Marilyn, incarnation de la Femme. Marilyn emblème du Cinéma. C’est au siècle dernier en 1962 que Marilyn Monroe offre le gâteau et son souffle pour susurrer » Happy birthday monsieur le Président » à JFK. Ce n’est donc pas une photo fabriquée par photoshop celle qui a ouvert ce 65ème festival de Cannes ?! Non, voici la vidéo :
22 est le nombre de films vus parmi un choix difficile d’une soixantaine programmés… Jusqu’à ce dimanche matin piétinement sous le regard d‘Alfred Hitchcock, le roi du suspense qui nous surveille du haut du mur de l’Hôtel de Ville.
A peine 8 heures du mat’ et déjà la queue jouit contre le mur en papotant, tirant des plans sur la comète : qui, cette année aura la Palme ? Chaque fois c’est la déception pour les spectateurs, la déception pour les journalistes et ce malgré les certitudes, les suppositions…Mais qui donne la Palme ? C’est chaque fois la même question et l’étonnement général au moment de la révélation.
La particularité de tous ces films est de dénoncer nos travers; de transcrire la violence dans nos comportements quotidiens inféodés à des croyances limitantes, soumis au fanatisme; nos comportements subordonnés à l’ignorance, à l’avidité, à vouloir toujours plus sans prendre la responsabilité de l’engagement.
En attendant voilà mon choix dans les sélections parallèles :
Dans la Sélection Cinéma des Antipodes
The Eye of the Storm (l’œil du cyclone) avec Charlotte Rampling au mieux de sa forme, magistrale vieille dame de la haute société australienne. Ce film pointe l’avidité, le désir, la souffrance des êtres mal aimés et bafoués. La tyrannie des forts contre les plus faibles, contre le personnel… « L’œil du cyclone » fait partie des films que j’ai préférés
Face to face : ou comment éviter l’incarcération; à la place d’un procès, une médiation sur le lieu de travail réunit le patron(agressé par son employé) et sa femme, la famille du prévenu, ses collègues et son ami. Ce huit clos bien mené va amener des changements par la remise en question de chacun qui transformera leur vie.
The Tender Hook : la douce saveur du sang est le titre français pour ce film dur, violent. Il se passe à Sydney dans les années 20, au temps de la bière japonaise, où le Jazz, la boxe et la prohibition mènent la danse autour de trois personnages; infernal trio qui les conduira vers un destin destructif.
Surviving Georgia: le seul film des Antipodes sans intérêt.
Mad Bastards : un joli film où la répression laisse place à l’éducation dans le bush australien parmi les aborigènes qui enseignent comment se débarrasser de la colère tout en apprenant à devenir un homme, un père pour son fils qu’il ne connait pas
Films de la semaine de la Critique
Broken : Au Royaume Uni violence quotidienne, famille « décomposée », amitié saccagée et folie meurtrière en système de défense.
Au Galop : Léger comme une bruine d’automne, acide comme les pluies. Un régal qu’il ne faut pas hésiter à aller voir dès sa sortie.
God’s Neighborns : en Israël, film d’une violence inouïe qui dénonce le fanatisme religieux, l’intégrisme. L’horreur quand les jeunes du quartier s’improvisent surveillants et se mêlent de faire respecter la Loi du Livre.
Hors les murs : histoire d’amour gay pas gaie du tout qui ressemble comme deux gouttes d’eau à n’importe quelle histoire hétéro…
Augustine : Charcot ? Provocateur d’orgasmes auprès d’Augustine ? Il cède à la pulsion sexuelle par le désir trop fort qui lui en fait oublier la déontologie…
J’enrage de son absence : film de Sandrine Bonnaire; la complicité qui se développe entre le deuxième fils du premier mari de Mado (Alexandra Lamy) la dérange jusqu’à l’horreur finale.
Les films de la Quinzaine :
NO : (j’ai appris qu’il a obtenu un prix) avec Gael Garcia Bernal en jeune et brillant publiciste qui réussit avec peu de moyens, grande intelligence à amener un NON au référendum à la suite duquel Pinochet quitte le pouvoir.
Alyah : avec Pio Marmaï, histoire de deux frères dont l’aîné est devenu un fardeau pour le plus jeune. Suite à une opportunité (le cousin part pour Tel-Aviv) il doit trouver de l’argent pour quitter cette vie, sa famille, ses amours pas simples et surtout son frère qui le détruit.
Rengaine : un film sur la cohabitation difficile des blacks, blancs, beurs. Film qui dénonce le racisme latent et persistant; pointe du doigt le poids des traditions qui empêche l’union de personnes d’origine différente, chacun restant campé sur ses bases sans chercher à voir ailleurs.A la fin de la projection tout le staff était présent autour du jeune réalisateur Rachid Djaïdani. Il raconte avoir mis 9ans pour réaliser avec de tout petits moyens ce film qui a été pour lui une véritable initiation.
