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Archive for the ‘cinéma’ category

Marilyn, incarnation de la Femme. Marilyn emblème du Cinéma. C’est au siècle dernier en 1962 que Marilyn Monroe offre le gâteau et son souffle pour  susurrer  » Happy birthday  monsieur le Président » à JFK. Ce n’est donc pas une photo fabriquée par photoshop  celle qui a ouvert ce 65ème festival de Cannes ?! Non, voici la vidéo :

22 est le nombre de films vus parmi un choix difficile d’une soixantaine programmés… Jusqu’à ce  dimanche matin piétinement sous le regard d‘Alfred Hitchcock, le roi du suspense qui nous surveille du haut du mur de l’Hôtel de Ville.

A peine 8 heures du mat’ et déjà la queue jouit contre le mur en papotant, tirant des plans sur la comète : qui, cette année aura la Palme ? Chaque fois c’est la déception pour les spectateurs, la déception pour les journalistes et ce malgré les certitudes, les suppositions…Mais qui donne la Palme ? C’est chaque fois la même question et l’étonnement général au moment de la révélation.

La particularité de tous ces films est de dénoncer nos travers; de transcrire la violence dans nos comportements quotidiens inféodés à des croyances limitantes, soumis au fanatisme; nos comportements subordonnés à l’ignorance, à l’avidité,  à vouloir toujours plus sans prendre la responsabilité de l’engagement.

En attendant voilà mon choix dans les sélections parallèles :

Dans la Sélection Cinéma des Antipodes

The Eye of the Storm (l’œil du cyclone) avec Charlotte Rampling au mieux de sa forme, magistrale vieille dame de la haute société australienne. Ce film pointe l’avidité, le désir, la souffrance des êtres mal aimés et bafoués. La tyrannie des forts contre les plus faibles, contre le personnel… « L’œil du cyclone » fait partie des films que j’ai préférés

Face to face : ou comment éviter l’incarcération; à la place d’un procès, une médiation sur le lieu de travail réunit le patron(agressé par son employé) et sa femme, la famille du prévenu, ses collègues et son ami.  Ce huit clos bien mené va amener des changements par la remise en question de chacun qui transformera leur vie.

The Tender Hook : la douce saveur du sang est le titre français pour ce film dur, violent. Il se passe à Sydney dans les années 20, au temps de la bière japonaise,  où le Jazz, la boxe et la prohibition mènent la danse autour de trois personnages; infernal trio  qui les conduira vers un destin destructif.

Surviving Georgia: le seul film des Antipodes sans intérêt.

Mad Bastards : un joli film où la répression laisse place à l’éducation dans le bush australien parmi les aborigènes qui enseignent comment se débarrasser de la colère tout en apprenant à devenir un homme, un père pour son fils qu’il ne connait pas

Films de la semaine de la Critique

Broken : Au Royaume Uni violence quotidienne, famille « décomposée », amitié saccagée et folie meurtrière en système de défense.

Au Galop : Léger comme une bruine d’automne, acide comme les pluies. Un régal qu’il ne faut pas hésiter à aller voir dès sa sortie.

God’s Neighborns :  en Israël, film d’une violence inouïe qui dénonce le fanatisme religieux, l’intégrisme. L’horreur quand les jeunes du quartier s’improvisent surveillants et se mêlent de faire respecter la Loi du Livre.

Hors les murs : histoire d’amour gay pas gaie du tout qui ressemble comme deux gouttes d’eau à n’importe quelle  histoire hétéro…

Augustine : Charcot ? Provocateur d’orgasmes auprès d’Augustine ? Il cède à la pulsion sexuelle par le désir trop fort qui lui en fait oublier la déontologie…

J’enrage de son absence : film de Sandrine Bonnaire; la complicité qui se développe entre le deuxième fils du premier mari de Mado (Alexandra Lamy) la dérange jusqu’à l’horreur finale.

Les films de la Quinzaine :

NO : (j’ai appris qu’il a obtenu un prix) avec Gael Garcia Bernal en jeune et brillant publiciste qui réussit avec peu de moyens, grande intelligence à amener un NON au référendum à la suite duquel Pinochet quitte le pouvoir.

