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Posts tagged ‘angoisse’

La perte du triple A : ça veut dire quoi? Le départ de la gardienne qui coûtait trop cher aux résidents, ça, c’est une réalité constatée. La tête que l’on perd à trouver des solutions. En pensant que c’était LA solution, il n’y a pas si longtemps je l’ai perdue. Les jambes que l’on retrouve à courir après le bonheur; ça c’est l’espoir qui se remet en place. La crise dont on nous martèle les oreilles à longueur d’ondes…Ilseterra, ilseterra…Sommes-nous, vous, moi, fragilisés par toutes les infos que nous ingurgitons? Le climat se confond avec une sombre météo médiatique déversée tous les matins sur nous, pauvres auditeurs. Que faire si ce n’est changer de radio ? Écouter FIP par exemple qui envoie les watts d’excellents vieux blues, rock… « Revenir à ce bon vieux temps d’une époque, disait la vieille dame, où on n’avait peur de rien, parce qu’on avait de tout. C’était l‘abondance après la pénurie de l’après guerre. » Bien sûr on peut refuser de  se connecter au monde par l’intermédiaire des médias pour éviter les scènes où nous ne pouvons qu’être spectateurs sans possibilité d’intervenir. Ou encore attendre que ça passe ? Quel est l’impact de la crise sur notre moral? Sur nos pensées ? Amplifie t-elle nos angoisses, nos manques ? Génère t-elle nos fantasmes en réveillant nos peurs.

Parce que nous sommes devant un système qui nous dépasse, un système qui nous met au pied du mur à exécuter des choix imposés, qui nous oblige à vivre des situations où nous n’avons aucun contrôle, parce que nous ne comprenons rien à ce que l’on nous impose… Que nous reste-t-il comme possibilités ?  Subir, se révolter (mais contre quoi, contre qui ?) ou bien mettre en place  un système D? Le drame est tel qu’il nous donne l’impression de nous retrouver dans un monde sans perspective et nous confronte à la pénible sensation de notre propre incompétence.

En d’autres temps Lavilliers chantait « N’appartient jamais à personne! » Pas bon pour l’enfant de n’appartenir à personne; un enfant sans appartenance est condamné à la mort ou à un mauvais développement… Moi j’ai envie d’appartenir à un monde où l’on ne te met pas le couteau sous la gorge quand t’es déjà entrain de suffoquer. Moi j’ai envie de croire en moi, d’abord, en elle, en lui. Moi j’ai besoin d’aimer la vie en faisant confiance à mes dragons propulseurs d’idées.  J’ai envie de partager du sentiment, des idées, des joies; des vins capiteux autour d’une table à deviser toute la nuit…

Alors la crise ? Oui, je peux vérifier (en clientèle) qu’elle a un impact déstructurant sur les pensées; qu’elle agit sur le moral des personnes qui n’ont pas pour bagage une puissante confiance en elles-mêmes. Par contre nous pouvons faire en sorte qu’elle ne nous transforme pas en mouton bêlant, en machine à l’automatisme décérébrant.En citron pressé. En boule stressée. 

Et contre la crise que peut-on faire ? Le prochain article nous parlera de la manière d’y faire face.

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Avec le passage de l’équinoxe d’automne, les jours sont plus courts que les nuits. L’ombre augmente. Au plein cœur de l’automne la fête de la Toussaint annonce la réalité de la vie que nous tentons de poursuivre se terminant invariablement par la mort.

Nous sommes tous confrontés à l’angoisse, à la difficulté de vivre, à l’échec, au désir de mourir, y compris mourir de plaisir. Nous sommes tous embellis par la joie, la réussite, la confiance en soi. Je nous espère tous cherchant un sens à sa vie.

Le cheminement intérieur parcourt l’immensité de l’intime en créant des désordres de l’âme. Dans ce chemin difficile qui nous reflète en nos miroirs déformants, puisse-t-on y trouver la richesse qui nous habite, inviolable, sans vol possible. Richesse accessible à qui sait lire les maux pour traduire en mots après avoir déchargé les humeurs puis rechargé notre cœur de persévérance, de gratitude, de beaux sentiments pour nous faire continuer la route jusqu’à l’hiver …définitif.

