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Archive for the ‘pornographie’ category

                                                                                                                                                         

Par inadvertance, j’ai confirmé par un oui une demande d’ami sur facebook. Dans les secondes qui suivirent la fenêtre du chat s’ouvrit sur une tête casquée aux couleurs  vert-treillis-militaire. Sans tambour ni trompette, sans vaseline, à sec, la tête casquée demandait tout à trac si mon cul était prêt à recevoir son artillerie lourde, son bazooka.

« Aimes-tu être sodomisée ? fut l’entrée en matière en guise de présentation du jeune homme casqué.

Malgré l’intempestif dérangement que provoquait cette irruption totalement déplacée ma curiosité l’emportait et j’acceptais de tchatter avec ce jeune homme qui de toute manière et sans façon tapait l’incruste  comme un char d’assaut pour assiéger  une ville. Cet artilleur, qui n’était pas de Mayence, venait gonfler le bataillon des amis de fb dont le regard avait été sans nul doute attiré par les titres du blog et de mes différents groupes promus sur ce réseau social : www.libidosexualite.comVivre une sexualité épanouie – Sex-o-café, l’officiel. « Tu parles beaucoup de sexe, ajoute -t-il » Qu’est-ce que tu aimes dans le sexe? envoya-t-il tout de go comme une salve de mitrailleuse.

T’as raison Rambo, je parle beaucoup de sexualité mais pas dans le sens où tu interprètes comme des  sites   pornographiques  les intitulés de mon blog. T’as raison mais je ne dirai pas, à toi et à la sauvette, ce qui me plaît dans l‘intimité de l’amour. Je ne suis pas ton amie et ne le deviendrais jamais. Moi pas aimer les militaires, ni les « rentre  dedans » des auto-tamponneuses par derrière et par surprise.

Comme je ne répondais pas à ce vulgaire, à ce peu respectueux treillis, il  revenait à l’attaque pour me dire qu’il aimait sodomiser les femmes. Ma tête bouillonnait de colère : cet homme sans gêne, totalement inélégant déboule dans l’article pareil à une balle perdue, pour étayer l’homophobie intériorisée. Encore un qui n’ose pas vivre son homosexualité mais la refoule en se servant du cul des femmes comme  alibi  qui  justifie ses attributs masculins et son hétérosexualité, pensais-je alors. Biaiser pour  expérimenter l’homosexualité sans se mouiller.Et baiser sans expérimenter ses fantasmes.

A l’autre bout, le casque d’artilleur s’impatientait, me menaçait de me rayer de ses amis. D’un clic sur la croix  je fis sauter la tête du casqué, je la supprimais, faisant disparaître la fenêtre de mon écran. C’est alors que la désolation s’empara de moi. Me fit toucher du doigt encore et encore l’ignorance à combattre dans le domaine sexuel.  En colère d’être encore atteinte par cette violence, par cette irruption dégradante. A reconsidérer la valeur des  réseaux sociaux et le sens de ce que fb appelle les amis.

Parce qu’enfin qu’est-ce qu’un ami ? Sinon la longue marche qui amène délicatement ou plus brusquement un élan du cœur, une connaissance de soi à travers l’autre, une reconnaissance de l’autre à travers soi? Une délicatesse, une attente qui rend la patience délicieuse et prometteuse d’échanges incompatibles avec l’exigence de rapidité que demandent les réseaux sociaux. Oui, certainement l’amitié peut se tisser grâce à ces réseaux, quoique le fantasme est aux premières loges, il enjolive les histoires qui peuvent se cogner à une réalité exhumée du virtuel…

Ce soir là, tard,  à 23h36 exactement un MSN aboutit dans ma boîte. Je le lis éberluée et vous le livre tel quel : Re coucou, dsl de te déranger, j’ai été un peu cavalier, je cherche juste à discuter de sexe pour trouver de nouvelles façons de faire jouir les femmes;ça te dit de discuter un peu ?

Un peu cavalier ? Si peu ! Mais  tellement goujat !

