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Posts tagged ‘fantasme’

Fantasme, désir, orgasme, sexuel …profusion de mots qui sortis de leur contexte deviennent pornographiques.

La pornographie est la tendance perverse qui sous-tend toute l’économie. Actuellement l’hyper-consommation gère l’économie et si l’on en croit le philosophe Dany-Robert Dufour la pornographie est devenue une activité ordinaire qui s’affiche, s’exhibe publiquement dans les comportements. Le sexuel s’expose dans la démesure où l’obligation de jouir semble être la seule voie possible. Une sexualité vite consommée (speed dating); un contact instantané via Internet Aka Aki (procédé comparé aux phéromones chimiques, celui-ci étant électronique). Voici parmi tant d’autres activateurs sexuels pour ne citer que les plus softs.

La pornographie dans notre monde est devenue une industrie majeure. Les chiffres sont éloquents : la pornographie génère à elle toute seule, un chiffre d’affaire de 1000 milliards de dollars par an. Plus que les industries de l’armement et de la pharmacie. Hallucinant, ahurissant, non?

L’obscène est partout. Tout, tout autour de nous, incite à la jouissance. Au cinéma, à la télévision, sur Internet, dans tous ces divertissements des masses intervient l’obscène. Dans la vente des programmes télé du MIPTV à Cannes viennent en tête du palmarès : le sexe, le jeu et la spiritualité, les trois pouvant se combiner allègrement afin de multiplier les retombées pécuniaires.

Les Anciens distinguaient trois formes de libido qu’ils nommaient concupiscence :

* Libido de la passion des sens et de la chair (concupiscence de la chair)

* Libido impliquant la passion de posséder et de dominer toujours plus (concupiscence de la vie)

* Libido qui demande à voir et à savoir (concupiscence des yeux).

* On peut donc jouir sexuellement mais aussi jouir en possédant, en dominant ou en se procurant de la jouissance par le savoir. Ces formes libidinales procèdent toutes du même processus qui consiste à exciter l’une des trois libidos en tenant éloigné tout ce qui pourrait empêcher cette excitation d’aboutir à la jouissance.

* Oh! Ce n’est pas tant la jouissance l’élément nouveau du fonctionnement humain, de tout temps elle fut présente, mais la manière d’exhiber sa jouissance. L’exhibition, là est l’obscénité. Pour les Anciens philosophes il était obscène (malsain de porter au devant de la scène) de montrer ce qui devait être caché aux autres pour la simple et bonne raison que ce qui était vu pouvait être instrumentalisé par le jouisseur. Par cet acte de ne pas montrer aux autres découle le respect de l’autre qui interdit l’exhibition de la jouissance. Respecter l’autre, consistait à refuser sa libido (quelle que soit sa forme) dès lors qu’elle devenait envahissante, dès l’instant où la personne était en compagnie ou se devait d’éviter l’expression de sa jouissance devant n’importe qui au risque de se retrouver à devoir pactiser…

Malgré le temps qui pleure sur la Côte d’Azur préparez-vous à aller chercher les œufs demain dans le jardin. Joyeuses Pâques.

Par inadvertance, j’ai confirmé par un oui une demande d’ami sur facebook. Dans les secondes qui suivirent la fenêtre du chat s’ouvrit sur une tête casquée aux couleurs  vert-treillis-militaire. Sans tambour ni trompette, sans vaseline, à sec, la tête casquée demandait tout à trac si mon cul était prêt à recevoir son artillerie lourde, son bazooka.

« Aimes-tu être sodomisée ? fut l’entrée en matière en guise de présentation du jeune homme casqué.

Malgré l’intempestif dérangement que provoquait cette irruption totalement déplacée ma curiosité l’emportait et j’acceptais de tchatter avec ce jeune homme qui de toute manière et sans façon tapait l’incruste  comme un char d’assaut une ville assiégée. Cet artilleur, qui n’était pas de Mayence, venait gonfler le bataillon des amis de fb dont le regard avait été sans nul doute attiré par les titres du blog et de mes différents groupes promus sur ce réseau social : www.libidosexualite.comVivre une sexualité épanouie – Sex-o-café, l’officiel. « Tu parles beaucoup de sexe, ajoute -t-il » Qu’est-ce que tu aimes dans le sexe? envoya-t-il tout de go comme une salve de mitrailleuse.