L’automne entamé depuis peu de jours, nous rend compte, si on veut bien s’y attarder, de la progression de notre vie affective liée à l’évolution psychique, intellectuelle. L’automne incarne la troisième phase de la vie. Les semences déposées au creux du sillon après le labour et le repos de la terre, éclosent au printemps, mûrissent l’été. Puis vient l’automne période de la récolte des fruits. Chaque saison inspire des sentiments différents. Si les esprits chagrins oublient la flamboyance des couleurs automnales, ils ne retiendront de l’automne que le recul des jours qui rallongent les nuits, le vent d’autan lourd et chaud, les épaisses brumes matinales, le retour en force d’un soleil capricieux.

Les optimistes y redécouvriront le cuivre des forêts, les vendanges offrant un après de vins capiteux, la douce châtaigne dans sa bogue hérisson, les moissons engrangées dans les greniers modernes. L’incendie des forêts, que nul pyromane n’allume, réchauffe les yeux et le chemin parcouru sans brûler nos pas feutrés dans la douceur d’odorants tapis de feuilles colorées mais mortes.

A l’automne, la terre a donné sa richesse tandis que le paysan va continuer son inlassable travail de retournement, de labourage, ensemencement, re-taillage de la vigne, préparation des futures moissons. Cette terre morcelée détruira les débris des racines enchevêtrées, lacérées, restées en elle, puis entamera un processus de décomposition, préparant le sol à d’autres semences, à d’autres futurs.

Nous pouvons comparer le cycle des saisons aux différents stades de la vie. Chaque étape de la vie représente une évolution qui peut se traduire ainsi :

  • Enfance : graines semées par les parents, les éducateurs. La naissance jusqu’à la pré adolescence.
  • Adolescence : bourgeons, fleurs prêts à éclore. Le printemps.
  • Jeunesse : formation des fruits. Fin du printemps, début de l’été.
  • Adulte : cueillette et dégustation des fruits. Séparation du bon grain de l’ivraie. Le plein été et début de l’automne
  • Vieillesse : Réaliser et vivre de la récolte. Profiter des acquis en attendant la fin dans la Sagesse. Fin de l’automne et l’hiver. La mort.
  • Chaque saison changera la qualité du pâturage  où de la naissance à la mort nous irons en courtes transhumances renouvelées à chaque étape de la vie.

 Qu’en est-il de notre psychisme quand vient l’automne ? Récolterons-nous ce que nous aurons semé ?…

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Côté météo:

Mer déchaînée, très agitée. Tempête tourmente les arbres.
Pluie diluvienne stoppant net remplacée par le vent d''est balayant les nuages qui dégagent le ciel  laissant apparaître le bleu avant la nuit et ses étoiles.

Que fait-il ? Est-ce le jour qui l’empêche d’être présent? Attend-il la nuit pour présenter ses hommages?
Me reconnaîtra-il ? Que fait-il ? Comment va-t-il?
N’a-t-il pas compris que l’absence de mots m’angoisse ? Et la plainte qu’elle provoque en moi m’exaspère.

Avec l’amie nous refaisons le voyage en marche arrière dans le passé qui nous entraîne assez loin et  précise certaines choses que l’on ne voudrait plus vivre au nom de l’amour.
Pourtant nous sommes prêtes à en vivre d’autres au nom de l’amour. De l’amour qui bouillonne en nous comme un torrent prêt à se déverser dans l’océan.

Qui es-tu, toi que je ne connais pas mais cependant que je soupçonne d’être là pour moi? Peut-être es-tu cet océan qui vient à point nommé pour recueillir les  torrentielles émotions qui s’échappent de moi?

Toi l’inconnu, vas-tu penser  (mais  qu’importe?) que je délire ? Mais il n’en est rien. Ma lucidité est telle que j’en suis moi-même étonnée et j’ai beau extrapoler des scénari du plus au moins catastrophiques l’avenir se dessine avec un toi idéal en filigrane.

Le temps ? C’est mon ami. Saturne est ma planète et la tienne aussi qui sait? Le temps, mon compagnon des randonnées solitaires, me donnera-t-il raison, toute raison gardée ? Le croire au nom d’un lointain engagement : celui de ne rien détruire et de ne rien faire qui puisse nuire…

Une bouteille jetée à la mer revient toujours sur le rivage si elle ne se fracasse pas sur les rochers. La patience : un élément du devenir semble dire le flacon flottant sur les flots.

