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Archive for the ‘Société’ category

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Qu’est-ce qu’un anniversaire sinon ajouter quelques heures à la veille? Sinon égrener les minutes, en faire des chapelets d’heures et les regarder s’empiler en jours?

Un anniversaire c’est le souvenir d’une naissance pareille au métronome dont la mesure est calendaire. C’est  vouloir grandir quand on est enfant. Grandir, sans vieillir, sans jamais se lasser du chemin qui reste à parcourir. L’adolescent tout en désir de pousser vite avancera dans l’âge jusqu’au jour où, ses tempes devenues grises tandis que sa tête,  inexorablement sous le poids des ans penchera vers la Terre,  soupirera « ah! si j’avais su que temps file si vite! ».  Un anniversaire c’est marquer le passage du temps et apprécier les fleurs offertes, les respirer avant qu’elles ne se fanent et apprendre d’elles que la jeunesse n’est pas éternelle. C’est apprivoiser ses rides pour les poser tendrement en étoiles aux coins des yeux.

L’anniversaire c’est la joie de souffler les bougies sur le gâteau à partager avant qu’elles ne se répandent en cire et leur mèche en cendre. C’est faire le vœu que ce qui suit sera meilleur que ce qui fut. C’est la vie qui progresse et se décline en rejetons de l’arbre portant fruits. L’anniversaire c’est transformer la raison en rêves et les rêves en réalités. C’est s’évertuer à Vivre de nombreux anniversaires pour dépasser les peurs en avançant coûte que coûte, en continuant à tirer d’impossibles pénaltys pour les transformer en autant de possibles réussites. Le possible étant aussi de ne jamais fêter d’anniversaire, pas d’arrêt sur image d’une histoire qui n’a jamais commencé.

Plus tard, bien plus tard, l’anniversaire, sera l’occasion inespérée d’effectuer un état des lieux, une invitation à fermer le livre sans oublier les erreurs consignées qui élèveront au rang de sagesse les expériences retenues. C’est apprendre à s’accommoder de la solitude et vivre au plus loin jusqu’à toucher sa mort, l’usure suprême du temps.

Longue vie à www.libidosexualite.com

c’est un plaisir de le partager avec vous.

 

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La perte du triple A : ça veut dire quoi? Le départ de la gardienne qui coûtait trop cher aux résidents, ça, c’est une réalité constatée. La tête que l’on perd à trouver des solutions. En pensant que c’était LA solution, il n’y a pas si longtemps je l’ai perdue. Les jambes que l’on retrouve à courir après le bonheur; ça c’est l’espoir qui se remet en place. La crise dont on nous martèle les oreilles à longueur d’ondes…Ilseterra, ilseterra…Sommes-nous, vous, moi, fragilisés par toutes les infos que nous ingurgitons? Le climat se confond avec une sombre météo médiatique déversée tous les matins sur nous, pauvres auditeurs. Que faire si ce n’est changer de radio ? Écouter FIP par exemple qui envoie les watts d’excellents vieux blues, rock… « Revenir à ce bon vieux temps d’une époque, disait la vieille dame, où on n’avait peur de rien, parce qu’on avait de tout. C’était l‘abondance après la pénurie de l’après guerre. » Bien sûr on peut refuser de  se connecter au monde par l’intermédiaire des médias pour éviter les scènes où nous ne pouvons qu’être spectateurs sans possibilité d’intervenir. Ou encore attendre que ça passe ? Quel est l’impact de la crise sur notre moral? Sur nos pensées ? Amplifie t-elle nos angoisses, nos manques ? Génère t-elle nos fantasmes en réveillant nos peurs.

Parce que nous sommes devant un système qui nous dépasse, un système qui nous met au pied du mur à exécuter des choix imposés, qui nous oblige à vivre des situations où nous n’avons aucun contrôle, parce que nous ne comprenons rien à ce que l’on nous impose… Que nous reste-t-il comme possibilités ?  Subir, se révolter (mais contre quoi, contre qui ?) ou bien mettre en place  un système D? Le drame est tel qu’il nous donne l’impression de nous retrouver dans un monde sans perspective et nous confronte à la pénible sensation de notre propre incompétence.