Tiens une amie m’appelle au téléphone. Une femme que le temps a tissé de tendresse, de chaleur humaine et de joie à retrouver. Entre nous pas de Facebook, du direct live uniquement.

« L’érotisme suggère, la pornographie hurle en outrepassant les frontières du goût, elle offusque la sensibilité. »
Cette réflexion d’Yves Salgues dans « Gainsbourg » vient-elle corroborer le peu d’enthousiasme à la participation du dernier sex-o-café ? Est-ce si choquant à débattre de la pornographie? N’y a-t-il pas à apprendre de la distinction que l’on peut en faire avec l’érotisme?
La pornographie est-elle à ce point ressentie comme honteuse, dérangeante,sale, répulsive sans chercher plus loin qu’accepter les idées toutes faites établies sur l’ignorance et l’absence de curiosité ? Doit-on rejeter le mot même qui désigne la jouissance sexuelle provoquée par l’exhibition au premier degré et en gros plan des parties sexuelles – génitales négligeant par ailleurs le corps dans sa fonction érotique ? Par quel biais arrive-t-on à concilier fantasmes/pudeur/jeux érotiques sans faire soi-même la part des choses qui ne peut s’établir que sur le vécu des expériences ? Peut-on qualifier de répugnant un comportement sexuel que l’on ne pratique pas en l’affublant d’adjectifs obscènes, graveleux tout en revendiquant sa pornophobie? Car qu’est-ce-que la pornographie sinon la mise en scène outrageuse et caricaturale de représentations d’actes sexuels? Actes qui en privé n’ont rien de honteux, mais qui rendus publics et exhibés aux regards focalisent sur la génitalité et la performancehors norme des acteurs, entre autre. Mettre le doigt sur l’effet désastreux de la pornographie qui fera tôt ou tard négliger la/le partenaire parce qu’elle n’est qu’un moyen de satisfaire une pulsion, réveiller une excitation qui sans son aide n’existerait pas. Mettre en garde du moment où le recours à la pornographie devient si péremptoire qu’il y a incapacité à s’impliquer dans une relation qui la dépouillera de tout sentiment, de toute émotion en faisant du partenaire un élément superflu, non indispensable et parfois même dérangeant… ou se servant de lui – le partenaire – comme d’un instrument pour assouvir un plaisir insatiable qui transformera à plus ou moins longue échéance la relation intime en une pratique solitaire que même la compulsion masturbatoire ne pourra satisfaire. Ce n’est pas le désir qui est mis en scène dans la filmographie porno mais une surenchère des signes de la jouissance (cris évoquant l’orgasme, partenaires multiples, érections phénoménales qui durent, gros plan sur des giclées de sperme intarissable et sur le plaisir sans fin des femmes…ect…) ayant pour conséquence de réduire la personne à sa seule pulsion sexuelle. La pornographie exige d’être vue, d’être entendue; c’est en cela qu’elle se différencie de l’érotisme.
C’est tout cela dont il a été question au Sex-o-café. Mais aussi la place que tient la pornographie à l’adolescence : de quelle manière les adolescents sont touchés par la pornographie facilement accessible par Internet. Les garçons réagissent en s’identifiant plus facilement que les filles aux acteurs des films porno. Les garçons familiarisés avec leur sexe qu’ils masturbent lient plus aisément l’excitation sexuelle à la vue alors que les filles vont préférer l’imaginaire pour y retrouver l’intériorité de leur organe génital caché. Les jeunes dans la société sexualisée à outrance transformés en consommateurs sont une véritable manne pour faire vendre tout et n’importe quoi…
Judith Reisman qualifie la pornographie visuelle, d’érotoxine. D’après cet auteur la pornographie agit sur le cerveau comme une drogue. Regarder des films X déclenche des poussées d’adrénaline ainsi que des sécrétions de testostérone, d’ocytocine, de dopamine et de sérotonine. Ce véritable cocktail fait de la pornographie un puissant excitant qui provoque flash et euphorie. Elle ajoute que ce n’est pas un excitant sexuel mais un excitant par le fait qu’il mêle la peur, sexe, honte et colère.

Belle fin de journée.