Prenez soin de vous par les temps qui courent.

adolescence-violenceQu’est-ce-que l’adolescence sinon un âge entre deux eaux,un passage qui annonce la fin de la puberté et propulse dans l’âge adulte? C’est l’âge où tous les espoirs pubertaires sont en devenir de réalisations d’adultes. La violence pubertaire est réelle, tant l’adolescence recèle d’aspirations élevées et de déceptions dont toute la vie d’adulte sera empreinte.  L’effondrement de l’idéal ou a dépression d’idéal est le risque encouru de cette période de la vie.

Pendant ce passage, la plupart des adolescents ont des conduites violentes intenses ou moindres selon le milieu socio-culturel auquel ils appartiennent. La conduite est d’autant plus violente qu’elle menace le « Moi », c’est à dire l’identité : le Moi de l’adolescent est la principale victime des adultes qui pratiquent  (pour leur bien !) l’intrusion, la dépossession,  l’envahissement, manipulation : toute manifestation  qui se voudra protectrice du jeune. Période où l’adolescent se cherche, psychiquement, physiquement, sexuellement.

A ce moment là de la vie l’intensité des pulsions est à son comble ; gérer le dedans de ce qui se passe à l’intérieur (du corps et sa force hormonale)  avec le dehors et la qualité de la représentation afin de préserver l’image qu’il a de lui (narcissisme) met l’adolescent dans le déni et déstructurent les liens parentaux qui jusqu’alors le tenaient. Ce qui est rejeté  est ce lien vécu par l’ado comme une dépendance dangereuse, un pouvoir du parent qui aliène sa liberté en tant qu’individu.  Bataille du Moi de l’adolescent et du Surmoi (instance parentale, sociétale) où l’importance prise par l’investissement  parental sera l’élément déclencheur, essentiel de la violence. Il y a dès lors séparation (et non conflit) entre le MOI et le SURMOI. Entre l’adolescent et les parents, la société. Crise d’adolescence (qui peut être réactualisée à tout moment de la vie). L’ado devient fragile face à l’agressivité du monde et son environnement, ses contraintes, ses vides, ses séductions abusives ; tout l’agresse. Il se rebelle.

Il se rebellera d’autant plus qu’il vivra dans un contexte familial difficile où culture et éducation familiales seront différentes de celles  qui se vivent à l’extérieur; quand une parole pauvre fera obstacle aux échanges ( c’est autour du langage que se cristallisent les conflits individuels et collectifs).

La violence n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau est sa sur-médiatisation. Elle existe de tout temps avec les comportements impulsifs qui lui sont associés. Les blousons noirs dans les années 70, les skins heads  quelques années après, les banlieues aujourd’hui… La violence faite aux jeunes fera ressurgir la violence faite par les jeunes en amenant des troubles du comportement et des troubles de conduite dont on parle beaucoup (trop) dans les médias.

« Si la cruauté, tout autant que la violence et l’amour, est une dimension de l’homme, elle (la violence) a cependant la particularité de produire une angoisse étrange, inaccessible au processus de symbolisation ininscriptible dans la psyché et donne de son « agent » - celui qui la produit -, une image de mutant de l’espèce », écrivit LOUFTI BENHABIB dans la « Passion Algérienne »

La violence dans les mots, dans les actes, conjugale, scolaire, professionnelle. La violence visible et celle invisible parlent de notre monde qui ne change pas vraiment dans les mentalités. Ne serait-elle pas plutôt exacerbée tant elle est médiatisée avec pour but de servir  un jeu politique pour lui donner le pouvoir de mettre en place par la peur une hyper sécurisation ? Tout aussi violent que ce qu’il  prétend défendre.

Quand on sait que faire acte de violence, comme le disait un jeune « fait couler l’adrénaline » « c’est même un sport extrême », « je suis fier d’être un violent homophobe, ça me fait jouir », on comprendra ( ce qui ne veut pas dire qu’on acceptera) qu’il s’agit là d’un palliatif à l’évacuation du trop plein de fureur servant à exprimer des pulsions qui n’ont jamais été régulées.

Allez ! Assez de violence pour ce soir. Passez une bonne nuit dans la tendresse de bras protecteurs.