Alyah : avec Pio Marmaï, histoire de deux frères dont l’aîné est devenu un fardeau pour le plus jeune. Suite à une opportunité (le cousin part pour Tel-Aviv) il doit trouver de l’argent pour quitter cette vie, sa famille, ses amours pas simples et surtout son frère qui le détruit.

Rengaine : un film sur la cohabitation difficile des blacks, blancs, beurs. Film qui dénonce le racisme latent et persistant; pointe du doigt le poids des traditions qui empêche l’union de personnes d’origine différente, chacun restant campé sur ses bases sans chercher à voir ailleurs.A la fin de la projection tout le staff était présent autour du jeune réalisateur Rachid Djaïdani. Il raconte avoir mis 9ans pour réaliser avec de tout petits moyens ce film qui a été pour lui une véritable initiation.

Gangs of Wasseypur : les Indiens ne connaissent pas l’ellipse : conclusion un film en deux parties de 2h20 chacune; violent, barbare…Une moitié a suffi, elle a permis de savoir que la vengeance transmise de père en fils   est un fléau qui anéantit les peuples.

Adieu Berthel’enterrement de mémé: Voilà un film réjouissant plein de clin d’œil, d’humour. Ce qui ne l’empêche pas de dénoncer la tendance à oublier les choses simples de la vie pourtant essentielles.

Sélection ACID

The end : une allégorie gore d’un Maroc déjanté, enchaîné aux traditions d’un autre âge, décimé par le haschich et la violence.

Noor : dernier film vu.  Le trans-genre; la foi est à l’œuvre dans ce joli conte de « ladyboys  » (comme les appellent les Thaï). Cette communauté de trans-genre vit au Pakistan et Noor ne veut plus être un  Khusras; il ne veut plus partager la vie ni l’amour qu’il a eu avec l’un d’entre eux. A noter les camions qui sillonnent les routes pakistanaise sont magnifiquement décorés intérieur extérieur.    De véritables œuvres d’art.

Écran jeunesse

Monsieur Lazhar : un merveilleux film joué par un extraordinaire Fellag;  l’histoire de ce film qui se passe au Canada est l’humanité en marche.

Les enfants de Belle Ville : « Le prix du sang d’une femme vaut deux fois moins que le prix du sang d’un homme », c’est le discours tenu par le chef religieux.  Le prix du sang de la vengeance. Akbar condamné à la peine de mort attend dans une prison de Téhéran que son meilleur ami aidée de sa sœur obtienne le pardon du père de la victime. Le poids des traditions, la loi du talion.

Une bouteille à la mer : espoir de réconciliation ou utopie ? Dans la bouteille que Tal, jeune française qui vit à Jérusalem, a demandé à son frère, militaire à Gaza, de jeter à la mer; il y a un message … qu’un jeune « Gazaman »trouve, y répond; il s’ensuit un échange de mails…Très beau film qui laisse croire qu’un monde meilleur peut advenir.

La seconde femme : au début de ce film on approuve  la solidarité entre femmes turques vivant en Autriche…Peu à peu, on découvre que le mariage arrangé au pays entre une jeune fille et son futur époux , n’est qu’un prétexte pour se substituer à la première épouse malade et la « remplacer » pour qu’elle devienne la seconde femme du père. Et cacher ainsi l’homosexualité du prétendu époux…Hypocrisie, pour préserver les apparences, les traditions et le prestige social.

Á cette heure la Palme d’Or a été décernée au film Amour de Mickael Haneke  avec Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva. Je vous en parlerai mardi après l’avoir vu lundi à la projection dédiée au cannois. Je vous parlerai aussi de « Sur la route«   autre film en compétition …

 

Affiche du Festival sous le ciel bleu de Cannes

Nous voilà quelques milliers badgés qui vivrons pendant 11 jours des histoires venues des quatre coins de monde projetées sur les grands écrans des salles obscures.
Tout encarté se doit d’avoir, pendouillant autour du cou, le ruban du Festival de Cannes sponsorisé (cette année) par Orange, véritable  sésame facilitant l’accès aux projections. Mais avant la récompense du fauteuil piétinement dans les files d’attente dont la queue ne se dégonflera qu’au fil de grande patience. Des liens éphémères se nouent entre les persévérants spectateurs ; ainsi passe le temps.

