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Jour après jour une année a fait le tour du cadran solaire. De nouveau nous voilà repartis à égrener le chapelet du temps aussi je nous souhaite du soleil pour chaque jours de l’année avec quelques fois une douce pluie pour le plaisir de la terre et la beauté des fleurs; je nous souhaite d’avoir des étoiles plein les mirettes pour illuminer notre regard et adoucir, s’il y en, les durs instants.

A Judith, Esther, Martine, Magaly, Anne, Françoise, Hélène, Delphine, Joëlle, Stéphanie, Florence, Leili, Anna, Olivia, Nathalie, Isabelle, Alexandrina, Pascale, Arielle, Liliane -avec un i- Marie, Anne, Chantal,Alexia, Magalie, Michèle, Julie, Christian, Christophe, Philippe, Luc, Louis, Laurent, Julien, Marc, Olivier et ne pouvant tous les nommer j’ajoute tous les prénoms féminins du calendrier auxquelles je souhaite un Roméo attentionné, joyeux, complice, élégant du cœur autant que de l’habit, aussi bien dans sa tête que dans ses baskets, sachant mettre le couvert sans rechigner à le débarrasser, ne connaissant pas la soupe à la grimace; un Roméo idéal, celui dont nous rêvons toutes… En quelques mots, je vous souhaite un rêve parce que je le sais possible à le réaliser !

Je vous souhaite des (ré)jouissances sans tyrannie, des ivresses sans alcool fort ni dépendance.

Je nous souhaite de doux paysages intérieurs dont le regard, miroir de l’âme, les reflètent; de la joie débordante, avec des moments d’accalmie pour pouvoir l’apprécier; des encens parfumés de vigilance et de gratitude s’élevant comme prière vers notre propre maître et guide intérieur.

Je nous souhaite un présent riche de beaux projets à réaliser dès le proche printemps; de  vibrer d’énergie pour exercer nos talents; de libérer nos émotions pour en faire la mesure vivifiante à satisfaire nos désirs.

Je nous souhaite des voyages lointains avec l’amour pour bagage; des îles désertes  repeuplées de réussites et de rêves réalisés; des retrouvailles renouvelées à chaque instant; des musiques pour transporter nos sentiments dont le corps se fera l’écho avec douceur ou avec rage selon  l’état du moment; de petits bonheurs qui vont et viennent comme les vagues d’une mer calme…

Je vous souhaite plus prosaïquement : de la santé à revendre, des comptes en banque créditeurs, des bas de laine sous le matelas, de l’amour sans MST, de la Sagesse pour apprécier la vie, de l’énergie pour vivre avec talent et déjouer les difficultés, des parents bienveillants et généreux, des enfants heureux de vivre;  de réaliser vos rêves à la hauteur de vos espérances. Et…et…

Une Excellente Année 2017

boite à chapeau photos

Dès l’ouverture de la boîte à chapeau où les photos sont enfermées surgissent de ma mémoire des images qui s’affichent : 17ans la tête pleine de rêves, le corps réserve de l’avenir, l’odeur de la rose à peine éclose, le tiki à la bouche juste pour la photo : mon cœur revenu du voyage des îles restait à quai, quai où très vite j’attachais mes amarres et gonflais mon ventre de sève promesse d’un futur printemps.

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Plus de 40ans se sont écoulés de là-bas à ici; l’eau s’est souvent tarie de mes yeux pour mouiller ma bouche et humecter les mots d’amour restés coincés au travers de ma gorge; le corps s’est fait lourd, oh, à peine un peu plus, par trois fois. Le temps qui passe est à l’amour chante je ne sais plus quel troubadour des temps modernes quand les images continuent à affluer en souvenirs-écran masquant ainsi une réalité qui fut quelques fois grise, mais que le temps a peint en rose. C’est cela à quoi servent les souvenirs-écran, à rendre plus agréable ce qui ne le fut pas forcément et qui appartient à l’enfance.

Parce que finalement que signifie « se souvenir »? Quelle part de rêves, de fantasmes, confectionne le voile que nous étendrons devant nos yeux pour y projeter nos propres visions? Nous avons vécu côte à côte et n’avons pourtant pas les mêmes souvenirs. Pourquoi ?

