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Posts tagged ‘deuil normal’

coccinellebrancheenfleur

Le ciel ce matin moutonné de nuages coton laissent apparaître du bleu, enfin. Le vent n’agite pas les palmes ni les cycas et des orangers presque tous les fruits sont tombés à terre qu’un gamin en colère a écrasés.

Cette journée a commencé avec, venant de Corse, une belle jeune femme au cœur éclaté de chagrin. Pour elle, de moi, le baume au bout des mots, la voie-conseil à suivre, tendresse-empathie à distiller, pour reprendre dans l’autre sens, le chemin aux trous colmatés où, encore affleurent ses plaies.

Par extension métaphorique seront considérés deuils, la perte de l’être aimé suite à une rupture amoureuse, la perte d’un bien matériel, ou la perte professionnelle. Ces pertes peuvent impacter aussi profondément un être que la séparation suite à un décès. Et impliquer deux réactions possibles de deuil.

Le deuil n’est pas une maladie mais peut le devenir si la mélancolie s’engouffre dans la faille laissée par la perte.

Le deuil normal fait souffrir ; le prix à payer en est la douleur à la hauteur de l’attachement tissé à la personne partie. La plupart du temps la durée d’un deuil « normal » est inférieure à 6 mois. Chaque séparation réactualisant l’originelle symbiose entre la mère et son enfant, faire son deuil, passera par l’acceptation consciente de la séparation. Passage obligé des étapes de détresse, tristesse, colère, pleurs, culpabilité, honte, insomnie, manque d’appétit, fatigue…
Plus tard le souvenir amènera à vivre avec la nostalgie (étymologiquement retour de la souffrance), cet état d’âme qui tendrait à revenir vers un passé regretté auquel l’imagination – et le peu de mémoire – donnerait du sens à l’histoire (d’amour, d’amitié) pour en être consolé ; souvenir qui ajouterait sens à la tristesse d’avoir été heureux le temps de « l’être ensemble ».

Par contre le deuil pathologique, lui, fait perdre pied à l’endeuillé. Pathologique est considéré comme tel si sa durée dépasse une année.

Pour la personne qui se trouve dans l’incapacité de remonter la pente parce qu’elle ne peut abandonner l’idée d’une « jouissance » en tant que vécu sur laquelle elle ne cessera de vouloir revenir, tel l’enfant devenu adulte voudra revenir dans le giron maternel, le deuil se transformera alors en deuil pathologique. Lorsque passées les différentes étapes du deuil dit « normal », et si la tristesse, la mélancolie, le manque de désir persistent il y a deuil compliqué. La personne ne peut entamer une phase de résolution, de guérison et d’adaptation. S’il lui est impossible de rétablir ses intérêts précédents le deuil, s’il s’installe un manque de désir à s’engager dans de nouvelles relations ou de nouveaux projets, on peut alors pencher vers un deuil pathologique…

Puisque guérir c’est changer…
C’est accepter que le printemps succède à l’hiver.
De ça nous n’y pouvons rien changer.

Et si nous laissions la morte saison ensevelir les douleurs ? Si nous laissions au printemps le temps nécessaire pour retrouver les forces vitales enfouies au plus profond de l’hiver et permettre leur jaillissement le moment venu, au printemps annonciateur d’un renouveau après le passage mortel mais indispensable de l’hiver.

Prenez soin de vous.