Lassée d’être enlacée et embrassée virtuellement, la convalescence a succédé à la maladie d’où sont chassées les dernières images du tête à tête fantasmatique entretenu par petits écrans d’ordinateurs interposés. Une rencontre virtuelle crée un film intérieur que l’on projette sur « l’écran noir des nuits blanches« où « l’on se fait son cinéma« , comme l’a si bien chanté Claude Nougaro mon poteau  toulousain.

Contrairement à son cinéma intérieur le cinéma c’est ça : c’est vivre par procuration des séquences de vie; c’est vivre au travers d’images, d’histoires imaginées ou vécues mais scénarisées par d’autres que soi. C’est parcourir la planète  sans bouger, c’est apprendre des autres,  c’est croiser les rêves et la réalité féroce, c’est se promener ailleurs dès lors que s’interposent devant nos yeux des images concrètes du cinéma.

Grâce au cinéma le blues m’a quittée  en même temps que le retour du soleil. Il illumine la baie de Cannes prête pour le 65ème Festival.

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Du mur de Berlin depuis 22 ans tombé en murs de Facebook qui s’affichent, les nouvelles ces derniers temps sont à l’image de mon double Triste Mine Sans Crayon pour écrire au bout. Ah! Vous l’aviez remarqué ? Ne serait-il tentant de rêver sans fermer les yeux pour retrouver le sillage des étoiles et des lits moelleux où s’abandonneraient les corps des amants heureux. Pour cela nous devons oublier les cadences infernales imposées dans certaines sociétés dont le seul objectif est la rentabilité. Orange, tu connais ? C’est autre chose que la citrouille de rigueur à Halloween !

Oublier aussi que nous vivons dans un monde totalement impudique dont la vénalité est d’autant plus obscène qu’elle s’exhibe décomplexée. Pourtant n’importe quel animal naît avec une bouche pleine de dents, avec les os du crâne bien soudés, tandis que l’homme, cette race d’animal supérieur ô combien évoluée, naît prématuré, inachevé, boîte crânienne encore ouverte, peau tendue sur  fontanelle.

Pourtant il serait bon d’oublier que nous sommes tous névrosés et au nom de notre chère névrose nous obéissons au pulsionnel qui nous agit. La névrose c’est notre norme, une marque de fabrique de l’époque freudienne, la névrose qui a tendance, par les temps qui courent, à se couler sournoisement vers la perversion où la psychose l’appelle. La voilà qui recommence à s’agiter, penseront certains. Mais qu’importe ! Comme dans le ventre d’un avion quand la pressurisation est telle que les tempes prêtes à exploser mettent notre tête dans la parenthèse de nos oreilles, assise sur le lit désert d’homme inachevé, grignotant une craquante cracote grattant de ses miettes mes jambes en lotus repliées, je rêve à la Corse et à ses couchers de soleil flamboyants  sous la mer sage où j’irai me baigner. Demain.

Faut-il se satisfaire de ce que l’on a pour être heureux, puisque chaque jour que l’on gagne est un jour perdu ? Le gain se déduit d’une perte. Toujours. Indécence du comportement dont la crise aura révélé le phénomène. La v’la t’y pas encore partie, perdue sans boussole dans les dédales de sa pensée? On peut toujours sourire à voir Marilyn faire le mur de Cannes. Elle a réussi à s’échapper la belle de ce monde immonde plus dur que béton; elle a réussi à s’envoler des griffes aux ongles écaillés des méchants prédateurs qui ne voyaient d’elle qu’une pauvre et belle idiote.Un butin. Un magot voilà ce que représentait Marilyn pour eux.

Finalement il est bien facile de se clochardiser me disait une amie au nom d’élue. Au nom de l’amour, peut-on tout dire à l’amie ? Peut-on lui suggérer de se méfier de celui-ci  identique aux autres auxquels elle a crus ? Celui-ci pareil aux hommes auxquels elle s’est abandonnée?

D’un mur à l’autre et pour éviter de se taper la tête contre eux, mon esprit vagabonde dans les rues de New York City. Là, sur le parking désert de voiture à 120$ l’heure, s’affichent des tags magnifiques qui rendent  vie au plus sordide des murs de NYC. Keith Haring, merci, d’avoir inventé la culture on the street.

