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coquelicotsEntre mes jambes repliées en lotus je posais le combiné du téléphone et essayais de me reposer quelques instants, tout en méditant sur ce que je venais de lire – Le Trou. Le trou sur lequel viennent se poser régulièrement les objets pulsionnels. Sur ce trou dans l’image, en référence au miroir évoqué par Lacan vient se poser petit « a » cause du désir. Ma pensée partit dans le jeu de mot que mon imagination transforma en  con biné. Mon con à moi n’avait pas été biné depuis des lustres où je m’accrochais pour ne pas sauter sur le premier apollon venu. Heureusement les apollons ne courent pas les rues ce qui me permet de rester à ma place. Mon con qui n’avait pas été biné depuis longtemps faisait de mon jardin intime une friche. A l’origine du mot grec hystéricon, le con veut dire sexe de femme ; le verbe biner quant à lui me rappela ma grand-mère maternelle qui régulièrement partait dans son potager avec un petit binoir pour aérer la terre autour des salades…

C’est à ce moment là de ma réflexion que le combiné se mit à vibrer entre mes cuisses transformant  en sex toy vibrant cet objet de communication. Et vous savez quoi ? A  l’autre bout du fil, un amoureux, heureux enfin de pouvoir me joindre, me proposa de venir me retrouver quelques jours afin d’aérer mon potager. coquelicots

Personnalité hystérique ou histrionique quelles différences ?La maison histrionique Peu de différences à vrai dire si ce n’est que l’une s’applique plus spécifiquement à une femme (hystérie), alors que l’histrion se dira plus volontiers d’un homme au comportement cabotin, théâtral. Ainsi pourrait-on dire d’une personne qu’elle est hystérique puisque femme et en tant que telle caractérisée par un  utérus. Non pas que ce dernier se déplaçait dans le corps, créant les symptômes  comme le croyaient Charcot et ses acolytes, mais plus particulièrement parce que dans l’hystérie l’histoire de la psyché d’une personne  est impliquée, exprimée symboliquement par des phénomènes, des troubles corporels. Le symptôme corporel est observable et cède à l’analyse en révélant le passé psychique d’une personne. Le terme d’hystérie  fut réservée à la femme puisqu’en grec il veut dire utérus.

Ce terme était associé à un trouble essentiellement féminin dans les sociétés où la femme était opprimée, leur féminité réprimée.

Histrionique du latin histrio, comédien, caractérise les hommes qui ont tendance à exagérer leurs émotions, à surjouer de manière explosive. La différence n’en est une que par la définition étymologique. Le comportement de l’hystérique ou de l’histrionique  serait relié à un trouble psychique qui s’originerait dans l’histoire psychosexuelle du sujet. Autrement dit l’hystérie serait une réponse corporelle à un traumatisme sexuel subi dans l’enfance.

Tiens donc, Baudelaire s’était en son temps intéressé à l’hystérie en écrivant ceci « … s’exprimant dans les femmes par la sensation d’une boule ascendante et asphyxiante, se traduit chez les hommes nerveux par toutes les impuissances et aussi l’aptitude à tous les excès » En tant que poète hystérique lui-même (chez les hommes…l’aptitude à tous les excès) Baudelaire ouvre la voie des outrances en littérature. L’hystérie est une névrose, le résultat d’un conflit intérieur d’ordre psychologique, une réponse émotionnelle excessive en quête d’attention. On pourra noter :