T’as raison Rambo, je parle beaucoup de sexualité mais pas dans le sens où tu interprètes, comme des  sites   pornographiques, les intitulés de mon blog. T’as raison mais je ne dirai pas, à toi et à la sauvette, ce qui me plaît dans l‘intimité de l’amour. Je ne suis pas ton amie et ne le deviendrais jamais. Moi pas aimer les militaires, ni les « rentre  dedans » des auto-tamponneuses par derrière et par surprise.

Comme je ne répondais pas à ce vulgaire, à ce peu respectueux treillis, il  revenait à l’attaque pour me dire qu’il aimait sodomiser les femmes. Ma tête bouillonnait de colère : cet homme sans gêne, totalement inélégant déboule  pareil à une balle perdue dans l’article, pour étayer l’homophobie intériorisée. Encore un qui n’ose pas vivre son homosexualité mais la refoule en se servant du cul des femmes comme  alibi  qui  justifie ses attributs masculins et son hétérosexualité, pensais-je alors. Biaiser pour  expérimenter l’homosexualité sans se mouiller.Et baiser sans expérimenter ses fantasmes.

A l’autre bout, le casque d’artilleur s’impatientait, me menaçait de me rayer de ses amis. D’un clic sur la croix  je fis sauter la tête du casqué, je la supprimais, faisant disparaître la fenêtre de mon écran. C’est alors que la désolation s’empara de moi. Me fit toucher du doigt encore et encore l’ignorance à combattre dans le domaine sexuel.  En colère d’être encore atteinte par cette violence, par cette irruption dégradante. A reconsidérer la valeur des  réseaux sociaux et le sens de ce que fb appelle les amis.

Parce qu’enfin qu’est-ce qu’un ami ? Sinon la longue marche qui amène délicatement ou plus brusquement un élan du cœur, une connaissance de soi à travers l’autre, une reconnaissance de l’autre à travers soi? Une délicatesse, une attente qui rend la patience délicieuse et prometteuse d’échanges incompatibles avec l’exigence de rapidité que demandent les réseaux sociaux. Oui, certainement l’amitié peut se tisser grâce à ces réseaux, quoique le fantasme est aux premières loges, il enjolive les histoires qui peuvent se cogner à une réalité exhumée du virtuel…

Ce soir là, tard, le 22 janvier à 23h36 exactement un MSN aboutit dans ma boîte. Je le lis éberluée et vous le livre tel quel : Re coucou, dsl de te déranger, j’ai été un peu cavalier, je cherche juste à discuter de sexe pour trouver de nouvelles façons de faire jouir les femmes…Ça te dis de discuter un peu ?

Un peu cavalier ? Si peu !Mais  tellement goujat !

Tiens une amie m’appelle au téléphone. Une femme que le temps a tissé de tendresse, de chaleur humaine et de joie à retrouver. Entre nous pas de Facebook, du direct live uniquement.


À l’origine de la vie, du monde, de la société, de l’art, de la créativité, est le DÉSIR. C’est donc à partir du désir que l’on se construit ; la parole est le lien qui s’articule autour du manque et du fantasme comme représentation. D’ailleurs si le désir se fait la malle la dépression prendra sa place, de la créativité à la joie de vivre tout s’évanouira. L’Autre m’attire, tout de moi tend vers lui, vers elle. Pourquoi ? Le désir reste un mystère bien qu’assouvit il restera à élucider. Se  dévoilera-t-il au travers de la psychothérapie, de l’analyse ? Certainement. Les philosophes avant Freud ont bien démontré que le désir provient d’un manque : on ne désire que ce dont on manque, on ne veut posséder que ce que l’on n’a pas. La théorie de Freud (qui d’emblée rattache le désir à la sexualité) suppose que nous sommes tous en manque du sein maternel, nous passons notre vie à le chercher ; celle de Lacan est que nous voulons être et avoir le phallus ; nous passons tous notre vie à désirer l’inaccessible étoile. Jacques Brel le chantait désespérément  dans « La quête ».

Le désir caractérisé par le manque, fait du désirant un sujet immature vivant dans la nostalgie d’un passé révolu ou se rêvant dans le futur, meilleur qu’aujourd’hui… La sagesse ne serait-elle pas de vivre au présent, de s’accommoder de petits riens qui finiront par combler l’essentiel du manque ? Par la transformation intérieure un désir impétueux  de posséder se métamorphosera en désir plus subtil, nettoyé du pathos névrotique.