En d’autres temps Lavilliers chantait « N’appartient jamais à personne! » Pas bon pour l’enfant de n’appartenir à personne; un enfant sans appartenance est condamné à la mort ou à un mauvais développement… Moi j’ai envie d’appartenir à un monde où l’on ne te met pas le couteau sous la gorge quand t’es déjà entrain de suffoquer. Moi j’ai envie de croire en moi, d’abord, en elle, en lui. Moi j’ai besoin d’aimer la vie en faisant confiance à mes dragons propulseurs d’idées.  J’ai envie de partager du sentiment, des idées, des joies; des vins capiteux autour d’une table à deviser toute la nuit…

Alors la crise ? Oui, je peux vérifier (en clientèle) qu’elle a un impact déstructurant sur les pensées; qu’elle agit sur le moral des personnes qui n’ont pas pour bagage une puissante confiance en elles-mêmes. Par contre nous pouvons faire en sorte qu’elle ne nous transforme pas en mouton bêlant, en machine à l’automatisme décérébrant.En citron pressé. En boule stressée. 

Et contre la crise que peut-on faire ? Le prochain article nous parlera de la manière d’y faire face.

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Il est encore tôt et la lune prête à disparaître derrière l’Estérel.  De ma fenêtre ouverte je vois le liseré rose qui borde l’horizon et touche le bord de la mer; encore un jour où le soleil va réchauffer les palmiers. Nulle agitation sur la mer étale, personne en vue qui arriverait à la brasse, les croissants qu’il n’aurait pas pris le temps d’acheter pour être sûr d’être là à mon réveil…Mes pensées rejoignent ce nageur à contre courant des ténèbres et nous nous retrouvons ensemble dans un bar coquet du vieux port où pour moi qui ne bois presque jamais de café j’en choisirai cependant un qui vient des îles de Jamaïque. Le Blue Mountain, c’est son nom. Je le prendrai en bouche comme un breuvage rare, le siroterai à petites gorgées tant son parfum est enivrant et son coût élevé.

Tiens donc !  Celui là dont le prénom a le son de notes de musique m’inspire plus qu’un autre. Ce n’est pas le son de sa voix que je ne connais pas  mais bien plus des mots écrits qu’il m’offre à lire. Il fait partie de ces hommes qui ne se cachent pas derrière un flou artistique. Pas plus que sous un avatar flouté unique symbole du site. Il dit qui il est et il insiste quand la dame à l’autre bout du territoire plus proche d’une autre mer que de l’océan lui dit que la distance qui les sépare est un handicap; elle lui fait remarquer aussi que ce qu’elle est ne correspond en rien à sa demande à lui, à ses choix. Au profil idéal qu’il a en tête. Mais il insiste. C’est son insistance qui la séduit.

Le site de rencontres est-il le lieu idéal pour mettre en scène sa vie sans jamais en jouer le moindre rôle? Un ailleurs fictif on l’on peut se rêver paré de tous les attributs charmants en prenant soin de cacher le petit défaut oubliant que c’est en lui  d’où émane tout le charme.

Le site de rencontres repère des coquins-coquines; des forts en gueules et des naïfs; des m’as-tu vu et des « je veux passer incognito ». Des Anges et des démons. Des romantiques et « qui y croient ». Des chasseurs et des chassés. Des qui se la racontent et qui racontent des fadaises. Des gens comme toi et moi. Des ceussesqui passaient là par hasard à hauteur d’un clic. On trouve de tout au menu d’un site de rencontres. Les nuances n’existent pas dans les listes proposées. Puis faut bien que rencontre se fasse; un jour faut se jeter à l’eau.Ou se mettre à table. C’est alors que le plat servi ne fait plus saliver; on avale avec difficulté la tambouille des mots qui se  précipitent à nos oreilles. Le  met n’a rien à voir avec la recette ni l’image  qui parvenait par écran interposé. Arrêter tout tout de suite pour éviter  l’indigestion.

Pourquoi s’inscrit-on sur un site de rencontre ? Qu’y trouve t-on ? Quelle est la place du fantasme ? Quel tissage l’imaginaire vient tricoter à partir d’une photo,  souvent vieille photo,d’un instant volé et fixé ?