Plume blanche dans l'eau bleue Comme nous l’avons vu précédemment nous sommes régis par deux principes : le couple plaisir/réalité. Le principe de réalité entraînera souvent le déplaisir. Pour éviter le déplaisir (surtout dans l’enfance) il se met en place  un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir; ce processus, n’est autre que le  refoulement.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit sur des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot, etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont satisfaits sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel qu’il ne pourra gérer. Dans de pareilles circonstances, dont la répétition entraînera du stress, l’enfant ne connaîtra pas le plaisir, ne pourra se situer dans son désir ; partant du principe qu’il suffit d’exiger pour obtenir il n’éprouvera aucune joie à avoir. À recevoir. Il sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée. Croyant bien faire, par ignorance ou laxisme, les adultes transformeront ces enfants en futurs adultes blasés, désabusés.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé,: elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois. s’inscrit dans la personne

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…

« Eh, bien dites donc ! Il y a urgence à changer mon comportement avec mon fils » me disait Aline, mère d’un enfant qu’elle rendit tyrannique à force de tout accepter de lui. Il a 10ans et lève déjà la main sur sa mère, espérant sans doute qu’elle se rebiffe.

Nous en débattrons au SEX-O-CAFE. Passez une semaine légère et joyeuse, dans le plaisir, sans excès.


galets coeur 001Si l’on garde en mémoire que le désir par nature ne peut être satisfait il en est autrement du besoin qui lui se doit d’être satisfait. Nous ferons un parallèle avec le besoin de manger provoqué par la faim  et le désir de manger qui est une envie.

Si le sujet névrosé entretient son insatisfaction c’est qu’enfant il n’est pas parvenu à articuler son désir à la loi symbolique qui en autoriserait une certaine satisfaction, la réalisation. Quelle est cette loi symbolique et quelles impasses peuvent en découler pour le désir d’un sujet?  L’enfant ne peut avoir accès au phallus qui est la représentation de la libido (pour les deux sexes) nécessaire au désir et à la jouissance sexuelle. De ce fait le phallus devient l’interdit primordial, l’interdit de l’inceste. Au delà du désir la recherche du sein maternel.

Quelle influence peut-on avoir sur le désir d’un autre ? Aucune ! On ne peut forcer une personne à avoir du désir, celui-ci sourd à l’improviste, ne se commande pas. Notre désir n’a aucun pouvoir sur le désir de l’autre. Terrible constat ! C’est cette constatation et  sa répétition  qui nous blesse, nous faisant perdre notre toute puissance, celle  que nous avions dans l’enfance.  Bébé, au moindre pleur maman accourait,  donnait le sein,  comblait son désir avant même  qu’il soit formulé. Toute la relation à la mère est remise en question quand l’enfant se rend compte qu’il n’a plus de prise sur ses désirs à elle, qu’il n’est plus le centre du désir maternel même s’il peut l’influencer dans ses actes. (L’enfant qui n’est plus un nourrisson, crie, la mère ne vient pas; qu’à cela ne tienne, il crie encore plus fort, elle arrive en rouspétant, manifestant son mécontentement). Cette revendication du « vouloir être » tout pour la mère  situe l’enfant dans son désir et dans son manque. Selon qu’il sera éconduit ou pas, une frustration ou une satisfaction sera engendrée et fera d’un enfant devenu adulte (et parent) un sujet dans le pouvoir ou dans la soumission puisqu’il aura ou non renoncé à désirer de l’autre qu’il satisfasse son désir.

L’enfant repoussé va alors jouer sur les sentiments de la mère, ce qui va induire chez cette dernière la culpabilité (si tu me repousses, c’est que tu ne m’aimes pas); la peur, de n’être pas suffisamment à l’écoute de l’enfant, (je n’en fais pas assez pour mon enfant); l’angoisse d’en faire trop qui étouffe l’enfant et le parent. L’enfant va jouer sur l’image négative qu’il va renvoyer à la mère. C’est ainsi qu’un enfant devient tyrannique avec ses proches (enfant roi), dépendant du regard de l’autre jusqu’à obtenir satisfaction. Devenus adultes ces personnes auront tendance à manipuler, à séduire et à contraindre l’objet de leur désir.

Ce sont ces comportements qui vont se revivre dans la relation amoureuse avec en première ligne le désir sexuel.

