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Archive for the ‘Adolescence’ category

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

ψ

Aline, mère d’un garçon unique de 11 ans est arrivée totalement désorientée, titubant presque en rentrant en consultation. Où Aline avait-elle laissé la belle assurance que je lui connaissais en tant que patiente? Pas besoin de la prier pour qu’elle raconte l’objet du remue-ménage intérieur qui l’affectait : « Depuis quelques semaines Marvin, est excité comme une puce; pour s’exprimer il n’emploie que des mots grossiers; quand il est sur le canapé et de préférence quand je suis dans le salon, il serre sa bistouquette (1) entre ses cuisses et se donne du plaisir. Évidemment je suis choquée, le lui dis; je lui précise que la chose là, assurément agréable, qu’il auto pratique doit se faire dans sa chambre, quand il est seul! »

- Voilà une bonne réponse qui ne devrait pas vous mettre dans cet état! – « Oui, non, rétorque t-elle, c’est la suite qui me perturbe » – Je l’engageais à me raconter cette suite qui manifestement la tourneboulait.

« Les femmes ont deux sexes m’a soutenu Marvin avec l’air effronté de celui qui sait! – « Savez-vous d’où lui vient cette information saugrenue? – Oui, il m’a avoué avoir regardé chez ma sœur un film X en pleine nuit, pendant que je dormais. Deux hommes enfilaient une femme avec leur gros machin, un dans le sexe de devant l’autre dans le sexe de derrière! Ce sont ses mots! C’est horrible! Je n’ai su quoi répondre et depuis je pleure devant le vice de mon fils…

Rassurer Aline était une priorité : son fils n’était pas plus vicieux que n’importe lequel des enfants de son âge mais tout simplement curieux de la chose interdite, jamais parlée. A 11 ans un garçon, pré-pubère, doit s’arranger avec la montée fulgurante des hormones. La manière provocatrice est le moyen qu’il a trouvé pour en parler avec sa mère. Avec ses mots, dire ce qui a été vu et qui dépasse certainement son entendement. Et dire dans l’urgence ne s’énonce pas forcément dans les règles de l’art de la bonne éducation (stérilisée) que Marvin a reçue.

Éducation stérilisée étant donné que les mots tels que masturbation, pénis, anus, vulve, ne sont jamais prononcés par Aline quand elle s’adresse à son fils pas plus qu’elle ne les emploie quand elle parle de son fils. Comme si ces mots là ne pouvaient franchir ses lèvres. Bâillonnée. Aline comme beaucoup de parents ne savent pas quoi faire avec les mots du sexe. Encore moins les employer à bon escient.

Je demandais alors à Aline s’il lui arrivait encore de moucher son fils. « A 11 ans? Vous voulez rire! Pourquoi une telle question? – »Que faites-vous quand son nez coule, si vous ne le mouchez pas? – Je lui dis d’aller moucher son nez avec un kleenex. – Il faut donc lui parler de la sexualité de manière aussi naturelle qu’un nez à moucher. Marvin a vu une femme se faire sodomiser. La sodomie d’une femme, que Marvin interprète comme étant son deuxième sexe, pendant qu’un autre lui pénètre la vulve est non seulement choquant pour un enfant mais qui plus est, lui incruste des images d’une grande violence, inadéquates à cet âge. Ces images traumatisantes perturbent les enfants; elles ont le pouvoir de faire de la pornographie un modèle de la sexualité adulte comme étant la norme sexuelle… Il est urgent de dire les mots adéquats, comme on le fait pour parler du visible nez au milieu de la figure. Il est urgent de nommer les organes génitaux et tout ce qui touche au sexuel avec les noms appropriés, simples, sans sous-entendus honteux ou vulgaires, pour les normaliser. Et ceci afin de préserver les enfants qui n’auront pas à aller chercher dans le cloaque de la pornographie, lieu malsain par excellence pour les enfants. Rien, dans les relations sexuelles entre adultes conscients et consentants n’est sale ni dégradant…Il en va tout autrement pour les enfants. Appeler un chat un chat, un sexe d’homme un pénis, un sexe de femme une vulve… Vous êtes choqué?

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

(1)A propos de bistouquette employé par Aline pour désigner le pénis de son fils : coup d’oeil sur le dictionnaire pour vérifier l’existence de ce mot. Non, il n’est pas dans le dictionnaire (pas dans le mien en tout cas). Par contre j’y ai trouvé le bistournage : procédé de castration des animaux domestiques par torsion des cordons testiculaires. Je crois que c’est un peu ce qui se passe avec les enfants : une castration psychique quand on ne nomme pas les choses du sexe…

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

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Aline, mère d’un garçon unique de 11 ans est arrivée totalement désorientée, titubant presque en rentrant en consultation. Où Aline  avait-elle laissé  la belle assurance que je lui connaissais en tant que  patiente? Pas besoin de la prier pour qu’elle raconte l’objet du remue-ménage intérieur  qui l’affectait : «   Depuis quelques semaines Marvin, est excité comme une puce; pour s’exprimer il n’emploie que des mots grossiers; quand il est sur le canapé et de préférence quand je suis dans le salon, il  serre sa bistouquette (1) entre ses cuisses et se donne du plaisir. Évidemment je suis choquée, le lui dis;  je lui précise que la chose là, assurément agréable, qu’il auto pratique doit se faire dans sa chambre, quand il est seul! »

- Voilà une bonne réponse qui ne devrait pas vous mettre dans cet état! – « Oui, non, rétorque t-elle, c’est la suite qui me perturbe » – Je l’engageais à me raconter cette suite qui  manifestement la tourneboulait.