Racontez-moi tout, je peux tout entendre!

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 Pour vous, pour moi je souhaite des mains enlacées en marche vers l’avenir.

 

 

Je vous souhaite d’être la cible de l’arc tendu par Cupidon.

Je vous souhaite des richesses autres que matérielles inaccessibles au fisc.

Je vous souhaite de prendre de la distance, face à la crise, face à la mort,  face à l’amour, même. Éloignez vous de tout ce qui peut vous éloigner de vous.

L’amour est le vœu  le plus demandé, que faisons nous pour qu’il soit exhaussé?

Je vous souhaite de réinventer le désir dans sa dimension mouvante, non figé par des tabous ou des excuses d’un autre monde. Je vous souhaite d’avoir l’érotisme imprévisible et sauvage; l’improvisation joueuse en cassant les rituels qui enlisent et fragilisent les amants dès lors qu’ils ne peuvent être respectés.

Je nous souhaite d’accepter nos imperfections. Le trop parfait est ennuyeux, le plus que parfait invivable. Seul le présent a de l’avenir et l’imparfait du charme.

Je vous souhaite de toucher le cœur de la personne qui vous est destinée et surtout de savoir la reconnaître.

Que pouvons nous faire qu’accepter cet été indien qui dure  en faisant de l’hiver un temps anachronique, hors saison?  Sinon l’apprécier comme s’il nous était redevable sur recette 2012 et compensatoire d’une époque en crise présumée en hauts lieux encore plus tourmentée.

Je vous souhaite d’entrer

d’un pas léger,

joyeux  en l’année 2012


De Rebecca Princesse de la Molle

Princesse de la Molle

« Princesses oubliées et inconnues » écrit par PH.Lechermeier

Père Noël,

Quelques petites questions à te poser :  éloigne un peu de tes oreilles ta capuche rouge bordée de blanche fourrure et écoute :

Faut-il croire en toi pour que les vœux, les souhaits, les demandes se réalisent ? Faut-il fermer les yeux et dormir  pour ne plus croire aux discours mensongers ? Philippe Lechermeier fait dire à la Princesse de la Molle (celle qui pionce tranquillou, abandonnée à ses rêves ) que dormir  « c’est se raconter des histoires qu’on ne connaît pas encore. » Et moi je suis forte pour me raconter des histoires. Enfant j’ai longtemps cru au Père Noël, j’en suis restée naïve et trop souvent j’y crois encore au père Noël. Le problème c’est que j’y crois toute l’année. Alors on va récapituler les raisons qui me feront croire qu’il vaut mieux ne plus croire au Père Noël et ne compter que sur soi-même pour continuer à avancer.

Tout d’abord, Père Noël, peux-tu glisser dans les santiags ou les baskets de mes compatriotes  que les mots doivent s’inscrire au travers de paroles authentiques, de paroles vraies, pleines de vérité, sinon autant qu’ils la ferment. Peux-tu suggérer aux politiques d’arrêter les bla-bla qui usent de termes qui ne veulent rien dire ? De parler simple et vrai. Père Noël, peux-tu dire aux enfants, mais surtout aux grands enfants aujourd’hui adultes qu’ils doivent penser ce qu’ils disent et dire ce qu’ils pensent ? Peux-tu les inciter à cesser de dire le contraire de ce qu’ils vivent ? Peux-tu leur rappeler qu’en chacun d’entre nous il existe un chemin qui nous est propre qui a pour sens le langage; priver les individus de s’exprimer au travers des mots qui leur sont propres, qui font sens pour eux,  c’est prendre le risque de les enfermer dans une prison où ils vont périr.

Père Noël aurais-tu oublié que nous avons besoin de temps pour aller bien. Nous avons besoin de temps pour apprendre; nous avons besoin du temps pour nous parler  et travailler ensemble; il faut du temps pour être solidaire et jouer collectif; il faut du temps pour faire le point et avancer intelligemment.

