Fantasme, désir, orgasme, sexuel …profusion de mots qui sortis de leur contexte deviennent pornographiques.
La pornographie est la tendance perverse qui sous-tend toute l’économie. Actuellement l’hyper-consommation gère l’économie et si l’on en croit le philosophe Dany-Robert Dufour la pornographie est devenue une activité ordinaire qui s’affiche, s’exhibe publiquement dans les comportements. Le sexuel s’expose dans la démesure où l’obligation de jouir semble être la seule voie possible. Une sexualité vite consommée (speed dating); un contact instantané via Internet Aka Aki (procédé comparé aux phéromones chimiques, celui-ci étant électronique). Voici parmi tant d’autres activateurs sexuels pour ne citer que les plus softs.
La pornographie dans notre monde est devenue une industrie majeure. Les chiffres sont éloquents : la pornographie génère à elle toute seule, un chiffre d’affaire de 1000 milliards de dollars par an. Plus que les industries de l’armement et de la pharmacie. Hallucinant, ahurissant, non?
L’obscène est partout. Tout, tout autour de nous, incite à la jouissance. Au cinéma, à la télévision, sur Internet, dans tous ces divertissements des masses intervient l’obscène. Dans la vente des programmes télé du MIPTV à Cannes viennent en tête du palmarès : le sexe, le jeu et la spiritualité, les trois pouvant se combiner allègrement afin de multiplier les retombées pécuniaires.
Les Anciens distinguaient trois formes de libido qu’ils nommaient concupiscence :
* Libido de la passion des sens et de la chair (concupiscence de la chair)
* Libido impliquant la passion de posséder et de dominer toujours plus (concupiscence de la vie)
* Libido qui demande à voir et à savoir (concupiscence des yeux).
* On peut donc jouir sexuellement mais aussi jouir en possédant, en dominant ou en se procurant de la jouissance par le savoir. Ces formes libidinales procèdent toutes du même processus qui consiste à exciter l’une des trois libidos en tenant éloigné tout ce qui pourrait empêcher cette excitation d’aboutir à la jouissance.
* Oh! Ce n’est pas tant la jouissance l’élément nouveau du fonctionnement humain, de tout temps elle fut présente, mais la manière d’exhiber sa jouissance. L’exhibition, là est l’obscénité. Pour les Anciens philosophes il était obscène (malsain de porter au devant de la scène) de montrer ce qui devait être caché aux autres pour la simple et bonne raison que ce qui était vu pouvait être instrumentalisé par le jouisseur. Par cet acte de ne pas montrer aux autres découle le respect de l’autre qui interdit l’exhibition de la jouissance. Respecter l’autre, consistait à refuser sa libido (quelle que soit sa forme) dès lors qu’elle devenait envahissante, dès l’instant où la personne était en compagnie ou se devait d’éviter l’expression de sa jouissance devant n’importe qui au risque de se retrouver à devoir pactiser…
Malgré le temps qui pleure sur la Côte d’Azur préparez-vous à aller chercher les œufs demain dans le jardin. Joyeuses Pâques.











