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Posts tagged ‘filiation’

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Par les effets cycloniques des hormones déversées lors d’un rapport amoureux -  voir l’article du 13 mars, la chimie de l’amour le corps physique  répond allégrement pendant que le psychisme envahi par la poussée hormonale perd le sens de la réalité rendant la relation amoureuse idyllique.

De ce fait la confusion (le con et la queue en fusion) pénètre l’esprit nous faisant croire que l’amour est là alors qu’en réalité il s’agit d’un état physiologique bouleversé qui tendrait vers l‘illusion du sentiment amoureux.

Non, je ne suis pas une empêcheuse de tourner en rond mais il faut arrêter de confondre l’émoi sexuel et l’amour, deux ressentis différents, même s’ils sont souvent complémentaires.

L’amour est comme un enfant, on le porte en soi. Ou pas.

L’amour se construit  avant la naissance selon que l’enfant est désiré ou pas. Il se construit d’abord dans le giron maternel, ensuite il est circonscrit par un père aimant et respectueux de l’enfant qui lui donnera les limites en étant le tiers séparateur. C’est au travers du regard d’amour que les parents se portent et se manifestent au travers des gestes et de la parole (quand celle-ci n’est pas défaillante) qui fait grandir l’enfant. Si cette parole parentale est juste et respectueuse, elle apportera des réponses satisfaisantes au questionnement de l’enfant, la transformant en un véritable réservoir d’amour dans lequel il puisera pour vivre, dans l’harmonie, ses futures relations amoureuses.

La sexualité est la cerise sur le gâteau :

La sexualité se construit dès le berceau à partir de l’inconscient et des fantasmes. L’érotisme est une affaire de communication principalement psychique. La sexualité implique  une rencontre affective, une sympathie, une complicité fantasmatique, un accord entre les inconscients. Or, les fantasmes se construisent dans l’enfance toujours dans le rapport aux parents dans ce qu’ils disent et ce qu’ils taisent. De ce que les parents mettent en mots en regard de leur sexualité et celle qu’ils autorisent à l’enfant. D’où l’importance de la parole (là plus qu’ailleurs) pour la construction sexuelle de l’enfant. Si la parole est inexistante l’enfant aura comme seul recours son imagination pour se représenter la place du sexe dans les relations humaines et son rapport au corps.

La sexualité est animée par deux mouvements : l’horizontalité et la verticalité. L’horizontalité (référence à la jouissance, à sa génération) et la verticalité (référence aux rapports de filiation, à la mort et au sacré.) Masculin et féminin concernent l’horizontalité ; leur complémentarité est responsable de la santé de l’individu. Paternel et maternel concernent la verticalité ; leur complémentarité relève de la santé de la famille.

Cela met en évidence la difficulté d’être parents (le seul métier qui ne nous soit pas enseigné) où la parole devrait passer par une communication claire, un échange verbalisé autrement que dans l’interdit, l’autorité…

L’idée qu’une personne se fait de sa sexualité est déterminée toute à la fois par sa culture, son milieu social et son expérience personnelle. Surtout de la première expérience qui selon l’impact laissé dans son corps et sa mémoire  déterminera une sexualité bien vécue ou non.

Le sentiment amoureux mêlé à une sexualité épanouie, parce que comprise, vécue dans le plaisir offrira toutes les chances d’une vie amoureuse réussie. Par contre ne rechercher que la satisfaction sexuelle en vivant une sexualité en excès est un mouvement de mort qui transgresse les interdits. Les deux interdits essentiels concernent la mort et la sexualité : « Tu ne tueras point » et l’interdit de l’inceste. Or, la violence est libérée dès qu’il y a transgression ; elle efface les limites par la levée de l’interdit, faisant ressortir la violence résiduelle, en tant que pulsion immédiate. La sexualité est le lieu où s’exprime facilement cette violence, lieu où la raison cesse d’agir…

« Pourtant que la montagne est belle » comme le chantait Jean Ferrat qui chantait aussi dans mon adolescence sans que j’en comprenne le sens « Verticalement tu n’es pas une affaire/ Je sais bien/ Mais horizontalement c’est toi que je préfère/ Et de loin/

Le pain est sur la planche…il nous reste beaucoup de travail pour arriver à tout comprendre de notre fonctionnement psycho-sexuel.

