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Pour l’avoir vécue jusqu’à désirer mourir Nathalie affirme désormais haut et fort refuser la fusion dans sa relation. David philosophe : Refuser la fusion laisse la place au désir de s’installer, puisque au bout du compte le désir de fusion demeure si la fusion ne s’installe pas. Par ailleurs on ne peut concevoir l’amour qui serait pur de toute quête de fusion, ce qui reviendrait à imaginer un amour sans danger; or, dès que l’on aime il y a danger (ne serait-ce que pour notre Ego, comme je le dis dans l’article - L’amour est-il une menace pour l’Ego ? – récemment posté sur ce thème). Dans l’amour et chaque fois que l’on aime on s’expose. On prend des risques.

Peut-il y avoir fusion entre deux personnes sans qu’il ait forcément désir? Peut-il y avoir osmose sans désir sexuel renchérit-on dans l’assistance à Arlette qui posait la question: la réponse ne se fit pas attendre. Dans l’osmose il n’y a plus de désir puisqu’on est comblé. Il est très important d’empêcher l’osmose pour que demeure le désir. Si l’osmose est un état permanent(sans manque, sans vide possible)elle empêchera la manifestation du désir de l’autre.  Quelle place reste t-il pour le désir dans un lien de cette nature là? demande le philosophe. Le désir peut s’éprouver ailleurs, hors du couple si il en a été déserté. C’est dans un ailleurs (amant-maîtresse) que le-la partenaire ira chercher de quoi satisfaire son désir.

Existe-t-il  encore de nos jours beaucoup de couples qui fonctionnent sur le schéma de  La maman et la putain : on aime là où on ne désire pas et on désire là où l’on n’aime pas ? Lors du travail thérapeutique j’ai pu constater ce genre de  relation surtout parmi les hommes qui ont du mal à désirer là où ils aiment.La plupart dit qu’il est difficile de considérer son épouse avec respect si il la traite comme une putain; sous entendu en vivant le sexe sans tabou.

Pour Candice, l’être humain cherche plutôt à se réaliser avant de réaliser le couple, ce qui va favoriser les tensions. Dans la fusion on est toujours à la recherche du premier lien fusionnel (mère/fœtus). Anne demande si le désir est forcément sexuel; Marc quant à lui précise que le désir est associé à quelque chose d’inassouvi, ce à quoi David acquiesce et confirme que cela tient à la Conditionne Humaine  d’être dans l’incomplétude. Nous ne sommes pas des êtres entiers, nous sommes mortels et nous le savons. Le premier désir étant un désir de vie qui s’origine dans le sexuel est ma réponse à Anne qui ajoute « Ce sont les schémas inconscients qui font que les êtres s’attirent.  Oui, la relation amoureuse (ou tout autre relation) est conditionnée par des schémas relationnels qui se sont construits pendant l’enfance de manière inconsciente; ainsi nous serons attirés par telle ou telle personne et non par telle autre.Notre inconscient va capter l’inconscient de l’autre, donner des schémas relationnels qui peuvent s’emboiter, renvoyer à la répétition d’anciens schémas en faisant revivre ou non des situations problématiques. Ça n’est pas systématique. Cependant quant il y a problématiques  elles  donnent lieu à des souffrances notamment lorsque les attentes de réparation sont importantes. La répétition est un schéma inconscient qui reste à l’œuvre et se répète de relation en relation. Comprendre notre fonctionnement permet d’éviter les répétitions fâcheuses.

David précise qu’il  est important de noter : Tout ce qui s’est constitué au niveau inconscient ne connaît pas le temps qui passe. J’ajoute que l‘inconscient ne sait que désirer et redonne la parole à David : C’est pour cela que l’on oublie que l’amour peut faire souffrir et de ce fait que l’on peut retomber amoureux à 80 ans comme un adolescent parce que tout ce qui s’est construit sur le plan inconscient fait abstraction du temps qui passe.

Est-ce que l’expérience de vie modifie la manière de voir les choses demande notre philosophe qui répond: si notre expérience de vie amène à une remise en question, par un travail sur soi,  il est fort probable qu’il y aura une modification; sans cela rien ne changera. Il est important d’éclairer à la lumière de nos expériences le schéma construit dans l’enfance rejoué pendant l’adolescence et à chaque relation pour comprendre nos fonctionnements  qui se réfèrent à quelque chose de profondément inconscient et de très archaïque; sous cet éclairage nos  comportements changeront peu à peu. Même l’analyse de toute une vie ne parviendrait pas à nous faire devenir transparent à soi-même au risque de nous faire rejouer le fantasme de toute puissance, d’omniscience, tel qu’il se joue dans l’enfance lorsque l’enfant se considère encore comme étant TOUT y compris la cause de la totalité des émotions de sa mère. On ne peut aller au delà de notre Condition d’être humain, d’être fini. Par contre ce travail permet de comprendre notre fonctionnement, de régler quelques difficultés qui y sont attachées avec des répercussions bénéfiques sur tous les plans relationnels ( amoureux, amical, professionnel…). Cependant on peut avoir des relations qui semblent complètement différentes mais compatibles avec notre schéma actuel qui tendra à nous faire rejouer la même histoire.

Certains couples ont des difficultés à s’éloigner du couple qu’ils faisaient avec un de leur parent (fils et mère, ou fille et père, par exemple) pouvez-vous en parler ? Est-ce une des raisons qui fait que l’on reste dans un couple-prison?

A cette question et au suivantes je retranscrirai les réponses au plus vite.

Donc à suivre…

 

 

Dans le temps imparti nous avons tenté d’aborder un maximum de questions du  livre « L’amour à l’épreuve du couple » qui aborde de façon complète mais théorique les questions, les problématiques qui se posent dans le couple. Ce n’est pas un ouvrage qui donne des recettes, par contre il interroge sur la complexité du couple, l’importance de redonner du sens au désir de faire couple. Et ne jamais oublier qu’il y a autant de couples possibles que d’individus qui le forment comme je peux le vérifier tous les jours dans ma pratique en cabinet.

