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Tout désir peut évoluer et tendre vers une diminution. En particulier le désir sexuel qui peut aller jusqu’à disparaître.
« Les femmes comprennent mieux que les hommes que l’on peut érotiser toute sa vie sans être forcément obligé de satisfaire son désir en l’épuisant « selon Henri Gougault. Ainsi il en va du désir qui décline ou qui est totalement absent. La diminution du nombre de rapports est le témoin d’une baisse de désir. Toutefois ce qu’il faut retenir est le rythme en dessous duquel la personne est en manque. Même si le peu de désir est consécutif à une période où la relation était pleinement satisfaisante, le manque de désir s’inscrit dans un phénomène cyclique qui est physiologique à condition qu’il ne devienne pas chronique. Si ce manque s’installe dans la durée il deviendra problématique en entraînant une détresse dans le couple.
Comme dans toute problématique nous retrouverons dans la baisse du désir des indicateurs biologiques, organiques, psychiques, relationnels, culturels ou médicamenteux. Les causes biologiques : prise de médicaments (somnifères, antidépresseurs, certains contraceptifs, anxiolytiques …) donnés à la suite de dépression, d’anxiété, ménopause, grossesse… Les causes psychiques : aversion subite ou récurrente pour le sexe liée à des blocages dans l’enfance; conflit conjugal; expérience traumatisante (viol, inceste); suite à un accouchement; les suites d’un avortement; deuil; consécutive à des douleurs (dyspareunies). Causes relationnelles : couple avec routine, désintérêt des partenaires; peu ou pas de de séduction (négligence du corps, du vêtement, laisser aller physique), refus conscient ou inconscient de l’acte sexuel; mauvais sentiments ou manque d’attirance envers le partenaire; peur de l’engagement. Causes culturelles: sentiment de honte, culpabilité dû entre autre à des interdits religieux et, ou culturels; apprentissage inadéquat sur l’intimité corporelle; éducation sexuelle négative; difficultés à exprimer ses sentiments d’amour ou d’affection.
Les causes organiques se traduisent par de l‘herpès, condylome, vaginite, cystite, problèmes ovariens, sécheresse vaginale (hors de la ménopause); autant de barrières somatiques qui expriment un problème psychique.
Est-ce le fait de la libération sexuelle ? L’omniprésence de la sexualité empêche t-il le désir de se manifester ? Trop d’une chose tue la chose.
Apprendre à érotiser son partenaire, sa vie, est ce dont sont incapables les femmes qui ont le désir en berne.
Mais aussi celles atteintes de vaginisme. Qu’est-ce qui contraint une femme à ne pas s’ouvrir ? Qu’est-ce qui l’oblige à rester fermée comme une huître sur sa perle ? Pour certaines femmes l’impossible pénétration le moment venu est vécue comme une menace.
Le vaginisme est une contraction réflexe des muscles du vagin. Cette contracture involontaire et douloureuse rend la pénétration impossible (un doigt, un spéculum du gynéco, un tampon, encore plus un pénis.) Dans toutes pathologies les causes ont diverses origines d’ordre psychologique, relationnel, physiologique ou sexuel.
Qu’elles sont les causes du vaginisme ? Nous allons en parler puisqu’en parler est le meilleur moyen d’apporter des solutions.
Cas de vaginisme : Suite à une première consultation, Angela (trentaine d’années) me dit sa difficulté : Elle vit depuis trois ans avec son compagnon mais elle ne comprend pas pourquoi dès qu’il essaye de la pénétrer elle se rétracte, ferme ses jambes, le repousse…La douleur qui l’assaille alors au niveau du bas ventre est telle qu’il lui est arrivée de s’évanouir. Je lui fais délicatement constater qu’elle est atteinte de vaginisme. Elle est tout de suite rassurée d’avoir mis un nom sur ce comportement qui lui empoisonne la vie. Au fil des séances on découvre une étroite relation avec une grand-mère autoritaire pour qui Dieu fait office de garant de sa sexualité. Elle n’a aucun droit sur son corps; ses mains seront posées à plat sur son édredon lorsqu’elle se couche, pourra à peine tendre ses joues pour que l’on y dépose des baisers mais a l’interdiction d’ouvrir ses lèvres pour en donner; elle a encore l’attitude rigide enseignée par sa grand-mère celle de garder ses jambes serrées dès qu’elle s’assied… Lui faisant remarquer ce maintien, elle essaye de décroiser ses jambes. En vain…
Cet exemple met en évidence l’impact de l’éducation religieuse, dogmatique qui a transformé une enfant en jeune femme prise dans une spirale où la peur de pécher lui tenait lieu garde-fou. A trente cinq ans, elle était encore vierge, bien que vivant avec un compagnon, ou avant lui, s’amourachait de jeunes hommes homosexuels.
Dans le cas d’Angela nous avons affaire à un vaginisme primaire (présent dès les premiers rapports) alors que ce trouble peut survenir après des rapports sexuels satisfaisants. Dans ce dernier cas il sera appelé secondaire. Des couples s’accommodent bien de cette impossibilité de pénétration, qui convient d’autant mieux à l’homme en panne d’érection. Ceux-là, la pénétration impossible de part et d’autre, trouveront un équilibre sexuel avec une sexualité active et épanouissante grâce à l’échange de caresses excitantes et source de plaisir.Les femmes atteintes de vaginisme vivent souvent avec des partenaires tendres, affectueux; le problème dans ce cas ne fait que cristalliser le vaginisme, l’entretenant artificiellement.
Par contre d’autres, pour la plupart, la frustration et l’incompréhension de ce phénomène provoqueront de l’anxiété, du stress; la femme se sentira « anormale » ce qui accentuera ses difficultés. Quant à l’homme il doutera de ses capacités à donner plaisir ou pourra douter du désir de sa partenaire. Le désir d’enfant amènera à consulter.
Un second cas de vaginisme : une toute jeune fille de vingt ans me dit en pleurant qu’elle ne peut « s’ouvrir » à l’homme qu’elle aime parce qu’elle entend à ce moment précis son père dire à un copain » Pour les femmes c’est facile, elles n’ont qu’à ouvrir les cuisses, nous on fait le reste ». Depuis Stéphanie reste fermée, bloquée sur des mots dont quelques séances viendront à bout…
Le vaginisme est rarement dû à autre chose qu’un problème psychologique. On retrouve systématiquement un traumatisme sexuel, une peur ou un refus de la sexualité. Il est important de ne pas laisser traîner ce problème. Consulter est la première démarche qui fera comprendre le refus exact de toute pénétration. Ensuite il conviendra de donner des notions anatomiques intimes à la femme afin qu’elle apprenne à connaître elle-même de son propre corps.
En voilà assez pour ce soir que je vous souhaite sans soucis…Soyez prêts pour le changement d’heure.