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quand l'acte sexuel peut entrainer la mort

quand l’acte sexuel peut entrainer la mort

Il y a 40 ans Simone Veil prononçait le discours sur le droit à l’avortement : Au terme de trois jours d’échanges houleux, la dépénalisation de l’avortement sera votée dans la nuit du 29 novembre 1974, par 284 voix pour et 189 contre.

Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle et elle seule doit décider d’interrompre ou non sa grossesse ; personne ne devrait s’y opposer. Et pourtant !

Et pourtant 40 ans après nous devons rester attentifs car certains mouvements veulent reprendre le contrôle sur le corps et l’esprit des femmes. Nous  nous devons d’être vigilants pour ne pas régresser. Ne jamais croire, que les acquis obtenus grâce aux signataires du Manifeste des 343 femmes « les 343 salopes », qu’il est impossible de revenir en arrière.Rien n’est jamais définitif. 

Des noms célèbres ont permis cela : Agnès Varda, Catherine Deneuve, Benoite Groult, Simone de Beauvoir, Jeanne Moreau, Françoise Sagan et 337 autres en avouant  publiquement avoir avorté.

En France aujourd’hui beaucoup de centre où se pratique l’IVG ferment et les Planning Familial ont de moins en moins de moyens. Encore aujourd’hui des femmes partent aux Pays Bas pour se faire avorter. 

L’avortement solution de confort ? Non! Avorter est toujours un drame, une souffrance pour la femme qui doit le pratiquer.

Bien sûr que l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour les situations sans issue, comme le déclarait Simone Veil. Bien sûr que l’IVG ne doit pas se substituer à la contraception. Cette Loi a évité les aiguilles à tricoter, les sondes, l’eau de Javel. Et l’horreur pour beaucoup d’entre elle qui en mourraient ou restaient abimées, mutilées à vie.

La contraception masculine ? Hier un rejet massif de cette solution auprès des hommes qui était pour eux une atteinte à leur virilité. Aujourd’hui il y a une demande masculine pour ne pas avoir à endosser des paternités qu’ils refusent.

Nul n’a le droit de se désintéresser des conséquences de ses actes (Aaron) sera la conclusion. 

 

Il y a quelques jours mourrait Antoinette Fouque : le 20 février 2014 exactement. Figure  « phare » du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) qu’elle créa; psychanalyste, elle était totalement engagée politiquement. Ce sont ses mots qu’elle a donnés à une interview pour Télérama peu avant son décès ; ses mots recopiés ici pour  lui rendre hommage et à travers elle c’est à toutes les femmes (enfin presque)  que cette journée rendra hommage.

« Toute femme n’a pas le talent pour être écrivain, mais, Rimbaud l’a dit, toute femme a le génie de l’écrivain! J’appelle ça la génialité, ou la génitalité, c’est à dire la compétence ou la capacité à donner la vie. Procréer c’est créer. Toute femme est créatrice de sens, c’est à dire de vie, donc d’œuvre. Une œuvre d’être ou une œuvre d’art, ou les deux.

Car c’est la naissance de sa fille, sa  maternité, où elle prit conscience des difficultés qui s’imposent aux femmes dès lors qu’elles sont mères et mariées.

Contrairement à Freud pour qui la libido est d’essence masculine, Antoinette pose la question de la femmes et du corps dans la théorie psychanalytique. Au phallus, centre des thèses freudiennes, Antoinette propose l’existence d’une libido spécifiquement féminine, qui s’oppose à la génitalité masculine phallique-anale. Elle évoque une « libido utérine »  qu’elle nomme « libido2 » puis, changé plus tard par «  libido creandi « 

Toutefois, elle mettait en garde  » Attention à ne pas régresser ». Car si au phallus elle oppose le vagin, l’utérus, comment peut-on oublier que les organes féminins  sont plus que jamais lieu de viols, de cruauté, armes de guerre et de torture ? En détruisant les femmes c’est tout le tissu social qui  est détruit…

Elle n’était pas de ces féministes qui condamnaient la maternité bien au contraire : « Avec la maîtrise de la fécondité (contraception) beaucoup de femmes, même partiellement, même maladroitement, se sont appropriées la victoire (du combat de nos aînées). La grande conquête, c’est d’affirmer l’enfant comme objet de désir. »  Et non plus subir des grossesses non désirées ou/et imposées.

Plus ça va, plus vous faites l’éloge de la lenteur, lui dit Marine Landrot :

« Le monde actuel vit sur le temps frénétique de la digestion (je mange, j’expulse et je recommence) et sur le temps industriel de la gestion. C’est le temps phallique qui gouverne l’entreprise, le temps de l’érection, le temps du flash, le temps de la drogue. Pour ma part, je ne suis ni sur le temps de la digestion ni sur celui de la gestion. Je suis sur celui de la gestation. Un temps long qui se déploie sur 9 mois, un lieu d’économie vivante, charnelle.Un temps du vivant plutôt qu’un temps de la technique, du calcul, de l’accumulation. Le temps de la création permanente, de l’échange et du partage. « 

Oui, prenons le temps de poser les actes. Prenons le temps de nous préparer pour créer de belles relations « femme/homme-femme/femme-homme/homme ». Prenons le temps de l’amitié. La lutte doit continuer pour ne pas perdre ce qui a été si dur à obtenir.

Le 8 mars est la fête des Femmes. Tout le monde en parle de cette journée. Et après qu’en reste-t-il ?

Comme m’écrivait  un homme cher à mon cœur « En ce jour particulier pour les femmes, je continuerai à fêter les femmes tous les jours. C’est mesquin un seul jour pour les aimer. »