L’amour et le couple : L’amour est ce qui fait battre le cœur et rend les mains moites. Le couple est ce dans quoi l’on s’engage par amour. Du moins à notre époque et dans notre société. Mais pas toujours. Pas de tout temps.

Lors de la rencontre deux êtres se découvrent : toutes les différences sont abolies, on ne fait qu’un, (mais lequel des deux fait-on ?) on fusionne en parfaite symbiose, on pense la même chose au même moment, on prête à l’autre toutes les qualités, on projette sur l’autre l’idéal imaginé ; autrement dit l’amour rend aveugle : comme disait Cocteau « les hommes naissent aveugles ils ne s’en aperçoivent que lorsque la vérité leur crève les yeux « 

Mes questions : le couple rendrait-il la vue ? Serait-il garant de l’objectivité ? Le couple permettrait-il la reconnaissance des êtres tels qu’ils sont? Que devient l’amour et comment se transforme t-il à l’intérieur du couple ?

Réponse de notre invité qui remercie pour l’accueil qui lui a été réservé dans ce lieu magique (le 3.14), qui éveille l’imaginaire, lieu propice au couple et à l’amour. Pour David l’amour ne rend pas aveugle mais, parce que nous sommes agit par l’inconscient, c’est ce dernier qui est à l’œuvre  quand nous tombons amoureux.Il y a là un quelque chose qui nous échappe, un quelque chose qui n’est pas irrationnel et qui s’explique. Les rencontres se font donc au niveau inconscient. Ce qui opère dans  la rencontre est l‘idéalisation, l’imaginaire, les espoirs, les attentes de réparation d’anciennes blessures; il s’agit d’un embellissement de la réalité. Le fait de se « mettre en couple « fait-il découvrir la réalité ? Oui, car la relation s’engage au quotidien qui n’est autre que la vie réelle. La part de l’imaginaire se trouve face à une réalité qui se confronte au quotidien. Le couple ne peut continuer à vivre comme lors de la rencontre en se coupant du monde, vivant en autarcie ou sortir, passer des nuits à faire l’amour et le reste du temps à se bécoter. C’est moi qui dit ça comme ça pour résumer les propos tout en leur restant fidèle. « J’ai été trompé sur la marchandise; il /elle a changé » entent-on souvent dire!  Non, on ne change pas, ce sont les conditions qui changent. Cela peut être une aubaine, une occasion d’apprendre à se connaître en évitant les déceptions;   il y a là l’occasion à saisir pour passer de l’état d’être amoureux à celui d‘aimer.

J’insiste avec mes questions :  Les êtres que nous sommes ne changent pas ce qui change est le regard que nous portons  sur l’autre que l’on a cru idéal. On perd ses illusions, on se rend à l’évidence qu’il s’agit de la construction d’un être idéal qui n’existe pas dans la réalité. Dans nos sociétés le couple est fondé sur l’amour réciproque dès lors qu’il se forme ; est-ce à dire qu’il y a désamour lorsque le couple se sépare ? Le temps use-t-il le couple ou le consolide t-il ? Est-il si difficile de vivre l’amour au sein du mariage ? Le quotidien éteint-il le sentiment d’amour ? Le quotidien conduit-il forcément à la routine ? Le lien conjugal empêcherait-il le couple de durer? Le couple noue ses liens à l’intérieur de la sphère privée : il se recroqueville en vivant en vase clos ; est-il enfermé ? Peut-on dire que le couple est un lieu d’asphyxie, d’étouffement ? Sans parler de recette magique y a-t-il des pièges à éviter  pour qu’il n’en soit pas ainsi ?

D.S : On met dans le couple tous nos manques, tout ce que l’on n’a pas eu et dont on rêve. Effectivement il n’y a pas de recette miracle; il faut être attentif et ne pas croire qu’il existe une personne « fabriquée » sur mesure qui nous serait destinée; LA bonne personne, celle qui concentrerait en elle toutes les attentes, au risque de décevoir Laura qui dit avoir eu de la chance puisqu’elle affirme l’avoir trouvée. Or, LA bonne personne, n’existe pas. On a de la chance de rencontrer la bonne personne avec laquelle ça va bien se passer mais en aucun cas il n’existe LA bonne personne qui aurait été construite pour soi, comme un objet. Une personne n’est pas un objet qui se fabrique. Il est inquiétant de penser qu’une personne aurait été construite pour soi; d’autant qu’en ces temps modernes où l’on change facilement de partenaire dès lors qu’il ne convient plus, il serait nécessaire d’avoir plusieurs bonnes personnes en attente.Comme l’enfant capricieux qui a cassé son jouet et veut en changer.

LA bonne personne « fabriquée » pour soi est un mythe (que certains sites de rencontres font miroiter pour convaincre leurs adhérents qu’il suffirait de cocher des cases pour définir LA personne faite pour nous). Le couple est fondé sur deux individus distincts avec chacun son parcours de vie. Le fait que le couple actuel soit fondé sur l’amour pose problème parce que si il y a Amour il y a besoin, il y a tendance à fusionner. Le désir de fusion est une tendance à vouloir faire Un de deux êtres distincts. Cette tendance fusionnelle fait partie de l’amour. Or, le couple est formé de deux personnes différentes qui tiennent chacune à leur individualité, à être différenciée. Le fait de désirer fusionner avec l’autre tout en voulant rester soi provoque des tensions comme la sensation d’ étouffer, d’asphyxier. La fusion donne l’impression de ne plus être soi, de se perdre dans la relation pourtant étroite. Impression aussi de ne plus exister en tant qu’être soi.

