L’homosexualité n’est pas une maladie (même Freud – encore lui – l’a dit). N’étant pas une maladie il n’y a rien à soigner; par contre à chercher les causes de cette orientation sexuelle détourne de la réalité à savoir celle de bien ou mal vivre sa sexualité. Comme tout mal-être entraine des perturbations de toutes sortes la conduite d’une thérapie sera de mettre en évidence la manière dont s’est construite, à l’adolescence, la sexualité en considérant la personne dans sa particularité – quelle que soit sa particularité - dans son contexte parental, social et culturel. La plupart du temps l’homosexuel doit passer par la phase d’acceptation de son orientation sexuelle; c’est ce passage qui ne se fait pas sans heurt, sans souffrance que le thérapeute doit regarder avec attention. Comme l’hétérosexualité l’homosexualité n’a pas qu’une seule cause, ni une seule forme et ne contient pas dans une seule théorie. (Œdipe mal vécu, identification au père absent, mère omniprésente ou rien de tout cela…)
Précédemment nous avons vu que la sexualité se définit dans l’inconscient collectif comme étant hétérosexuelle. La période de l’adolescence est une période pendant laquelle se construit la sexualité, or, rien n’est fait pour que l’adolescent vive une expérience qui s’éloigne de ce but : la procréation étant presque une obligation…Partant de cela l’adolescent qui ressent une attirance vis à vis d’un même que lui s’en trouvera désorienté. La construction de l’identité gay dure en moyenne une quinzaine d’années pendant lesquelles se mêlent la confusion, les incertitudes, les interrogations, les conflits intérieurs autant de temps où la personne vit la solitude la plus complète, échangent des relations problématiques.
La découverte de l’homosexualité se fait différemment selon que l’on est fille ou garçon. Les garçons passent par des expériences qui ont pour objet le sexuel; les filles vivront des expériences subjectives, les sentiments amoureux; il n’y a un passage à l’acte qu’après avoir reconnu les sentiments, le désir. Ce passage de reconnaissance pendant lequel l’adolescent intègre les dimensions internes et externes débouchera sur ses préférences sexuelles.
Dès lors c’est un long processus qui se met en marche. Accepterais-je mon homosexualité ? Si, oui, en assumerais-je l’attirance et accepterais-je de vivre mon désir ?La deuxième phase sera de se faire accepter comme tel à la famille, à la société. Ce processus est souvent difficile, même si l’homosexualité est beaucoup mieux accepté de nos jours. En façade.(Voir le procès qui s’est déroulé ces jours-ci. Un homosexuel a été roué de coups,agressé sexuellement; laissé pour mort après un coma dont il ne devait pas sortir indemne…)Processus donc qui va chambouler les rêves des parents (les petits enfants, la pérennité de l’espèce, la transmission du nom); qui bousculera la vie intime loin des contes de l’enfance (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants); processus enfin qui obligera à vivre socialement son homosexualité au risque d’être montré du doigt – ceci étant un moindre mal – quand l’homosexuel n’est pas tabassé, ou bien à la cacher (ne pouvant l’assumer)jusqu’à rendre sa vie et celle des autres infernales…Pour toutes les raisons qui incluent forcément un choix, il y aura un deuil à faire. Et un deuil, quel qu’en soit le motif, passe par un processus long et difficile au terme duquel il y a acceptation ou refoulement qui crée la pathologie.
Différentes phases du deuil:
- Déni : non, ça ne peut être vrai, je ne suis pas homosexuel; ça va me passer.
- Colère : pourquoi ça m’arrive à moi ?
- Négociation : je l’éviterais à tout prix
- Dépression : comment serais-je heureux ?
- Toutes ces étapes prennent du temps avant que survienne le refus ou
- l’acceptation. Car enfin accepter de ce que l’on ressent dans nos pensées, ce que demande le corps est déjà avoir la solution pour vivre heureux.
Car l’homosexualité n’est ni une tare ni une dégénérescence. C’est la manière de la vivre, de la cacher ou de l’afficher qui fera toute la différence…
Pour conclure nous allons donner la parole à Shakespeare » Ce qui ne peut être évité il faut l’embrasser ».
Je vous embrasse ami-e-s lecteurs