Ne faut pas confondre DÉSIRER SEXUELLEMENT et AIMER ! Cette confusion est fréquente quoiqu’il existe une différence d’interprétation  entre  l’homme et la femme. Un homme soutiendra que son désir est une preuve d’amour, il pensera qu’une femme sans désir de lui ne l’aime pas. Le désir est spontané, une énergie intérieure qui sort de nous pour rencontrer l’autre. Le désir est variable, instable, il peut apparaître et disparaître sans en connaître la raison. Le désir sexuel chez une femme peut disparaître parce que son état de mère la comblera ; chez un homme (sans raison apparente) le désir s’atténuera, se diluera; rien ne pourra le rallumer. Cet état de choses met les couples en souffrance, dans l’incompréhension, dans l’interrogation  qu’aucune réponse ne viendra rassurer. Le, la partenaire qui désire toujours cherche désespérément à comprendre, puis à vouloir influencer l’autre. Comportements qui confinent au harcèlement à vouloir non seulement récupérer ce qui est perdu mais qui plus est à exiger de l’autre la restauration de son image renvoyée par les yeux du désir.

« Quand il m’aimait j’étais belle. Il me comblait. Depuis qu’il ne m’aime plus je me sens abandonnée, nue, sale, humiliée. Je ressemble à une coquille vide. Par son désir j’existais, sans son amour vivre n’a plus de sens ». Ces plaintes là, mille fois entendues en consultation ne font que réactiver les manques de l’enfance, remettent à vif les cicatrices jamais refermées. Régis disait « J’étais tout pour ma mère jusqu’au moment où elle a connu un autre homme que mon père. Après ça elle m’a abandonné. Pour elle je ne comptais plus »

Le retrait du désir d’un des partenaires  va réactualiser de manière disproportionnée, inadéquate  ses représentations erronées du manque de la chose perdue.

La neige a cessé de tomber sur Cannes. Dans le parc les lourdes parures blanches se désagrègent des arbres qui pleurent sur  l’incompréhension du temps…

Suite et fin au prochain article

Avec le passage de l’équinoxe d’automne, les jours sont plus courts que les nuits. L’ombre augmente. Au plein cœur de l’automne la fête de la Toussaint annonce la réalité de la vie que nous tentons de poursuivre se terminant invariablement par la mort.

Nous sommes tous confrontés à l’angoisse, à la difficulté de vivre, à l’échec, au désir de mourir, y compris mourir de plaisir. Nous sommes tous embellis par la joie, la réussite, la confiance en soi. Je nous espère tous cherchant un sens à sa vie.

Le cheminement intérieur parcourt l’immensité de l’intime en créant des désordres de l’âme. Dans ce chemin difficile qui nous reflète en nos miroirs déformants, puisse-t-on y trouver la richesse qui nous habite, inviolable, sans vol possible. Richesse accessible à qui sait lire les maux pour traduire en mots après avoir déchargé les humeurs puis rechargé notre cœur de persévérance, de gratitude, de beaux sentiments pour nous faire continuer la route jusqu’à l’hiver …définitif.

L’automne entamé depuis peu de jours, nous rend compte, si on veut bien s’y attarder, de la progression de notre vie affective liée à l’évolution psychique, intellectuelle. L’automne incarne la troisième phase de la vie. Les semences déposées au creux du sillon après le labour et le repos de la terre, éclosent au printemps, mûrissent l’été. Puis vient l’automne période de la récolte des fruits. Chaque saison inspire des sentiments différents. Si les esprits chagrins oublient la flamboyance des couleurs automnales, ils ne retiendront de l’automne que le recul des jours qui rallongent les nuits, le vent d’autan lourd et chaud, les épaisses brumes matinales, le retour en force d’un soleil capricieux.

Les optimistes y redécouvriront le cuivre des forêts, les vendanges offrant un après de vins capiteux, la douce châtaigne dans sa bogue hérisson, les moissons engrangées dans les greniers modernes. L’incendie des forêts, que nul pyromane n’allume, réchauffe les yeux et le chemin parcouru sans brûler nos pas feutrés dans la douceur d’odorants tapis de feuilles colorées mais mortes.

A l’automne, la terre a donné sa richesse tandis que le paysan va continuer son inlassable travail de retournement, de labourage, ensemencement, re-taillage de la vigne, préparation des futures moissons. Cette terre morcelée détruira les débris des racines enchevêtrées, lacérées, restées en elle, puis entamera un processus de décomposition, préparant le sol à d’autres semences, à d’autres futurs.