La fusion génère l’angoisse; cette angoisse émane de notre propre tendance inconsciente à désirer fusionner qui finit par étouffer. Cette  fusion là est quelque chose vécue sur le plan psychique qui si elle perdure  déconnecte de la réalité pour en édifier une autre à partir de soi où se forme le délire.C’est ce qui advient lorsque le couple vit en osmose totale, que l’un sans l’autre ne peut agir, ce que certains appellent le bonheur.

Le bonheur parlons-en! Qu’est-ce que le bonheur?Un petit aparté : Je suis d’accord avec Léo Ferré lorsqu’il disait « le bonheur ne peut être fait que d’instants. » (Léo Ferré fait partie de mes philosophes préférés !) Une autre conception du bonheur consiste à être totalement détaché des aléas de la vie; c’est ne ressentir ni souffrance ni paix, n’avoir ni besoin  ni désir. C’est être ni plus ni moins hors du temps  ce que l’on nomme ataraxie. Sur le plan psychique on est en dehors. Le bonheur tel que décrit là est un état qui se rapproche de la mort et qui n’est pas la sérénité comme le proposait une auditrice.Si l’on pousse l’analyse plus loin on s’aperçoit qu’être dans la fusion est ce que l’on perd de soi en tant qu’identité. David évoque « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen l’histoire de ce couple fusionnel jusqu’à la mort. (Extraordinaire roman à lire si ce n’est déjà fait)

Je m’excuse d’être une «  Psy bourreau de l’amour » comme le célèbre psy Irvin D.Yalom s’intitule dans un de ses livres. Parce que le psy démonte tout le mécanisme aussi bien physiologique que psychique, il fait toucher du doigts les illusions qui ont mis en place le couple, il repère la fonction réparatrice pour mieux la mettre en évidence. De quoi casser la baraque aux couples de la première « cuvée. » La « cuvée » suivante est beaucoup plus réaliste, elle sait mieux à quoi s’attendre…

Les questions fusent : Peut-on vivre l‘amitié sans fusion ? Et la passion ? La passion veut dire souffrance en latin, pathos en grec est un moment de la quête, quand on n’a pas encore comblé son manque; là où il y a du manque il y aura du désir.

En posant les questions à David Simard j’avais l’impression d’être un élément de jury pour la soutenance de son Mémoire !Ou le professeur qui l’interrogeait sur son travail. Cette nouvelle façon de procéder m’a bien plu, j’étais tout à fait à l’aise dans ce rôle.

à suivre…

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Soirée psy et phi

Encore une belle soirée au Sex-o-café ce jeudi en la présence de David Simard (philosophe – psychosexologue) auteur entre autre de « L’amour à l’épreuve du couple » son dernier ouvrage qu’il a eu le plaisir de dédicacer.  En attendant le compte rendu il est à noter l’écoute intéressée, attentive, interrogative des invités présents. Si j’insiste sur la présence (comme une maîtresse d’école remarquant les absents) c’est pour signaler que sur les 28 inscrits  7 manquaient  à l’appel !  Il est dommage  pour eux qu’ils n’aient pu profiter de cet entretien préalable à la lecture du livre qui aborde de façon très complète les questions, les problématiques qui se posent dans le couple. Ce n’est pas un ouvrage qui donne des recettes, par contre il interroge sur la complexité du couple, l’importance de redonner du sens au désir de faire couple sachant qu’il  existe autant de couples possibles que d’individus différents.

Le mot revenu souvent dans nos paroles de psy – ψ – est inconscient, cet inconscient qui façonne la plupart de nos actes, de nos comportements.  N’est-ce pas l’accouplement de deux inconscients qui pousse à vivre l‘expérience, qui oblige à se référer au modèle parental ( ce qui ne veut pas dire à en adopter le modèle)? Cet inconscient qui nous agit en tenant compte du milieu social et culturel dans lequel nous  évoluons…Autant d’éléments qui nous éloignent de l’idée que nous avons d’agir en totale liberté

Voilà quelques réflexions dans l’après coup qui ne résument en rien les deux heures passées ensemble mais sert de prétexte  pour vous dire en petit aparté le programme du prochain SEX-O-CAFE. Il viendra Max’O  sculpteur de charme qui sculpte à partir des corps, des sexes, ce qui me permettra d’aborder l’importance de la sublimation dans la création artistique.

Vivez une belle fin de semaine.

« L’amour à l’épreuve du couple« 

est le titre du livre dernier né de David Simard, titre tout trouvé pour le thème du prochain Sex-o-café qui se tiendra comme à l’accoutumée à Cannes au 3.14 hôtel le jeudi 6 octobre à 20h en présence de l’auteur.

De ces trois mots AMOUR, COUPLE, ÉPREUVE c’est ce dernier qui reste  un tantinet  douloureux à son évocation, un événement pénible voire même un malheur apportant souffrance.  L’épreuve serait-elle un passage obligé à la construction du couple ? À sa pérennité ?

Nul doute que David Simard argumentera ses écrits  » Or, l’échec si récurrent tient sans doute, pour une bonne part, à la démesure des attentes qui sont placées dans l’amour et le couple fondé sur lui. » Il bousculera certainement les idées reçues… tout cela dans l’habituelle  bonne humeur qui préside le Sex-o-café.

Que ceux qui ne pourront assister à la rencontre n’hésitent pas à se procurer le livre de David Simard « L’amour à l’épreuve du couple« ; quant aux chanceux présents ils pourront l’acheter sur place et David se fera un plaisir de le leur dédicacer.

À bien vite !