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Il y eut ce soir là des « cougars » qui ne le paraissaient pas. Il y eut aussi des femmes qui paraissaient l’être mais qui affirmaient le contraire. Nous nous garderons bien de nous fier aux apparences. Une robe  en fourrure ne fait pas le puma et une femme à l’allure cowboy ne fait pas la femme « cougar ».

Il y eut ce soir là des déceptions dans le staff  et dans le salon Shiva … Dans le staff des Lili-Anne. Dans la salle : il y a toujours des déçus quand le thème, l’objet de la soirée, ne répond pas forcément à ce pourquoi on est venu entendre, débattre, participer. Que se passât-il encore ce soir là ? Pour nous,  le staff,  nous nous sommes senties  quelque peu agressées; ensuite nous  nous sommes senties frustrées, une impression que le sujet n’ait pas été discuté dans l’envergure de ce qu’il l’aurait pu être; il n’a été question que du titre : ce titre aguicheur ne laissât pas la place à tout ce qui fait la différence entre une femme « cougar » et une femme mûre assumant sa sexualité

A la demande de Dominique j’ai dû relire l’introduction du sujet : Qu’est-ce qu‘un cougar ? Un cougar est un puma. Dans le contexte qui nous occupe et mis au féminin une femme cougar définit une femme comme étant prédatrice, affamée de chair fraîche. « Donc, appliquée à une femme cela en fait une prédatrice qui aime  la chair fraîche. Une cougar va à la chasse, ramène un gibier tendre, le dévore et le jette; une cougar ne s’attendrit pas, n’aime pas. Une cougar consomme. Point. » Ainsi affirmait Dominique, notre femme cowboy dont le stetson resta vissé toute la soirée sur sa tête. Belle allure, ceci dit sans aucune ironie.

Parce que finalement qu’elle différence y a t-il entre les deux femmes et pourquoi fait-on un amalgame en se servant d’un trait particulièrement dévalorisant pour appliquer cela à toute femme ayant une relation avec plus jeune qu’elle?

D’une banalité vieille comme le monde (plusieurs exemples ont été cités et je n’y reviendrai pas ) il a été érigé un processus marketing qui fera vendre, qui donnera de nouvelles envies à satisfaire comme le veut notre société du tout, toujours plus et tout de suite.  La femme « cougar » en est le porte drapeau contrairement à la  femme mûre.

La femme mûre qui par ses choix de vie, sera assimilée par les médias, à une femme dite « cougar » ; la femme mûre, elle,  ne se reconnaîtra pas dans cette appellation comme le murmuraient  dans le brouhaha Danielle, Yesim, Patrice, Patsy.

Cependant il semble que l’essentiel n’ait pas été dit, quand bien même beaucoup de choses se sont dites. Il semble ce soir là que l’on ait perdu de vue qu’au  sex-o-café le débat concerne toujours un thème  où la sexualité tient la première place. Ce soir là la sexualité semblait être tombé aux oubliettes. Malgré une tentative pour le rappeler en lisant un petit passage des « Particules élémentaires » de M.Houellebecq: « C’était pour Jane un très agréable souvenir; la bite du jeune garçon était rigide et semblait indéfiniment disponible dans sa rigidité, même après plusieurs éjaculations. C’est sans doute à partir de ce moment que Jane s’était définitivement tournée vers les hommes jeunes. »

Et foin de cette hypocrisie qui consisterait à nier le plaisir que peut prendre une femme avec un homme plus jeune qui « assure »  sur la durée, par la rigidité, l’absence de tabou en assumant ses choix sexuels et ses partenaires…

Et puis le temps passe sur les déceptions qui sont ravalées au stade bien banal d’une contrariété sans conséquence. Parce que rétrospectivement on ne peut que relativiser  sur l’importance du thème des femmes « cougars » du dernier sex-o-café de l’année. Surtout si le lendemain, comme moi, vous allez voir le film  « Illégal », un drame sur les sans papiers réalisé par Olivier Masset-Depasse. Ce film terrifiant relate l’absurdité des dérives de nos démocraties, la cruauté du genre humain et de son inhumanité, l’abus de pouvoir que l’on pratique dans les centres de rétention administrative. Centres en  complète illégalité dans nos pays d’Europe censés respecter les Droits de l’Homme. De l’horreur à l’état pur…

Soyons heureux nous qui avons un toit sur la tête, des papiers en règle, le droit de dire, de se réunir, de vivre sans avoir à se cacher… Quel rapport avec les femmes « cougar » ? Aucun justement et c’est cela qui remet les choses dans une certaine réalité dont nous pouvons apprécier l‘illusion.

