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Au cours de ce deuxième SEX-O-CAFE et à la demande générale des participants nous aborderons le Désir et le Plaisir. Sans élaborer un plan qui ne sera pas suivi puisque les questions alimentent spontanément le débat, voici cependant un rappel de quelques pistes pour les situer dans la sexualité. Vous pouvez retrouver  les articles concernant l’origine du désir en vous reportant sur ce blog…

  • Le désir est à différencier d’un besoin qui lui peut être satisfait alors que le désir ne le sera jamais.
  • Tout désir est désir de l’Autre
  • Le désir est l’effet d’un manque lié à la parole, au langage
  • La poursuite d’un désir à satisfaire vient buter contre un manque et un fantasme (écran du manque) qui ressurgit dans la vie sexuelle.

Quand au plaisir il régit en:

  • son principe le fonctionnement psychique selon lequel l’activité psychique à pour but d’éviter le déplaisir et de procurer le plaisir.
  • il peut-être conçu comme l’apaisement d’un besoin en  satisfaisant  la pulsion  d’auto-conservation
  • le plaisir  aura pour but de diminuer la tension.

Pour éviter de me répéter et si vous êtes intéressés par les sujets rendez-vous sur ce blog où vous aurez tout loisir d’y retrouver le désir et le plaisir  en attendant le SEX-O-CAFE où nous aurons le plaisir d’accueillir les chanceux participants.

Quand à vous les fidèles lecteurs  du blog il vous sera relaté, dans le compte rendu qui suivra, la totalité de la soirée du SEX-O-CAFE qui se déroulera au 3.14.

Que le passage de février à mars se fasse dans la douceur et le plaisir de vivre.

http://www.therapeute-en-ligne.com>un site pour vous aider à y voir plus clair.

coeur île

À la demande générale des participants du premier rendez-vous, le thème du prochain SEX-O-CAFE, qui aura lieu le jeudi 4 Mars, est le Désir/ le Plaisir. Déjà édités plusieurs articles sur le désir vous les retrouverez sur le blog.

« Désir: quelle influence peut-on avoir sur le désir de l’Autre » <http://www.libidosexualite.com/?p=1252>

« Désir l’origine de la vie »<http://www.libidosexualite.com/?p=20100209>

Spontanément Désir et Plaisir ont été accouplés dans la demande à juste raison puisque l’un ne fonctionne pas sans l’autre;  aussi c’est avec plaisir, que nous allons satisfaire le Désir en faisant un tour du côté du Plaisir.

Pour atteindre la jouissance sexuelle, il faut mourir au plaisir – Une saison chez Lacan -Pierre Rey

Avant que celui-ci ne meure revenons à lui! Plaisir, le mot à lui seul remplit la tête de sucreries! De pensées sucrées, ai-je envie de dire. Mais pas toujours. Le plaisir est un état affectif lié à la satisfaction d’un désir, d’un besoin, d’une inclination. C’est une sensation, un sentiment agréable. Ne dit-on pas : j’ai plaisir à te voir; à manger du chocolat; à écouter Gregory Isaac? Il peut être aussi lié à une morale : celle-ci s’appelle épicurisme, hédonisme. L’hédonisme, j’en parlerai une autre fois. Restons sages!

Le plaisir lié à une activité particulière est plaisir physique, sexuel. Celui-ci intéresse le sujet qui nous occupe. Analysons-le.

Le plaisir dans sa forme analytique est un principe selon lequel l‘activité psychique a pour but d’éviter le déplaisir et de procurer le plaisir. Le principe de plaisir est lié au principe de réalité. Ce dernier intègre les conséquences imposées par le monde extérieur. Le principe de plaisir, présenté comme principe de diminution des tensions – quoique certaines tensions peuvent être reconnues comme agréables – consiste à réduire l’excitation dans le but d’éviter le déplaisir.

Le plaisir, comme principe, consiste à l’apaisement d’un besoin (j’ai faim-tension-je mange-apaisement de la faim.) Il est lié à la satisfaction des pulsions d’auto-conservation; cependant le principe de plaisir conserve un sentiment de perte avec la réalité. D’après Freud, sous l’influence du plaisir, le nourrisson hallucine le sein plutôt que de se nourrir. Les deux principes (plaisir et réalité) sont donc intimement liés. Si le principe de plaisir a une tendance à entraîner trop loin dans la satisfaction, et cela par des chemins les plus rapides, les plus courts, voire hallucinatoires, l’autre, le principe de réalité, vient réguler cette démarche en soumettant le Moi détenteur de cette instance réaliste.

