de la gaieté transmise par la dopamine. Laisser le naturel revenir au galop en étant vous-même (vous pouvez me dire « si seulement je savais qui je suis ! »)

Quoiqu’il en soit, dans l’interprétation, jouez la spontanéité ; ne sur-jouez pas ; ne faites pas ce dont vous n’avez pas envie pour seulement faire plaisir à l’ami, cela se sentirait, mettrait des fausses notes dans la partition. Acceptez sans les nier le plaisir, le désir; soyez respectueuse de vous-même…

N’anticipez pas les minutes d’après ; restez là, présente à l’instant et tout se passera bien.

Ainsi vous écrirez l’histoire au fur et à mesure. Et si un mot, une phrase sort spontanément et quelle vous semble inadéquate au sujet, au moment, à l’idée que vous vouliez exprimer … qu’à cela ne tienne vous avez le droit de poser la question tout haut « mais pourquoi j’ai dit ça ?! » en rire et en discuter avec lui.

Pour les repas lui proposer de vous accompagner en continuant la conversation pendant que vous préparez ou mieux l’inviterez à mettre la main à la pâte ; donnez lui un « truc à faire », c’est un bon test qui donnera un idée de sensualité…

L’enfant : Vous ferez les présentations de votre ami à votre enfant. «Marc est mon ami, je le connais depuis … il est venu me voir et va rester quelques jours avec nous. Présenter votre enfant à Marc : « voilà ma perle… » Là vous pourrez remarquer: Est-il attentionné ?Lui demande-t-il son âge ? S’intéresse t-il à l’enfant, à l’école, à ses jouets ? Au moment de dormir couchez votre enfant comme d’habitude avec la routine habituelle, (câlin, histoire…) et revenir vers Marc.

Projeter un futur heureux ne le fera se réaliser comme tel qu’en vivant un « ici et maintenant » heureux. Rappelez-vous « le futur est le résultat du passé qui lui-même se vit au présent » Si maintenant vous êtes confuse le futur le sera aussi. C’est aussi simple que ça. Demain n’existe pas, dans l’absolu. Demain me rappelle toujours ce dessin : une pancarte dans un magasin sur laquelle était écrit « demain on fait crédit ». Une manière comme une autre de dire que demain n’existe pas plus que l’achat à crédit.

C’est difficile de discipliner son esprit ; il est comme un cheval jeune et fou ; de plus nous ne sommes pas arrivés à l’état de Sagesse ; là encore il faut du temps pour canaliser nos pensées, nos émotions… Tous les jours une certaine pratique vécue avec douceur est une bonne manière d’arriver à être en paix avec soi-même.

Prenez soin de vous.

Il y a quelques jours mourrait Antoinette Fouque : le 20 février 2014 exactement. Figure  « phare » du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) qu’elle créa; psychanalyste, elle était totalement engagée politiquement. Ce sont ses mots qu’elle a donnés à une interview pour Télérama peu avant son décès ; ses mots recopiés ici pour  lui rendre hommage et à travers elle c’est à toutes les femmes (enfin presque)  que cette journée rendra hommage.

« Toute femme n’a pas le talent pour être écrivain, mais, Rimbaud l’a dit, toute femme a le génie de l’écrivain! J’appelle ça la génialité, ou la génitalité, c’est à dire la compétence ou la capacité à donner la vie. Procréer c’est créer. Toute femme est créatrice de sens, c’est à dire de vie, donc d’œuvre. Une œuvre d’être ou une œuvre d’art, ou les deux.

Car c’est la naissance de sa fille, sa  maternité, où elle prit conscience des difficultés qui s’imposent aux femmes dès lors qu’elles sont mères et mariées.

Contrairement à Freud pour qui la libido est d’essence masculine, Antoinette pose la question de la femmes et du corps dans la théorie psychanalytique. Au phallus, centre des thèses freudiennes, Antoinette propose l’existence d’une libido spécifiquement féminine, qui s’oppose à la génitalité masculine phallique-anale. Elle évoque une « libido utérine »  qu’elle nomme « libido2 » puis, changé plus tard par «  libido creandi « 

Toutefois, elle mettait en garde  » Attention à ne pas régresser ». Car si au phallus elle oppose le vagin, l’utérus, comment peut-on oublier que les organes féminins  sont plus que jamais lieu de viols, de cruauté, armes de guerre et de torture ? En détruisant les femmes c’est tout le tissu social qui  est détruit…

Elle n’était pas de ces féministes qui condamnaient la maternité bien au contraire : « Avec la maîtrise de la fécondité (contraception) beaucoup de femmes, même partiellement, même maladroitement, se sont appropriées la victoire (du combat de nos aînées). La grande conquête, c’est d’affirmer l’enfant comme objet de désir. »  Et non plus subir des grossesses non désirées ou/et imposées.

