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Mais, non, pas moi ! Moi je suis une femme, puisque j’ai un trou dans lequel vient se loger quelques fois délicatement quelques fois plus brutalement la verge d’un homme pensant que seule la bandaison le définit. Ainsi donc nous allons parler de ce dur et épineux problème qu’est l’érection. L’érection qui donne tant de frayeur aux hommes quand elle vient à manquer de fermeté, quand elle s’essouffle sur la durée, quand elle caractérise comme étant de super mâles ceux qui la maintiennent longtemps. Ou trop longtemps – quelques heures : oui, oui, messieurs, n’enviez pas  les hommes atteints d‘anéjaculation. L’anéjaculation est un autre souci, moins fréquent mais insupportable pour les hommes atteints de ce trouble et pour les femmes qui en souffrent.

La difficulté érectile peut survenir chez la plupart des hommes quel que soit leur âge. Du plus jeune au plus âgé ces pannes fréquentes deviennent un véritable handicap dans la vie d’un couple. Le mutisme, parce que la honte s’en mêle, aggrave les pannes  alors qu’il suffirait d’en parler à un médecin, à un sexologue ou encore un psychothérapeute pour y remédier. Ce qui est à déplorer est la résignation des hommes à vouloir être conforme au dictat en vogue depuis toujours qu’un homme n’en est un que si son sexe n’est là que pour bander, pénétrer, éjaculer.

Je vous le demande mesdames : l’homme n’est-il qu’une queue ? À vous aussi  messieurs je vous le demande: la femme n’est-elle qu’un trou ? Non, bien sûr ! Même si c’est que l’on tend  à nous faire croire depuis la nuit des temps ! Moi ça m’énerve quand la porte de mon cabinet  se referme sur des plaintes dites d‘impuissance. Oh! l’horrible mot qui entraîne tous les maux de la création. D’ailleurs la médecine en a changé : elle appelle ça des « troubles érectiles« .

Je me rappelle cette horrible dispute (dans la rue) de deux jeunes hommes qui finit en bagarre. Un gringalet disait à un fort en bras tatoués  » Elle t’a quitté parce que tu bandais mou; t’es un impuissant, une couille molle. Retourne chez ta mère »…

Dans nos civilisations l’homme est représenté par la puissance de son sexe, – un homme ça bande. Un homme est représenté par la dureté - un homme ça ne pleure pas. Un homme est représenté par des muscles – un homme ça sait se battre. Mais d’abord un homme est représenté par  sa queue – un homme tire à vue sur tout jupon qui passe. Un homme doit être dur du sexe et dégainer en toute situation. Mais si la queue n’est pas aussi dure que la représentation qu’un homme se fait de lui-même,  comme dit dans la dispute, il n’en est pas un. Il sera traité d‘impuissant. « La société machiste fait de l’homme un mâle concentré sur son organe sexuel« 

Au garde à vous, un homme dégaine, tire et remet son arme en place une fois déchargée.

Par contre un homme dont le sexe pique du nez, devient tout flagada au moment où il devrait être dans l’action devrait chercher la raison de cette détumescence qui souvent n’est que psychologique.  Un beau jeune homme de 25ans, africain,  se plaint d’éjaculation précoce : après quelques séances pendant lesquelles nous faisons remonter son histoire personnelle, il me confie que c’est sa nounou, alors qu’il avait à peine 10ans faisait grossir son sexe dans sa bouche tous les matins pour qu’il commence une belle journée. La « chose » se passait vite, même très vite afin qu’ils ne soient pas surpris… Vous l’aurez compris cette pratique précoce (à tous les niveaux) a fait de lui un éjaculateur précoce. Bien souvent et après avoir fait les vérifications nécessaires auprès de la rassurante médecine qui mesurera les taux d’hormones, la physiologie, la biologie et l’organique, on s’apercevra qu’il suffirait de presque rien pour remettre la machine en marche. Traitée en psychothérapie l’éjaculation précoce  se satisfait de quelques séances pour évacuer un problème et remédier à cet handicap.

Alors, un conseil aux messieurs :  arrêtez de vous identifier à l’état de votre verge vous n’en deviendrez que plus humain. Et souriez au constat plein d’humour de MONTAIGNE « L’indocile liberté de ce membre s’ingérant si importunément lorsque nous n’en savons que faire, et défaillant lorsque nous avons le plus affaire et contestant de l’autorité si impérieusement avec notre volonté, refusant avec tant de fierté et d’obstination nos sollicitations mentales et manuelles »( Les Essais).

Je vous promets  de faire un tour du côté des hommes ce ceux qui eux n’éjaculent jamais.