« Les femmes ont deux sexes m’a soutenu Marvin avec l’air effronté de celui qui sait! – « Savez-vous d’où lui vient cette information saugrenue? – Oui, il m’a avoué avoir regardé chez ma sœur un film X en pleine nuit, pendant que je dormais. Deux hommes enfilaient une femme avec leur gros machin, un dans le sexe de devant l’autre dans le sexe de derrière! Ce sont ses mots! C’est horrible! Je n’ai su quoi répondre et depuis je pleure devant le vice de mon fils…

Rassurer Aline était une priorité : son fils n’était pas plus vicieux que n’importe lequel des enfants de son âge mais tout simplement curieux de la chose interdite, jamais parlée. A 11 ans un garçon, pré-pubère, doit s’arranger avec la montée fulgurante des hormones. La manière provocatrice est le moyen qu’il a trouvé pour en parler avec sa mère. Avec ses mots, dire ce qui a été vu et qui dépasse certainement son entendement. Et dire dans  l’urgence ne s’énonce pas forcément dans les règles de l’art de la bonne éducation (stérilisée) que Marvin a reçue.

Éducation stérilisée étant donné que les mots tels que masturbation, pénis, anus, vulve, ne sont jamais prononcés par Aline quand elle s’adresse à son fils pas plus qu’elle ne les emploie quand elle  parle de son fils. Comme si ces mots là ne pouvaient franchir ses lèvres. Bâillonnée. Aline comme beaucoup de parents ne savent pas quoi faire avec les mots du sexe. Encore moins les employer à bon escient.

Je demandais alors à Aline s’il lui arrivait encore de moucher son fils. « A 11 ans? Vous voulez rire! Pourquoi une telle question? - »Que faites-vous quand son nez coule, si vous ne le mouchez pas? – Je lui dis d’aller moucher son nez avec un kleenex. – Il faut donc lui parler de la sexualité de manière aussi naturelle qu’un nez à moucher. Marvin a vu une femme se faire sodomiser. La sodomie d’une femme, que Marvin interprète comme étant son deuxième sexe,  pendant qu’un autre lui pénètre la vulve est non seulement choquant pour un enfant mais qui plus est, lui incruste des images d’une grande violence, inadéquates à cet âge. Ces images traumatisantes perturbent les enfants; elles ont le pouvoir de faire de la pornographie un modèle de la sexualité adulte comme étant la norme sexuelle…   Il est urgent de dire les mots adéquats, comme on le fait pour parler du visible nez au milieu de la figure. Il est urgent de nommer les organes génitaux et tout ce qui touche au sexuel avec les noms appropriés, simples, sans sous-entendus honteux ou vulgaires, pour les normaliser.  Et ceci afin de préserver les enfants qui n’auront pas à aller chercher dans le cloaque de la pornographie, lieu malsain par excellence pour les enfants. Rien, dans les relations sexuelles entre adultes conscients et consentants n’est sale ni dégradant…Il en va tout autrement pour les enfants. Appeler un chat un chat, un sexe d’homme un pénis, un sexe de femme une vulve… Vous êtes choqué?

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

(1)A propos de bistouquette employé par Aline pour désigner le pénis de son fils : coup d’oeil sur le dictionnaire pour vérifier l’existence de ce mot. Non, il n’est pas dans le dictionnaire (pas  dans le mien en tout cas). Par contre  j’y ai trouvé le  bistournage : procédé de castration des animaux domestiques par torsion des cordons testiculaires. Je crois que c’est un peu ce qui se passe avec les enfants : une castration psychique quand on ne nomme pas les choses du sexe…

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Anne, Liliane et Lyli nous trois inséparables du SEX-O-CAFE sommes sorties sur la terrasse-bar gazon du 3.14. Échapper à la chaleur et la tension, en griller une tout en faisant un débriefing sur ce qui s’était passé ce soir là. Non, je ne vais pas remettre le couvert et vous infliger un  compte rendu supplémentaire. Tout a été dit à ce sujet.