Tant qu’il y a vie, il y a “tension“. Celle-ci ne s’épuise donc jamais. Tant qu’il y a tension, il y a déplaisir; le plaisir va surgir par la suppression de la tension. Dans le  psychisme l’excitation est toujours interne jamais externe. La source peut être externe mais sa répercussion est interne au psychisme. Dans le psychisme, le plaisir total n’est jamais atteint puisque la décharge absolue n’est pas possible, d’une part. D’autre part la tension est en permanence réactivée par l’excitation endogène (qui provient de l’intérieur) véhiculée par les images, les représentations, les pensées.Toujours dans le psychisme les métaphores ne vont induire des décharges que partielles.

Moi, corps, plaisir:

Le Moi n’a pas la maîtrise du corps mais demeure son fidèle et obéissant serviteur. Le corps désire le plaisir mais non le pouvoir. Le plaisir du corps et de l’esprit est source de tout bien être. Sans plaisir du corps, sans plaisir psychique on va devenir aigri, frustré, odieux. Si le corps est frustré de toute source de plaisir, les pulsions de vie refoulées et non détournées au profit de la sublimation, déformeront la pensée qui perdra tout pouvoir créateur. Le plaisir est la force créatrice par excellence.

Le plaisir sourd à l’improviste; il se constate à l’intérieur de soi de manière inattendue et non reproductible. Le plaisir a une composante inconsciente, il ne peut donc venir sur commande dans le corps qui est le lieu secret du plaisir. Or, le plaisir, dans la sexualité pleinement vécue, très proche de l’être, parce qu’il le crée (par la procréation) fuit l’analyse. Vouloir accéder au plaisir par la seule volonté va ligoter le corps et l’éloigner du but recherché. Vivre la dichotomie corps / esprit ne fait qu’engendrer du pathos…

Nous reviendrons très vite sur le plaisir. En attendant passez un agréable week-end.



galets coeur 001Si l’on garde en mémoire que le désir par nature ne peut être satisfait il en est autrement du besoin qui lui se doit d’être satisfait. Nous ferons un parallèle avec le besoin de manger provoqué par la faim  et le désir de manger qui est une envie.

Si le sujet névrosé entretient son insatisfaction c’est qu’enfant il n’est pas parvenu à articuler son désir à la loi symbolique qui en autoriserait une certaine satisfaction, la réalisation. Quelle est cette loi symbolique et quelles impasses peuvent en découler pour le désir d’un sujet?  L’enfant ne peut avoir accès au phallus qui est la représentation de la libido (pour les deux sexes) nécessaire au désir et à la jouissance sexuelle. De ce fait le phallus devient l’interdit primordial, l’interdit de l’inceste. Au delà du désir la recherche du sein maternel.

Quelle influence peut-on avoir sur le désir d’un autre ? Aucune ! On ne peut forcer une personne à avoir du désir, celui-ci sourd à l’improviste, ne se commande pas. Notre désir n’a aucun pouvoir sur le désir de l’autre. Terrible constat ! C’est cette constatation et  sa répétition  qui nous blesse, nous faisant perdre notre toute puissance, celle  que nous avions dans l’enfance.  Bébé, au moindre pleur maman accourait,  donnait le sein,  comblait son désir avant même  qu’il soit formulé. Toute la relation à la mère est remise en question quand l’enfant se rend compte qu’il n’a plus de prise sur ses désirs à elle, qu’il n’est plus le centre du désir maternel même s’il peut l’influencer dans ses actes. (L’enfant qui n’est plus un nourrisson, crie, la mère ne vient pas; qu’à cela ne tienne, il crie encore plus fort, elle arrive en rouspétant, manifestant son mécontentement). Cette revendication du « vouloir être » tout pour la mère  situe l’enfant dans son désir et dans son manque. Selon qu’il sera éconduit ou pas, une frustration ou une satisfaction sera engendrée et fera d’un enfant devenu adulte (et parent) un sujet dans le pouvoir ou dans la soumission puisqu’il aura ou non renoncé à désirer de l’autre qu’il satisfasse son désir.

L’enfant repoussé va alors jouer sur les sentiments de la mère, ce qui va induire chez cette dernière la culpabilité (si tu me repousses, c’est que tu ne m’aimes pas); la peur, de n’être pas suffisamment à l’écoute de l’enfant, (je n’en fais pas assez pour mon enfant); l’angoisse d’en faire trop qui étouffe l’enfant et le parent. L’enfant va jouer sur l’image négative qu’il va renvoyer à la mère. C’est ainsi qu’un enfant devient tyrannique avec ses proches (enfant roi), dépendant du regard de l’autre jusqu’à obtenir satisfaction. Devenus adultes ces personnes auront tendance à manipuler, à séduire et à contraindre l’objet de leur désir.