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Il pleut c’est tout ce qu’il sait faire. Bien d’accord avec Brigitte Fontaine… La terre s’en réjouit, pour l’instant. Depuis deux jours elle réceptionne la gueule ouverte et avale les trombes d’eau qui s’épanchent du ciel. Dans sa phase assoiffée elle ingurgite  jusqu’à déborder. La nuit dernière, j’ai même cru que Dieu déménageait. Un tohu-bohu incroyable agitait  le ciel; là haut se jouait une scène de famille – œdipienne – entre le Père et ses enfants  fouteurs de désordre. D’ailleurs ce matin là, la météo  avait prévenu du passage en zone de turbulence orange lors de l’orage qui a sévi au plus fort en inondant la plaine du Var, en remplissant les bouches du Rhône,  en tordant les côtes d’Azur… L’interrogation du choix se fait lancinante. Faut-il, comme l’eau,  s’engouffrer sous la couette ou aller au cinéma ? Les deux, répondrais-je gourmande. Le cinéma d’abord et la couette ensuite.

Le premier film que je vous propose est MERES ET FILLES, la réalisatrice une femme, Julia Lopez-Curval, parle de femmes. Catherine Deneuve (Martine) est médecin. Profondément blessée dans l’enfance, abandonnée par Louise, sa mère qui s’est volatilisée, Martine est dure, sans aucune tendresse envers sa propre fille encore moins envers son mari, son frère.  Audrey, fille de Martine, (Marina Hands la merveilleuse Lady Chatterley) découvre dans la maison de Louise sa grand-mère, où elle loge le temps de sa visite à ses parents,  un carnet annoté de recettes de cuisine où se mêlent des pensées, des réflexions qu’Audrey fait revivre en reconstituant sa vie au  fantôme de Louise.  Au fil des pages l’histoire de cette parfaite femme d’intérieur, comme l’exigeaient l’époque et le milieu bourgeois des années 50, pointe son désespoir. La mère et la fille s’affrontent à petits coups rapides de paroles acérées.  Mais Audrey à force de persévérance, de fidélité et de solidarité féminine, rend la mère à sa propre mère, restituant au fantôme  grand-maternel  sa dignité de mère…Dans ce film trois générations  se racontent. Chacune parle de son temps où l’on parcourt le chemin long et difficile pour  accéder en tant que  femme à un semblant d’autonomie… matérielle et affective.

Le deuxième film, PARTIR, est aussi un film d’une femme réalisatrice Catherine Corsini. Là, le film raconte la passion dévorante d’un couple improbable. Elle, Christin Scott-Thomas, bourgeoise ronronnante d’ennui, devenue zombi dans sa belle demeure. Par des travaux d’aménagement de son cabinet de kinési elle va rencontrer son amant ouvrier du bâtiment. Un mari médecin, Yvan Attal superbe de machisme, imbu d’une toute puissance friquée, qui s’approprie avec panache les êtres – Ma femme, Mes enfants, Mes employés – les objets, – Ma maison, Mon cabinet. Troisième personnage l’amant, l’intrus malgré lui. Un ouvrier espagnol, Sergí López met le feu à cette belle quiètude; la belle lui tombe dans les bras sans qu’il ait rien demandé. Coup de pied dans la fourmilière, le monde de ces deux là chavire, jusqu’à la mort.

La problématique soulevée dans les deux films est  la position de la femme à travers le temps et  son rapport à l’argent quand de la loi du plus fort (l’homme, le mari) dépendent la bourse et la vie. L’argent jouant le rôle de décideur de vivre ou d’empêcheur de vivre décemment; l’argent représentant la lutte du pot de terre contre le pot de fer à celui qui en dispose et qui s’en sert comme d’une arme contre la femme. Dans les deux films, le nerf de la guerre est l’argent que les hommes possèdent, avec lequel ils  asservissent, l’autre, la femme, l’amour. L’argent, ciment au service de la cohésion familiale. Le décalage social entre les classes possédantes et les déshéritées, c’est aussi cela dont parle PARTIR…

Finalement rien ne change vraiment malgré les apparences depuis la moitié du siècle dernier…La pluie a cessé, le soleil rayonne de nouveau. Sachons en profiter.