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Achevé de lire Richard Bohringer : « C’est beau une ville la nuit ». Détresse, confusion entretenues par l’alcool, la drogue, le manque, le départ d’une femme. 5 ans à se trouer les bras. Arrêté deux mois après l’OD d’Octavio.

Soutenu par l’amour qu’il a pour  ses potes, l’errance dans les pays parcourus, comme il parcourrait  l’enfer de sa vie  en ce temps là, fin des années 80; soutenu par l’amour qu’il a pour sa fille : « le jour où elle est née j’ai été prier dans les champs. J’ai mangé de la terre. » Amour pour sa mamie et offrir le pull over vert qu’elle lui avait tricoté était la trahir. Amour pour sa mère qu’il appelle désespéré comme le nourrisson réclame le sein réconfortant. Peu sur son père mais suffisamment pour comprendre sa souffrance « Fallait bien remplacer papa. Mon papa à moi, c’était le bar. »

A Harlem, NY, ville Babylone par excellence où sa « parano se transforme en art, » il devient Dashiell Hammett. Racolage d’une « élégante », une junkie portant gants pour cacher  ses  bras troués; « elle se shoote devant moi, j’avais jamais vu une femme se shooter. » La violence du désespoir l’attaque de toute part.

Et la vie qui ne veut pas le lâcher et à laquelle il s’accroche, – « la vie, j’en veux pour longtemps » -  persuadé avec raison qu’elle lui réserve d’autres instants magiques accompagnée de Jazz,  débarrassée  d’alcool et de drogue…

Un jour, ça le lâche, il grandit, il décroche. Enfin. Il décide de vivre sans la menteuse héroïne; sans son « cheval« . Une blonde, belle, ronde et douce, le remplace. Il écrit, avec la peur que sa mémoire l’abandonne…

« J’ai appris à ne plus écrire avec cette putain de drogue, à inventer chaque nuit une nouvelle histoire qui ne verra jamais la vie…Écrire relève de l’espérance. Tu mets la virgule là où tu veux que ça freine et le point là où tu veux que ça s’arrête. Quand tu veux laisser ton idée faire son chemin sans toi, tu rajoutes quelques points. Quand tu t’étonnes, tu peux t’exclamer, c’est pas obligé. Et puis le reste, tu laisses à ceux qui veulent tout expliquer. »

Quel art Monsieur Bohringer ! Merci !

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Au nom de la prétendue liberté du consommateur, se sont multipliés les salons de l’érotisme et les éditeurs de  vidéos pornographiques,  alors que la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France Sarkozy fait voter une loi  en mars 2003 dite de « sécurité intérieure » dans laquelle le racolage passif des prostitués est pénalisé. Comme toutes les lois pénalisant la prostitution, cette dernière renforce les réseaux mafieux et favorise les proxénètes.

Le plus vieux métier du monde reste « un obscur objet de haine et de désir » et stigmatise symboliquement l’exploitation de la femme par l’homme et cela dans toutes les sociétés. Suite à cette loi, certaines et certains de ces travailleu-r-ses du sexe revendiquent haut et fort de pouvoir louer librement leur corps et leurs pratiques sexuelles; de plus ils réclament que ce métier soit considéré aussi respectable qu’un autre avec ses droits et ses devoirs. La pratique de la prostitution interroge la sexualité mais aussi les rapports femmes / femmes, le pouvoir, l’argent,  la définition d’un travail.

Dans ce dernier film qui constitue un cycle sur la prostitution, Jean Michel Carré démontre comment l’économie de marché utilise la  pseudo-libération sexuelle pour justifier la marchandisation de l’intime.  Les prostitués (femmes et hommes) témoignent de leur vie dans le cadre de leurs pratiques professionnelles sexuelles; il donne à voir et à entendre les réflexions qui émergent mettant en évidence le rapport du pouvoir et de la soumission, questionne les fantasmes qui agitent les hommes et les femmes.

http://www.films-graindesable.com/les-travailleuses-du-sexe/generique.php

Tout est dit.