Ce sont ces comportements qui vont se revivre dans la relation amoureuse avec en première ligne le désir sexuel.

Ne faut pas confondre DÉSIRER SEXUELLEMENT et AIMER ! Cette confusion est fréquente quoiqu’il existe une différence d’interprétation  entre  l’homme et la femme. Un homme soutiendra que son désir est une preuve d’amour, il pensera qu’une femme sans désir de lui ne l’aime pas. Le désir est spontané, une énergie intérieure qui sort de nous pour rencontrer l’autre. Le désir est variable, instable, il peut apparaître et disparaître sans en connaître la raison. Le désir sexuel chez une femme peut disparaître parce que son état de mère la comblera ; chez un homme (sans raison apparente) le désir s’atténuera, se diluera; rien ne pourra le rallumer. Cet état de choses met les couples en souffrance, dans l’incompréhension, dans l’interrogation  qu’aucune réponse ne viendra rassurer. Le, la partenaire qui désire toujours cherche désespérément à comprendre, puis à vouloir influencer l’autre. Comportements qui confinent au harcèlement à vouloir non seulement récupérer ce qui est perdu mais qui plus est à exiger de l’autre la restauration de son image renvoyée par les yeux du désir.

« Quand il m’aimait j’étais belle. Il me comblait. Depuis qu’il ne m’aime plus je me sens abandonnée, nue, sale, humiliée. Je ressemble à une coquille vide. Par son désir j’existais, sans son amour vivre n’a plus de sens ». Ces plaintes là, mille fois entendues en consultation ne font que réactiver les manques de l’enfance, remettent à vif les cicatrices jamais refermées. Régis disait « J’étais tout pour ma mère jusqu’au moment où elle a connu un autre homme que mon père. Après ça elle m’a abandonné. Pour elle je ne comptais plus »

Le retrait du désir d’un des partenaires  va réactualiser de manière disproportionnée, inadéquate  ses représentations erronées du manque de la chose perdue.

La neige a cessé de tomber sur Cannes. Dans le parc les lourdes parures blanches se désagrègent des arbres qui pleurent sur  l’incompréhension du temps…

Suite et fin au prochain article

Un point d’achoppement  rend Alexia mélancolique. Revenue pour continuer le travail, elle est calmement assise en face de moi et poursuit son récit à l’endroit même où elle l’avait commencé la séance précédente: « J’attends le matin pour lire un hypothétique contenu d’un mail dont va dépendre ma journée, la teinter en rose ou en gris, c’est épuisant » dit-elle avec un demi sourire qui en dit long sur les efforts accomplis pour ne pas céder aux larmes.  « Le contenu…? » Je me saisis du mot comme un poisson l’hameçon et l’interroge tout haut. J’insiste sur les points de suspension et détache les syllabes  » Le con-tenu…? » « Oui le contenu  d’un mail » reprend-elle sure de ses paroles. Revenant systématiquement à la charge quand je pense être devant une évidence qui éclairera la problématique, la rendra moins opaque. »Quand était-ce la dernière fois que votre con a été tenu par celui dont vous attendez les mails? Alexia me regarde éberluée, un oh, à peine audible s’échappe de ses lèvres, ses joues rougissent et baissant les yeux me rétorque « Jamais ».

N’étant pas née de la dernière pluie, je connais l’histoire de l’attente et peux lui raconter qu’en d’autres temps moins ou pas informatisés comme nous le sommes aujourd’hui, nous aussi avons été dépendants d’un coup de fil qui ne venait pas sans pour cela nous éloigner du téléphone. Au cas où il sonnerait. Nous aussi avons chanté en boucle la comptine « Le  facteur n’est pas passé dans ma boîte aux lettres/ il ne passera jamais, parce qu’il est trop bête/lundi, mardi, mercredi, jeudi…attendant l’objet qui placé derrière notre dos nous faisait devenir à notre tour le facteur idiot qui déposerait ou pas le courrier tant attendu. Obsessionnels facteur, boîte aux lettres, boîte à mails, internet. Obsessionnels attachements virtuels dont nous devenons accros autant que nous l’étions pour le facteur et la boîte aux lettres de notre passé. Obsession dans laquelle nous plonge l‘état amoureux. Ces addictions avec leurs points communs sont à la base des peurs et des déceptions. Nous devenons importants quand le flux des courriels rempli notre boîte à mails: « On pense à moi, on m’aime ».  Narcisse existe de nouveau; de nouveau Narcisse peut s’aimer puisqu’on l’aime; la preuve flagrante est sur l’écran. On devient prisonnier de la boîte qu’elle soit dans le jardin ou virtuelle. Nous devenons aveugles à tout ce qui n’est pas le charme de l’objet d’amour tant désiré.  Qu’importe l’addiction, elle nous rend esclave, ici en l’occurrence il s’agit d’une machine informatique. Puissance infatigable, la machine nous attire comme l’aimant. Plus besoin de sortir contacter l’autre, on attend qu’il vienne avec ou sans tact nous confirmer dans notre propre existence, on attend qu’il vienne valider nos besoins.  Attendant les congratulations par écrans interposés. Attendant les mots concupiscents, promesses d’un désir sans passage à l’acte.