Qu’en est-il du désir sexuel quand celui-ci s’étiole, quand il a des ratés, qu’il se manifeste sous forme de pannes pour finalement s’éteindre ? Le quotidien abîme le désir. La cohorte de soucis, la peur des MST, une naissance non désirée… La recherche de solutions ailleurs que dans le couple, par le virtuel (Internet et  la pornographie) ne font qu’accentuer sa perte. Soyez le jardinier  de votre désir, cultivez-le ! Qu’il devienne Essentiel à la manière proposée par Paul Diel qui disait que nos désirs et nos nombreux besoins cachent un « désir essentiel » propre à chacun. Connaître ses désirs c’est se connaître.

Réaliser ses désirs, les rendre possibles, vivants n’est pas du domaine du rêve mais une attitude devant la vie. Une présence au monde actuel mêlée à  une dynamique où les souhaits se transformeront en faits.

« Les femmes comprennent mieux que les hommes que l’on peut érotiser toute sa vie, sans être forcément obligé de satisfaire le désir en l’épuisant » dit le merveilleux conteur  Henri Gougaud. Éros et le désir qui le sous-tend est souvent malmené, travesti, chosifié sous des apparences légères. Ne faudrait-il apprendre à sublimer nos pulsions pour apprécier toute la valeur du désir ? Apprendre à se responsabiliser par  ses choix et devenir conscient de désirs plus grands chargés de vie.

« Même chez le Bouddha il y a du désir ! Tout le monde a des désirs…L’important est de ne pas en devenir esclave » Dagpo Rimpoché.

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Le passé, à force de recherches, fait retour, chez elle, par la petite porte, laisse passer un rais de lumière en inondant les sens des  émois oubliés. Par l’interstice une image s’est glissée.  Bluejeans, l’ouïe fine, le souvenir a pénétré sa mémoire recréant le fantasme d’un visage angélique d’adolescent. Fantasmes nourrit d’images juvéniles à peine pubères, romantisme d’une époque lointaine et révolue. La mémoire restitue  le désir des  gestes à peine ébauchés mais jamais terminés  pour toucher l’Autre, inaccessible. Habillée par un long travail de travestissement, la mémoire, toujours elle, lui tricote patiemment une écharpe en guise de doudou, objet transitionnel, pour entourer son cou les jours où le grisou explose dans sa tête.

Ô, la Vie! Malgré ses envies d’y mettre un terme, le désir de la continuer, d’aller plus loin l’emporte toujours et nous oblige à la vivre comme inscrit pour nous, là haut, dans les étoiles.  Et sourire. Sourire à ce qui n’a pas pu se vivre au temps de la jeunesse et rire. Rire, emporté par la vague déferlante, enveloppé d’écume  pour rejoindre le large horizon qui redessine l’espoir.

Elle me racontait son histoire de retrouvailles alors que sa vie, qu’elle ne maîtrisait plus, filait à vive allure. Allure vertigineuse aussi  dans ses paroles, elle me débitait les mots lus venant de lui sur l’écran et disait-elle « ils me caressent les yeux. » Elle n’a jamais autant aimé lire les lettres noires sur ce mur froid et blanc « qui d’habitude explosent mes yeux », insistait-elle pour être sûre que je la crois. « Et tant pis si ça se révèle être un écran de fumée » dit-elle soudainement pessimiste…

Flash back d’un temps révolu et retrouvé elle pense à lui et son cœur s’emballe, et interrogative à mon encontre : « Qu’en est-il du sien? Pouvez-vous me répondre?« 

Que pouvais-je répondre à son désir de vouloir faire vivre une histoire qui n’a jamais commencé mais que sa mémoire a très bien entretenu en la faisant évoluer? Juste lui suggérer qu’il s’agissait d’un fantasme qui est à la fois effet du désir archaïque inconscient et matrice des désirs (conscients ou inconscients) actuels et comme tel il pouvait en surgir, comme dans un rêve diurne, une possible réalité? Chacun de leur côté excitait leur fantasme créant un idéal de l’Autre. Savoir que quelque part un autre existe pour l’avoir rencontré sans jamais avoir pu l’approcher, jamais connu au sens biblique du terme, avais-je le droit d’intervenir dans son rêve?