« Lorsqu’on est prostitué on ne dépend d’aucune logique de productivité » dit Isabelle… la toulousaine du film.

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Je ne vais rien vous apprendre de la Palme d’Or qu’a reçu le Thaïlandais Apichatpong pour son film. Mais peut-être puis-je vous faire passer un peu de l’atmosphère étrangement douce malgré la fin de vie de l’Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures ? D’emblée nous sommes avertis que l’oncle, comme tout un chacun, peut se réincarner dans des humains mais aussi dans des animaux. Oncle Boonmee nous plonge tout de suite dans l’ambiance : gros plan sur une belle vache noire, gros plan sur ses rondeurs et ses cornes élégantes de courbes effilées. Avec égard pour son entourage (des ouvriers Laotiens) et délicatesse (sa famille) nous allons vivre les 48 h qui lui restent à passer sur terre.  Ses morts (son fils, sa femme et d’autres) reviennent pour l’assister dans ces derniers jours. Non, il n’a pas peur, c’est son karma, dit-il sereinement. Peut-être a-t-il tué trop de moustiques durant sa vie ? Avec lui nous partons dans la jungle thaïlandaise – magnifique – près d’un lac dans lequel  se déverse une majestueuse cascade, dans une grotte – ventre de la terre et lieu de naissance de sa première vie – où il passera de la vie à trépas.  Avec lui nous revisitons sa conception d’Être au Monde et par là même  notre propre vision dans le rapport au monde. On ne peut comprendre ce film que si l’on accepte l’existence  des autres cultures, des autres croyances,  l’importance du respect envers la famille, envers chaque être humain. Ce film singulier interroge notre rapport au monde, interroge  notre part de spiritualité, notre humanité. L’absence  de violence contraste avec tous les autres films que j’ai vus pendant ces 10 jours. Un contraste où le calme, la douceur, la sérénité devant la fin de vie inéluctable, la beauté des images… c’en était presque dérangeant. Dans quel monde vivons-nous ?  était la question qui me vint à l’esprit, comparant la vie souvent stupide que nous menons.

Apichatpong Weerasethakul sait-il ce qui ce passe en Thaïlande ? Son peuple souffre.  Exorcise t-il  la violence des chars et des mitrailleuses tuant son peuple ? Oui, je sais, disait-il à la conférence de presse. Il a même eu des difficultés à quitter Bangkok pour venir sur la Croisette, pour défendre l’idée qu’il existe une autre manière de voir la vie et de la vivre. Merci Apichatpong.

Autre vision. À Mathieu Almaric il  fut décerné le prix de la mise en scène. La générosité de ses actrices a certainement contribué à son obtention.

Notre Juliette Binoche obtint le Prix d’interprétation féminine pour le film Copie conforme d’Abbas Kiarostam. Pour elle, ce fut une expérience cosmique presque orgasmique dit-elle dans un grand éclat de rire. « Un pays a besoin de ses artistes et de ses intellectuels  » Oh, combien je suis d’accord avec elle.

Un prix décerné au tchadien  Mahamet Saleh Haroun pour son film « L’homme qui crie« . Grâce à ce film une salle de cinéma s’ouvrira au Tchad. Il n’y a quasiment pas de salles de cinéma en Afrique, disait-il.

Le Prix du jury pour « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois.

La Caméra d’Or au terrible film « Année bissextile » de Mickael Rowe, qui explore une relation SM, jusqu’à la folie en guise d’exorcisme d’un inceste. J’ai évoqué ce film lors d’un récent article sur le fantasme.

Un festival à Cannes forme la patience avec ses heures à attendre dans les files d’attentes pour être sûr de rentrer. Mais je vous assure ça vaut le coup de pénétrer l’antre magique. La diversité culturelle, des mœurs nous renseigne sur le monde et son état. Et le monde va mal. C’est un constat terrible que j’ai pu faire avec « Cleveland contre Wall street » pour la finance. Avec le merveilleux « Benda Bilili » qui, même s’il donne l’espoir, donne une peinture de l’Afrique de désolation et de misère. Avec « La Mirada invisible » parabole de la démocratie et de la liberté dans l’Argentine meurtrie par la dictature militaire…

Heureusement pour clôturer que « Pieds nus sur les limaces » nous a réconcilié avec la folie douce qui a l’avantage de nous laisser penser que les fous ne sont pas ceux que nous croyons.