Le virtuel, s’il ne se transforme pas en relationnel, en physique, n’autorise pas le rapprochement des corps. Le con de la dame n’est jamais gratifié. Les deux  restent confinés dans le compartiment (con partit ment) d’une fenêtre d’ordinateur abscons qui jamais ne s’éclaire. Notre psychisme, nous l’avons vu est dépendant des sécrétions hormonales - sérotonine, dopamine – euphorisants naturels activés dans la relation physique. On peut le constater chez  un enfant en carence affective, il dépérit. Ainsi, nous le comprendrons aisément, la dépendance s’installe très tôt. Elle symbolise la fusion se référant à sa propre histoire non résolue, en provoquant un sentiment d’insécurité qui cherche par tout moyen à être comblé et annulé. Annulé par la solution de remplacement : la substance – alcool, tabac, drogue …-  l’objet informatique ou achat compulsif, jeux, stress …  – ou une personne, l’Autre, autre que soi-même.

Alexia prenait de plus en plus conscience de ce qui la rendait dépendante. Elle sourit de ce sourire énigmatique qui réinstallait doucettement  l’estime de soi, mettait la déprime quelque peu à distance.

Sa carrosserie est celle d’une Ferrari : magnifique. Son moteur, hélas, celui d’un vieux camion poussif. Des ratés dans les reprises, trop de gaz toxiques s’engouffrent après le retour de flamme; des amortisseurs à plats, des pneus trop usés à rouler sur les routes cabossées de sa vie amoureuse. Trop de Paris Dakar sans cœur de rechange. Tout se déglingue à l’intérieur mais rien ne se voit à l’extérieur, elle tient le coup. Elle arrive à tout concilier, elle continue à rouler propre : Son amour en débine; ses enfants, merveilleux, une semaine sur deux; ses voyages d’affaires dans des pays de plus en plus éloignés; sa psy, régulièrement visitée, lui remonte les bretelles en sachant que son aide ne peut être expérience.

Le burn out, elle connait, elle en a déjà fait les frais. Ne veut y replonger. Sa vie, elle la mène comme elle l’entend.  À quoi servirait qu’on lui propose notre propre expérience dont elle ne pourrait user? Cette rebelle trouverait insupportable que les uns et les autres conduisent son véhicule, qu’ils décident à sa place de ses besoins et désirs. Depuis longtemps elle sait. Personne mieux qu’elle ne peut l’obliger de sa route à suivre, ni lui donner un autre itinéraire que celui dicté par sa passion : elle est libre. Libre comme l’air même quand il vient à manquer. Libre comme le désespoir qui la fait avancer. Libre comme la jeunesse à laquelle elle reste accrochée. Libre et passionnée.

Alors tant pis si le moteur se déglingue, si en chemin, elle perd quelques pièces.  Avec persévérance, elle remet inlassablement l’ouvrage sur le métier de la compréhension. Elle ne s’endort pas. Elle travaille, travaille dans tous les domaines pour réparer son moteur. Elle veut en comprendre la mécanique illogique qui la pousse dans l’impasse. Cette voie sans issue où le moteur s’emballe et se grippe.

Mais un jour, Eros freinera devant sa porte. Carrossé de 1000 chevaux vapeur, l‘Amour viendra faire le plein de son réservoir. Celui de la belle est  rempli d‘énergie amoureuse qu’elle dispense généreusement sans attendre  le prince charmant sur son cheval blanc, bêtement comme La belle au bois dormant.