Peux-tu faire quelque chose contre le temps qui passe et enlever des années au temps passé pour retrouver l’insouciance de la jeunesse ? Non ? Mais à quoi sers-tu ? J’ai comme l’impression que tu es bien impuissant sur ton traîneau. Tu te traînes parce que tu ne crois plus  en ton pouvoir de rassembler les humains en une ronde joyeuse? Tiens donc ! Toi aussi t’es obligé  de faire du rendement, de produire plus pour survivre ? Ah ! T’es obligé de te  poster devant les  grands magasins, d’installer des enfants sur tes genoux, leur raconter des fadaises pour faire dépenser des thunes aux parents ? Les photos ! Ah ! T’en as marre des photos ! Bon sang comme je te comprends ! C’est sûr que t’as l’air con avec ton sourire niais autant qu’hyprocrite …Eh, oui, t’en peux plus de te taper Tino Rossi et son Petit Papa Noël …  Tu te jures de ne pas recommencer l’année prochaine, c’est trop humiliant ?

Bon, Papa Noël, tu m’as filé le bourdon je vais faire comme la Princesse de la Molle et me ramollir devant un film. Au hasard « Le Père Noël est une ordure ». Tu l’aimes pas ce film ? Et pourtant, ses répliques cultes…C’est c’la, oui ! C’est c’la !

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Non, les hommes ne pensent pas au sexe toutes les 7 secondes ! Si j’en crois l’article du « Journal of sex Research », (revue de la Société for the Scientific Study of Sexuality) qui semble être un sacré sérieux journal, les hommes penseraient au sexe 19 fois par jour et non toutes les 7 secondes. C’est à dire sur une moyenne de 16h du temps d’éveil les pensées des hommes se tourneraient vers le sexe toutes les cinquante minutes. Donc les hommes ne pensent pas au sexe en permanence même s’ils y pensent plus souvent que les femmes. Ils pensent aussi à se nourrir, à dormir. C’est à dire à satisfaire leurs besoins vitaux.

Il est écrit dans l’article  » Les résultats indiquent que certes, les hommes pensent plus fréquemment au sexe que les femmes, mais pas tout le temps,(!!!) et c’est aussi le cas pour les autres besoins biologiques. Et un autre commentaire intéressant « Ce sont les hommes le plus à l’aise dans leur sexualité qui y pensent le plus souvent dans la journée »

Mais n’est-il pas tout à fait normal de penser souvent à ce qui donne du plaisir? Normal aussi de penser à ce avec quoi l’on est en accord? Normal encore d’avoir des pensées érotiques sans pour cela être un obsédé ou un compulsif sexuel ?  Non, mais ! Être traversés par des pensées sexuelles signe que l’on est en bonne santé psychique, que la sexualité est débarrassée des tabous pénalisants, de la gêne et du malaise qui encombrent la sexualité mal vécue.

Les pensées s’échappent et deviennent sexuelles 19 fois par jour pour les hommes; 10 fois par jour pour les femmes. Presque 10 fois moins pour les femmes qui ne se privent pourtant pas de penser au sexe. Heureusement ! Surtout quand les neurosciences nous démontrent que le plaisir éloigne le stress, renforce l’immunité, rend joyeux et équilibré. En ces temps de disette, de crise dont les médias nous rabattent les oreilles et la vue  pourquoi négligerions-nous ce qui nous coûtent rien et qui fait tant de bien ?

Hein ? Pas le temps de penser à batifoler ? Mais qui parle de batifoler ? Il est juste  question de penser au sexe sans passer à l’acte, sinon faut consulter !

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pétales de fleur qui se donnent

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La vieillesse c’est parcourir le temps qu’il reste à vivre à la manière d’une couturière qui pose des fils et les relie  entre eux pour fixer sa vie dans un canevas à la trame solide, aux points de croix serrés où repose son utilité; c’est tirer ici et là les nœuds jusqu’à les défaire pour les inclure dans l’ouvrage, une fois dénoués.