Gangs of Wasseypur : les Indiens ne connaissent pas l’ellipse : conclusion un film en deux parties de 2h20 chacune; violent, barbare…Une moitié a suffi, elle a permis de savoir que la vengeance transmise de père en fils est un fléau qui anéantit les peuples.
Adieu Berthe – l’enterrement de mémé: Voilà un film réjouissant plein de clin d’œil, d’humour. Ce qui ne l’empêche pas de dénoncer la tendance à oublier les choses simples de la vie pourtant essentielles.
Sélection ACID
The end : une allégorie gore d’un Maroc déjanté, enchaîné aux traditions d’un autre âge, décimé par le haschich et la violence.
Noor : dernier film vu. Le trans-genre; la foi est à l’œuvre dans ce joli conte de « ladyboys » (comme les appellent les Thaï). Cette communauté de trans-genre vit au Pakistan et Noor ne veut plus être un Khusras; il ne veut plus partager la vie ni l’amour qu’il a eu avec l’un d’entre eux. A noter les camions qui sillonnent les routes pakistanaise sont magnifiquement décorés intérieur extérieur. De véritables œuvres d’art.
Écran jeunesse
Monsieur Lazhar : un merveilleux film joué par un extraordinaire Fellag; l’histoire de ce film qui se passe au Canada est l’humanité en marche.
Les enfants de Belle Ville : « Le prix du sang d’une femme vaut deux fois moins que le prix du sang d’un homme », c’est le discours tenu par le chef religieux. Le prix du sang de la vengeance. Akbar condamné à la peine de mort attend dans une prison de Téhéran que son meilleur ami aidée de sa sœur obtienne le pardon du père de la victime. Le poids des traditions, la loi du talion.
Une bouteille à la mer : espoir de réconciliation ou utopie ? Dans la bouteille que Tal, jeune française qui vit à Jérusalem, a demandé à son frère, militaire à Gaza, de jeter à la mer; il y a un message … qu’un jeune « Gazaman »trouve, y répond; il s’ensuit un échange de mails…Très beau film qui laisse croire qu’un monde meilleur peut advenir.
La seconde femme : au début de ce film on approuve la solidarité entre femmes turques vivant en Autriche…Peu à peu, on découvre que le mariage arrangé au pays entre une jeune fille et son futur époux , n’est qu’un prétexte pour se substituer à la première épouse malade et la « remplacer » pour qu’elle devienne la seconde femme du père. Et cacher ainsi l’homosexualité du prétendu époux…Hypocrisie, pour préserver les apparences, les traditions et le prestige social.
Á cette heure la Palme d’Or a été décernée au film Amour de Mickael Haneke avec Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva. Je vous en parlerai mardi après l’avoir vu lundi à la projection dédiée au cannois. Je vous parlerai aussi de « Sur la route« autre film en compétition …





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Meryl et Clint cheminent depuis 15 ans sur la route de Madison loin du jeunisme ambiant, loin de l’arrogance de la séduction. Sans le savoir, tout les pousse à vivre un amour interdit, court, intense, fait de paroles fragiles, vraies, parfois violentes, souvent désespérées, d’actes manqués, d’élans qui les rapprochent malgré eux. Le vent lourd et chargé agite doucement la campagne d’une petite bourgade de l’Iowa. Le temps passe chaud et paisible que vient déranger un tumulte amoureux. Tout se passe essentiellement dans la cuisine formica jaune bouton d’or, buffet vert bouteille, parfaitement équipée où Meryl se débat avec ses casseroles troublée qu’elle est par la présence dérangeante de cet homme qui lui susurre à l’oreille, prévenant et respectueux » Si vous voulez m’arrêter il faut le dire maintenant » Elle de moins en moins effarouchée, de plus en plus désirante, consentante » Personne ne vous le demande! » scelle d’un baiser son consentement. Ils continuent à tourner certainement comme leur tête et se retrouvent cloués au bûcher passionnel, crucifiés « Emmène-moi ailleurs! » Alors qu’ils sont déjà ailleurs, dans leur terre, dans leur corps, dans leur esprit, où s’inscrit à jamais l’amour et le chagrin inexorable d’une histoire… Cet ailleurs, ils vont le chercher ailleurs, dans un autre État où personne ne la connaît, loin des ragots intrusifs et malveillants de la petite ville; ils se retrouvent et retrouvent ailleurs, dans une boîte de Jazz, leur identique plaisir pour cette musique. Leur soif d’eux-mêmes inextinguible ne fait que s’aggraver…
pas à mes espérances ». Avec elle on pleure, on gémirait presque de désespoir.