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Bien en chair, sans os apparents, les actrices non retouchées par Photoshop du film « Tournée » réalisé par Mathieu Almaric a obtenu un franc succès lors de la montée des marches à sa projection à 19h30.

Le spectacle qui nous était offert galvanisait la foule. La spontanéité joyeuse qui s’en dégageait retombait comme flammes d’un feu ardent. Les festivaliers ne sont  pas habitués à voir danser sur tapis rouge autant de formes généreuses. Ce film de femmes réalisé par un homme en décomplexera, c’est sûr, plus d’une. Plantureuses créatures, ces femmes libérées du carcan de la minceur obligatoire, libérées de la beauté diaphane généralement affichée, tourbillonnaient gracieuses comme feuilles dans un ciel d’automne. Il faut le dire,  ce 63ème festival n’échappe pas  au froid digne d’une entrée en hiver.

Heureusement que cette cérémonie réchauffa la température extérieure.  Explosion de rires, explosion de vie à laquelle nous faisaient participer les effeuilleuses de la « Tournée« . À contre courant de la mode, à contre temps de la rigueur imposée dans le star-système comme ailleurs, loin des codes  en vigueur à la mode actuelle, ces femmes magnifiques nous ont donné une leçon d’humilité et de sérieuse joie de vivre.

Je vote déjà avec la mention spéciale d’une Palme d’or du Bonheur de Vivre.

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Juliette Binoche fait son cinoche que j’adore

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Avec toutes ces tempêtes qui sévissent un peu partout sur la planète faisant beaucoup de dégâts humains et matériels, il reste une île où le soleil a réapparu. Cannes, comme une belle  femme, est de nouveau éclairée par le soleil de ses projecteurs. Hier mercredi, le 63ème Festival du Film, et ce dès l’ouverture, a donné la dimension géopolitique de ce festival. Kristin Scott Thomas magnifique maîtresse  de cérémonie mentionne dans son discours d’ouverture le lieu géographique du volcan. Son envolée de  nuages poussiéreux auraient pu empêcher le festival d’envoyer les avions au 7ème ciel cannois. Il n’en a rien été. Seule, est restée vide la chaise devant être occupée par Jaffar Panahi. La cause n’incombe pas à la météo mais à une affaire politique. Homme en prison pour avoir osé dénoncer son gouvernement dans un film.

Tout discours, même celui qui ne se veut pas comme tel est politique. À quoi sert le cinéma ?  À ça. À dénoncer. Montrer la réalité. L’horreur sous-jacente aux paillettes. Si, comme c’est souvent le cas,  ce qui est dénoncé ne plaît pas on enferme (prison). On éjecte (d’un site Internet). On raye de la carte géographique (bombardements des populations civiles). Le cinéma  donne à voir la réalité sous un autre jour. Avec art. La création artistique a son mot à dire et s’en sert pour dénoncer les maux de nos sociétés. Le cinéma, la musique, la littérature, la peinture… toute création artistique est une oeuvre en soi désireuse d’ouvrir les yeux des aveugles que nous sommes.

Axelle Truquet écrit ceci dans Nice Matin: Cette simplicité de l’être humain contraste avec l’image d’un monde de requins, celui de la finance, celui que tentent de bousculer Josh Cohen et ses avocats. Ils intentent un procès aux banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières dans leur ville de Claveland, dans le film Claveland contre Wall Street, signé de Jean Stéphane Bron. Film « sélections parallèles » hors compétition.

Alors quoi ? Ce 63ème festival présidé par Tim Burton va t-il nous faire rêver comme « Edward aux mains d’argent » ou « Alice », dernier film du Président du Jury ? Oui, certainement ! Parce qu’à Cannes, la fougue l’emporte toujours. Avec sérieux. L’un n’empêchant pas l’autre. Nous reviendrons sur le FIF sans oublier de  poursuivre les articles concernant le clitoris.