Souvenir, souvenir, chantait Johnny et les Stones « Satisfaction« à l’époque dont me parlait cette femme. Le sien ne s’est jamais effiloché mais s’est transformé en fantasme puéril qui se « réalisera » ou non en prenant corps dans l’échange autre que virtuel. Sa patience est si grande et son désir si tenace qu’on ne peut que lui souhaiter bonne chance.

Allez ! Continuez un bel été.

Au nom de la prétendue liberté du consommateur, se sont multipliés les salons de l’érotisme et les éditeurs de  vidéos pornographiques,  alors que la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays. En France Sarkozy fait voter une loi  en mars 2003 dite de « sécurité intérieure » dans laquelle le racolage passif des prostitués est pénalisé. Comme toutes les lois pénalisant la prostitution, cette dernière renforce les réseaux mafieux et favorise les proxénètes.

Le plus vieux métier du monde reste « un obscur objet de haine et de désir » et stigmatise symboliquement l’exploitation de la femme par l’homme et cela dans toutes les sociétés. Suite à cette loi, certaines et certains de ces travailleu-r-ses du sexe revendiquent haut et fort de pouvoir louer librement leur corps et leurs pratiques sexuelles; de plus ils réclament que ce métier soit considéré aussi respectable qu’un autre avec ses droits et ses devoirs. La pratique de la prostitution interroge la sexualité mais aussi les rapports femmes / femmes, le pouvoir, l’argent,  la définition d’un travail.

Dans ce dernier film qui constitue un cycle sur la prostitution, Jean Michel Carré démontre comment l’économie de marché utilise la  pseudo-libération sexuelle pour justifier la marchandisation de l’intime.  Les prostitués (femmes et hommes) témoignent de leur vie dans le cadre de leurs pratiques professionnelles sexuelles; il donne à voir et à entendre les réflexions qui émergent mettant en évidence le rapport du pouvoir et de la soumission, questionne les fantasmes qui agitent les hommes et les femmes.

http://www.films-graindesable.com/les-travailleuses-du-sexe/generique.php

Tout est dit.

« Lorsqu’on est prostitué on ne dépend d’aucune logique de productivité » dit Isabelle… la toulousaine du film.

Le fantasme :

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LE FANTASME

Série de productions imaginaires  plus ou moins conscientes.

Le Fantasme est le royaume intermédiaire qui s’est inséré entre la vie selon le principe de plaisir et la vie selon le principe de réalité, papa Freud dixit.

Le fantasme est un petit roman de poche, pour reprendre l’expression de Nasio. Un roman de  poche que l’on transporte toujours avec soi. Sans que personne ne s’aperçoive de rien et  où que l’on se  trouve, on peut ouvrir son roman et faire vivre son fantasme qui s’invite le plus souvent dans des  situations intimes.

Le fantasme est une fable intérieure qui peut devenir omniprésente dans notre esprit qui, sans crier gare peut interférer entre nous et notre réalité immédiate.

Le fantasme est une mise en scène psychique d’un désir impérieux à satisfaire qui ne peut pas être assouvi dans la réalité. Par contre il peut servir d’aiguillon, raviver et augmenter l’ardeur du désir.

Le fantasme est un scénario imaginaire, conscient (dans la rêverie) préconscient ou inconscient mettant en scène un ou des personnages imaginaires et des désirs plus ou moins déguisés.

Le fantasme n’est pas seulement l‘effet du désir archaïque mais aussi la matrice des désirs actuels. Dans le sens où les fantasmes originaires inconscients d’un sujet cherchent à se réaliser au moins partiellement dans sa vie concrète. Or, un fantasme sexuel reste un fantasme. Vouloir réaliser un fantasme que sous une seule  forme sexuelle (ne pouvoir obtenir de satisfaction sexuelle que d’une certaine manière – jouir -)  à défaut de toute autre comportement devient une perversion.

Pour exemple cet homme qui ne pouvait être excité et arriver à la jouissance qu’en étant sadique;  sa compagne  avait trouvé son maître qui  lui offrait  son masochiste. L’engrenage se fait automatiquement, il commence par une gifle, un étranglement, une violente sodomie, brûlures de cigarette, urine sur le corps de l’autre aux yeux bandés, entaille au couteau, lame de rasoir…jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un film mexicain (Année bissextile) vu à la « Quinzaine des réalisateurs » mardi soir, traitait ce sujet terrible qu’est l’escalade obligée quand le fantasme veut être réalisé.