Nous voilà donc assises autour d’une table contenant cendriers pleins (pas par nous, ils n’avaient pas été vidés) lorsque deux adolescentes jolies, aériennes dans leurs mouvements s’approchent de notre table pour nous demander du feu. Cigarettes allumées, elles s’installent sans qu’aucunes de nous trois leur propose de partager notre table et encore moins notre discussion. Je me levai, je dois le dire, agacée par ce que je ressentais comme un envahissement, et allais commander Perrier tranche et Coca light. À mon retour les demoiselles étaient en grande discussion avec Anne et Liliane. Je tendis l’oreille, attentive à ce que disait l’une des deux jeunes filles. Son prénom évoquait l’Australie, bien qu’elle soit Suissesse. Sa manière de parler, rapide, difficile, entravée dans une bouche pâteuse.  Ses mouvements  quelque peu désordonnés paraissaient avoir du mal à se coordonner. Elle parlait de Cannes et de la difficulté, voire de l’impossibilité dans cette ville de « s’amuser » si on ne buvait pas.

« Pourquoi ce n’est pas comme ça en Suisse? Peut-être, répondit-elle, mais pas de la même manière. » Elle nous avoua qu’à deux, mais surtout elle, elles avaient vidé trois bouteilles de vin en apéritif. (Petite précision : il était presque 23h et elles en étaient à l’apéritif, n’avaient encore pas dîné; ce qu’elles sont parties faire en nous quittant, lorsque deux jeunes gens les ont rejointes.) D’ailleurs c’est un des deux plus jeunes homme qui alla chercher le verre resté sur la table du salon intérieur – à moitié plein – à la demande de la belle au nom de la ville Australienne…et comme il était fou amoureux dès l’instant où il la vit, il ne se le fit pas dire deux fois.

Liliane voulut savoir comment ça se passait. Pourquoi cette débauche, d’alcool? Avait-elle conscience qu’elle se foutait en l’air en se faisant exploser le foie. « Non, à mon âge, je ne risque rien, je m’en rendrais compte avant, j’aime boire mais pas au point d’avoir une cirrhose. Vers 60 ans, peut-être, mais je m’arrêterai avant. « J’essayais de lui faire entendre, que la cirrhose ne dépendait pas de son désir mais d’une maladie du foie provoquée – entre autre – par l’abus d’alcool. On ne pouvait décider du moment où l’alcoolique en serait atteint, d’autant plus si l’organisme est carencé de certains enzymes pour y palier. Que l’on devenait alcoolique en buvant régulièrement l’on se trouvait piégé quand on ne pouvait plus s’en passer. Ce qui arrivait très vite et à son insu. Elle savait tout cela…

Pendant ce temps là, l’autre jeune fille parlait à Anne. Elle ne buvait pratiquement pas. Elle vivait à Cannes et connaissait la mentalité de cette région qu’elle aimait.  Dès que Liliane, se tournant vers moi, leur appris que j’étais psychothérapeute et que nous étions là pour notre débat mensuel sur la sexualité, l’autre adolescente « Puis-je vous poser une question?. »

Motus et bouche cousue sur les questions et des réponses qui abordaient la sexualité. Seulement un constat navrant de cette jeunesse, belle, intelligente et déjà tourmentée par des préoccupations d’un autre âge.  Anachronisme complet. Quelle société cette jeunesse est-elle en train de construire? Quelle est notre part de responsabilité dans cette folie dont parlent les jeunes gens?

Ô angoissantes questions dont le mal ravage les jeunes troupes d’ados. Ne pas éprouver d’orgasme autant de fois que l’on fait l’amour (par délicatesse, j’emploie faire l’amour alors qu’il faudrait dire se faire baiser); n’être que dans une recherche du plaisir orgasmique que l’on a jamais connu mais dont tous les médias parlent; ne pas se sentir une jeune fille normale si, comme le préconise la presse pour ado, il faut jouir coûte que coûte; avoir le sexe épilé pour mieux faire fantasmer les hommes et se donner l’illusion de rester une petite fille  ce qui les fera d’autant plus bander qu’ils pourront transgresser la loi sans être des pédophiles…Se servir de la pornographie via internet pour être fun; être accro au sexe kleenex, « tu ne me plais plus je te jette puisque tu ne me fais pas jouir; ils se bousculent à ma porte et il y en aura un qui y arrivera mieux que toi. « Avoir moins de 18ans et déjà avoir des implants mammaires.

Tout ! Ils veulent tout plus jeune, plus vite, plus fort, plus trash, plus hard. Comme si on ne leur laissait pas le temps de vivre le printemps de leur vie. Comme si ils devaient arriver en plein été pour ne jamais arriver à l’hiver qui leur fait si peur. A peine bougeons, la jeunesse se flétrit sans que ne s’ouvre la fleur, la beauté. Brûler les étapes, semble être leur seul but. Mais pourquoi? Lancinante question.