SEX-O-CAFÉ – 4 février 2010 au 3.14 Hôtel

Intervenants : Liliane Cassar (modératrice) – Lyliane Engelmajer-Rivera (psycho-sexothérapeute)  –  Dr Christophe Ghibaudo

Ont participé 17 femmes – 9 hommes

Gilles se lance : il est venu pour comprendre pourquoi les hommes et les femmes se comprennent si mal. On lui reproche souvent d’être violent (timbre de voix ?). Il ne comprend pas toujours les messages que les femmes veulent lui communiquer; il trouve qu’on vit une époque où la femme prend de l’ascendance sur l’homme. Il évoque les femmes d’aujourd’hui et leur force.

Régis : l’homme propose, la  femme dispose. Elle détient l’œuf (Régis fait référence à la procréation) ; les hommes sont comme les animaux.

Marie : les femmes sont actives donc deviennent plus indépendantes. Marie travaillait et vivait avec son mari; par lui elle n’a jamais connu le plaisir, l’orgasme.

Dr Ghibaudo intervient; il précise ce qui distingue l’homme de l’animal, le déterminisme de la sexualité ; explique : l’homme détient 2 cerveaux (Animal + couches superficielles qui amènent le plaisir). La plupart des troubles médicaux viennent de la difficulté à gérer les deux cerveaux.  La sexualité dépend de l’environnement, de l’éthique et de la culture d’une société.

Anne : La femme se libère mais a perdu le côté « cœur ». Elle se demande si les femmes ne prennent pas de revanche sur les hommes. On doit prendre le temps de se connaître, de se découvrir.

Liliane : On vit dans le culte de la performance ; on est bombardé de messages, d’injonctions de perfection (Liliane fait référence aux images véhiculées par les médias – magazines, célébrités, télé –. On devient exigeant – où se situe l’exaltation ?

Régis :La force physique masculine des civilisations antérieures n’existe plus ! Régis évoque sa nostalgie d’un machisme perdu !!!

Question du Docteur : Peut-on parler librement de la sexualité ?

Christine, pleine d’humour; parle de l’homme à Femmes ; pense qu’un homme qui n’a pas envie d’une femme pourra parler de sexualité avec elle ; les hommes sont attirés par les garces ! Elle organise avec ses amies des rencontres du club de la « garcitude » – cherche une garce qui leur donnerait des cours !  Àla question qu’est ce qu’une garce ? Une garce allume, n’éteint pas et profite de toutes les situations, différemment de la salope qui elle va jusqu’au bout !

Nathalie (jeune-femme) dit que les jeunes parlent plus facilement de la sexualité.

Régis reprend la parole : La mère devrait apprendre à sa fille autant la cuisine que la procuration du plaisir à un homme !!! Ce à quoi Liliane réplique : d’après toi Régis, la mère devrait transmettre à sa fille aussi bien la recette du pot-au feu qu’une fellation ? Cette question fit rire l’assemblée.

Un autre homme : pourquoi le père n’apprendrait-il pas à son fils à donner du plaisir aux femmes ?

Alice : on naît avec une prédisposition à aimer le sexe ou pas. Elle précise que notre nature profonde refait surface malgré l’éducation stricte.

Régis a opté pour la provocation : on devrait faire participer les enfants aux clubs de « garcitude » !!! Les garçons sont des filles et changent de sexe à la puberté (initiation dans différentes cultures; il  évoque notamment la Bar mistva qui fait rentrer le  jeune garçon à 13 ans dans le monde des adultes )

Docteur : évoque le mythe de la Vierge et de la putain ; nous sommes tous déterminés pour le plaisir. Du temps des mérovingiens pendant 90% de son  temps, l’homme était naturellement en érection. En réaction d’urgence, le corps secrète de l’adrénaline qui en cas de stress permet la fuite ou la pétrification. C’est un mécanisme de survie. Or, le poids de la vie quotidienne entraîne un stress qui créé une répétition d’une petite quantité de sécrétion d’adrénaline ; cette répétition trop souvent renouvelée transforme la fonction érectile en un contraire puissant qui devient anti-érectile. A la longue se crée l’impuissance masculine.

Une femme demande si c’est ce pareil pour les femmes ?

Docteur : pour les femmes, c’est plus compliqué, car le sexe est caché (l’appareil génital) mais  cela va se jouer au niveau du désir  et par son absence.

Anne pose une question clinique : Que signifie le fait qu’un homme bande tout le temps sans désirer de relation sexuelle ?

Docteur : Tendance perverse et message à décrypter.

Anne : Le poids d’une éducation religieuse stricte est-il irréversible ? Peut-il bloquer la façon de profiter et de se faire plaisir ?