La vieillesse c’est regarder la taille parfaite – ou qui se voulait parfaite au moment de la coupe – et juger après coup de sa qualité ou de son imperfection. Peut-on à ce moment là en rectifier l’ouvrage? Non pas mais certainement peut-on y attribuer l’indulgence – l’erreur justifiant notre humanité – comme on le faisait si volontiers pour la jeunesse – qui oeuvre, légère et spontanée à un devenir. Jeunesse, sais-tu que ton devenir est vieillesse?

La vieillesse c’est mesurer la valeur de l’automne aux feuilles mortes et aux nombreux couchers de soleil qui tout délicatement s’engagent dans l’hiver, bien au chaud dans la fourrure des ans – et attendre.

Attendre sereins, le squelette et la faux. Attentifs à ce que la Mort ne nous surprenne pas au détour d’une absence, au détour d’une inconscience qui nous laisserait inertes et froids comme le marbre sous lequel nous reposerons tous un jour, ou légers comme cendres répandues sur l’eau bleue de la mer à donner à grappiller ce qu’il reste de nous aux oiseaux.

La vieillesse c’est avancer à petit pas sans précipitation, sûr que la fin est au bout.

C’est un dernier adieu aux nuages qui s’effilochent dans un ciel d’une nuit étoilée.

C’est la rivière à suivre jusqu’à la mer pour s’y jeter enveloppée d’écume. N’en jamais revenir.

Du vin d’ici à l’eau de là je vous souhaite un beau dimanche, quel que soit votre âge et l’état de vos artères.

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Sans aucune sonnerie, sans aucun appel de cor, le matin tire de sa torpeur un mort-vivant de son lit-tombeau. Avant de s’en être extirpé et en l’absence de  charentaises, avant même  d’avoir posé ses pieds par terre, Antoine  frotte vigoureusement ses yeux pour tenter d’y effacer, en vain,  les colonnes rigides que forment le montant de ses dettes. Oh, Antoine, ne doit aucun argent pour des dette de jeu, pas plus qu’il n’en doit à quelques maffieuses organisations. Non, non, c’est à l’état, qu’il dit maffieux, qu’il doit. L’état  lui réclame des taxes. Taxe professionnelle parce qu’il travaille encore. « Tu travailles à mon âge, tu dois payer des taxes pour travailler! » Alors qu’il aimerait se la couler douce entre soleil et ombre de ses points retraite. Insuffisants les points pour qu’il s’arrête de travailler.Taxe d’habitation plus élevées que le loyer de son petit studio qu’il a du mal à payer. Alors qu’il rêve d’une cabane de branchages sur une île déserte. « Tax,tax,tax, écoute ça fait un joli son » répète t-il comme une sinistre écholalie.

Encore un jour qui s’annonce mal pense Antoine qui depuis quelques mois cachetonne. Là, encore me fait-il remarquer « je ne cours pas le cacheton comme un artiste ». Pourtant je trouve à Antoine un sens de l’humour bien particulier qui pourrait le mener sur les planches. « Mais j’avale, précise t-il, avec mon jus de chaussettes qui me tient lieu de café, deux gélules rouges pour me mettre le cœur à l’ouvrage. Il tourne dans ma tête  sur un air de java la complainte « C’est fou comme l’argent permet de supporter la pauvreté ». Alphonse Allais enfonce le clou de la dérision. Je préfère en rire, je ne sais plus pleurer ».

Pour remonter le taux de sérotonine que le stress lui a complètement pompé, Antoine se cachetonne avec comme devise « Nous sommes complètement comprimés, alors pour vivre heureux vivons cachets. » Et hop! il s’envoie dans le gosier que les vitupérations enrayent des comprimés de toutes les couleurs. Les rouges le matin pour le réveiller. Les bleus en début d’après midi pour prévenir l’angoisse. Les blanches le soir pour passer une bonne nuit, sans cauchemar. Entre temps des moitiés verts, moitié blancs. « Le rêve quoi », me fait-il remarquer. Mon regard interrogateur, lui fait préciser  » Ben, quoi? C’est gratos, les cachets. La sociale sécurité me tient en laisse; même si je sais qu’à ce rythme je finirai par y laisser la peau, en attendant je peux bosser et obéir au président. »

Écoutant Antoine  me raconter les péripéties sa vie comprimée, j’oublie de descendre du bus et continue avec lui  jusqu’au terminus.