Parce que la vie n’est pas ce que l’on a vécu mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. Les souvenirs reflètent nos humeurs, ils nous gouvernent, influencent nos décisions, nos choix…

La tempête s’est calmée; ma tête ne brinquebale plus d’un côté, de l’autre; le souvenir de nous n’est plus ce désastre de pleine mer qui s’écopait à seaux les jours de tourmente.Nous ne parlerons plus du temps qui nous agitait ni de la couleur de nos bleus au cœur encore moins de l’épaisseur de nos murs intérieurs. S’ils ont existé nous les cacherons derrière nos souvenirs-écran pour qu’on ne voit de nous que notre vain désir à maintenir l’ouvrage que l’organe des générations continue à tisser.
Aujourd’hui mon esprit est bien moins agité que les nuages du ciel par le vent qui les pousse dans ce milieu d’automne et les dégage, laissant le bleu limpide sans pour autant éclaircir mes pensées.
Allez ! Continuons à créer des souvenirs, la route est encore longue même si pour la parcourir il ne reste plus autant de temps.

 

Pendant ce temps, Éros qui s’est préparé, bien avant le solstice d’été, à réveiller de sa baguette magique Psyché, a fait la règle  de la chasse à l’homme souvent confondue avec la pêche au bonheur. Et à l’amour, spécialité d’Éros.

Comme si le bonheur et l’amour pouvaient être chassés !

Poursuis-le et il t’échappera puisque le bonheur comme le désir est fait d’instants magiques impossibles à  emprisonner. Le désir ne vient pas quand on l’appelle, il surgit au détour d’un mot, d’un regard, d’un geste. Ce même mot, geste, regard qui peut annuler en quelques secondes et au moment décisif de la rencontre, toute la trame fantasmée avant la rencontre. Et l’amour ne jamais transpercer de sa flèche au cœur de l’amant.

La plage presque déserte frisonne sous septembre ; mes seuls pas, effaçant ceux d’un pigeon blanc, marquent le sable d’où l’ami est absent.  Il y avait là, qui n’est plus non plus, la femme, chercheuse de pierres magnifiques qu’elle m’exhibait comme trophées devant le soleil qui les traversait les magnifiant encore ; certaines, la transparence laiteuse, d’autres couleurs bouton-d’or, d’autres encore de lumineux ocre-rouge-cuivre.  Le prochain été ramènera-t-il la chercheuse de pierres ?

La plage est aussi le rendez-vous du marin qui mesure la température de l’eau  « Vous pouvez y aller ! La mer est encore à 24° et sans méduse, aujourd’hui  » Alors je m’engouffre en brasses coulées dans son eau souvent claire à côtoyer les poissons nombreux cette année. Jusqu’à frôler un barracuda de plus d’un mètre aussi gros que ma cuisse. Lui, même pas peur ; moi tétanisée.

Après la nage rivage/ponton et ponton/rivage, ponton qui n’est plus là ce matin, après des allées et venues crawlées dans la crique formée par les masses rocheuses Est/Ouest, la sortie de l’eau bien que topless mais quand même plus vêtue que la « Vénus sortant des flots » de Titien, je m’allonge sur le sable et rêve à ses yeux. Ses yeux bleu-porcelaine et leur profondeur dans laquelle je me plongerais avant d’arriver à la mer.

Et puis, en partage la joie instillée qui lentement se déverse laissant libre ce bonheur fugitif qu’un appel  a suffi à insuffler faisant battre le cœur. Comme un pressentiment. Serait-il la route ? Cette route retrouvée qui  couperait  l’envie de se perdre à nouveau  sur des chemins de traverse…  Retrouver le chemin et suivre la flèche lancée par Cupidon ; ne plus s’immoler  à la pulsion dévastatrice mais s’abandonner au creux de bras forts et tendres à la fois.

Le bonheur ? Il est là, prêt à remplir d’amour le sac de plage bientôt rangé jusqu’à l’année prochaine où nous irons ensemble recréer le mythe d’Éros et de Psyché.

Bon sang, tu ne penses qu’à ça ! Et par ricochet j’en fais autant ! Une chose m’inquiète cependant : peur que la routine s’installe car on n’a qu’un nombre de trous limités, un sexe chacun (oui, je sais tu peux par quelques processus extensibles, et tu en as la possibilité, en mettre d’autres à ma disposition), une paire de mains, de pieds, de fesses où entre les deux tiennes je me vois plonger un doigt à la recherche de ta jouissance que j’ai déjà pu apprécier plus grande.