Plus ça va, plus vous faites l’éloge de la lenteur, lui dit Marine Landrot :

« Le monde actuel vit sur le temps frénétique de la digestion (je mange, j’expulse et je recommence) et sur le temps industriel de la gestion. C’est le temps phallique qui gouverne l’entreprise, le temps de l’érection, le temps du flash, le temps de la drogue. Pour ma part, je ne suis ni sur le temps de la digestion ni sur celui de la gestion. Je suis sur celui de la gestation. Un temps long qui se déploie sur 9 mois, un lieu d’économie vivante, charnelle.Un temps du vivant plutôt qu’un temps de la technique, du calcul, de l’accumulation. Le temps de la création permanente, de l’échange et du partage. « 

Oui, prenons le temps de poser les actes. Prenons le temps de nous préparer pour créer de belles relations « femme/homme-femme/femme-homme/homme ». Prenons le temps de l’amitié. La lutte doit continuer pour ne pas perdre ce qui a été si dur à obtenir.

Le 8 mars est la fête des Femmes. Tout le monde en parle de cette journée. Et après qu’en reste-t-il ?

Comme m’écrivait  un homme cher à mon cœur « En ce jour particulier pour les femmes, je continuerai à fêter les femmes tous les jours. C’est mesquin un seul jour pour les aimer. »

« Ah ! Parlons en des marques d’amour de mes parents, » s’exclamait Josiane en séance. Ma mère était tellement en phase avec sa vie de merde, qu’elle nous a abandonnés, mon petit frère et moi; j’avais 3ans. Et mon père ? Lui était seulement responsable de sa bouteille; ses valeurs étaient celles du PMU. Lorsqu’il misait sur des canassons, des tocards ou des outsiders dont un avait la chance d’être dans les trois premiers il allait au bar du coin s’arsouiller jusqu’à ce qui ne lui reste plus une thune. Vous en voulez des parents responsables de leur progéniture ? Venez chez moi ! sanglotait-elle.

Régine évacuait ses larmes discrètement. Mon père ? Mon père, ricanait-elle férocement à son souvenir. Il est parti avec la meilleure amie de ma mère qui pleure encore vingt ans après.

Et pourtant ces quatre là, ces deux couples parmi tant d’autres qui donnèrent Vie, ont prononcé à un moment donné le « JE T’AIME » fatidique sans aucun autre engagement que celui qui les a enchaîné à un destin sordide

Que signifie cette déclaration d’amour qui, pour Derrida « est un mot valise qui signifie qu’un message conformément à son destin ne peut arriver à destination »

« Je t’aime, je t’aime c’est tout ce qu’elle sait dire » chantait Claude Nougaro dont c’est aujourd’hui l’anniversaire des 10ans de sa mort: Un’ petit’ fille en pleurs dans une ville en pluie/Où est-ell’ Nom de Dieu !/Elle a dû remonter par la rue d’Rivoli/J’ai d’la flott’ plein les yeux/Parc’ qu’elle avait rêvé je ne sais quel amour/Absolu, éternel/Il faudrait ne penser, n’exister que pour elle/Chaque nuit, chaque jour/Voilà ce qu’elle voudrait.Seulement y a la vie/Seulement y a le temps/Et le moment fatal où le vilain mari/Tue le prince charmant/L’amour, son bel amour, il ne vaut pas bien cher/Contre un calendrier/Le batt’ment de son cœur, la douceur de sa chair…/Je les ai oubliés./Où donc est-ell’ partie ?/Voilà qu’il pleut des cordes/Mon Dieu regardez-moi/Me voilà comme un con, place de la Concorde !/Ça y est, je la vois/Attends-moi !/Attends-moi !/Je t’aime !Je t’aime !Je t’aime !…(Vous entendrez les paroles en musique en cliquant sur ce lien :

« Je t’aime  » Alors que les portes du train se fermaient, sa bouche en un rond formait un « je t’aime » distinct. Que voulaient dire ces mots là dans sa bouche qui ne l’avait jamais prononcés, qui ne le prononcerait plus parce que sa vie le quittait ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ne m’a-t-il jamais dit je t’aime quand il aurait pu le dire ? À qui le disait-il? À sa vie qui s’enfuyait ? À sa mère qui ne le lui avait jamais dit ? À son fils qu’il ne reverrait pas ? À toutes les femmes qu’il avait aimées et dont je représentais un échantillon de l’amour inconditionnel  donc masochiste ? Voulait-il avant le grand saut s’assurer de mon amour  éternel pour lui ?Je ne saurais jamais si ce « je t’aime » m’était totalement destiné mais qu’importe puisque sur le quai de la Gare de Lyon, un homme que j’ai aimé jusqu’à me renier me disait enfin JE T’AIME.

Dire « je t’aime » n’est-ce-pas attendre de l’autre une déclaration d’amour ? Car les gens qui s’aiment ont -ils besoin de se le dire ? Je vous laisse répondre à ces questions.