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Posts tagged ‘amphétamine’

En cette fin de juin Alexia, que je n’avais pas revue depuis des lustres, est réapparue. L’amour l’avait transformée en torche brûlante, en pile vibrante. Nul besoin de lui demander où en était sa vie amoureuse puisqu’elle lâcha tout de go : « depuis que je le connais tout ce à quoi je ne croyais plus refait surface comme une évidence. Je ne comprenais pas la rétrospective de mes amours par des rêves qui défilaient depuis quelques mois. C’est vrai que l’amour donne des ailes et heureusement car le temps que nous consacrons au sommeil est réduit mais compensé par l’avalanche hormonale qui prend le relais ; me donne l’impression d’être sous amphétamine« 

En pensant à lui j’ai noté cette phrase d’un livre qu’il m’a offert (l’homme à la bombe de Christian Roux) : un couple, un homme, une femme déambulait avec la certitude d’être absolument invincible , ce qui serait vrai tant que se propageraient dans leurs corps les ondes de la nuit passée. Je suis heureuse, calme, amoureuse, passionnée dans l’amour ! Cet homme me réveille d’une mort psychique certaine…

Toujours le couple de l’amour lié à la mort comme le chantait si bien Léo Ferré « Je le chante et dès lors miracle des voyelles/il semble que la mort soit la sœur de l’amour/ la mort que l’on attend et l’amour qu’on appelle/ et si il ne vient pas elle viendra un jour/

L’histoire que me raconte Alexia pourrait se continuer ainsi

Lui : Comment ça va ?

Elle : Chaudement, chaud devant, chaud dedans

Lui dur, dressé, chevauchant l’amour; « et l’amour à genoux et qui n’en finit plus » Ferré-tise-t-il sans le savoir

Elle : un étui, un écrin, une grotte, une tente Quetchua qui s’ouvre à la demande de ses mains et se ferme sur sa tige de jade.

Ensemble : ça s’emboite, ça s’empale, ça s’enchriste le corps en croix. Ça vibre, ça glisse sur le ruissellement des corps. Ils se parlent, ils s’enchantent, ils se disent le plaisir,  se plient au désir qui s’exacerbe mutuellement… Et s’apaise au même instant.

Que cet amour dure . Que les cendres ne se répandent jamais avant la mort qui seule est autorisée à signer l’arrêt de l’amour.

Sur ce souhait Alexia prit congé.

Ceux qui pensent que l’amour n’est que dans la tête se gourent comme la fillette de la chanson:  fillette, fillette ce que tu te goures !

On le sait maintenant le sentiment amoureux provoque de profondes variations hormonales qui ont un impact important sur l’organisme. Les études sur les comportements ont montré différents types d’attachements (filial, fraternel, romantique, amical) dont les bases neuro-biologiques sont pour la plupart communes. Chez l’humain l’attachement « romantique » met en jeu certaines structures identiques impliquées dans les récompenses qui lui-même dépendrait en partie du contexte socio-culturel.

L’amour nous bourre d’amphétamines :

Tomber amoureux  va déclencher une véritable tempête hormonale en envahissant notre corps de dopamine, adrénaline, ocytocine avec la phényléthylamine en tant que chef de file de l’excitation, amphétamine naturelle de l’amour et du bonheur. Rappelez-vous nous avions évoqué  dans un article sur le chocolat cette amphétamine que l’on y retrouve en petite proportion.

Or avaler des tablettes de chocolat (seul-e) ne nous transportera pas sur un nuage mais plombera notre foie. À l’inverse de l’amour qui par les câlins, la présence de l’être aimé favorisera la production d‘endorphines équivalent à la morphine que notre corps fabriquera naturellement. L’amour nous rend légers, joyeux,  supprime les douleurs grâce à ces endorphines et à l’ocytocine, hormone de l’attachement. L’ocytocine sécrétée dès le premier rapport sexuel fait disparaître l’anxiété, le stress et toutes autres tensions perturbatrices. L’organisme appréciera les vertus de l’amour puisque réduire le stress contribuera à éviter les troubles cardio-vasculaires, les désordres métaboliques.

Mais il y a un mais : l’organisme s’habitue aux hormones de l’amour comme à toute substance (illicite). Dès lors, il y a accoutumance aux endorphines avec le manque sous-jacent, leur effet s’estompe sans que l’on puisse en augmenter les doses. C’est ainsi que le sujet, sans chercher plus loin, sera tenté de retrouver ce bien-être en allant « batifoler » ailleurs pour retrouver la sensation du premier shoot amoureux. De là naîtraient l’infidélité, la tromperie, le manque de désir et tous les troubles qui remplissent les cabinets des psy. Parmi ces  troubles, dont certains sont de véritables fléaux par les dérèglements qu’ils occasionnent,  nous trouverons les dépendances, les « drogués » de l’amour, les obsessions envers l’être aimé, les séparations à l’origine de nombreuses dépressions, altération de l’état mental, exaltation de l’humeur, pensées intrusives de l’aimé… L’état amoureux favorise la mise en place d’un système de récompenses (facteur primordial de la sexualité humaine) qui induisant une dépendance, un attachement envers l’être aimé conduit à des états de manque lorsque cette personne devient inaccessible.

Va falloir que je rappelle près de moi mon amoureux qui est parti courir le monde du côté de LA où alors que je sublime un maximum en écrivant, puisque l’origine des arts (peinture, littérature…) passe par la sublimation quand la sexualité n’est pas refoulée mais mise au service  de la créativité.

Passez un très bon week-end.