La plupart du temps le fantasme n’est qu’une construction psychique sans rapport avec la réalité de l’histoire du sujet. L’individu poussé par une force inconsciente remodèle son expérience et le souvenir d’un désir premier (archaïque). Il reproduit sous forme hallucinatoire les premières expériences vécues quant à la satisfaction de ses besoins organiques archaïques : soins, nourriture, protection. Rappelez-vous le sein halluciné déjà évoqué dans l’article http://www.libidosexualite.com/2010/03/sein-et-fantasme/

En tant que fantasmes archaïques inconscients ils transforment les perceptions et les souvenirs qui sont à l’origine des rêves, des lapsus, des actes manqués. Ils induisent des activités masturbatoires; ils cherchent à s’actualiser de façon déguisée par les choix sexuels, relationnels et affectifs du sujet.

Nous verrons prochainement en quoi les fantasmes, toujours sous-tendus par des désirs, peuvent être à l’origine des troubles qui nous agissent.

Au sex-o-café, ce soir,


sexe compulsif…

fantasmes…

pensées obsessionnelles…

pulsions non gérées….

masturbation…

préjudice physique, psychologique…

répétition…

pathologie dramatique

dépression…

détresse personnelle…

pulsion récurrente, intense…

Au sex-o-café, ce soir, nous débattrons de tout cela.

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Qu’est-ce que la fidélité, sinon et d’abord un engagement envers soi-même? Combien d’entre nous peuvent se targuer de n’avoir jamais été infidèle à ses idées, à ses amours, à son parti, à ses souvenirs, à soi-même ?

Étymologiquement infidèle signifie qui n’a pas la foi. Par extension ce qualificatif est appliqué aux non-croyant d’une religion par ses fidèles. La fidélité serait donc une illusion au sens freudien dans la mesure où celle-ci comporte la croyance en un « toujours », en l’exclusivité d’être unique et seul désir pour un(e) autre, d’avoir et de servir des idées fussent-elles erronées à un moment donné. D’être privé de la liberté d’en changer. Cette croyance de la fidélité comme vertu émane du judéo-christianisme et ne sert qu’à rassurer l’époux sur sa paternité.  Or, toutes les idées qui expriment une exigence absolue sont non seulement absurdes mais qui plus  est, sont nocives.  Cette croyance de fidélité est incompatible avec la nature humaine, elle dépossède la personne de sa liberté, l’inféode à des comportements qui, parce qu’ils sont soumis à une croyance, sont immuables.

Cependant à l’origine de la fidélité se trouve un engagement. On peut se dire fidèle dans le cas où l’on respecte son engagement, sa promesse. Il y a infidélité s’il y a rupture de l’engagement pris, s’il y a trahison dans la confiance accordée.  Le mariage est lié à une promesse de fidélité, de respect du conjoint. Fidélité sexuelle, s’entend. Du moins c’est ce qui est demandé lors du passage devant Monsieur le maire, Monsieur le curé. Parce que l’infidélité intra-conjugale existe et les révélations sur le divan du psy sont étonnantes.

Qu’est-ce qu’une infidélité intra-conjugale demanderez-vous ? Des liaisons non extra-conjugales mais intra-conjugales. Il s’agit de liaisons avec les fantasmes (toujours eux) qui interviennent quand le couple fait l’amour; des images d’une tierce personne qui fera monter l’excitation du partenaire pour un autre ou une autre que celle ou que celui qui partage le lit. En fait peu d’hommes et de femmes sont fidèles dans leur tête.  C’est une constatation que cette infidélité mentale; elle permet de satisfaire un désir (d’infidélité) inavoué. Voir ailleurs si l’herbe est plus verte, en quelque sorte. L’exclusivité, la fidélité appartiennent à la passion, le mariage l’en éloigne. Au moins en pensée.

La fidélité ne devrait pas renoncer à la liberté de penser et d’exprimer ses pensées. Être fidèle à soi-même signifie être maître de sa vie dans la totale cohérence avec ses pensées et accepter, le cas échéant, de pouvoir en changer. Comme les choix si ne sont pas les bons. Reconnaître que  ce qui était acceptable et conforme à un moment donné et accepter que ça ne puisse plus l’être. Accepter de changer de points de vue, de regard, d’opinions sur soi-même et les autres,  implique une lucidité qui permettra de se désolidariser d’un contenu qui ne nous ressemble plus en restant fidèle à soi-même.