  • Un sujet mal à l’aise si n’est pas le centre d’intérêt; tente d’attirer l’attention par tous les moyens, en dramatisant sa situation, désirant attendrir
  • Comportement de séduction inadaptée ou attitude provocante; tentatives de suicide ou de passage à l’acte toujours sous le regard de témoins
  • Se sert de son physique pour attirer l’attention
  • Parle de manière subjective avec un vocabulaire pauvre
  • Forte dramatisation (théâtral, exagération du pathos) et exagération de l’expression émotionnelle
  • Facilement influencé par autrui ou par les circonstances
  • Persuadé qu’il vit des relations à haut niveau d’intimité alors qu’il n’en est rien.
  • Changements d’humeur fréquents; affects et émotions intenses quoique superficiels. Les émotions changeantes provoquent de fortes crises de nerfs
  • Un tel sujet sera angoissé si l’on ne porte pas sur lui l’intérêt qu’il veut susciter.
  • Est dépendant des autres ; les relations avec le sexe opposé seront faites de séduction sans approfondir les relations affectives qui resteront superficielles.
  • De tels sujets ne supportant pas les frustrations  compensent par une hyperactivité émotionnelle source de souffrance provoquant des décompensations dépressives.

Ce sera tout pour ce soir ! Je vous souhaite une bonne nuit pendant que la pluie tombe doucettement sur Cannes et sur le MIDEM, moi je vais m’engouffrer sous ma couette et dormir sur mes deux oreilles.

Un point d’achoppement  rend Alexia mélancolique. Revenue pour continuer le travail, elle est calmement assise en face de moi et poursuit son récit à l’endroit même où elle l’avait commencé la séance précédente: « J’attends le matin pour lire un hypothétique contenu d’un mail dont va dépendre ma journée, la teinter en rose ou en gris, c’est épuisant » dit-elle avec un demi sourire qui en dit long sur les efforts accomplis pour ne pas céder aux larmes.  « Le contenu…? » Je me saisis du mot comme un poisson l’hameçon et l’interroge tout haut. J’insiste sur les points de suspension et détache les syllabes  » Le con-tenu…? » « Oui le contenu  d’un mail » reprend-elle sure de ses paroles. Revenant systématiquement à la charge quand je pense être devant une évidence qui éclairera la problématique, la rendra moins opaque. »Quand était-ce la dernière fois que votre con a été tenu par celui dont vous attendez les mails? Alexia me regarde éberluée, un oh, à peine audible s’échappe de ses lèvres, ses joues rougissent et baissant les yeux me rétorque « Jamais ».

N’étant pas née de la dernière pluie, je connais l’histoire de l’attente et peux lui raconter qu’en d’autres temps moins ou pas informatisés comme nous le sommes aujourd’hui, nous aussi avons été dépendants d’un coup de fil qui ne venait pas sans pour cela nous éloigner du téléphone. Au cas où il sonnerait. Nous aussi avons chanté en boucle la comptine « Le  facteur n’est pas passé dans ma boîte aux lettres/ il ne passera jamais, parce qu’il est trop bête/lundi, mardi, mercredi, jeudi…attendant l’objet qui placé derrière notre dos nous faisait devenir à notre tour le facteur idiot qui déposerait ou pas le courrier tant attendu. Obsessionnels facteur, boîte aux lettres, boîte à mails, internet. Obsessionnels attachements virtuels dont nous devenons accros autant que nous l’étions pour le facteur et la boîte aux lettres de notre passé. Obsession dans laquelle nous plonge l‘état amoureux. Ces addictions avec leurs points communs sont à la base des peurs et des déceptions. Nous devenons importants quand le flux des courriels rempli notre boîte à mails: « On pense à moi, on m’aime ».  Narcisse existe de nouveau; de nouveau Narcisse peut s’aimer puisqu’on l’aime; la preuve flagrante est sur l’écran. On devient prisonnier de la boîte qu’elle soit dans le jardin ou virtuelle. Nous devenons aveugles à tout ce qui n’est pas le charme de l’objet d’amour tant désiré.  Qu’importe l’addiction, elle nous rend esclave, ici en l’occurrence il s’agit d’une machine informatique. Puissance infatigable, la machine nous attire comme l’aimant. Plus besoin de sortir contacter l’autre, on attend qu’il vienne avec ou sans tact nous confirmer dans notre propre existence, on attend qu’il vienne valider nos besoins.  Attendant les congratulations par écrans interposés. Attendant les mots concupiscents, promesses d’un désir sans passage à l’acte.