Sur le retour dans le bus vide ma pensée vagabonde : finalement c’est quoi le bonheur ?

 Le sexe et l’art : tous deux formés d’une syllabe, sexe et art s’enlacent depuis la nuit des temps, depuis que l’homme dessine  du bout des doigts…

Le sexe submerge la sphère artistique quel qu’en soit le domaine, il s’exhibe dans les musées, se lit dans les ouvrages jadis cachés, s’écoute dans les théâtres, se regarde sur les écrans. Le sexe dans l’art s’expose de tout temps : des grottes de Lascaux aux fresques de Pompéi, sans aucun doute le sexe s’exhibe.

L’art questionne toujours plus ou moins le corps. Le corps où se cache ce que l’art suggère ou montre crûment.  L’artiste dévoile le désir obscur, suggère ou montre le corps pour mieux l’offrir au regard. Par ses créations l’artiste nous donne à voir, à lire, à regarder, à toucher, à entendre ; il touche nos sens, quelques fois fait effraction émotionnellement ou bien encore bouscule notre sensibilité.

L’artiste se sert de la force créatrice de la pulsion sexuelle pour transcender et révéler son inconscient qui l’agit. En psychanalyse ce phénomène se nomme la SUBLIMATION. La sublimation qui consiste à transformer une pulsion sexuelle en création artistique.

 

Narcissisme et exhibitionnisme : ce passage est inspiré d’un article de Télérama relatant des expositions à Paris en 2007

Des « Figures d’Eros » cent quarante-­cinq aquarelles de Rodin exposées au musée du Jeu de Paumes,  de « Féminin-masculin » à Beaubourg (1995) de « Amours, guerres et sexualité » aux Invalides, et ici ce soir au 3.14 par Max’O, le sexe en tant qu’art s’expose partout dans les lieux de la culture où le public peut en jouir. Ces expositions interrogent notre regard qui devant le sexe est quelques fois bousculé. De quelle manière ces ­fesses, ces seins et ces pénis, ces actes de la vie intime ici exposés vous interpellent ?

Il existe entre l’art et le sexe une histoire commune qui dure depuis toujours. Amitié déclarée et assouvie chez les Grecs et les Étrusques (entre autres), qui nous ont laissé le somptueux hermaphrodite en marbre (IIe siècle après J.-C.). Ou amitié contrariée dans l’Occident chrétien obligée de passer par les grandes scènes mythologiques ou les thèmes bibliques pour obtenir une place sur la toile. Si le sexe ne sautait pas aux yeux dans certaines peintures il laissait apercevoir des chairs voluptueuses (canon d’une époque), la naissance d’une gorge au palpitant grain de peau. Ou bien le sexe se découvre complètement dans L’Origine du monde, (1866) de Courbet, dont Lacan est devenu le dernier acquéreur avec Sylvia Bataille.

 « La pornographie n’a qu’un but, affirme Marina Wallace : exciter. Alors que l’érotisme !

Nous avons vu dans un précédent Sex-o-café le peu d’étanchéité de la barrière qui sépare l’érotisme et la pornographie ; la ligne est ténue et ce qui sera pressenti pornographique pour un tel ne le sera pas pour un autre.

Ici en particulier MAX’O, artiste atypique qui sculpte à même les corps. Il  dévoile dans le sens où il lève le voile sur l’intimité, sur une réalité souvent cachée ou exposée avec ostentation dans la pornographie, pornographie dont MAX’O se défend. Ce qui est donné à voir dans ses œuvres sont des scènes de la vie intime ordinaire (fellation, masturbation) qu’il magnifie ; parties de corps, bustes de femmes, d’hommes connus ou moins connus, des cuisses ouvertes sur des sexes de femmes (vulve et clitoris apparents) sexes d’hommes en érection ou en au contraire en détumescence. Max’O est le témoin des fantasmes qu’il réalise à la demande d’un modèle, d’un amoureux ; c’est aussi une manière d’être immortalisé comme ce fut le cas du chanteur des « Two be free » qui fit sculpter son buste quelque temps avant son décès.