Nous pouvons comparer le cycle des saisons aux différents stades de la vie. Chaque étape de la vie représente une évolution qui peut se traduire ainsi :

  • Enfance : graines semées par les parents, les éducateurs. La naissance jusqu’à la pré adolescence.
  • Adolescence : bourgeons, fleurs prêts à éclore. Le printemps.
  • Jeunesse : formation des fruits. Fin du printemps, début de l’été.
  • Adulte : cueillette et dégustation des fruits. Séparation du bon grain de l’ivraie. Le plein été et début de l’automne
  • Vieillesse : Réaliser et vivre de la récolte. Profiter des acquis en attendant la fin dans la Sagesse. Fin de l’automne et l’hiver. La mort.
  • Chaque saison changera la qualité du pâturage  où de la naissance à la mort nous irons en courtes transhumances renouvelées à chaque étape de la vie.

Qu’en est-il de notre psychisme quand vient l’automne ? Récolterons-nous ce que nous aurons semé ?…

À suivre…

Sans aucune sonnerie, sans aucun appel de cor, le matin tire de sa torpeur un mort-vivant de son lit-tombeau. Avant de s’en être extirpé et en l’absence de  charentaises, avant même  d’avoir posé ses pieds par terre, Antoine  frotte vigoureusement ses yeux pour tenter d’y effacer, en vain,  les colonnes rigides que forment le montant de ses dettes. Oh, Antoine, ne doit aucun argent pour des dette de jeu, pas plus qu’il n’en doit à quelques maffieuses organisations. Non, non, c’est à l’état, qu’il dit maffieux, qu’il doit. L’état  lui réclame des taxes. Taxe professionnelle parce qu’il travaille encore. « Tu travailles à mon âge, tu dois payer des taxes pour travailler! » Alors qu’il aimerait se la couler douce entre soleil et ombre de ses points retraite. Insuffisants les points pour qu’il s’arrête de travailler.Taxe d’habitation plus élevées que le loyer de son petit studio qu’il a du mal à payer. Alors qu’il rêve d’une cabane de branchages sur une île déserte. « Tax,tax,tax, écoute ça fait un joli son » répète t-il comme une sinistre écholalie.

Encore un jour qui s’annonce mal pense Antoine qui depuis quelques mois cachetonne. Là, encore me fait-il remarquer « je ne cours pas le cacheton comme un artiste ». Pourtant je trouve à Antoine un sens de l’humour bien particulier qui pourrait le mener sur les planches. « Mais j’avale, précise t-il, avec mon jus de chaussettes qui me tient lieu de café, deux gélules rouges pour me mettre le cœur à l’ouvrage. Il tourne dans ma tête  sur un air de java la complainte « C’est fou comme l’argent permet de supporter la pauvreté ». Alphonse Allais enfonce le clou de la dérision. Je préfère en rire, je ne sais plus pleurer ».

Pour remonter le taux de sérotonine que le stress lui a complètement pompé, Antoine se cachetonne avec comme devise « Nous sommes complètement comprimés, alors pour vivre heureux vivons cachets. » Et hop! il s’envoie dans le gosier que les vitupérations enrayent des comprimés de toutes les couleurs. Les rouges le matin pour le réveiller. Les bleus en début d’après midi pour prévenir l’angoisse. Les blanches le soir pour passer une bonne nuit, sans cauchemar. Entre temps des moitiés verts, moitié blancs. « Le rêve quoi », me fait-il remarquer. Mon regard interrogateur, lui fait préciser  » Ben, quoi? C’est gratos, les cachets. La sociale sécurité me tient en laisse; même si je sais qu’à ce rythme je finirai par y laisser la peau, en attendant je peux bosser et obéir au président. »

Écoutant Antoine  me raconter les péripéties sa vie comprimée, j’oublie de descendre du bus et continue avec lui  jusqu’au terminus.

Sur le retour dans le bus vide ma pensée vagabonde : finalement c’est quoi le bonheur ?

Le profane et le sacré s’entremêlent dans le monde. Le monde profane est celui des interdits. Le monde sacré, celui de la fête, celui du plaisir jusqu’à la licence; il est le monde des rois et des dieux  et à ce titre il autorise la transgression. Dans l’érotisme la transgression est mise en évidence par la dimension du plaisir qui en découle. Ne retrouve t-on pas dans l’érotisme cette création paradoxale ayant valeur d’attrait suscité par l‘interdit?