« J’ai fini par m’apercevoir que je n’étais pas le seul à partager la fidélité de mon épouse » faisait dire Eugène Labiche à un comédien.

Personnellement j’ai été fidèle à chaque homme que j’ai aimé. Par contre j’ai été quelques fois infidèle à moi-même justement à cause de cette fidélité aux hommes que j’ai aimés. C’était avant !

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La sexualité compulsive se retrouve sous différentes formes et se manifeste souvent dans le cadre d’un fantasme particulier. La liste énoncée n’est pas exhaustive, il s’en trouvera bien qui sauront en débusquer quelques autres formes.

- Avoir le plus de rapports possibles avec un maximum de personnes, le plus souvent possible;

- Séduire pour abandonner sitôt fait;

- Passer son temps sur Internet à naviguer et à chatter dans le but de satisfaire sa sexualité liée à un fantasme de domination, de soumission;

- Se connecter sur des sites pornographiques

- S’exciter dans des rapports (anal) non protégés avec grand nombre d’individus.

Certains rétorqueront qu’Internet n’a rien inventé. Ils auront raison. Tout existait avant son avènement largement répandu : les photos, les films, les petites annonces, les dialogues par minitel rose… tout cela existait déjà. Par contre ce qu’a permis Internet est qu’au bout d’un clic et de quelques secondes il donne accès à tout un matériel sexuel gratuit et qui plus est sans bouger de chez soi. Sexe est le mot le plus demandé sur les moteurs de recherche et 15% des internautes (en 2000) ont visité des sites et des forums de discussion à caractère sexuel. Ce n’est pas cela qui fera des internautes des sexuels compulsifs même si parmi eux plus de 9% d’entre eux le deviennent. La cybersexualité va entraîner une cyberdépendance sexuelle. Les faits sont là, malheureusement.

La plupart des accros au cybersexe pensent leur comportement sans conséquence. Qu’il n’y a pas de relation extra-conjugale puisqu’ils restent dans le virtuel. Ils trouvent qu’il est plus acceptable de réaliser ainsi leurs fantasmes plutôt que de les réaliser dans leur vraie vie, une telle activité est moins compromettante, plus morale que de regarder des photos sur des magasines pornos. Cela est faux : le cyber sexe n’est pas sans conséquence.La cyber sexualité compulsive entraînera à plus ou moins longue échéance une incapacité à établir une relation saine et gratifiante avec le partenaire, puisqu’on le sait, le compulsif néglige totalement son entourage au profit de son comportement sexuel. Son désir diminue car tout chez lui est monopolisé par les images, vidéos, photos et les correspondants de ces sites. Dans les couples si l’un d’eux est cyber-dépendant il perdra tout intérêt pour la sexualité vécue avec son partenaire. C’est une des raisons première qui fait éclater les couples de nos jours. Le cyber sexe est vécu par le partenaire délaissé comme la pire des infidélités , mise en cause par l’interaction sexuelle qu’engendre la cyber dépendance. L’autre partenaire se sentira trahi, rejeté, humilié d’où la colère la jalousie qui s’ensuivront…

Ce qu’il faut retenir : pour  l’individu qui la vit, et à cause de l’investissement qu’il y met et l’escalade qu’elle va forcément engendrer (on est dans le « toujours plus » de jouir)  la sexualité compulsive est comme une toile d’araignée dans laquelle l’individu est pris sans  pour autant  trouver le soulagement souhaité, une satisfaction libératrice. Si un quelconque événement (démasqué par un tiers, un conjoint, se faire arrêter par la police), oblige l’individu à mettre en veilleuse momentanément son activité compulsive, il la reprendra de plus belle, sans une aide extérieure. Sans un travail thérapeutique en profondeur, la compulsion contrôlera les actes quand bien même voudrait-il faire autrement. Par l’aide thérapeutique la personne peut retrouver un apaisement, après avoir identifié ses besoins et appris à repérer son anxiété inconsciente liée au fantasme compulsif, en apprenant à le gérer de manière adéquate.

Il y a encore tant de choses à dire dont je vous parlerai la semaine prochaine.

Passez un bon week-end.