Oui, j’ai peur de l’escalade, comme un toxico qui est à la recherche de l’extase provoquée par son premier shoot ; j’ai peur d’être accro à ce que tu me conditionnes autant avec tes mots que tes approches câlines et sulfureuses…Finalement j’ai peur de t’être soumis, à toi, au désir que tu crées et qui par définition est incomblable, soumis au plaisir qui une fois satisfait se recrée comme une hydre à mille têtes.

J’ai peur de moi.

A lire à ton retour dans ta maison où ton lit m’a vu nu. Qui exige réponses.

 

 

Qu’attendons-nous de l’été?

  • Du plaisir sans tyrannie?
  • De l’insouciance joyeuse?
  • Des histoires d’amour aussi brèves que passionnées?
  • Des plages de sable blanc?
  • Une remise à niveau du corps défaillant?
  • Du désir revigoré prêt à jaillir?
  • Des rires et des chansons à boire jusqu’à plus soif ?
  • S’acagnarder dans l’herbe verte des prés pour un repos bien mérité?
  • Des voyages lointains sans espoir de retour?
  • Les doigts de pieds en éventail s’échappant de la tente, les yeux tournés vers des cieux étoilés murmurés de romances?
  • Des fruits de saison à mettre en bocaux?
  • Des rêves d’enfants réalisés?
  • Des sexes d’hommes encapuchonnés prémunissant des MST?

Il y a tant à faire chaque jour de l’année.

À vouloir réunir tous les manques accumulés, tous les désirs frustrés pour les vivre dans un mois d’été est pure folie. Mais n’est-ce pas ainsi que les hommes vivent?

Profitons donc de l’été pour être fous. Soyons fous, soyons dionysiaques. Soyons inspirés par l’extase sexuelle, enthousiastes autour de tables pantagruéliques, tandis que libidosexualite.com veillera sur vous en garde-fou, sera le parapet où vous raccrocher  en cas de vide. Le blog, tel un chaman rééditera certains articles jugés à propos pour baliser votre mois d’août et transformer la folie orgiaque en une  folie contrôlée.

Plaisir, rires, rêves, amour : ingrédients nécessaires pour préparer l’usine à  anticorps qui déjouera le conditionnement forcené  qui nous promet d’être attaqués par toute sorte de choses qui doivent sévir à la rentrée.  Soyons prêts pour déjouer les plans des restrictions automnales.

Construisons cet été un pare-feu pour l’automne et l’hiver 2014. Continuez un bel été!

Ce matin comme beaucoup d’autres, j’ai été me baigner, j’ai nagé longtemps. Sortie des vagues je suis restée un grand moment allongée sur le sable en jouant avec le soleil qui lui-même jouait à cache-cache avec les nuages.  J’ai pris avec moi la radio car je ne voulais pas rater la rediffusion d’un documentaire sur José Mujica Cordano dit  » Pepe Mujica » ex guérillero Tupamaros.  Depuis maintenant 2010 il est président de l’Uruguay… Ma réflexion m’entrainait à cerner cet étonnant personnage… Soudain un petit vent frais s’est levé qui m’a poussée à en faire autant. Remballée ma serviette, j’ai remis ma robe de plage, débarrassé du sable collant d’entre mes doigts de pieds que j’ai rechaussés de sandales pour grimper les marches et m’asseoir sur le muret du bord de mer mon oreille toujours collée à la voix de Pepe.

Le drame du Monde est qu’il n’est jamais être satisfait de ce qu’il a. Le Monde se consume dans le toujours plus. Il en oublie le bonheur. Il en oublie de vivre à la bonne heure.

Dimanche dernier – que le temps file vite entre les mailles du filet comme le sable de la plage entre les doigts – dimanche dernier, disais-je, nous paëllaions dans les terres varoises dans la joie et la bonne humeur d’être ensemble, entre amis du temps passé. Ce temps qui galope sans que rien ne puisse l’arrêter. Ce soir la Lune encore en Cancer parle de retrait et d’amour qui s’efface. Il habitait un 29 juin avec la Lune comme maîtresse. Aujourd’hui habite-t-il le ciel entre Lune et Soleil ?

La pluie a fini par tomber. Elle tombe bien c’est un temps à aller au cinéma qui jusqu’à mercredi inclus est à la fête. Le savais-tu ??

L’amour physique ne suit aucune règle autre que celle de la parfaite bienveillance de l’un pour l’autre (Duyckaerts). L’érotisme suit un rythme qu’un rien détraque (page 256 de « Cette chose là »

La femme frigide ne « supporte pas le climat créé par la présence charnelle de l’autre »(Edita Fried) Elle ne désire rien que l’objet de son rêve.