Docteur : Oui l’éducation bloquera si on ne s’efforce pas à  comprendre d’où viennent les blocages et si on ne recherche à améliorer une situation difficile proche du masochisme.

Stéphanie se dévoile et parle de ses rapports douloureux, a l’impression de ne pas pouvoir se libérer, elle aussi, d’une éducation trop stricte.

Liliane : Une thérapie sert à changer son image et va amener à  rencontrer d’autres gens, des personnes différentes que celles habituelles avec lesquelles on ne vit pas forcément dans l’entente; de ce fait la vie prend un autre sens.

Marie toujours inquiète : Quand sait-on que c’est le bon ?

Christine toujours joueuse : Quand c’est fini !

Liliane : l’idéal n’existe pas ; apprendre à partager, à communiquer ; à considérer l’amitié, l’amour et ses nuances.

Alice : Les endroits libertins peuvent-ils réparer l’ennui ? Un thérapeute peut-il proposer ce chemin ?

Docteur : Un médecin ou un thérapeute (n’est-ce-pas Lyliane demande le Dr Ghibaudo?) n’indiquera pas cette voie parce que ce n’est  jamais une voie thérapeutique ;  mais si  le désir du couple est d’essayer autre chose pour pigmenter sa vie sexuelle, dans ce cas pourquoi ne se permettrait-il pas le libertinage ? Ce n’est pas à nous de le conseiller …

Exemple concret : homme 30 ans Femme 45 ans qui veut un enfant. La raison de vivre de cet homme est de faire jouir sa femme mais n’a pas éjaculé depuis 3 ans ½; il est atteint d’anéjaculation. Ne veut pas perdre la maîtresse pour retrouver une mère…

Anne : Comment peut-on amener quelqu’un à faire une thérapie ? Quand le compagnon refuse.

Lyliane : t’es-tu posé la question de son refus ?  A-t-il peur de découvrir des situations qu’il refuse de voir? Anne répond qu’il n’a pas d’envie. Lyliane demande comment « ça » se passait au début de leur rencontre. Au début de la relation il faisait l’amour trois fois par jour, répond Anne…

Alice :  quand un homme demande à une femme une caresse anale, est-ce tabou ?

Le docteur Ghibaudo prend la parole :  L’homme ne fait toujours pas la différence entre le plaisir anal et l’homosexualité. Le plaisir anal pour un homme est similaire au plaisir vaginal chez une femme. Pour un homme les caresses anales, quel que soit le moyen employé – doigt, langue, objet -  sont la plupart du temps vécues comme tabou car assimilées à l’homosexualité.

Marie : Si on n’a jamais aimé le plaisir anal avec son mari, peut-on l’aimer avec quelqu’un d’autre ?

Docteur : Bien sûr. Dans un couple le dialogue est indispensable même s’il est choquant ; il vaut mieux déranger que de se taire. L’absence de communication, de dialogue entraînera la relation dans une impasse. On s’intéresse à une personne parce qu’elle est différente ; chacun cherche la différence.

Gilles : En parlant d’adrénaline, les grands sportifs ont-ils des problèmes d’érection ?

Docteur : Les anabolisants sont d’anti-érectiles puissants. L’injection de testostérone empêche les testicules d’en produire ; il faut donc être très prudent, faire très attention.

Dans l’œuf, puis dans le fœtus les caractères sexuels sont déterminés à la septième semaine sous influence hormonale. L’hermaphrodisme est très courant chez les patients. Plus facile de transformer un homme en femme que le contraire…

Je pourrais ajouter que Freud fut le premier à mettre  en évidence la bisexualité psychique. Ce n’est qu’à l’adolescence que le choix de la sexualité ( hétérosexualité – homosexualité) se précise avec tout ce que cela comporte comme difficultés si l’orientation sexuelle n’est pas dans ce qui est considéré comme étant la norme. Oui, encore de nos jours.

Le débat se termine lentement. Les participants, satisfaits des échanges, ont continué à débattre hors du salon Ganesh…

Prochain thème demandé par les participants : LE DÉSIR – LE PLAISIR !!!

Si l’inquiétude m’a envahie quelque peu ce matin, la lecture du commentaire de Pablo et la relecture de Reine  me confortent quant à l’objet du titre « libidosexualité.com ». Je me dois de continuer à faire partager ma vision d’une sexualité où l’amour et la tendresse ne peuvent en être exemptes. La sexualité, par laquelle nous sommes en vie, est subordonnée à chaque étape du vivant. Dès lors  en parler  s’impose à moi comme une évidence qu’il faut traiter avec respect… Je vais donc évoquer, aujourd’hui, la sexualité des femmes ménopausées et des hommes andropausés.