Ce jour là, au volant d’une voiture aux accus rechargés, le plein des sens, super de préférence, ils roulerons vers une plaine du Far West qui s’étendra juste à côté…

Désir

Avez-vous passé un bon week end ? Oui ! Alors, si vous êtes ok, on continue en parlant du désir.

Mais comment parler du désir ? Comment écrire sur ce thème lorsque le quotidien en est dépourvu ? Lorsque la seule chose désirée est une cigarette et que sur le paquet sont inscrites en lettres noires sur fond blanc : FUMER TUE ! Que penser du désir ?

En fait c’est bien de cela dont il s’agit : s’il n’y a pas de désir, il y a mort latente, il y a déprime. Sans désir, l’être se ratatine comme un figue laissée sur la branche du figuier. Parce que le désir est la chose qui nous tient en vie. En vie. Tiens donc, envie. Toutefois il est à distinguer l’envie du désir et le désir du besoin. La première (envie) contient une connotation de frustration où se niche souvent la jalousie. Le second sonne de manière érotique et l’érotisme est bien ce qui caractérise l’être humain dont parlait si bien Georges Bataille. Le troisième – le besoin – se doit d’être satisfait.

Alors que le propre d’un besoin est que l’on cesse de l’éprouver dès qu’il est satisfait, le propre du désir est qu’il n’est jamais satisfait. Le besoin est enraciné dans la survie, alors que le désir tente de nous faire dépasser notre condition animale, disait Paul Diel.

La psychanalyse affirme que le désir est créé par le manque et qu’il se manifeste,  en premier lieu, au niveau de la parole. L’enfant se trouve à dépendre, dès sa venue au monde, d’un Autre (la mère ou son substitut) à qui il revient à répondre par le biais du langage. Je m’explique : les pleurs du nourrisson vont signifier une demande qui,  interprétée par la mère, vont impliquer cet enfant dans le champ de la parole et donc du langage.

Or, l’enfant ne peut reconnaître le désir que s’il en est frustré. L’absence, le manque de réponse maternelle vont isoler la cause de sa satisfaction par l’objet (le sein, ici en l’occurrence) et sera cause de désir. De ce fait l’enfant, par le manque, va se constituer comme sujet désirant. Enfant désirant. Cet enfant désirant entérine, vit cela comme étant, une perte de l’objet (le sein:est-il utile de le rappeler?) et y substitue un fantasme qui est la représentation imaginaire de ce qu’il croit avoir perdu. La recherche pour satisfaire son désir (sa mère ET son sein ou biberon) va provoquer une excitation réelle à laquelle succèdera un fantasme qui fera écran à ce manque. C’est ce fantasme qui ressurgira dans la vie sexuelle du sujet…Et on ne peut séparer le fantasme du désir…

D’ailleurs, il est souvent constaté en thérapie, une demande, rarement explicite, qui est la restauration d’un état antérieur dont le désir caché dévoilera un fantasme.

  • Le désir évoquera par exemple, la plénitude du giron maternel – la parfaite symbiose dont le conflit était absent:
    « Ah! Si je pouvais revenir dans le ventre de ma mère, à ce moment là on était d’accord toutes les deux »
  • le désir, pour les hommes, d’inflation pénienne :
    « Qu’est ce que je ne donnerai pas pour retrouver l’ardeur de mes vingt ans »;
  • la première jouissance qui a laissé un sentiment de plénitude :
    « Ce que j’ai ressenti la première fois était extraordinaire, je ne le retrouverai jamais !

Nourriture et sexualité :

La nourriture est obscurément liée à la sexualité et comme elle, est faite de désir, de plaisir, d’attente mais aussi de renoncement. Le suçotement est une des première satisfactions. La nourriture comme la sexualité est un art et correspond à un besoin vital. Toutefois si dans l’une comme dans l’autre il y a « gavage », le sujet se retrouve dans la situation d’un mangeur gavé et repu par trop de nourriture en restant cependant torturé par la faim insatiable. La faim du manque, « incomblable » par nature. L’une et l’autre de ces activités mettent le corps en jeu. Or, le corps « gavé » par le trop plein de  nourriture et le sexe comblé par trop de sexe (trop de sexe tue le sexe) ne conduisent ni à l’harmonie ni à l’épanouissement encore moins au bonheur…

Après ce week end que je suppose équilibré en câlins et la satisfaction pour votre estomac d’avoir dégusté  avec plaisir votre dîner de ce soir, moi,  j’obéis à mes yeux qui n’ont qu’un seul désir : celui d’être éloignés de l’écran qui les fatigue. Toute chose est bonne, consommée avec modération…