Et vous à  quoi pensez-vous pendant l’étreinte ? Vous laissez-vous envahir par les fantasmes en dérivant  sur la vague de vos rêves ? Échafaudez-vous une tour de béton dans laquelle vous vous enfermez pour être hors d’atteinte? Repassez-vous en boucle tout ce qui vous reste à faire pour le lendemain ? Ne pensez-vous qu’à son plaisir en oubliant le vôtre qui lui en donnerait ? Fantasmez-vous d’être brutalisée pour arriver à la jouissance ? Seriez-vous cette succube qui profiterait du sommeil de son homme pour le séduire parce qu’éveillé il est inoffensif ? Seriez-vous de celles qui simulent pour garder un compagnon, au risque de  le perdre à tout jamais ? Préférez-vous votre propre monde intérieur à la présence d’un homme amoureux ? Vous pensez-vous objet sexuel alors qu’il est fou de vous et son seul moyen de le montrer est de bander ?

Alors que votre amant n’est que raffinement vous arrive t-il de prendre cela pour du vice ? Vous est-il arrivé de vous sentir humiliée par le manque de désir d’un partenaire? Celui-là va trop vite : trois petits coups, trois petits tours, il se retire. Ou bien celui-là qui reste à l’entrée, sans jamais pouvoir pénétrer sa tige étant trop flexible,  pas assez rigide… Et puis certains dont la raideur ne se répand jamais pris dans un priapisme douloureux. Cet autre marqué par l’impuissance sera catalogué par la femme de «pauvre mec.» Et méprisé par elle. A moins que lui impuissant et elle frigide ce couple accommode de tiédeur leur problématique qui les soude.  Jusqu’au réveil de l’un d’eux. Catastrophe pour l’équilibre que le  couple avait trouvé dans ce compromis.

Voilà quelques troubles qui sévissent malgré la prétendue libération sexuelle. La difficulté à dire, à parler des véritables entraves à une sexualité épanouie qui au-delà de ce que disent les magazines est toujours tabouisée, bien qu’exposée sans pudeur… Quel monde complexe, ne trouvez-vous pas ?

Avez-vous trouvé de beaux œufs dans le jardin des délices ?

« Si le potage avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi vieux que la poularde et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, cela aurait été presque convenable » Curnonsky, fondateur de l’Académie des gastronomes.

Tout engagement important, qu’il soit contrat d’affaires,  sentimental ou relationnel se prépare autour d’une table… à manger. Penserions-nous à nous reproduire, nous attablerions-nous aussi volontiers autour d’un repas à faire frémir nos papilles  sans plaisir au rendez-vous ? C’est le plaisir, seul, qui fait le lit de la table et transforme la table en lit. Le plaisir est un convive qui s’invite à notre insu; il émoustille nos ébats amoureux, il se partage autour d’un plat, ne fut-il  que de pâtes.

Ève et la pomme

Adam aurait-il porté à sa bouche la pomme qu’Ève la tentatrice lui présenta s’il n’avait senti monter en lui le désir ? En même temps que son geste ne lui offrit-elle pas la révélation d’un plaisir terrestre ? Le plaisir de  croquer la chair de l’amour.  Ce plaisir qui conditionne notre nature humaine, prétexte pour multiplier les plaisirs de la bouche et les plaisirs sexuels.

L’histoire de Marie-Lise, haute comme trois pommes, et d’Édouard avec ses oreilles en feuilles de chou vous sera ici contée.

Édouard  qui n’en pouvait plus de bouffer de la vache enragée avec les femmes proposa à sa « fiancée » qu’il n’avait pas encore consommée, d’aller dans les sous-bois ramasser des champignons. Ce n’était pas  encore la saison, Marie-Lise la naïve au cœur d’artichaut, lui dit sa préférence  à cueillir des fraises. Des fraises des bois, insistait-elle. Fraises ou champignons qu’importe, lui répondit Édouard en la mangeant des yeux, le plus beau fruit  à manger est là devant moi.

Marie-Lise ragaillardie par la remarque sans équivoque d’Édouard rajusta  son corsage sur ses seins gros comme des pomélos qui en débordaient. Elle enlaça son ami, prit son chapeau de paille et bras dessus-dessous ils cheminèrent sur le sentier qui conduisait au bois. Heureuse de cette promenade Marie-Lise retrouva  une pêche d’enfer, la banane fendait son visage d’une oreille à l’autre.