Qu’avons-nous fait à nos enfants pour que nos petits enfants vivent ainsi ? Des mères qui ne veulent pas vieillir en seraient-elles la cause ?   Des pères défaillants, manquants feraient-ils des enfants manqués ? Avant ce SEX-O-CAFE, j’ai eu une discussion avec ma fille à propos de Facebook et de ce qui s’y passait. Nous en avons conclu que j’organiserai un SEX-O-CAFE spécial adolescents. Oui, ça urge!

Votre lundi Pascal c’est bien passé ? Tant mieux ! Parce que moi j’ai envie de hurler.

Écriture d’invention par Oriana, adolescente de 16ans.

L’énoncé :  Imaginez la suite du discours sur l’autodafé que Candide (de Voltaire) pourrait prononcer pour sa défense devant le Tribunal d’Inquisition.

Pris de cours dans ses réflexions peu approfondies sur le triste sort de ses compagnons, Candide se fit conduire au tribunal de l’Inquisition non loin de Lisbonne, sans se faire prier. Une fois rendu, des hommes d’Eglise vêtus de blanc et ceux de Justice en noir étaient dressés de chaque côtés du condamné ; cela le fit penser à une cérémonie matrimoniale.
Un homme, placé en hauteur et dominant admirablement l’ensemble de la salle prit la parole :

« - Vous, jeune homme, êtes condamné pour avoir survécu  à ce bel autodafé, ce qui a réveillé la rage de notre si belle terre comme vous le dites si bien et qui, pour nous le faire savoir, l’a faite remonter à la surface une deuxième fois.

- Moi ? Un condamné? Qu’ai-je fait ? Moi pour qui tout était merveilleux… Comment cela peut être un délit ? Comment peut-on trouver la mort à ne pas manger de lard ou épouser celle que l’on aime qu’elle soit amie ou commère ? Comment cette terre où nous vivons puisse t’elle être considérée comme la plus belle des terres possibles s’il on vous condamne pour avoir soutenu que tout ce qu’elle avait à nous offrir était bien ?
Bien entendu, nous ne répondrez pas à mes questions, d’ailleurs qui pourrait  y répondre?…Moi je suis condamné ? Pour avoir subi depuis mon exil toutes les mauvaises aventures que le ciel avait à offrir ? Je suis fessé en cadence devant des spectateurs émus du spectacle et par cette belle musique. Aurais-je dû trouver la mort, comme la somptueuse Cunégonde aux entrailles sanglantes? Comme le vaillant Pangloss qui a emporté toutes ses théories avec lui ? Que va-t-il penser du plus merveilleux des mondes désormais? Il doit sûrement avoir une vision de la chose bien différente de l’endroit où il se trouve à présent… »
Candide regarda en direction du ciel, en direction du sol, ce sol qui l’avait jusque là porté et qui en tremblant allait lui enlever toute liberté ; puis il releva la tête et une larme coula le long de sa joue ; dans cette larme aussi petite soit-elle se trouvait la réponse à toutes ses questions. Il comprit alors qu’il était innocent. Il fit un pas en avant en regardant longuement ce damier gigantesque d’hommes se trouvant face à lui.

« … Moi, le condamné qui fus fessé pour avoir simplement soutenu, et, pour mon plus grand malheur, que cette terre diabolique était la plus belle. Moi qui viens de perdre femme et compagnons pour celle qui m’a aveuglé ! Moi je suis Innocent ! Je ne peux être condamné pour l’amour aveugle que j’ai porté à ce monde qui aurait dû, d’après les sages, être conçu pour nous accueillir, pour faire de nous des hommes libres, non pour nous y enfermer. Ce n’est pas le monde qui nous fait mais nous qui faisons le monde. Nous ne sommes rien face à cette immensité féroce, dont un simple battement de cœur fait trembler et démoli une ville entière.
Ce ne sont pas vos cérémonies carnavalesques et vos flammes bienfaitrices qui pourront y changer quoi que ce soit.

Regardez-vous échiquier géant ! Tous vêtus de noir et blanc dans l’attente que l’on vienne vous donner des ordres à exécuter tels des pions à vous approprier la liberté d’un homme. De cette liberté qu’en ferez vous ? Personne ne voudrait d’une liberté volée.
Le monde est en réalité un être cruel qui souffre du mal que les hommes lui infligent et s’infligent entre eux.

« Je suis innocent, innocent d’avoir cru que tout cela était vrai ! Insouciant à tel point que je n’ai pas pu me rendre compte du réel spectacle de la vie, celui qui se déroule derrière le rideau. Vous êtes condamnés, condamnés du monde, répandant le mal, le vice et l’injustice autour de vous. Vous ne voyez qu’au travers des usages, en vous cachant derrière vos rôles et vos costumes aussi beaux soient-ils. Vous vous êtes condamnés vous-mêmes.
Je suis innocent, je suis libre. Je suis en vie. »

À ces mots Candide comprit qu’il s’était passé quelque chose en lui, comme si la rage que la terre cherchait à faire remonter à sa surface avait traversé son corps, son cœur et son esprit afin qu’il prenne enfin conscience de son rôle sur terre, cette terre qui va lui permettre enfin de grandir et de s’épanouir.