On l’a bien compris ce qui est important dans la relation, en l’occurence dans  le couple, est de communiquer pour apprendre de l’autre ses désirs, ses préférences.  À moins que les partenaires soient totalement ouverts en vivant déjà une sexualité sans tabou, expérimenter des sextoys dans le couple ne peut se faire sauvagement. Il en est ainsi pour tout apport extérieur d’objets ou de matériel visuel (vidéo) qui doit être précédé de  dialogues, d’échanges, de consentement mutuel.Leur usage qui ne devra pas être systématique peut rebooster la sexualité qui a été affaiblie par la routine, par le temps qui a amoindi le désir, par les obligations du quotidien. L’emploi de sextoys peut être envisagé comme un jeu pour agrémenter et entretenir la complicité, pour favoriser le dialogue autour de la sexualité en suscitant les questions et autorisant des réponses; leur emploi sera fort utile pour apprendre à connaître son propre corps et celui du partenaire; ne pas s’interdire la curiosité afin de faire le plein d’idées érotiques. L’utilisation des sextoys est une préférence sexuelle dans un comportement érotique qui se développe – ou non – au cours de la vie adulte de la même manière que toutes les autres préférences par exemple alimentaires ou musicales.  « Si tu n’aimes pas le caviar ne m’en dégoute pas. » Ces jouets ont pour but d’ajouter du plaisir en aucun cas ils ne doivent devenir une corvée même pour satisfaire le conjoint.  Tout cela est le côté festif de l’usage des jouets sexuels mais ils peuvent aussi  palier les faiblesses liées à l’âge mais pas seulement induites par l’âge puisqu’on rencontre dans nos cabinet ou boutique de plus en plus de jeunes gens qui se plaignent d’absence d‘érection ou d’érection très faible et de très courte durée et cela malgré le désir. Phénomène très pénalisant et effrayant surtout pour les jeunes dans la société actuelle où il est presque interdit de ne pas jouir, où l’exortation à jouir est devenue un mode de vie, la virilité apparente une obsession. C’est ce en quoi il faut être attentif (et loin de moi de vouloir casser la barraque et les intentions de curiosité) car il peut survenir un autre danger qui est que, par habitude, ces gadgets sexuels deviennent obligatoires à l’obtention du plaisir. Si le sextoy devient indispensable à l’acte sexuel c’est qu’il y a problème. Une telle consommation témoignerait d’un déséquilibre dans le couple, au même titre que de n’avoir recours qu’à la masturbation pour obtenir satisfaction sexuelle et ne pas supporter de partager avec le/la partenaire serait pathologique. Dans le cadre d’une utilisation ponctuelle le sextoy est une préférence « normale » ne pouvant être considérée comme un acte « contre nature, » une maladie ou un trouble psychologique. Pas plus que ces objets ne sont destinés à remplacer les hommes auprès des femmes et vice versa, même s’ils ne peuvent se poser en substitut ou rivaler avec la main experte et amoureuse, il se peut que certains hommes aient besoin d’avoir recours à une pompe qui fera affluer le sang dans la verge, sang qui est à l’origine de l’érection.

Du côté de la recherche neurobiologique : Le rapport sexuel n’est plus orienté dans le seul but de la procréation mais dans une recherche de plaisir comme l’ont démontré les neurosciences : les êtres humains en stimulant leurs zones érogènes activent, dans le cerveau, le renforcement des récompences. Au cours de l’évolution la décharge hormonale qui influence  le comportement sexuel a diminué contrairement à l’importance des récompences qui est devenue majeure. Chez l’être humain, le but du comportement sexuel n’est plus le coït vaginal (d’autant qu’enfin, on a pu mettre en évidence chez la femme l’importance du plaisir clitoridien) mais la recherche des plaisirs érotiques procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes qui active le système des récompenses,  recharge l’estime de soi par l’intermédiaire du plaisir donné et du plaisir reçu lors de l’échange érotique.

Au Sex-o-café une participante, l’index pointé comme en accusation disait qu’il ne fallait oublier celui-là, celui là pouvant être aussi efficace pour apporter du plaisir à son homme qu’un objet sexuel; ce à quoi  son voisin lui rétorca  » Il vaut mieux avoir un sextoy à la maison plutôt que de ramener un amant, et même anticiper avant que le couple ne s’enlise ». Sur ces paroles pleines de sagesse, je vous laisse méditer.

Pour les gourmands qui attendent la suite je me dois d’ajouter comme l’a si bien précisé Emmy qu’il est préférable d’utiliser des sextoys en silicone pour éviter  tout risque d’allergie et un total confort.

VIBROMASSEUR. Le vibromasseur qu’Emmy tient dans la main est le classique godemiché (godemiché : instrument de forme phallique destiné au plaisir sexuel – dixit le dico).« En voilà un parmi des centaines qui existent, il y en a pour tous les budgets : «  Il est rouge vif, cranté, souple et pourtant ferme, l’embout recourbé utile pour titiller le point G. « A prendre un produit autant le prendre éloigné de la forme naturelle du sexe masculin avec des formes spécifiques pour stimuler certains endroits du corps, pas forcément accessibles autrement.  Sinon, à quoi sert d’avoir un autre sextoy quand on a un homme à la maison, pas besoin d’un deuxième ! s’amuse t-elle en passant un doigt dans l’espèce de bague à sa base  « en plus ça vibre sans bruit, de différentes intensités, sans pile mais avec un chargeur universel (c’est à dire qu’il servira à tous vos jouets sexuels)

WE VIBE: celui-ci ressemble à un U vibrant d’un bout à l’autre, souple,  avec neuf mode de vibration. Une partie vibrante pour pénétrer le vagin, une autre partie restant à l’extérieur et vibrera sur le clitoris. Quand Monsieur pénètre Madame la partie qui est dans le vagin va stimuler le pénis de Monsieur. Pour prouver ses dires Emmy passe avec le We Vibe dans les rangs et fait ressentir la vibration à chacun. Rires, réflexions amusantes, les personnes sont à l’aise et prennent du plaisir apparemment que l’on puisse exposer ces objets et parler de choses de l’intimité avec autant de naturel.
ANNEAUX vibrants pour homme ont pour but de resserrer la verge sous le scrotum, compressant ainsi le canal spermatique ce qui va prolonger l‘érection par augmentation de l’excitation et retarder l‘éjaculation . « Donc Monsieur devient Superman« , charrie Emmy ! Une question posée : est-ce qu’un préservatif risque de se rompre avec ces anneaux ? Non, mais il y aura moins de sensations, rétorque Emmy.