Édouard sans être végétarien rêvait de lui manger l’abricot. Il rêvait de lui ouvrir le coquillage et de s’engouffrer dedans comme l’anguille pénètre la fente des rochers. Il fantasmait sur le festin que mijotaient ses pensées. Il était prêt, si elle se laissait faire, à la dévorer entièrement. Il devenait un ogre pantagruélique à la vue des  appâts de Marie-Lise.

Chemin faisant les pensées de Marie-Lise, s’agitaient. Malgré ses formes callipyges, sa façon de manger ressemblait à celle d’un oiseau : aussi peu mais aussi souvent qu’eux. Elle picorait comme une poulette. Aussi après qu’ils aient fureté sans succès dans les buissons pour y dénicher des fraises, au pied des arbres pour y déloger des champignons, Édouard invita sa belle à s’assoir dans l’herbe épaisse. Les mains croisées sous la nuque, Édouard se laissait butiner les lèvres, grignoter le lobe de l’oreille, mordiller les tétons… Sûr qu’elle y prenait plaisir autant que lui. Marie-Lise dont les mains s’aventuraient au niveau de la ceinture, transforma par leur pouvoir le cornichon russe en concombre libanais et les deux figues qu’elle imagina sèches et ridées se retrouvèrent au creux de sa main gonflées de désir.

Excité par ces préliminaires, sorte d’entre-mets savoureux, Édouard impatient salivait à l’idée de déguster le dessert. Il se voyait déjà trempant son biscuit dans la crème, retourner  sa Marie-Lise comme une crêpe et l’appeler dans la foulée Suzette.

Marie-Lise ne l’entendit pas de cette oreille. Son désir à elle était de continuer les préliminaires, de se gaver de sensations nouvelles pour elle; de faire durer ce plaisir qui n’en finissait pas de monter comme une mayonnaise. Pas assez mûre pour  l’instant elle n’avait nulle envie de passer à la casserole quand soudain…

Un rire éclata dans la gorge de Marie-Lise. Ivre. Elle était ivre, d’une ivresse qui succède à l’ingestion d’un vin chaud, épicé et capiteux et succomba à la tentation de le boire jusqu’à la lie…

Dès l’ouverture de la boîte à chapeau où les photos sont enfermées surgissent de ma mémoire des images qui s’affichent : 17ans la tête pleine de rêves, le corps réserve de l’avenir, l’odeur de la rose à peine éclose, le tiki à la bouche juste pour la photo : mon cœur revenu du voyage des îles  restait à quai, quai où très vite j’attachais mes amarres et gonflais mon ventre de sève promesse d’un futur printemps.

47ans se sont écoulés de là-bas à ici; l’eau s’est souvent tarie de mes yeux pour mouiller ma bouche et humecter les mots d’amour restés coincés au travers de ma gorge; le corps s’est fait lourd, oh, à peine un peu plus, par trois fois. Le temps qui passe est à l’amour chante je ne sais plus quel troubadour des temps modernes quand les images continuent à affluer en souvenirs-écrans masquant ainsi une réalité qui  fut quelques fois grise  mais que le temps a peint en rose. C’est cela à quoi servent les souvenirs-écrans, à rendre plus agréable ce qui ne le fut pas forcément et qui appartient à l’enfance.

Parce que finalement que signifie « se souvenir »? Quelle part de rêves, de fantasmes, confectionne le voile que nous étendrons devant nos yeux pour y projeter  nos propres visions? Nous avons vécu côte à côte et n’avons pourtant pas les mêmes souvenirs. Pourquoi ?

Parce que la vie n’est pas ce que l’on a vécu mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. Les souvenirs reflètent nos humeurs, ils nous gouvernent, influencent nos décisions, nos choix…

La tempête s’est calmée; ma tête ne brinquebale plus d’un côté, de l’autre;  le souvenir de nous n’est plus ce désastre de pleine mer  qui s’écopait à seaux les jours de tourmente.Nous ne parlerons plus du temps qui nous agitait ni de la couleur de nos bleus au cœur encore moins de l’épaisseur de nos murs intérieurs. S’ils ont existé nous les cacherons derrière nos souvenirs-écrans pour qu’on ne voit de nous que notre vain désir à maintenir l’ouvrage que l’organe des générations continue à tisser.
Aujourd’hui mon esprit est bien moins agité que les nuages du ciel par le vent qui les pousse en ce début de printemps et les dégage, laissant le bleu limpide sans pour autant éclaircir mes pensées.
Allez ! Continuons à créer des souvenirs, la route est encore longue même si pour la parcourir il ne reste plus autant de temps.

