Suite à un commentaire, j’ai relu le papier; je vous le soumets à nouveau pour ceux qui seraient passés à côté…
Maman, maman, c’est quoi la vie ?
C’est juste vouloir faire des câlins avec toi ? C’est juste manger du chocolat et jouer avec Réglisse (le chat)? C’est pas plus compliqué que ça, la vie ? Hein ! dis, maman ?

ψ
Qu’ai-je répondu à mon enfant ? C’est si loin tout ça… La vie au commencement c’est une femme et un homme. Ils se rencontrent, ils s’aiment. Et sèment. De leur amour né le désir. Ou le contraire. Le plaisir s’y ajoute. Désir et plaisir mélangés sont à l’origine de ta vie, mon fils. Comme devrait l’être chaque vie humaine. Ce n’est pas toujours le cas. Au commencement l’amour devrait présider à la vie. « J’aime ma mère qui m’aime en retour inconditionnellement. »
Alors la vie, c’est le désir d’être en vie, c’est l’envie du plaisir qui en découle. C’est l’espoir d’un monde meilleur et le désespoir de ne pas le voir arriver. C’est la richesse qui se reproduit en circulant dans les canaux du cœur. Mais c’est aussi la pauvreté qui envahit les pensées les empêchant d’évoluer.
La vie c’est la mie moelleuse du pain et sa croûte craquante. C’est la glace à la violette dans un petit pot que l’on déguste en marchant. La vie c’est partager un concert de Reggae, improvisé et offert assis sur le gazon du Théâtre de Verdure alors que le vent pousse les nuages dans le ciel. Non, ce soir il ne pleuvra pas. C’est découvrir ensemble une œuvre qui se veut d’art et qui n’est autre qu’une cheminée de neuf colonnes qui attaquent le ciel devant un mur lépreux. C’est une promenade sur la Promenade alors que la mer s’agite, sa couleur turquoise transformée par la nuit en gris scintillant. La lune est presqu’absente ce soir.
La vie est faite de tristesse, aussi. Avec une autre il s’est barré, laissant son cœur inconsolable et ses yeux tristes de tant pleurer. La vie est frustrations, elles provoquent le manque qui nous oblige à bouger. Au risque, si l’on restait statique, d’en crever.
La vie se construit sur des fantasmes. À nous de réinventer nos rêves pour les réaliser. La jalousie n’implique pas l’amour et le croire est se duper soi-même. Et se donner bonne conscience.
La vie c’est un partage. L’autre est le miroir dans lequel on se regarde pour desserrer le nœud qui nous étrangle. Entrer en relation pour ne pas oublier que seul nous ne sommes rien. Nous ne pouvons rien. Celui qui dit le contraire n’est pas encore né. Et sa mère, et son père, les aurait-ils oubliés ?
La vie est d’avancer coûte que coûte, léger et insouciant – est-ce encore possible ? Optimisme quand tu nous tiens, avec toi tout peut changer. Ployé sous le poids d’une charge à responsabilités, il suffit de changer d’angle de vue pour chasser le pessimisme et tout recommencer.
La vie c’est s’étonner de choses simples, se réjouir de petits bonheurs. Le réservoir d’essence est vide, qu’importe nous avons des pieds. Apprécier le goût des épices et des cerises, le temps est trop court pour ne pas s’en régaler. Sourire à la gardienne quand elle nous apporte le courrier. La facture n’émane pas d’elle, le croire serait injustifié.
Et, ne jamais oublier la mort qui nous guette. Le décompte commence dès l’instant où la vie nous agite. Se croire éternel, invincible serait une erreur fatale qui nous tuerait.