GANT VIBRANT : il est doux et provoque des sensations extrêmement agréables.En épousant l’endroit où il se pose le gant vibrant est un accessoire particulièrement source de plaisir. A effet orgasmique, waterproof, il se lave en machine. « Oui, évidemment on peut s’en servir pour calmer, atténuer les douleurs des membres, arthrose par exemple, répond Emmy à Arlette. De plus c’est sympa pour toute sorte de massages sans se fatiguer car il n’y a pas à forcer mais on obtient beaucoup d’effets au niveau des sensations. Posé en bas des reins, c’est relaxant et un très bon remède contre les douleurs du dos. » Toute l’assistance – y compris moi – avons eu droit à notre vibration sur l’épaule, ou colonne vertébrale. Un pur régal !
ROSEBUD : ce sextoy anal est différent selon qu’il est pour la femme ou pour l’homme. Il s’agit d’un plug en acier chirurgical dont la partie qui reste à l’extérieur est un bijou. On peut voir sur les plages de naturistes des dames qui portent un rosebud, ou les gogos danseuses, intégralement nues portent très souvent un rosebud. « Ce n’est pas juste pour faire joli, mais en plus c’est joli. Par le poids de ce sextoy il stimulera la partie anale, une zone très érogène, si en plus le vagin et le clitoris sont stimulés, l’orgasme puissant est garanti.

Petit aparté: La partie anale féminine est différente de la partie vaginale qui est un orifice d’entrée alors que la partie anale est un orifice de sortie. Le rosebud est très orgasmique lorsqu’il est bien utilisé mais peut-être catastrophique si mal fait ou fait sous la contrainte. Une femme ne devrait pas se sentir obligée d’accepter une pénétration anale ni y être forcée. Un homme ne devra jamais insister pour sodomiser une femme fatiguée ou quel que soit le motif invoqué de son refus et s’en tenir à son refus. Certaines femmes pour faire plaisir à leur homme ne diront rien et se laisseront faire sans dire qu’elles ont mal. Nous ne répéterons jamais assez l’importance de la communication entre partenaires et inciter Madame à exprimer son désir ou non désir. Bien sûr les anesthésiants aident mais d’abord il est nécessaire d’avoir un consentement mutuel. « L’amour se fait à deux, » insiste Emmy.

Il existe pour Monsieur un Rosebud dont la forme est différente muni d’une pointe qui va agir sur la prostate, cette vibration est une stimulation supplémentaire.

ŒUF à TÉLÉCOMMANDE : cet oeuf télécommandé vendu depuis 7ans rejoint dans son but les boules de geishas (raffermissement du périnée), de plus il  a la particularité d’être ludique et de s’utiliser en couple. L’œuf s’introduit dans le vagin, Madame se déplace avec; là où ça devient amusant c’est que Monsieur tient la télécommande pour diriger Madame. C’est réjouissant d’autant que seuls les partenaires complices sont au courant; cela peut engendrer des situations explosives puisque la télécommande contient 10 programmes et peut agir sur 10 mètres de distance. Cet accessoire est très stimulant, il renforce la complicité du couple. Á savoir que l’œuf protégé par une gaine peut être introduit dans le rectum du Monsieur pour faire joujou de la même manière et servira aux couples homosexuels. C’est un sextoy qui va hors de la chambre à coucher, qui pimente et stimule différemment. Une précision encore : une télécommande peut faire vibrer plusieurs personnes portant œuf qui se trouvent dans le même périmètre (par exemple dans un restaurant); l’on peut s’imaginer sans difficultés des situations cocasses.

LA FORMULE 1 : Pour les hommes un étui carrossé comme comme une voiture  dans lequel Monsieur enfouira son pénis; stimulation par la vibration. En fait cette formule 1 remplace la « poupée gonflable ».

TINGA : forme et sensation d’un vagin.

LE GEL LUBRIFIANT: Emmy nous renseigne sur les différentes sortes de gel: eau ou silicone et donne la préférence à ces derniers, sauf pour la femme enceinte. Le lubrifiant silicone ne pénètre pas dans la peau, reste en surface qu’il rend soyeuse,  une goutte reste tout le temps de la pénétration et pendant toute la durée du rapport. Il vaut mieux éviter les gels parfumés dont on finit par se lasser et se dégouter du parfum et des fruits qu’il représente (kiwi/fraise par exemple). Cependant il existe une gamme très étendue de parfums y compris les plus extravagants comme pain d’épice et barbe à papa. On peut utiliser le gel pour un massage ou toute autre circonstance sans forcément qu’elle soit sexuelle.

Emmy parle avec beaucoup d’aisance de ce qu’elle connaît parfaitement malgré son jeune âge (25ans) avec une réelle compétence, un humour léger. Elle évoque les 850 m2 de cet espace de charme dont elle est la gérante et qu’elle se refuse à nommer sexshop. Elle a su donner des exemples concrets des constations faites en boutique…

Vous voulez mon avis ?  Vous trouverez sur des sites spécialisés les sextoys évoqués sur le blog www.libidosexualite.com mais il est préférable d’aller dans les boutiques spécialisées où l’on vous conseillera intelligemment avec beaucoup de tact, on apportera des réponses adéquates à votre demande. Les responsables de ces espaces de charme ont une psychologie appropriée pour aborder la clientèle avec respect et compétente.