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Je vous propose un jeu qui consiste à écrire un scénario au fur et à mesure des acteurs en présence et en scène. Autrement dit : vous ne projetez rien, mais attendez qu’il  soit chez vous près de vous. Vous n’attendez rien…Et de surcroit vous aurez !

La seule chose que vous êtes autorisée à mettre en place est le décor : pensez à certains éléments qui rendront l’atmosphère légère. Ici une fleur ; là des serviettes d’invités ; le choix d’un thé ou d’un bon café que vous lui proposerez (selon l’heure de son arrivée) ; cela s’appelle l’accueil. Vous mettrez tout ce qui vous semble bon pour accueillir cet ami que vous n’avez pas vu depuis longtemps et qui a certainement changé… Qui ne correspond plus tout à fait à la photo du dernier mail pas plus qu’à l’image que vous en avez gardée.

L’histoire s’écrit à partir de maintenant. Il se peut que certains souvenirs refassent surface que vous jugerez opportun ou pas de les évoquer. Ressentez l’ambiance qui règne en sa présence. Tout en restant dans l’instant, consciente des émotions qui vous traversent, soyez attentive à vos impressions ; sans focaliser sur la première impression, sachez en tenir compte ; c’est toujours la bonne…

Et puis viendra la première soirée qui dépendra elle aussi de l’atmosphère de vos retrouvailles et là vous saurez votre désir  – ou non – et le sien, votre envie de partager ou pas…

Quant à dormir ou non ensemble, puisque jamais vous n’avez consommé,  laissez vous guider par cette première impression, elle déterminera le choix que vous lui proposerez : « Où veux-tu dormir ? Avec moi ? (si vous en avez envie, seulement.)  Seul sur le canapé ? »

De l’humour à saupoudrer comme une épice ; de la gaieté transmise par la dopamine. Laisser le naturel revenir au galop en étant vous-même (vous pouvez me dire « si seulement je savais qui je suis ! »)

Quoiqu’il en soit, dans l’interprétation, jouez la spontanéité ; ne sur-jouez pas ; ne faites pas ce dont vous n’avez pas envie pour seulement faire plaisir à l’ami, cela se sentirait, mettrait des fausses notes dans la partition. Acceptez sans les nier le plaisir, le désir; soyez respectueuse de vous-même…

N’anticipez pas les minutes d’après ; restez là, présente à l’instant et tout se passera bien.

Ainsi vous écrirez l’histoire au fur et à mesure. Et si un mot, une phrase sort spontanément et quelle vous semble inadéquate au sujet, au moment, à l’idée que vous vouliez exprimer … qu’à cela ne tienne vous avez le droit de poser la question tout haut « mais pourquoi j’ai dit ça ?! » en rire et en discuter avec lui.

Pour les repas lui proposer de vous accompagner en continuant la conversation pendant que vous préparez ou mieux l’inviterez à mettre la main à la pâte ; donnez lui un « truc à faire », c’est un bon test qui donnera un idée de sensualité…

L’enfant : Vous ferez les présentations de votre ami à votre enfant. «Marc est mon ami, je le connais depuis … il est venu me voir et va rester quelques jours avec nous. Présenter votre enfant à Marc : « voilà ma perle… » Là vous pourrez remarquer: Est-il attentionné ?Lui demande-t-il son âge ? S’intéresse t-il à l’enfant, à l’école, à ses jouets ? Au moment de dormir couchez votre enfant comme d’habitude avec la routine habituelle, (câlin, histoire…) et revenir vers Marc.

Projeter un futur heureux ne le fera se réaliser comme tel qu’en vivant un « ici et maintenant » heureux. Rappelez-vous « le futur est le résultat du passé qui lui-même se vit au présent » Si maintenant vous êtes confuse le futur le sera aussi. C’est aussi simple que ça. Demain n’existe pas, dans l’absolu. Demain me rappelle toujours ce dessin : une pancarte dans un magasin sur laquelle était écrit « demain on fait crédit ». Une manière comme une autre de dire que demain n’existe pas plus que l’achat à crédit.

C’est difficile de discipliner son esprit ; il est comme un cheval jeune et fou ; de plus nous ne sommes pas arrivés à l’état de Sagesse ; là encore il faut du temps pour canaliser nos pensées, nos émotions… Tous les jours une certaine pratique vécue avec douceur est une bonne manière d’arriver à être en paix avec soi-même.

Prenez soin de vous.