Meryl sur la route de Madison 003Meryl et Clint cheminent depuis 15 ans sur la route de Madison loin du jeunisme ambiant, loin de l’arrogance de la séduction. Sans le savoir, tout les pousse à vivre un amour interdit, court, intense, fait de paroles  fragiles,  vraies, parfois violentes, souvent désespérées, d’actes manqués, d’élans qui les rapprochent malgré eux. Le vent lourd et chargé agite doucement la campagne d’une petite bourgade de l’Iowa.  Le temps passe chaud et paisible que vient déranger un tumulte amoureux. Tout se passe essentiellement dans la cuisine formica jaune  bouton d’or, buffet vert bouteille, parfaitement équipée où Meryl se débat avec ses casseroles troublée qu’elle est par la présence dérangeante de cet homme qui lui susurre à l’oreille, prévenant et respectueux  » Si vous voulez m’arrêter il faut le dire maintenant » Elle de moins en moins effarouchée, de plus en plus désirante, consentante  » Personne ne vous le demande! » scelle d’un baiser son consentement. Ils continuent à tourner certainement comme leur tête et se retrouvent cloués au bûcher passionnel, crucifiés « Emmène-moi ailleurs! » Alors qu’ils sont déjà ailleurs, dans leur terre, dans leur corps, dans leur esprit, où s’inscrit à jamais l’amour et le chagrin inexorable d’une histoire… Cet ailleurs, ils vont le chercher ailleurs, dans un autre État où personne ne la connaît, loin des ragots intrusifs et malveillants de la petite ville; ils  se retrouvent  et retrouvent ailleurs, dans une boîte de Jazz,  leur identique plaisir pour cette musique. Leur soif d’eux-mêmes inextinguible ne fait que s’aggraver…

Caroline, la fille de Meryl qui reconstitue la scène qui se déroule devant nos yeux, n’en revient pas de ce que sa mère ait pu vivre sans en parler  » Je me rends compte que ma mère était une vraie Anaïs Nin!

Oh, non ! ai-je eu envie de lui dire ; pas Anaïs Nin. Si intensément cet amour la consuma jusqu’au dernier jour. Le temps passe vite quand on en a si peu. Concentrer l’amour d’une vie en quatre jours, quatre petits jours à vivre l’amour d’une vie : Robert/Clint « Je n’arriverai pas à condenser toute une vie entre maintenant (on est mercredi) et vendredi » Oh, que c’est beau le peu de ce qu’ils se disent!

Dans la baignoire, par ce bain purificateur de son esprit autant que volupté de ce qu’elle vient de vivre « Tout ce qui concernait Robert me semblait érotique » consignera-t-elle  dans son journal. Et « l’amour n’obéit Meryl sur la route de Madison 004pas à mes espérances ». Avec elle on pleure, on gémirait presque de désespoir.

Un dernier repas, deux valises qui se bouclent, elle est décidée à partir avec lui. Pourquoi le ferait elle ? Elle n’a rien à reprocher à son mari qui est « correct », gentil, travailleur, bon père ». Même si elle se rend compte que ce n’est pas la vie dont elle avait rêvée en quittant son Italie natale pour suivre son mari américain. Elle écrira « J’ai eu tort de rester mais je ne pouvais pas partir ». Déchirements, choix de rester, de partir. Elle ne sait plus et fait le choix de se sacrifier. »Nous sommes les choix que nous avons faits » décrète t-elle sachant qu’elle ne partirait pas.

Et lui « Ce que j’ai fait jusqu’ici est pour faire le chemin jusqu’à toi » lui dit-il en colère en la prenant dans ses bras.  Elle pleure, se tord de douleur mais elle reste. Il part.

Son mari et ses enfants reviennent; Meryl et son mari vont faire des courses en ville où ils croisent le pick up de Robert. Il pleut des trombes d’eau, le tonnerre gronde pareil à leurs cœurs qui tapent dans leur poitrine; espèrent-t-ils encore ? Trempé comme une soupeRobert remonte dans son pick-up, suspend à son rétroviseur la croix accrochée à la chaîne  comme un double symbole, qu’elle lui a offert. Il repart définitivement…

Entre eux une histoire de pont qui n’a pu être franchi.  Ce pont où elle le conduisit quand ils firent connaissance. Ce pont qui a la particularité d’être couvert. Le désir de Robert/Clint, qu’elle satisfait à titre posthume, est qu’on répande de ce pont ses cendres.

Film vu et revu, à voir et à revoir.  Film sans pathos, sans mièvrerie qui parle d’une histoire comme il en existe encore.

Meryl sur la route de Madison 006