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La demande de plus en plus importante en consultation, les sites pornographiques de plus en plus nombreux étalant des sexes béants sur des cuisses ouvertes, des seins hypertrophiés autant que des verges turgescentes, des culs, des langues, et des et des… Autant d’images que l’on peut voir de chez soi sans se cacher en achetant des magasines pornos. Ne plus s’obliger de regarder en cachette accompagné d’une branlette vite faite dans les chiottes de son appartement pendant que bobonne remplit le lave vaisselle. Et puis se relever la nuit parce que « je n’arrive plus à faire l’amour à ma femme, il n’y a plus que le sexe par écran interposé qui m’excite. » Cette plainte là se répand  de plus en plus souvent dans mon cabinet avec une supplique pour que s’arrêtent les dégâts occasionnés par cette dépendance sexuelle compulsive.

La sexualité compulsive, fait des dégâts. À tous les niveaux : dans le couple d’abord, dans la vie professionnelle, dans la pensée obsessionnelle, dans les finances – les sites coûtent chers – dans les relations amicales…

Alors qu’est-ce que la sexualité compulsive ? D’abord ce qu’elle n’est pas : on ne doit pas la confondre ni avec l’érotomanie – qui est une illusion d’être aimé – ni avec la nymphomanie qui est  une exagération du désir sexuel chez la femme.  Ces deux formes ont toutes un objet de désir, un partenaire sur qui elles ont jeté leur dévolu. Ceci étant dit, regardons maintenant ce qu’est la sexualité compulsive.

Appelée aussi hypersexualité  la sexualité compulsive se rattachent d’abord :

- Encore et toujours aux fantasmes accompagnés par des comportements sexuels et des pulsions récurrents et intenses. C’est leur durée sur un long terme qui définit cette pathologie, au moins six mois.

À cela s’associent quelques autres critères significatifs :

- Une grande partie du temps est utilisée par les fantasmes et les pulsions sexuelles qui doivent, pour la personne atteinte de sexualité compulsive, impérativement être planifiés. Question lancinante : comment vais-je satisfaire ma sexualité dans mon emploi du temps ?

- Se livrer de manière répétitive à  ses fantasmes, pulsions et comportements sexuels dès que l’humeur de la personne change, lorsqu’elle est en difficulté. L’anxiété, la dépression, l’ennui, l’irritabilité seront les motifs inconscients et le prétexte pour avoir recours à la compulsion sexuelle. Les événements stressants du quotidien  font partie des dérèglements de l’humeur qui impliquent cette activité.

- Les efforts répétés autant qu’infructueux ne parviennent pas à contrôler ou à réduire de façon significative les fantasmes, pulsions et comportements compulsifs sexuels.

- S’adonner de manière répétitive à une activité sexuelle en ne tenant aucun compte du préjudice physique ou affectif pour soi ou pour autrui.

On retrouve une détresse personnelle ou une altération dans les domaines sociaux, dans les occupations ou tout autres domaines importants du fonctionnement qui sont associés à la fréquence et à l’intensité des fantasmes, pulsions et comportements sexuels. Ces comportements ne sont pas forcément liés à la prise de drogue ou de médicament. Ce comportement se manifeste sous diverses formes comme la masturbation, la pornographie, comportement sexuel (entre adultes consentants), cybersexe, sexe au téléphone, club de stiptease… Quoiqu’il en soit c’est la pensée obsessionnelle et répétitive qui fait de la sexualité compulsive un état dramatique pour celui ou celle (en moindre proportion pour les femmes) qui la vivent.

La sexualité compulsive n’est pas la paraphilie (sexualité socialement anormale, déviante comme l’exhibitionnisme, pédophilie). Cette sexualité se manifeste par des comportements sexuels normaux qui devient compulsive par leur répétition excessive et/ou désinhibée. Elles peuvent cependant être concomitantes.

Voilà vous savez tout sur cette manifestation sexuelle qui s’immisce dans le quotidien du couple et dans toute activité ne laissant aucune place à quoi que ce soit d’autre.

- Ça se soigne ? me demandait Roland après qu’il m’eut exposé ce qu’il nommait (à juste raison) son drame. Oui, ça se soigne même si cela ne se règle pas en trois coups de cuillère à pot.  Le temps est nécessaire pour endiguer ce besoin compulsif  qui dépend de tant de phénomènes souvent traumatiques, là encore, de l’enfance. Nous continuerons à y voir plus clair, très prochainement.

Soignez votre foie après l’orgie de chocolat, on se retrouve demain.