Les adolescents s’opposent pour mieux se poser. Et même si Candide n’était pas un adolescent mais un adulte, il est utile de relire les textes d’une autre époque, les fables et les contes, nous pouvons y vérifier l’omniprésence  de la violence.

Merci à Oriana de m’avoir confié sa belle et lucide imagination et d’avoir accepté que je le publie sur le blog.

adolescence-violenceQu’est-ce-que l’adolescence sinon un âge entre deux eaux,un passage qui annonce la fin de la puberté et propulse dans l’âge adulte? C’est l’âge où tous les espoirs pubertaires sont en devenir de réalisations d’adultes. La violence pubertaire est réelle, tant l’adolescence recèle d’aspirations élevées et de déceptions dont toute la vie d’adulte sera empreinte.  L’effondrement de l’idéal ou a dépression d’idéal est le risque encouru de cette période de la vie.

Pendant ce passage, la plupart des adolescents ont des conduites violentes intenses ou moindres selon le milieu socio-culturel auquel ils appartiennent. La conduite est d’autant plus violente qu’elle menace le « Moi », c’est à dire l’identité : le Moi de l’adolescent est la principale victime des adultes qui pratiquent  (pour leur bien !) l’intrusion, la dépossession,  l’envahissement, manipulation : toute manifestation  qui se voudra protectrice du jeune. Période où l’adolescent se cherche, psychiquement, physiquement, sexuellement.

A ce moment là de la vie l’intensité des pulsions est à son comble ; gérer le dedans de ce qui se passe à l’intérieur (du corps et sa force hormonale)  avec le dehors et la qualité de la représentation afin de préserver l’image qu’il a de lui (narcissisme) met l’adolescent dans le déni et déstructurent les liens parentaux qui jusqu’alors le tenaient. Ce qui est rejeté  est ce lien vécu par l’ado comme une dépendance dangereuse, un pouvoir du parent qui aliène sa liberté en tant qu’individu.  Bataille du Moi de l’adolescent et du Surmoi (instance parentale, sociétale) où l’importance prise par l’investissement  parental sera l’élément déclencheur, essentiel de la violence. Il y a dès lors séparation (et non conflit) entre le MOI et le SURMOI. Entre l’adolescent et les parents, la société. Crise d’adolescence (qui peut être réactualisée à tout moment de la vie). L’ado devient fragile face à l’agressivité du monde et son environnement, ses contraintes, ses vides, ses séductions abusives ; tout l’agresse. Il se rebelle.

Il se rebellera d’autant plus qu’il vivra dans un contexte familial difficile où culture et éducation familiales seront différentes de celles  qui se vivent à l’extérieur; quand une parole pauvre fera obstacle aux échanges ( c’est autour du langage que se cristallisent les conflits individuels et collectifs).

La violence n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau est sa sur-médiatisation. Elle existe de tout temps avec les comportements impulsifs qui lui sont associés. Les blousons noirs dans les années 70, les skins heads  quelques années après, les banlieues aujourd’hui… La violence faite aux jeunes fera ressurgir la violence faite par les jeunes en amenant des troubles du comportement et des troubles de conduite dont on parle beaucoup (trop) dans les médias.

« Si la cruauté, tout autant que la violence et l’amour, est une dimension de l’homme, elle (la violence) a cependant la particularité de produire une angoisse étrange, inaccessible au processus de symbolisation ininscriptible dans la psyché et donne de son « agent » - celui qui la produit -, une image de mutant de l’espèce », écrivit LOUFTI BENHABIB dans la « Passion Algérienne »

La violence dans les mots, dans les actes, conjugale, scolaire, professionnelle. La violence visible et celle invisible parlent de notre monde qui ne change pas vraiment dans les mentalités. Ne serait-elle pas plutôt exacerbée tant elle est médiatisée avec pour but de servir  un jeu politique pour lui donner le pouvoir de mettre en place par la peur une hyper sécurisation ? Tout aussi violent que ce qu’il  prétend défendre.

Quand on sait que faire acte de violence, comme le disait un jeune « fait couler l’adrénaline » « c’est même un sport extrême », « je suis fier d’être un violent homophobe, ça me fait jouir », on comprendra ( ce qui ne veut pas dire qu’on acceptera) qu’il s’agit là d’un palliatif à l’évacuation du trop plein de fureur servant à exprimer des pulsions qui n’ont jamais été régulées.

Allez ! Assez de violence pour ce soir. Passez une bonne nuit dans la tendresse de bras protecteurs.