Il reste le petit chapitre à traiter – le regard psy -  ce que je ne manquerai pas de faire dès demain…

Après avoir annoncé l’ouverture du 17ème Sex-o-café, fait les recommandations d’usage (conso en échange de la gratuité du salon Shiva),informé de l’absence définitive de Liliane (sans y), présenté Emmy et m’être présentée aux nouveaux participants la séance commença.
Ah, la soirée des sextoys ! Si le sextoy en tant qu’objet de plaisir n’est pas nouveau puisqu’il existe depuis la nuit des temps Emmy a su nous en parler avec sérieux et légèreté. La séance se déroula très joyeusement à commencer par rappeler que les premiers objets sexuels nommés « olisbo » (pénis artificiel) par les grecs, servaient aux femmes de marins ou de guerriers quand ces derniers partaient en guerre ou en mer.Les hommes s’assuraient ainsi la fidélité de leur épouse qui s’en servaient pour combler leur absence. Ce qui est toujours d’actualité ; Emmy nous le rappelle en évoquant une amie dont le mari militaire reste en contact intime par des moyens que la technique actuelle rend possible malgré l’éloignement.
L’ancêtre du godemiché appelé par les romains « gaude mihi » qui signifiait « réjouis-moi » était pour certains de véritables œuvres d’art en bronze, en céramique, en ivoire, ou plus simplement en pierre, en cuir, en bois, et très souvent à l’effigie d’une divinité…
Le kamà-sutrà, le plus important ouvrage sanscrit sur l‘amour et l‘érotisme, préconisait leur utilisation pour améliorer les rapports sexuels des partenaires.
Les chinois fabriquaient des godemichés en résine et en gomme pour en atténuer la dureté. Les japonnais offraient à leur dame une pierre enveloppée dans de la soie nommée du joli nom « objet d’absence. »
A la Renaissance l’olisbo change de nom pour « passatempo », passe temps, ou diletto, délice, qui donnera « didlo » qui est de nos jours une marque de sextoys. Á cette époque l’objet est à la mode et chaque femme se doit d’en avoir un chez elle, c’est ainsi que Ronsard (qui avait 55ans) reproche à son amoureuse Hélène (qui en avait à peine 15) de lui préférer sa propre main et son godemiché.
En Italie comme en France il s’invente des objets bien améliorés plus proche de la réalité avec réservoir en verre.
En 1869 Georges Taylor invente le premier vibromasseur à vapeur appelé vibrateur qui sert à calmer les douleurs; très vite l’usage a été détourné au profit de traitement contre l’hystérie et l‘insatisfaction sexuelle qui sévit à cette époque. Cet appareil est passé sur tout le corps en insistant sur la vulve ce qui déclenchait un orgasme clitoridien qui calmait la patiente. En 1883 le Dr J.M.Granville invente le premier vibromasseur électro-mécanique qui améliorait le rendement dans le traitement des sujets. D’une patiente à l’heure l’électricité aidant il s’en traitait six.
Comme ce tout petit aperçu nous le démontre le sextoy n’est pas un moyen nouveau pour se procurer du plaisir, et que de tout temps les hommes ont eu recourt à leur imagination afin de stimuler leurs fantasmes, de rendre ludique ce qui par la force de l’habitude, la routine installée sont un obstacle pour accéder aux délices qui – il faut l’espérer – épanouiront leur sexualité.

Le premier sextoy que nous présente Emmy est le canard; tout le monde en a entendu parler. Symbole du sextoy le canard peut être posé sur un chevet, waterproof il peut aller dans le bain, se poser sur la table du salon ou être offert lors d’un repas de famille où trône la grand-mère à côté du petit enfant sans qu’il choque la pudeur de quiconque. Objet joli par sa couleur et sa forme il est sans vulgarité et sa vibration douce est agréable n’est pas pour but de provoquer l’orgasme

Les boules de geishas est un sextoy spécial par sa fonction de renforcement du périnée, jusqu’à être préconisées aux femmes par les gynécologues après un accouchement. Là non plus cet accessoire ne sera pas utilisé à des fins orgasmiques mais pour remuscler et renforcer la tonicité du vagin et du périnée. Il faut savoir, précise Emmy que la plupart des femmes ne sont pas vaginales mais clitoridiennes, et qu’à ce titre, un vagin resserré, un périnée plus tonique  procurent des sensations meilleures et le coït sera d’autant plus satisfaisant pour les deux partenaires. L’homme sentira les contractions vaginales, sa verge ne sera pas perdu dans un étui creux;  la femme appréciera la verge qui la comblera. Produit en silicone sans risque d’allergie, les boules de geisha sont indispensables pour fortifier le muscle de l’amour (le pubo-coccygien). Cette technique est issue des pratiques taoïstes que la Chine ancienne développa par les exercices  des Qi-gong qui fortifient et développent le même groupe de muscles pour leur santé, leur longévité, leur plaisir sexuel et leur développement spirituel.Les yogis hindous pratiquent des exercices similaires dans le cadre du Hatha Yoga (la pratique du geste du cheval) encore pratiquée de nos jours. Le Dr Kégel créa en 1940 une série d’exercices destinés à renforcer le muscle pubo-coccygien, par des contractions / décontractions alternées des muscles qui forment le palais pelvien et de prévenir ou de réduire les problèmes du plancher pelvien et d’augmenter le plaisir sexuel.Traitement bénéfiques pour le prolapsus vaginal et utérin, l’incontinence.

Ce sera tout pour ce soir…Passez une belle soirée agrémentée d’un sextoy, pourquoi pas ?

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Me voilà de retour sur www.libidosexualite.com  avec cette question :   Qu’est-ce que la libido ? Ça dépend et c’est selon ! Selon Freud qui se refusait à abandonner le mot « libido » au profit d’Éros afin de ne pas perdre ce qu’il veut faire reconnaître : sa conception de la sexualité. Et il ajoutait (in Trois essais sur la théorie de la sexualité) « Ceux qui considèrent la sexualité comme quelque chose qui fait honte à la nature humaine et qui la rabaissent sont bien libres de se servir des termes bien plus distingués d’Éros et d’érotique ». Car pour lui la libido est toute l’énergie de l’éros et l’éros est la pulsion de vie, c’est à dire la pulsion sexuelle et pulsion d’auto-conservation.