L’artiste a besoin d’un modèle (mais pas toujours ; je pense à certains peintres, certains auteurs de littérature qui ont pour modèle un imaginaire, un inconscient qui les taraude et les agit). Les actrices du X sont des modèles sans tabou, elles exhibent leur corps sans complexe ; ce corps est un outil professionnel et une manière de satisfaire leur narcissisme. Peut-être aussi d’entretenir l’illusion de beauté et de jeunesse éternelles. Quelque chose d’eux qui reste au-delà du temps qui change les corps et les visages que les  portraitistes et les sculpteurs immortalisent. 

Ainsi pour ériger cette œuvre que Max’O a appelée « L’arbre de vie » 9 femmes ont accepté de prêter leur sexe afin qu’il soit moulé. L’arbre de vie est le symbole de la gestation = 9 feuilles = 9 mois de gestation au terme desquels l’enfant né.

La passion anime l’artiste, c’est la sublimation inconsciente, l’amour de l’esthétique, la sensualité et j’ai envie d’ajouter les démons ou les muses intérieurs qui s’expriment dans toute création artistique.

Le stress stimule l’artiste. Dans le cas de Max’O c’est l’angoisse  de rater le moulage qui le stresse. Le goût pour l’érotisme change son regard, fait évoluer l’approche de la sexualité qu’il regarde avec un œil d’artiste débarrassé du libidineux, de la concupiscence.

Les artistes ont besoin d’avoir un public sans lequel ils n’existent pas.

Le temps de la « libération » a pris fin avec l’arrivée du sida – ces années 1960 et 1970 pendant lesquelles « les lois s’assouplissent, les tabous tombent, on baise sans retenue et on le fait ­savoir dans ses œuvres », dixit Paul Ardenne – Et l’art militant (celui des ­minorités sexuelles, notamment), s’il reste combatif, a perdu en visibilité. Reste la dernière période, celle dans laquelle nous sommes toujours. Marquée à la fois par l’étalage de sexe – on ne biaise plus ! – et le doute : comment exprimer une émotion – le sexe – quand cette dernière est livrée en pâture à la télé, conjuguée au présent virtuel sur Meetic et proclamée de manière spectaculaire comme le nouvel impératif catégorique d’une société  « sans tabous » ? « On veut du cul ! » pouvait-on lire il y a quelques années sur une ­affiche de cinéma. On en a. A gogo. Les artistes interrogent d’ailleurs cette déferlante, mais souvent le ­regard se cherche et tourne en rond, si l’on en juge par les œuvres contemporaines exposées. L’intégration d’images pornos par les photographes (Thomas Ruff, Jeff Koons) et les peintres (Marlene Dumas) a beau se jouer des stéréotypes sexuels, elle résonne comme un commentaire froid et redondant sur l’industrie du plaisir. L‘émotion s’est enfuie.

Le scarabée est un insecte…

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Double cliquez sur l’image pour la voir entière

 

 

Merci à Anne, à sa complicité.

Texte à propos de l’artiste Wadji Mouawad auteur du film « Incendies » qui définit parfaitement l’artiste et sa création qui se nourrit de la merde du monde dont il arrive parfois à faire jaillir la beauté :

« Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal.Pourtant le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère. De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la production de cette carapace si magnifique qu’on lui connaît et qui émeut notre regard: le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères.

Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les œuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il œuvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté. »

Ce texte a conclu ma lecture sur le « sexe et l’art, » thème du sex-o-café de novembre qui se passa dans une ambiance chaleureuse et presqu’intime parmi les œuvres de Max’O.  Posés, sur les tables jointes séparant le groupe en deux on pouvait admirer certains phallus arrogants,  fiers, alors que d’autres,  en fin de d’érection, avaient perdu de leur superbe;  les attendrissants sexes fleurs de femmes, un buste aux seins menus, des cuisses ouvertes sur une vulve offerte… Rien dans cette petite exposition ne dérangeait le regard, rien ne venait choquer les pudeurs…Point de pornographie seulement de l’érotisme  que chacun apprécia à sa mesure.

Prenez soin de vous en cette belle fin de journée et profitez encore un peu de la Pleine Lune.