La détermination de l’érotisme est primitivement religieuse… d’après Georges Bataille. Or, l’érotisme fut condamné par le christianisme; cette religion s’érige en forme de dogme (faire confiance à une personne – d’église – supposée avoir eu l’Expérience). Sans pour autant chercher à polémiquer, c’est à ce niveau que le bât blesse, puisque dans l’érotisme il s’agit de se référer à sa propre « expérience intérieure ». Avoir sa propre expérience intérieure sans l’accord du religieux qui tient les fidèles sous son joug en interdisant l’accès à la connaissance de la vie et de la mort. Le paradis est ici dans la conscience pleine et totale et non dans un au-delà hypothétique. Les missionnaires prosélytes envoyés dans les pays aux cultures dites sauvages, forcèrent le trait d’un paradis ailleurs que terrestre. Ils occultèrent le fait que  ces peuples pouvaient avoir une autre vue et une autre approche de l’acte religieux (animiste, par exemple) et s’en servirent pour museler la masse.

C’est là que  la transgression – par sa propre expérience érotique – vient balayer toutes les autorisations religieuses. Atteindre son être au plus intime et apprendre sur l’autre et sur soi, n’est possible que par cette expérience. N’est-ce-pas à cause de l’interdiction par une quelconque instance qu’il est jouissif de s’y adonner? Sans l’interdit, sans le primat de l’interdit, l’individu ne serait jamais parvenu à la conscience claire. Pour exemple les gros mots interdits aux enfants qui s’y adonnent avec délectation.

Pécher: voilà où se situe le mal pour le judéo-christianisme : aborder la Connaissance comme Adam et Eve, premier homme, première femme. Ils ont entaché toute  leur postérité en mangeant le fruit défendu, fruit de la Connaissance du bien et du mal, de la Vie et de la Mort. Ces êtres de la mythologie biblique, chassés du Paradis Terrestre, ont servi de prétexte pour poser l’anathème sur les générations suivantes. C’est ainsi que, dans l‘inconscient collectif,  la sexualité entre deux êtres (en dehors du mariage de même qu’à l’intérieur de celui-ci s’il n’est pas consommé au seul titre de la procréation), a été érigée en interdit et qui le transgresse sera interdit d’accès au paradis. Cependant l‘interdit(inter-dit) sur lequel est basé en conscience notre humanité (interdit de l’inceste, du meurtre) barre l’accès à la violence – notamment sexuelle. Or, la violence s’est construite à cause des interdits qui n’ont pas pu se dire, elle s’est constituée sur son refoulementTransgresser l’interdit provoque l’angoisse en faisant apparaître l’expérience (inconsciente, là encore) du péché, du mal. Si la transgression est réussie, le maintien de l‘angoisse portée par l’interdit, sera d’en jouir.

Car la connaissance de l’érotisme ou de la religion demande une expérience personnelle de l’interdit et de la transgression.

Reconnaître l’expérience érotique – sans la dimension intérieure – ferait preuve d’un état maladif. Ne dit-on pas : je suis malade d’amour?Dans ce cas là, l’amour devient un objet extérieur, une expérience seulement connue du dehors, qui, demeurant au dehors du champ de conscience devient une expérience mineure. Ainsi l’interdit devient névrose que l’on allait jadis confesser au prêtre, aujourd’hui que l’on confie à son psy. L’interdit met en place la peur (de transgresser) en empêchant le désir. Or, le désir seul conditionne l’expérience intérieure, la transgression signe cette expérience. La passion transfigure comme nous avons pu le voir au chapitre  » la passion« . Il semblerait que la raison de cette transfiguration incombe à l’interdit transgressé.

Les deux interdits essentiels concernent la mort (le meurtre, tu ne tueras point) et la sexualité (le tabou de l’inceste). La violence est libérée dès qu’il y a transgression. La transgression efface les limites par la levée de l’interdit, la violence résiduelle, en tant que pulsion immédiate, ressurgit. La sexualité est le lieu où s’exprime facilement cette violence, lieu où la raison cesse d’agir…

Tout est en place dans la chaleur de l’été pour vivre un érotisme torride! Qu’attendez-vous?