Quant à Jung il se différenciait de papa Freud puisqu’il il concevait la libido comme une énergie psychique non spécifique à la sexualité; pour lui cette énergie libidinale se manifestait dans toute activité (se nourrir, physique…) qu’elles soient sexuelles ou non. Entre autre, cette divergence amplifie la brouille entre Jung et Freud qui maintenait sa référence au sexuel.

Une autre question gravite dans mon cerveau et je vous la livre telle quelle : est-ce que la sexualité fout le camps avec la jeunesse ? Non, non, même si ma libido – au sens freudien -  n’est plus qu’un souvenir de l‘énergie vitale qui  se déployait au gré de mes pulsions sexuelles suffisamment  bien contrôlées alors que mon énergie psychique me poussait à la sublimation. De cette façon j’endiguais les différends entre Freud et Jung.

La sublimation ? Tu peux m’en dire plus ? Pas aujourd’hui mais très bientôt je vais en parler de cette énergie sexuelle spécifiquement détournée au profit de l’art, de la création…

Pour moi ces fleurs sont les symboles du sexe de l’homme, l’anthurium et l’orchidée celui de la femme.

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Qu’est-ce que la sexualité ?

1-La sexualité est l’ensemble des caractères physiques, physiologiques et psychiques qui différencient l’individu femelle de l’individu mâle. 2-La sexualité est l’ensemble des comportements caractérisant l’activité sexuelle et sa satisfaction.

Contrairement a ce qui était généralement admis, la sexualité n’a pas pour finalité la procréation. Tout est sexuel – par le fait de téter le nourrisson active la zone érogène qu’est la bouche – bouche qui sera plus tard sollicitée par le baiser. La tétée est donc une activité sexuelle qui satisfait la faim en générant du plaisir. Chez l’humain le sexuel ne se limite donc pas aux organes génitaux nécessaires à la procréation (conjonction des 2 sexes – masculin et féminin dans le fait d’engendrer un être humain) mais le sexuel est un ensemble d’activations des zones érogènes qu’est le corps tout entier, qui a pour but l’obtention d’une satisfaction. Freud fit scandale quand il qualifia de sexuelles un ensemble d’activités ou de tendances non seulement qu’il repère chez l’adulte mais aussi chez le nourrisson.

Le but « originaire » de la sexualité argumente Freud est un but de  jouissance, qui n’a rien à faire continue Lacan avec la copulation dans sa finalité de reproduction.

La fonction sexuelle et la libido (énergie psychique des pulsions sexuelles) ne se mettent pas en place d’emblée mais sont soumises au développement physiologique, physique et psychique ; elles traversent une série de phases ou de stades. Freud a mis en évidence les différents stades où la sexualité se structure et qui sont les lieux des zones érogènes révélées par le plaisir qu’elles provoquent lorsqu’elles sont sollicitées. Les stades oral, anal, phallique et génital sont ces stades que souligne Freud qui vont se révéler être autoérotiques.

Dès la petite enfance – dit Philippe Breunot – le sexe s’apprend entre liberté, pulsion et interdit. Dans toutes les cultures il existe des règles pour limiter les excès du sexe, qui, si tout était autorisé, perturberait la bonne marche de la société. L’humain se structure sur la limitation à la jouissance. Et sur des interdits : de l’inceste, du meurtre.

Partant de cette constatation il paraît évident que la sexualité se structure et évolue en fonction de critères tels que l’âge, l’éducation, le milieu socio-culturel, etc.

 

Chaque étape de la vie est porteuse d’une réalité sexuelle.

Qui concerne

  • un cycle hormonal qui lui correspond avec transformation physiologique, (puberté, avalanche hormonale transformant la libido;  maternité et ménopause pour les  femmes; andropause pour les hommes  avec le déclin hormonal qui l’accompagne)
  • La sexualité dépend aussi de la manière dont a été abordée la sexualité pendant l’enfance, l’adolescence, au travers des croyances, de l’éducation, des complexes et des tabous.
  • On connaît l’importance du premier rapport sexuel et l’incidence future sur la sexualité. La première expérience peut-être soit traumatisante, soit une révélation qui de toute manière nous marquera.
  • Les choix amoureux sont une réplique des modèles parentaux que nous avons connus.

Qu’est-ce qui fait une sexualité épanouie? De quoi dépend-elle ?

Une sexualité harmonieuse dépendra de nombreux facteurs intérieurs autant qu’extérieurs :

  • elle dépendra des attentes réelles ou supposées des partenaires ;
  • de l’histoire personnelle, des expériences et du tempérament des partenaires.
  • La sexualité peut-être source de malentendus, de conflits, de problèmes relationnels complexes.
  • Ce que j’ai pu constater est qu’une sexualité bien vécue est certainement un des meilleurs outils de développement personnel, un espace de jeu où il n’y a plus dominant ni  dominé, un espace libre et non un lieu de pouvoir.
  • Dans la sexualité épanouie rien n’est jamais figé. Tantôt actif tantôt passif, il est bon de laisser libre court à son imaginaire et de se connecter à ses sens. Tous ses sens.
  • Il est important de bien  se connaître pour être dans le partage, dans l’échange plutôt que de tout attendre du partenaire, ou bien vouloir tout lui donner et ne rien accepter… C’est le cas de certaines femmes qui donnent du plaisir et refusent d’en recevoir.
  • La sexualité se réjouira d’une communication intime, d’attentions et de prévenance.
  • Entre partenaires complices, consentants il est bon de laisser parler les pulsions, de s’autoriser à les vivre. Cela fait partie des expériences qui cassent la monotonie.