La corrélation entre délinquance juvénile et ignorance de la sexualité a été mise en évidence par une étude menée par les services de la Santé et de l’administration pénitentiaire.  Parmi les jeunes délinquants, il a été démontré que les relations avec le sexe opposé étaient quasiment inexistantes. Du sexe féminin, ces jeunes ne connaissent que la proximité familiale (mère, sœurs, tantes). Les jeunes garçons ne se mêlent pas plus aux filles à l’intérieur de la cité qu’à l’extérieur – leur milieu scolaire ou établissement professionnel -  bien que dans ces milieux la mixité est bien représentée.

En l’absence d’échange avec le féminin ne peuvent se développer les relations amicales, sentimentales et encore moins sexuelles; cela confine les jeunes gens à se rassembler en bande et vivre une sexualité par écran interposé où règne la pornographie (films X, internet, téléphone portable) comme on peut le voir dans le film « La jupe« .  La sexualité est une préoccupation majeure de l’adolescence. Ici, l’information spéciale et incomplète se fait en vase clos par le biais de la bande et comporte ainsi qu’on peut l’imaginer des carences tant anatomiques, physiologiques que psychologiques où la contraception et la protection des MST sont complètement occultées. Ces comportements sont engendrés par le manque d’éducation sexuelle, la peur du féminin qui n’est jamais approché autrement que par une mère  souvent seule, omniprésente. Son autorité incontournable consolide le tabou de l‘inceste dans l’environnement sexuel du garçon et si la barrière est  franchie elle ne le sera que par la transgression.

S’instaurent alors des codes, des comportements d’où les penchants homosexuels, s’ils existent, ne peuvent être vécus que dans la plus grande discrétion, cette pratique étant par trop considérée par le groupe, homophobe,  comme étant honteuse et marque de faiblesse.  Par contre l’homosexualité imposée et subie sert à asseoir un pouvoir, signe particulier de la sexualité des bandes. On peut voir cette obligation de soumission dans le film « Un prophète » où le jeune Malik qui en a pris pour 6ans arrive là, vierge, seul, analphabète, angoissé par sa virilité. Il sert d’appât homosexuel,  il subit pour se faire accepter du caïd…

De pareilles frustrations entraînent forcément des transgressions qui se manifestent par des viols collectifs, « tournantes« , attaques des homosexuels, actes barbares, sodomie des plus faibles et des inférieurs  qui transforment la bande en une prison où règne la misère sexuelle. Ces comportements sont évidemment cachés et tombent sous la loi du silence.

L’information et l’éducation sexuelles  sont d’autant plus urgentes à l’extérieur qu’elles  sont  inexistantes à l’intérieur du cercle familial et scolaire, d’autant que la séparation des sexes est bien réelle et tend à se durcir. Au collège, toutes les informations de nature sexuelle abordent des sujets bien loin des préoccupations de la jeunesse que sont les problématiques humaines, relationnelles et pratique de la sexualité. Il y a urgence à aborder les sujets aussi importants que les relations de consentement au sein du couple; parler du plaisir, du désir, des pulsions, de tout ce qui fait le bon fonctionnement des relations sentimentales, mais aussi amicales. Tout cet éclairage sur la sexualité afin que celle-ci ne soit plus confrontée aux frustrations et aux violences qui en découlent.

Aline, mère d’un garçon unique de 11 ans est arrivée totalement désorientée, titubant presque en rentrant en consultation. Où Aline  avait-elle laissé  la belle assurance que je lui connaissais en tant que  patiente? Pas besoin de la prier pour qu’elle raconte l’objet du remue-ménage intérieur  qui l’affectait : «   Depuis quelques semaines Marvin, est excité comme une puce; pour s’exprimer il n’emploie que des mots grossiers; quand il est sur le canapé et de préférence quand je suis dans le salon, il  serre sa bistouquette (?) entre ses cuisses et se donne du plaisir. Évidemment je suis choquée, le lui dis;  je lui précise que la chose là, assurément agréable, qu’il auto pratique doit se faire dans sa chambre, quand il est seul! »

- Voilà une bonne réponse qui ne devrait pas vous mettre dans cet état! – « Oui, non, rétorque t-elle, c’est la suite qui me perturbe » – Je l’engageais à me raconter cette suite qui  manifestement la tourneboulait.

« Les femmes ont deux sexes m’a soutenu Marvin avec l’air effronté de celui qui sait! – « Savez-vous d’où lui vient cette information saugrenue? – Oui, il m’a avoué avoir regardé chez ma sœur un film X en pleine nuit, pendant que je dormais. Deux hommes enfilaient une femme avec leur gros machin, un dans le sexe de devant l’autre dans le sexe de derrière! Ce sont ses mots! C’est horrible! Je n’ai su quoi répondre et depuis je pleure devant le vice de mon fils…

Rassurer Aline était une priorité : son fils n’était pas plus vicieux que n’importe lequel des enfants de son âge mais tout simplement curieux de la chose interdite, jamais parlée. A 11 ans un garçon, pré-pubère, doit s’arranger avec la montée fulgurante des hormones. La manière provocatrice est le moyen qu’il a trouvé pour en parler avec sa mère. Avec ses mots, dire ce qui a été vu et qui dépasse certainement son entendement. Et dire dans  l’urgence ne s’énonce pas forcément dans les règles de l’art de la bonne éducation (stérilisée) que Marvin a reçue.

