ψ
Au féminin, le désir réel éprouvé est d’abord cérébral …
En 2008 une enquête sur le désir féminin constate que 64% des femmes ne savent pas quoi faire et même ne font rien quand leur libido se fait la malle; quand elles n’ont plus de plaisir ou que la ménopause les perturbe autant qu’elles les inquiète. De ce constat il ressort que l’écoute des gynécologues désinformés est pratiquement nulle. Ils sont incapables de donner des informations ou de proposer des solutions pour améliorer la sexualité des femmes. Les femmes elles-mêmes stressées, fatiguées, soucieuses financièrement ne trouvent guère le temps de consulter pour ces « broutilles. » Leur désir est inexistant ? Voilà le bon prétexte pour enfermer leur sexualité au placard, débarrassées de cette chose encombrante dont la ménopause les libèrera des turpitudes de la procréation.
Non, non, je ne délire pas et c’est bien de notre époque dont je parle où sont pratiqués en France 200 000 avortements par an. Ce chiffre qui n’a pas reculé depuis quinze ans est en augmentation chez les jeunes filles de 15 à 19 ans.
Le désir féminin est compliqué se plaisent à dire les chercheurs ! Depuis que les hommes ont découvert que chez la femme le cerveau et l’émotion doivent être mobilisés, ils trouvent difficile d’extrapoler sur les femmes les recherches faites sur le désir masculin. Ainsi apprend-on par Mérédith Chivers que chez la femme, le désir réel éprouvé est d’abord cérébral, indépendant des réactions physiques; la connaissance, les recherches sur la sexualité féminine sont encore au Moyen Âge. Un écart de 30 ans sépare les recherches et les avancées sur le désir sexuel féminin sur celles menées sur le désir masculin.
Alors oui, les laboratoires pharmaceutiques, projetant un juteux marché ont essayé de lancer un médicament le Viagra au féminin. Au départ il s’agit d’un antidépresseur utilisé sur 5000 femmes avec pour effets une augmentation du désir féminin qui leur donnait l’envie de « faire l’amour ». Les psychiatres étonnés que l’on prescrive un tel antidépresseur à des femmes non dépressives sans tenir compte des effets secondaires éventuels ( désinhibition accompagné de bouffées suicidaires) ont questionné le laboratoire, qui assure t-il, il ne s’agissait pas là d’un véritable antidépresseur mais un « effect-like » aux effets comparables sans en présenter les mauvais effets. À utiliser en traitement de fond sur plusieurs mois, différemment du Viagra à prendre ponctuellement. Ce médicament est prescrit à des femmes atteintes d’un trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD). Voilà t-il pas encore une manière de médicaliser les malaises existentiels et les difficultés sexuelles des femmes ?
Du désir des femmes, peu en savent quelque chose. Les premiers humains vivaient dans des conditions dangereuses, faisaient l’amour vite et violemment, les femmes devant s’adapter. Ceci expliquant cela : les réactions génitales spontanées, rançon de l’évolution, ce qui expliqueraient pourquoi lors des procès pour viol, certains hommes prétendent que les femmes étaient consentantes malgré leur refus. Elles ne l’étaient pas (consentantes) leur corps a réagit malgré elle. (Héléne Gelez)
La recherche sur la sexualité féminine reste comme au temps de Freud et demeure encore un continent noir, une terre inconnue. Elle avance aussi vite qu’un escargot. Concernant la protection du sida, il fallut attendre les années 2000, pour que les études soient menées sur les gels microbicides. Ces gels et les préservatifs féminins sont pratiquement inconnus des femmes, celles-ci continuant à utiliser des préservatifs masculins plus difficiles d’emploi et moins agréables que les gels et préservatifs féminins.
Pourtant 83% des femmes ressentent les attentions de leur partenaire à leur égard comme moteur de leur désir; 91% estiment que le contact de peau de leur partenaire stimule leur désir; 96% des femmes confient avoir des fantasmes. Par contre 48% sont inhibées par les mots crus pendant l’amour; 50% disent que le stress porte atteinte à leur désir. 48% des femmes éprouvent du désarroi face à une baisse de libido; 95% ont des baisses de désir momentané, et 34% accusent la monotonie de freiner leur désir. (Extraits des résultats de l’enquête Ipsos santé, réalisée sur 1500 femmes âgées de 18 à 65 ans)
Après cette énumération d’aborder le désir avec votre dulcinée, vous savez monsieur ce qui vous reste à faire.