Le virtuel, s’il ne se transforme pas en relationnel, en physique, n’autorise pas le rapprochement des corps. Le con de la dame n’est jamais gratifié. Les deux  restent confinés dans le compartiment (con partit ment) d’une fenêtre d’ordinateur abscons qui jamais ne s’éclaire. Notre psychisme, nous l’avons vu est dépendant des sécrétions hormonales - sérotonine, dopamine – euphorisants naturels activés dans la relation physique. On peut le constater chez  un enfant en carence affective, il dépérit. Ainsi, nous le comprendrons aisément, la dépendance s’installe très tôt. Elle symbolise la fusion se référant à sa propre histoire non résolue, en provoquant un sentiment d’insécurité qui cherche par tout moyen à être comblé et annulé. Annulé par la solution de remplacement : la substance – alcool, tabac, drogue …-  l’objet informatique ou achat compulsif, jeux, stress …  – ou une personne, l’Autre, autre que soi-même.

Alexia prenait de plus en plus conscience de ce qui la rendait dépendante. Elle sourit de ce sourire énigmatique qui réinstallait doucettement  l’estime de soi, mettait la déprime quelque peu à distance.

D‘hystéricon, où s’originent les mots hystérie et utérus, dont on a gardé la dernière syllabe « con« , rappelle l’absence de pénis. Traiter un homme de « con » est une injure qui le dépouille de ses attributs virils. Le con étant le sexe de la femme, dire à un homme qu’il est « con » revient à le traiter de femme…Ainsi mesurerait-on la valeur d’une personne à cet appendice ou à son absence ? D’ailleurs la circoncision, castration symbolique,  consiste à ôter le prépuce, celui-ci étant considéré comme féminin et en figure le vagin dans lequel est fourré le gland masculin. Ainsi l’homme est dégagé dans son corps de tout élément féminin. La circoncision met en place la séparation d’avec la mère qui, en éliminant ce petit bout de chair,  contribue à renoncer symboliquement à la bisexualité divine – Dieu s’est fait homme et pas le contraire. La circoncision marque à la fois la nature humaine, donc mortelle,  et la masculinité; …mais aussi la récupération symbolique du fils par le père en devenant le premier acte de la différentiation sexuelle. (Elisabeth Badinter in XY- De l’identité masculine).

Nous savons que l’idéologie sociale est essentiellement phallique. Du masculin, on ne retient que la forme pénienne  qui par la taille du pénis, le petit de l’homme se mesurera à la verticalité paternelle, rêvant d’atteindre au plus vite et la grosseur et la longueur pour supplanter papa et atteindre maman. A l’âge adulte c’est souvent au travers de sa compagne que l’homme essayera d’atteindre la mère

D’ailleurs, cette citation « L’homme est une chose, qui, un jour, est sorti de la femme et passe toute sa vie à tenter d’y retourner«    confirme : La femme est la cause de l’enfant et c’est bien à ce titre que chaque être humain sur terre est sorti d’un con: « Il est temps de faire/ La définition/ De ce mot espiègle/ Qui échappe à la règle/ Plus noble qu’un aigle/Dans sa condition/ Ce mot vous le dites/ Censeurs hypocrites/ Établissez vite/ Son vrai sens profond/ Car si on l’ausculte/ Au lieu d’une insulte/ On peut faire un culte/ Du joli mot con. Pierre Perret chante ainsi le con, dans « Celui d’Alice » après  qu’Aragon en ait fait l’éloge dans « Le con d’Iréne ». Cela n’a pas pour autant fait disparaître la connotation vulgaire et injurieuse de ce petit mot dont la traversée à sens unique a peuplé la terre. Pourquoi tant d’éloges pour le  sexe d’homme et tant de mépris pour le sexe de la femme?

Peut-être y verrons-nous plus clair le 8 mars? Car le 8 mars 1917 est la date qu’il faut retenir. Faisant suite aux luttes des ouvrières de St Pétersbourg, cette date marque le point de départ de la tradition de la Journée de la Femme, qui ne sera instaurée dans le monde entier qu’en 1945.