Éducation stérilisée étant donné que les mots tels que masturbation, pénis, anus, vulve, ne sont jamais prononcés par Aline quand elle s’adresse à son fils pas plus qu’elle ne les emploie quand elle  parle de son fils. Comme si ces mots là ne pouvaient franchir ses lèvres. Bâillonnée. Aline comme beaucoup de parents ne savent pas quoi faire avec les mots du sexe. Encore moins les employer à bon escient.

Je demandais alors à Aline s’il lui arrivait encore de moucher son fils. « A 11 ans? Vous voulez rire! Pourquoi une telle question? - »Que faites-vous quand son nez coule, si vous ne le mouchez pas? – Je lui dis d’aller moucher son nez avec un kleenex. – Il faut donc lui parler de la sexualité de manière aussi naturelle qu’un nez à moucher. Marvin a vu une femme se faire sodomiser. La sodomie d’une femme, que Marvin interprète comme étant son deuxième sexe,  pendant qu’un autre lui pénètre la vulve est non seulement choquant pour un enfant mais qui plus est, lui incruste des images d’une grande violence, inadéquates à cet âge. Ces images traumatisantes perturbent les enfants; elles ont le pouvoir de faire de la pornographie un modèle de la sexualité adulte comme étant la norme sexuelle…   Il est urgent de dire les mots adéquats, comme on le fait pour parler du visible nez au milieu de la figure. Il est urgent de nommer les organes génitaux et tout ce qui touche au sexuel avec les noms appropriés, simples, sans sous-entendus honteux ou vulgaires, pour les normaliser.  Et ceci afin de préserver les enfants qui n’auront pas à aller chercher dans le cloaque de la pornographie, lieu malsain par excellence pour les enfants. Rien, dans les relations sexuelles entre adultes conscients et consentants n’est sale ni dégradant…Il en va tout autrement pour les enfants. Appeler un chat un chat, un sexe d’homme un pénis, un sexe de femme une vulve… Vous êtes choqué?

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

(?)A propos de bistouquette employé par Aline pour désigner le pénis de son fils : coup d’oeil sur le dictionnaire pour vérifier l’existence de ce mot. Non, il n’est pas dans le dictionnaire (pas  dans le mien en tout cas). Par contre  j’y ai trouvé le  bistournage : procédé de castration des animaux domestiques par torsion des cordons testiculaires. Je crois que c’est un peu ce qui se passe avec les enfants : une castration psychique quand on ne nomme pas les choses du sexe…

À l’origine tout était Ça : Ainsi pourrait commencer l’histoire du Ça et continuer ainsi : « Là où était le Ça, doit advenir le Moi » (S.Freud) Cela consiste à mettre du conscient dans le pulsionnel. Dit en terme psychanalytique : Se relayer au Principe de Réalité puisque le Moi est du Ça modifié par l’expérience du réel.

Vous remarquerez le sérieux du propos et en comprendrez toute la portée. Nous allons revisiter le parcours effectué depuis notre enfance.

L’enfant se structure d’abord à partir de ses besoins fondamentaux, ainsi que le démontre la théorie des besoins de Maslow. Les besoins de l’enfant sont d’ordre physiologique, sécuritaire, social et d’estime de Soi et il est impératif que ces derniers soient comblés. Déjà à ce stade et de plus s’il y a carence dans ces fondements, ou ressentis comme tels, le nourrisson va naturellement mettre en œuvre une stratégie liée à ses pulsions innées.  L’adulte étant la continuité de l’enfant, il paraît évident que celui-ci va donc être agi en fonction de sa nature pulsionnelle. Cette nature sexuée de l’enfant se développera de manière harmonieuse ou non mais sera en étroite corrélation avec la vision parentale et éducative.  Or, c’est ici que le Ça, cet inconnu inconscient, intervient. Si  la personne n’a pas pris conscience, enfant, de ses désirs ( à cause de l’injonction parentale, sociétale, éducative) mais les a soigneusement refoulés, cette personne adulte obéira à l‘énergie pulsionnelle, l’énergie du Ça. Cette énergie est une » puissance qui tend à satisfaire les besoins innés » comme l’écrivait papa Freud; elle obéit au Principe de Plaisir, besoin qui tend à la satisfaction des besoins instinctuels. L’adulte restera donc fidèle à ses pulsions archaïques qui n’auront pas été dépouillées des pulsions infantiles.