Aujourd’hui : est-il vrai que les femmes assument mieux leur désir ? Si celui-ci est en berne vont-elles rechercher la cause de la défaillance ?

Revendiquent-elles plus facilement le droit au plaisir ? S’interrogent-elles s’il est absent ? Cherchent-elles les ingrédients nécessaires à sa montée ?

Quel impact de la complicité, de la tendresse, de l’autoérotisme (encore tabou chez nombreuses femmes). L’appropriation de son corps et de son plaisir.

L’un des motifs de consultation est la plupart du temps lié à la perte du désir, à l’absence du plaisir et d’orgasme mais aussi à la peur par les plus jeunes de la pénétration.

Avoir une sexualité épanouie c’est d’abord se sentir désirable mais pour cela il faut s’aimer, avoir sur soi un regard aimable.

C’est aussi apprendre du temps qui passe, s’en faire un allié et non un ennemi ; ne pas s’affaisser en même temps que l’ovale du visage.

Pour les hommes, la plupart du temps c’est l’éjaculation précoce qui les amène à consulter (quelque soit l’âge); des érections faibles ou inexistantes. Nous avons vu dans différentes sessions les solutions à apporter à ces états.

Doit-on rappeler que la pénétration n’est pas forcément l’attente des femmes, même si les hommes ont besoin de cela pour être en confiance et se sentir virils ; ne pas négliger des préliminaires qui exciteront, mettront en appétit en faisant de la relation un moment ludique et épanouissant.

Les hommes d’aujourd’hui savent montrer leur tendresse et faire que la sexualité du couple soit un partage et un lieu de régénération, une recharge de l’énergie vitale ; ils sont moins dans la performance…

Ce qu’il faut savoir : Il n’y a pas d’âge pour avoir une sexualité épanouie, l’expérience aide mais ne fait pas tout ; créer ou réinventer une ambiance sensuelle « étonnez-moi, Benoît ! » Le dialogue, l’échange sont indispensables pour être épanoui sexuellement.

La sexualité et les médias

Les médias influent sur la sexualité avec des injonctions à se comporter de telle manière, à obéir au prêt à consommer, à l’obligation de jouissance dont chaque magazine fait état.

La sexualité est affaire de chacun, elle n’a pas à obéir à des normes.

Avoir une sexualité épanouie est un art de vivre qui se conjugue au quotidien et en chaque instant et la chambre à coucher n’est pas le seul espace pour l’exprimer.



 

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Un avant goût de la séance avant le compte rendu qui sera rendu lorsque j’aurais récupéré la vidéo. Ambiance orchestrée par une majorité d’hommes (une fois n’est pas coutume, leur nombre était supérieur à celui des femmes)  dont un docteur, doyen de la rencontre, qui fêtait ce jour là ses 84ans. Comme quoi il n’y a pas d’âge pour parler sexualité et certainement la vivre avec beaucoup de tendresse quand les fonctions physiques et physiologiques ne sont plus à l’unisson des ardeurs psychiques. Évoquant la tendresse constatée parmi la génération des quadragénaires, le docteur partant d’un constat scientifique, questionne « ce peut-il que les hommes se féminisent, perdent leur agressivité, à cause des hormones introduites dans la viande ?  » La question reste posée et il serait intéressant d’y répondre.

Donc, il y avait ce soir là l’Uruguay en la présence de Jaime; humaniste parcourant le monde Jaime fait tous les ans son escale estivale à Cannes, ville-cure-de-jouvence puisqu’il a rajeuni, dit-il, quand il en repart. Ses questions « apprend-on à apprendre ? Quelle éducation sexuelle en France comparée à l’Uruguay ?  Droit à l’avortement depuis quand ? Différence culturelle entre la France et l’Uruguay.

C’est toujours un plaisir pour moi de retrouver « les anciens » qui ayant pu se libérer se replongent avec intérêt dans le débat. Merci à Pascale, toujours pertinente dans ses paroles, merci à son compagnon. Frédéric dont la timidité ose s’aventurer un peu plus loin en participant à « l’after ». Le Sud Ouest était de retour avec l’accent chantant de Joëlle accompagnée par la sagesse, l‘empathie de son partenaire.

Marianne, toujours fidèle au sex-o-café, témoigne d’une sexualité de sexagénaire heureuse qui n’a rien à envier à la quarantaine où elle a laissé la honte et les tabous. Valérie toujours discrète approuvant les dires sur la pointe d’un sourire et d’un hochement de tête.

Il y avait aussi les heureux, comme Gérard qui  pu participer grâce à la pause de la chorale. Yves habitué à couper les cheveux en quatre nous fit part de son besoin de trouver une femme qui le fasse vibrer, ne peut entrevoir la relation qu’avec une femme qu’il aime…

« Nous sommes comme un triangle Δ avec la naissance, une montée et une descente; la descente est la pente sur laquelle est la plupart d’entre nous ce soir. » (L’homme qui a dit cela ne c’est pas présenté je ne peux donc le nommer.)

Effectivement, il était  étonnant (mais enrichissant) de faire un état des lieux de la sexualité après 40ans qui en définitive a attiré des participants sur le versant de la descente la moyenne d’âge étant très élevée. C’est cette même constatation faite parmi les témoignages qui m’ont été adressés, uniquement des femmes de plus de 60ans; hier soir beaucoup de messieurs avaient dépassé la quarantaine depuis longtemps.

Ce qui a été constaté dans le discours ambiant c’est que l’attitude des hommes aurait beaucoup évolué; que l’éducation sexuelle fait défaut; qu’il est important d’être en accord avec son corps, son âme; que la tendresse, l’empathie et l’adaptation au partenaire est nécessaire autant que le respect mutuel, l’écoute, le partage.

Qu’il ne faut pas prendre comme argent comptant ni appliquer à la lettre l‘injonction de jouissance que véhicule les médias…

Très vite, la suite de ce qui s’est dit…

Passez un bon weekend.