Ok, ok, nous revoilà sur le blog puisque « on »…A propos de « on » : « On – avec ou sans majuscule – on est un con avançait un professeur de Français au collège; oui, oui, il interdisait à ses élèves (dont je faisais partie) d’employer  le « on » dans nos dissertations. Mais aujourd’hui plus personne ni plus rien, que mon éthique, ne m’interdit quoique ce soit. À plus forte raison d’employer « on » si je veux, quand je veux! Il me facilite bien les choses, ce con d’on! Assez de digression, allons au fait! On me fait constater que je n’écris plus autant d’articles qu’au début du blog. On a raison et je n’ai pas à me justifier de mes absences du site même si j’ai pu le faire dans l’article du 14 Mars, intitulé Angoisse. Celles et ceux ayant su lire entre les lignes ont compris qu’en m’imposant (à moi-même) d’écrire un article par jour  pour satisfaire un hypothétique lectorat, me mettait une pression telle que l’angoisse me tordait les tripes si je ne me pliais pas à mes propres injonctions tyranniques. La seule  fuite possible fut celle de rêver aux dimanches avec délectation puisque ce jour là je me permettais de lâcher prise !!!

Revenons donc dans le pré où nous avons laissé paître nos moutons de la pensée et continuons l’histoire de la masturbation. Mine de rien, nous nous retrouvons fin du XIX ème siècle, début du XX ème, quelques esprits commencent à s’ouvrir, sauf celui de Krafft-Ebing qui persiste dans sa « Psychopathia Sexualis » (si vous êtes intéressés, voir le lien http://www.psychanalyse-paris.com/+-masturbation-+.html). Krafft-Ebing, donc, continuait à condamner la masturbation, en parlant d’elle comme le mal originel coupable de tous les maux. Puis vint Henry Havelock Ellis inventeur du terme auto-érotisme.  Avec une pensée relativement moderne néanmoins dérangeante pour l’époque, la masturbation est évoquée comme un fait naturel sans conséquence pathologique, qu’il exprime ainsi  » Nous voyons donc que la masturbation modérée est sans effet grave sur les individus sains ». Puis arrivent les psychanalystes. Freud bille en tête, avec son gros boulard qu’il balance comme un chien dans le jeu de quilles bien institutionnalisé de la sexualité, il révolutionne, provoque des scandales en établissant les fondements d’une nouvelle morale concernant la sexualité en général.Il charge la mule de révélations sur les théories sexuelles qui arrivent jusque dans les alcôves que la grande bourgeoisie de l’époque refuse d’entendre : il décrit l’auto-érotisme du nouveau né (ô sacrilège) mais demeure cependant frileux pour parler de la masturbation en tant qu’acte libre et non nocif pour qui la pratique. Pour Freud, le fantasme précède la pulsion, la masturbation en est la conséquence.  A Vienne en 1910 s’ensuivirent des batailles verbales dans le rang des  psychanalystes (Freud, Adler, Rank, et quelques autres) autour de la question des « effets nocifs de la masturbation ». Contradictions jamais réglées, la masturbation restant pour les uns, autant pour les homme ou les femmes qui la pratiquent, une protestation virile, pour d’autres un symptôme névrotique peut-être cause de neurasthénie; pour Freud il ne s’agissait que d’une image-fantasme du coït. Freud enclin à un dogmatisme sans faille dira que la masturbation a des effets nocifs qui participent à la genèse des névroses par la fixation infantile dans ce comportement auto-érotique. C’est ainsi que pour les femmes il imaginera deux types de sexualité : l’une mûre et adulte, épanouie et vaginale; l’autre infantile, fixée à l’auto-érotisme et clitoridienne.

De nos jours, pour beaucoup de nos psychanalystes, la masturbation reste un acte infantile, quoique non plus coupable. Ouf, pour les masturbateurs, ils peuvent se toucher sans culpabiliser…Quoique, j’ai pu le vérifier en consultation dans les paroles, la culpabilité est toujours présente dans la tête de la plupart des hommes qui viennent consulter pour ce qui demeure un problème majeur. On, (tiens le revoilà, celui là)pourrait penser que les idées  changent en traversant les siècles mais quand elles concernent la sexualité, on s’aperçoit qu’elles ont du mal à évoluer.

A très vite pour parler de la pathologie due, non à la masturbation, mais à ses représentations et à la pratique détournée de sa première fonction.