Le Ça est le premier réservoir de l‘énergie pulsionnelle dans lequel le Moi puise ou emprunte une partie de son énergie. Il est aussi la réserve de l’énergie psychique. Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander « Pourquoi j’ai dit ça? Pourquoi j’ai fait ça? » Ou encore « Mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter ça? » Autant de questions que l’on se pose et n’ont de réponses qu’émanant de l’inconscient, du refoulé, cette manne pour le Moi. Le Moi est seulement en partie inconscient et agit souvent à notre insu. Le Ça ne pense pas, le Ça agit. Il n’est donc pas raisonnable. Il organise la jouissance et règle le fantasme. Le Ça est rebelle à toute saisie : il est quelqu’un d’autre que nous en nous, neutre et impersonnel, agissant à notre insu, il nous fait agir et penser à notre place.

Ce mécanisme pulsionnel et non discipliné nous permet aisément de comprendre le comportement amoureux de chaque individu. Ce comportement est étroitement lié à la nature intrinsèque de la sexualité et à la manière dont a été vécue la résolution des pulsions dans l’enfance. L’énergie du Ça gronde dans la personne si, dans la relation amoureuse, celle-ci reste fixée à l’exigence de l’enfant qui, n’ayant pas acquis une autonomie affective, ne saura pas canaliser ses pulsions primitives. L’énergie du ça, va donc forcer le barrage de l’inconscient et se transformer en énergie agressive, caractéristique d’un comportement sexuel uniquement basé sur la recherche de satisfaction.

Un excédent d’agressivité sexuelle fait d’un amoureux un meurtrier sadique; une diminution notable de cette même agressivité le rend timide ou impuissant. Ainsi disait Sigmund, le Père de la psychanalyse.

Dans les jours prochains je continuerai à vous entretenir du Ça. Et des dégâts que celui-ci peut engendrer dans le quotidien. Pour aujourd’hui ça suffit!

Le sentiment de Soi est intimement lié à l’axe plaisir/déplaisir et le refoulement est un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit par des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot,etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont passés sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel où il ne reconnaîtra pas la joie (le plaisir) d’être pour avoir-obtenir et sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé qui s’inscrit dans la personne : elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois.

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (du devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…


Dans la sexualité de l’adolescent nous prendrons comme analogie le printemps. Dès la fin de l’hiver, pendant cette période printanière, la sève monte dans les arbres, les  prés reverdissent, les fleurs et les bourgeons apparaissent. Il en est de même pour l’enfant pubère dont les hormones pareilles à la sève vont le transformer; l’adolescent-e- ressentira des modifications tant au niveau de ses formes (poitrine, pilosité et acné se développent) que physiologique (menstrues, production sébacée et spermatique) mais aussi psychique.  L’adolescence dont la réorganisation psychique est en cours est une période de fragilité extrême. C’est l’époque où apparaissent  les caractères sexuels secondaires (autre que ceux évidents),  l’âge où la procréation devient effective. Ce dernier point va donc mettre en jeu des conduites nouvelles.

À l‘adolescence : si la sexualité a été mise aux oubliettes pendant quelques années (vers 5 ans jusqu’à 10 ans environ appelée période de latence), elle réapparaît en force à l’adolescence en l’état où elle est restée en plan au sortir de la petite enfance. Période charnière, délicate, fragile où le rapport au plaisir, à la communication vont être déterminants pour assumer la nouveauté dans le désir qui surgit chez l’ado.  Ce désir, soudain, fulgurant ne sera plus assujettit aux parents mais canalisé par la force des choses par le temps  qui met en place chez l’ado, la compréhension des processus de maturation. Ces processus ne peuvent être ni plus rapides ni plus lents et provoquent de l’angoisse due aux changements hormonaux.

Ce cheminement se fera graduellement et sans encombre si l’adulte sait se tenir en retrait tout en étant attentif sans pour cela intervenir. L’intervention (d’autant plus si elle est intrusive) peut interrompre ou détruire ce processus. Répondre aux questions si le jeune en pose mais respecter le silence de l’adolescent si celui-ci ne veut pas en parler.

Car l’adolescent s’oppose pour mieux se poser.

L’adolescent est un adulte en puissance dont la montée hormonale réactualise la sexualité – avec sa cohorte de fantasmes et de désirs encombrants. La sexualité  de l’adolescence  est soit, organisatrice du psychisme soit favorise sa désorganisation suivant qu’elle est vécue dans des circonstances adéquates ou non. (Violence sexuelle par exemple.) La sexualité réactualise le rapport à la mort. La sexualité et la mort se structurent toutes les deux dans la période œdipienne. Assumer sa sexualité, c’est assumer la vie mais au regard de la mort écrit Didier Dumas in  » La sexualité masculine ».

Pour les parents que nous sommes il est impératif de rester, plus que jamais, à l‘écoute de nos adolescents. Établi bien avant cette période, le dialogue sera permanent, affectueux et constructif auprès des jeunes ados qui ont besoin de notre soutien sans pour cela devenir envahissants ou curieux. Juste présents.

Que cette période printanière de la vie laisse de beaux souvenirs à leur jeunesse dont ils récolteront les fruits à leur maturité.