L’amour se décline à tous les âges. Pourtant la nouveauté depuis quelques années est une revendication à la sexualité à tout prix y compris aux prix de demandes d’assistance médicale (médicamenteuse  et chirurgicale). La démarche dans ce sens ne cesse de croître me disait un médecin fatigué. Dans les cabinets médicaux, l’exigence est assourdissante  » Je veux jouir encore. Je veux retrouver la forme de mes trente ans…Je veux, je veux, c’est tout ce qu’ils savent dire! » disait ce médecin excédé. « Parce que les séniors revendiquent eux aussi, avec plus d’insistance que les plus jeunes, (on s’en serait douté, pensais-je) un vieillir, oui, mais sans cesser de jouir. Ils oublient les carences hormonales, le déclin de la forme physique; pour que la relation soit harmonieuse, ils oublient d’y mettre de la légèreté, de l’humour et de la tendresse, l’huile indispensable qu’ils ajoutent régulièrement dans le moteur de leur voiture. Ils ont une espèce de fringale du coït avec exigence du retour à l’état antérieur de leurs capacités pubertaires de copulation. Ils oublient d’être des humains  en ne laissant agir que leurs pulsions animales. Les hommes veulent la restauration des érections de leur jeunesse et les femmes un vagin aussi humide qu’après la pluie…Mais que font ils pour cela? »

L’agacement, pour ne pas dire colère, du toubib étaient tels que je me demandais si lui aussi n’avait pas perdu ses capacités érectiles, s’il n’avait pas tenté  de les retrouver avec des médocs tels que le Tanagra, en vain! Ma pensée lui prescrit d’office une ordonnance :  repos forcé pour évacuer le stress. Il devait bien savoir ce brave médecin, proche de la retraite,  que le stress est un des premiers  empêchements  à bander son arc pour faire la bête à deux dos! Et lui? Prenait il le temps de caresser longuement sa Madame dans ce qu’on appelle des préliminaires? Évidemment je ne lui posais pas ces questions de peur qu’il se répande en invectives comme l’éjaculateur précoce qu’il semblait être. Prenait-il le temps de retrouver sa belle dans des endroits sympathiques?  Lui remémorer au creux de l’oreille et au clair de Lune leur folle passion qui s’était muée en tendresse ?  Gommer les rides du cœur en même temps que celles du visage avec bougies sur la table d’un restaurant tamisé? Humer le même air, main dans la main dans une promenade en forêt? Lui offrir une rose, rose tendre sans attendre la St Valentin? Parlaient ils ensemble du dernier film qu’ils n’allaient jamais voir? Du dernier livre? Non! Certainement pas m’aurait dit ce prescripteur de jouissance ! « Croyez vous que je n’ai que ça à faire, quand on voit la queue dans ma salle d’attente »

Justement parlons-en de la queue des hommes et de l’attente des femmes à vouloir l’apprécier ! L’exercice physique régulier, non violent, renforcera les prétentions masculines tout en permettant aux femmes de défaire les nœuds (sans jeu de mots) et d’humidifier leur corps. Les huiles d’onagre et de bourrache mélangées rendront aussi l’humidité à la grotte des femmes. Les hommes peuvent s’aider Ginko biloba, de ginseng. Il existe pléthore de fortifiants naturels agissant sur la libido. Parlez en à votre médecin (!!!) ou mieux encore à votre naturopathe. La communication par le parler vrai avant et après l’amour renforce les liens; l‘échange de ressentis (ça j’aime, ça pas) favorise le désir; un bon repas légèrement arrosé excitera les sens; indispensable : être à l’écoute l’un de l’autre… Madame soyez gentille pour la panne du Monsieur, il n’en sera que plus ardent la fois d’après. Et vous Monsieur soyez tendre tout le temps, avant, pendant et après. Surtout après. Ne vous endormez pas, s’il vous plait, ça ne plait pas à Madame. Les femmes ont besoin de beaucoup de tendresse après l’amour. Madame, riez  sans vous moquer « on est plus ce que l’on a été » quand la verge du Monsieur a perdu sa verdeur, quand elle est passée au gris comme ses cheveux !

La sexualité vieillissante est doublement tabou, comme tout ce qui touche à la sexualité et à la vieillesse, en paraissant pour la plupart (des jeunes) obscène et illégitime. Mais il n’en est rien. Alors, les maîtres mots d’une sexualité bien vécue et réussie à l’âge des séniors sont : Complicité, humour, caresses, respect…Vous en trouverez d’autres, je vous fais confiance.

Mais surtout, surtout: faites l’amour avec amour. Accorder au plaisir la première place, faites donc l’amour avec plaisir.